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Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #2

Voici la suite de nos habitudes à la maison (voir le premier article) :

* Côté moyen de locomotion, j’ai tout de suite eu envie d’essayer l’écharpe de portage. Avec un bébé d’hiver, j’étais davantage rassurée par l’idée de l’avoir bien au chaud contre moi que tout seul au fond d’une poussette. Mes lectures conseillaient l’écharpe plutôt que le porte-bébé pour le tout petit car il y serait plus à l’aise et en meilleure position. Quant à moi, je trouvais rigolo tous ces nœuds (enfin il n’y en a que deux). Une amie m’a prêté deux écharpes afin de tester. La première, rigide et bariolée n’a même pas été dépliée. La deuxième de la marque Je porte mon bébé était en jersey et m’a tout de suite plu. J’ai donc été une maman kangourou le premier mois. J’ai ensuite rendu ses échapres à mon amie et m’en suis faite offrir une par mes collègues. J’ai demandé un modèle qui puisse aussi être utilisé par Papa Breizh (donc pas de rose). Comme il y avait un papa sur la boite, elle m’ont acheté une écharpe Babylonia. Je l’aime moins. Le tissu est plus fin et moins élastique. Je me sens moins à l’aise et donc moins en sécurité avec. De l’autre côté, j’ai commencé à utiliser de plus en plus la poussette. Choisir une poussette est surement la chose la plus difficile dans la vie de futurs parents. On a fait au moins cinq magasins de puériculture avant de nous décider. Quand vous débarquez dans ces magasins vous vous retrouvez face à une horde de carrosses tous plus impressionnants les uns que les autres. La vendeuse, censée vous aider, vous embrouille encore plus avec un discours digne des cryptage de la seconde guerre mondiale : « Trois ou quatre roues? Simple, duo ou trio? Pliage canne? Citadine ou tout terrain? Cosy, nacelle? » Puis il y a la démonstration d’utilisation et de pliage. Là on se sent un peu comme si un contorsionniste mettait son pied derrière la tête et vous disait:: « c’est facile, à vous maintenant ». Quant à la gamme de prix, elle ferait taire d’emblée tous ceux qui pensent qu’on fait des enfants pour les allocations familiales. Du coup on a fini par choisir le modèle Muum de chez Jané essentiellement pour sa couleur (noir et vert chez nous). C’est un duo, quatre roues avec un combiné cosy-nacelle appelé Matrix. Je ne suis pas encore sure d’avoir fait le bon choix. Au départ je ne l’utilisais pas seule car elle est assez lourde. Mais elle est devenue assez vite plus pratique que l’écharpe dans certaines circonstances. En effet, Bébé Putois étant un petit curieux, ça ne l’intéresse plus d’avoir le nez collé dans le cou de maman. Mais il n’arrivait pas toujours à tenir sa tête tout seul. J’avais donc besoin d’une main pour lui tenir la tête pour qu’il puisse regarder à droite à gauche. Aujourd’hui on utilise de plus en plus la poussette notamment pour aller chez Nounou (car c’est Papa Breizh qui s’occupe du retour et que c’est son véhicule préféré). Je continue à utiliser l’écharpe quand je ne connais pas les lieux (et leur accessibilité aux quatre roues) ou quand on prend les transports en commun. Mais je suis de moins en moins à l’aise avec ce mode de portage et j’ai l’impression que Bébé putois aussi.

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* Je suis une maman qui travaille. J’ai repris au début du mois. Je ne travaille qu’à mi-temps. Ce n’était pas un choix avant ma grossesse mais ça l’est devenu aujourd’hui puisque j’ai refusé un entretien il y a quelques jours. Il fallait donc un mode de garde pour le petit. J’avais opté pour la crèche pensant que c’était la moins chères des options et ayant envie que Petit Putois se fasse plein de copains. Le temps qu’on saisisse comment s’inscrire, on nous a fait comprendre qu’on était très en retard. De toutes façons, il valait mieux parier sur septembre alors les congés maternités qui se terminent en février … Pensez à tout bien calculer avant la conception messieurs dames. On a donc cherché une assistante maternelle mais là on était trop en avance. A force d’attendre on a presque fini en retard ce qui finalement était une bonne chose car tout s’est goupillé au mieux à la dernière minute. A la PMI on nous avait parlé d’une ‘crèche familiale‘ où on s’est inscrit sans trop y croire. On a rencontré cinq assistantes maternelles privées. Ce fut une épopée folklorique qui mériterait un billet à elle seule (surtout que celui-là est déjà terriblement long, bien que scindé). Alors que nous peinions à nous décider, la crèche familiale nous a proposé une assistante maternelle que nous avons rencontrée. Papa Breizh, Petit Putois et moi étions d’accord : c’est elle qui nous fallait. Du coup Petit Putois est chez Nounou deux jours par semaine avec une petite de deux ans et un plus grand de quatre ans. Une demi journée par semaine, elle les emmène à la crèche familiale où ils font des activités avec les autres enfants. Le compromis idéal! Ça se passe vraiment bien et Petit Putois a l’air très heureux. Le soir j’adore découvrir son carnet lapin où Nounou raconte sa journée et met parfois des photos. Je suis très contente de la façon dont ça se passe et ne suis pas inquiète quand je suis au travail. J’apprécie que Bébé Putois puisse voir d’autres enfants. J’ai l’impression de plus profiter de lui le reste du temps car il m’a manqué deux jours et demi. Je suis moins contente de devoir me lever tôt pour aller travailler mais on ne peut pas tout avoir!

* Bébé Putois prend son pouce, mais ça, c’est son choix à lui. On lui a proposé la tétine, il n’en a pas voulu. On avait pourtant choisi une belle couleur assortie à la poussette. Petit il préférait les seins de Maman Nouille qui elle n’aimait pas servir de tétine, ça c’était mon choix (il en allait de la survie de mes tétons). Bébé Putois s’est alors tourné vers son pouce et après plusieurs semaines de recherche et de bavouillage, il l’a trouvé! Qu’est ce que ça facilite l’endormissement! D’ailleurs dès qu’il a une petite contrariété il attrape le dit doigt. Du coup on ne l’entend presque plus pleurer. Et qu’on ne vienne pas me polluer les oreilles avec des histoires de déformation du palais. Un copain l’autre jour m’a dit « ah mais il suce son pouce, il faut lui enlever sinon il va avoir les dents en avant ». Déjà il n’a pas de dent. Comme je trouve ça cruel de priver un enfant de ce geste de réconfort! (Bien sûr on en reparlera quand il râlera avec sa voix prépubère parce qu’il ne veut pas d’appareil dentaire).

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Et sinon on utilise des couches jetables, on nettoie les fesses au liniment, on vaccine bébé, on lit déjà des histoires, on regarde beaucoup trop la télé, on ne met pas d’adoucissant dans la lessive ….

Voilà comment ça marche chez nous … pour l’instant.

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Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #1

A partir du moment où on choisit d’avoir un enfant, on se retrouve devant une multitude de décisions à prendre, de mauvais ou de bons choix possibles. Décider de devenir mère est déjà un bon exemple. Si vous ne voulez pas d’enfants vous n’êtes qu’une égoïste qui ne pensez qu’à vous amuser. Où en serait l’humanité s’il n’y avait que des gens comme vous? Mais si vous voulez des enfants alors vous n’êtes qu’une égoïste car quelle cruauté de faire naître un petit humain dans le monde actuel! Bref, quoique vous fassiez vous faites erreur, alors autant faire ce que vous voulez!

Donc vous êtes enceinte. Est-ce que vous voulez connaître le sexe? Comment on va l’appeler (faut décider pour le -ou les- prénoms et le nom de famille)? Où voulez vous accoucher? La péridurale? Sein ou biberon? Rééducation périnéale par une sage femme ou un kiné? … Peu importe vos choix, vous aurez forcément tort pour la moitié des gens (je dis ‘moitié’ mais c’est pas mathématique). La bonne nouvelle, c’est que vous aurez raison pour l’autre moitié. C’est toujours cette histoire de verre plein ou vide. Et puis perfois on fait des choix et la vie (ou le bébé) en décide autrement. C’est plus ou moins facile à avaler, surtout si on avait opté pour un accouchement à l’hôpital avec péri et qu’on se retrouve les quatre fers en l’air dans la voiture parce que votre progéniture est pressé (rassurez vous, ça n’a pas été mon cas). Il reste que toutes ces décisions sont anxiogènes pour des futurs parents tant on a l’impression qu’elles sont immuables (un prénom c’est pour la vie). Ajoutez une pincée d’hormones de grossesse et vous aurez des parents complétement paniqués avant même que bébé n’ait pointé le bout de son orteil.

Je ne dis pas que c’est forcément facile quand on est célibataire. Je sais bien qu’on a aussi des choix cornéliens à faire. Cet été, est-ce que je vais danser toutes les nuits à Ibiza ou faire du cul nu au Cap D’Agde? Est-ce qu’on fait resto-ciné ou ciné-resto? Quand je me lève à midi le dimanche, est-ce que je prends un petit déjeuner ou un déjeuner? …. D’accord je caricature mais sachez que ce n’est que de la jalousie!

En tant que jeunes (futurs) parents on est souvent désemparés face à la multitude d’options. Mais au fond, comme il n’y a pas de bon et de mauvais choix (il y en a quand même des peu recommandables comme accoucher à domicile de quadruplés) autant faire ce qui nous correspond!

Tout ce blabla pour me plaindre un peu de la dure vie de parents. Et aussi pour vous dire que j’avais très envie de vous raconter la façon dont nous fonctionnons à la maison. Que c’est juste pour partager mais en aucun cas pour convaincre.

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* J’allaite. La question sein ou biberon est surement la plus polémique. Avant d’être mère je ne voulais pas donner le seins et m’imaginait biberonnante. Pour moi les seins étaient trop sexualisés et j’avais peur de la confusion. En vérité l’allaitement a été tellement physiquement douloureux au départ que cette peur était absurde. D’autre part je voulais que le papa puisse créer un lien avec l’enfant  surtout que pendant  neuf mois  c’est la maman qui le porte (et qu’il puisse bien sûr profiter des collations de nuit). Il s’avère que Papa Breizh s’en tape un peu de donner les biberons. Face aux regard énamouré de Bébé Putois qui suçotait le silicone, je l’ai vu parfois préférer la télé. Son lien avec son fils, il l’a tissé en faisant tout le reste. J’ai changé d’avis pendant la grossesse. Le discours moralisateur sur ‘le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur pour votre enfant‘ avait fini par m’atteindre. Mais surtout, et ça c’est une meilleure raison, je crois qu’après neuf mois dans mon ventre, j’avais encore besoin d’un lien corporel avec mon tout petit. Si j’avais su … Clairement les débuts ont été horribles. D’ailleurs entre les douleurs de l’allaitement et les pleurs du soir  qui tous les deux sont ‘normaux‘ selon les spécialistes, je me demande comment l’espèce humaine a survécu. Au bout de trois semaines et demi on est passé au mixte. Je peux dire que le biberon a sauvé mon allaitement (et peut-être même moi et mon bébé car l’un de nous deux aurait fini par passer par la fenêtre). Depuis nous sommes repassés en allaitement quasiment exclusif. (Pas de lait artificiel la semaine dernière, 30 ml celle d’avant, 120ml la précédente, 20 ml encore avant…. vous vous en fichez surement mais moi ça m’encourage de le noter.) Si l’allaitement est un choix au départ il faut une sacré volonté pour tenir. Aujourd’hui encore je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je pensais qu’avec la reprise du travail il y aurait sevrage et que j’aurais enfin un peu plus de liberté. Mais on a tellement galéré pour revenir à l’allaitement quasi exclusif que j’ai pas envie de m’arrêter. Papa Breizh n’a peut-être pas tort quand il dit que j’ai besoin de l’allaitement. Mais même si je n’arrive pas à lâcher ça reste une grosse source inquiétudes et de doutes. Est-ce que ma lactation va se maintenir avec la reprise du travail? Quatre semaines de reprise et je vois déjà les quantités tirées baisser. Petit Putois s’agite au sein les derniers jours du coup je me demande si j’ai suffisamment de lait ou s’il préfère le débit du biberon chez Nounou. Il y a quelques jours encore j’ai regardé sur le net si quatre tétées par jour  à quatre mois était une fréquence suffisante… bref, je suis une maman flippée (mais pas ça ce n’est pas un choix).

* Côté sommeil Bébé Putois dort tout seul dans sa chambre dans son lit à barreaux. Il a un matelas ergonomique Bibed conseillé par l’ostéo (normal c’est lui qui l’a conçu). A la maternité les sage femmes m’ont encouragée à dormir avec lui dans le lit. On a donc cododoté les premiers nuits, enfin plus ‘co’ que ‘dodoté’. De retour à la maison, Petit Putois dormait dans un joli couffin en osier posé entre nous deux dans le lit. Au bout de deux semaines et demi, il est allé dans sa chambre. Papa Breizh reste encore traumatisé par cette expérience de cododo. Les nuits étaient très difficiles et il mettait des heures à s’endormir. Une fois dans sa chambre, je continuais à le ramener dans notre lit pour les casse-croûtes nocturnes mais on dormait plus sereinement entre temps. Et puis tout de même, nous avions déménagé moins d’une semaine avant son arrivée afin qu’il est une chambre pour lui, il fallait bien qu’il en profite!

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Comme il s’avère que cet article est bien long, je m’arrête là pour la première partie et reviens très vite pour la suite ^^

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Des histoires de titres

Le choix du prénom de Bébé Putois n’a pas été compliqué. Nous avions déjà un nom pour chaque sexe. Avant même la grossesse. Avant même le projet de bébé.

Pour le blog ça a été plus compliqué. Voici à quoi vous avez échappé :

* Vie de mère : mais la référence est quand même bien négative alors qu’avoir un enfant c’est aussi plein de bonheur.

* Papa travaille, bébé braille et maman déraille : le résumé de ma première semaine après le congé paternité de Papa Breizh. Mais là aussi, c’est un peu plaintif.

* Je suis ta mère : mais je n’ai même pas vu le film.

* Brèves de bavoirs : mais je n’ai même pas lu le livre et puis vous l’avez peut-être déjà constaté, je ne sais pas faire dans la concision. Ça restera une catégorie pour les petites réflexions et anecdotes du quotidien.

* Encore un blog de maman ….. oui mais dans celui-là on parle du plus beau bébé du monde : entièrement vrai!

* Je voudrais bien mais je peux point : très représentatif de la vie d’une jeune mère. Notez que vous pouvez étoffer la phrase de multiple façon. Je voudrais bien dormir/manger/prendre une douche/me barrer à l’autre bout du monde, mais je ne peux point car bébé pleure/hurle/crie/est tellement mignon que je veux le regarder dormir.

* C’est un garçon : mais ça m’aurait condamnée à ne pas avoir d’autres enfants

* Catins et rillettes, petites histoires de cochonneries : mais j’aurais dû parler de cochoncetés et de cochonnaille et c’était pas mon envie du moment (quoiqu’à un bout de saucisson, on ne dit jamais non – c’est un nouveau dicton).

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De la plagiocéphalie et des torticolis ou pourquoi je déteste notre kiné

Quand il était tout petit, on nous a conseillé d’emmener Bébé Putois chez un ostéopathe pour son crâne à la forme trop bizarre. Il s’avère qu’en plus d’avoir une tête bizarre, Bébé Putois avait tendance à regarder toujours du même côté. « Il a un torticolis. A dit l’ostéo. Ça passera peut-être tout seul. Ou alors il aura quelques séances de kiné. Ou alors faudra le faire opérer. » … On a choisit l’option ‘ça passera tout seul’. La pédiatre a dit qu’il n’avait pas de torticolis mais qu’il fallait le stimuler intensivement de l’autre côté. Faut dire qu’à force d’être toujours en appui sur le même côté, il était tout plat de la tête. Du coup côté symétrie crânienne ça s’arrangeait pas des masse. Elle n’était pas inquiète mais nous a quand même envoyé faire une radio et une écho.

« Vous le mettez bien sur le ventre?

– Un petit peu mais il n’aime pas tout.

– C’est pas grave il faut le faire quand même. »

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Bébé Putois n’aime pas les radios

La fois suivante la pédiatre évoque un petit torticolis …ah ben non, il tourne bien. « Vous le stimulez bien à gauche?« . Je lui explique que même si on met tous ses jouets à gauche, il va quand même préférer regarder  dans le vide à droite (laisserait-ce p^présager de ses opinions politiques?). C’est vrai qu’on a un peu laisser filer avec Papa Breizh. « Et vous le mettez sur le ventre?« . Sur le ventre, soit il hurle de panique, soit il fait sa grosse loque et la tête tournée dans le mauvais sens en plus. Et la moitié du temps en plus il vomit. « C’est pas grave, il faut le faire. » Du coup, dix séances de kiné pour Petit Putois. (Mais comment font les gens qui travaillent à temps plein pour gérer tous ces rendez-vous?) Elle m’indique une adresse à cinq minutes de son cabinet. Mais cinq minutes encore plus loin de chez nous, presque une demi heure de trajet en tout. Je téléphone le vendredi, une remplaçante me dit de rappeler lundi. Le lundi je tombe sur un drôle de répondeur avec quelqu’un qui pianote en même temps. Je réessaye plus tard, c’est un autre répondeur. Encore après, c’est le premier répondeur qui me donne un numéro de portable où je tombe sur un autre répondeur. Je rappelle l’après-midi, le répondeur du cabinet puis le répondeur du portable où je laisse un message. Je rappelle le mercredi et tombe sur une vraie personne qui me fixe un rendez-vous pour vendredi. Jeudi on me rappelle et me laisse un message suite à mon message du lundi pour savoir si j’avais bien eu rendez-vous. Je rappelle dans la foulée et je laisse un message disant que j’avais bien eu rendez-vous. On me rappelle de suite sans laisser de message. On m’appelle à nouveau jeudi après-midi pour décaler l’heure du rendez-vous de vendredi. Je sais pas si vous suivez toujours mais en résumé ça commence mal.

Je pars très en retard vendredi car je dois m’y reprendre à trois fois pour installer Bébé Putois dans l’écharpe. J’ai perdu la main depuis qu’on l’emmène chez Nounou en poussette et en plus je voulais tester un nouveau portage. Comme je le nourris avant de partir et qu’il a été bien remué par ces mises en écharpe, il en profite pour me vomir dessus trois fois. Je me demande s’il ne va pas devenir un bébé secoué tellement je marche vite. J’arrive chez la kiné pile à l’heure et là c’est pas la kiné qui a son nom sur la plaque qui nous reçoit mais une autre kiné. J’aime pas trop. Elle fait tourner la tête de Petit Putois sur sa gauche en agitant un petit hochet. Elle lui appuie sur la tête pour qu’il tourne plus. Il hurle. Elle le met sur le ventre et constate qu’il y aurait peut-être du travail à faire de ce côté là (parce que niveau torticolis ça va), il hurle et dégouline de crottes de nez. On programme quatre autres séances, deux fois par semaines c’est un minimum (je travaille moi). Ça aura duré quinze minutes.

Je déteste, Bébé Putois surement encore plus. Je me dis que c’est peut-être parce que j’ai peur qu’elle n’aime pas mon fils. C’est con mais j’ai toujours peur qu’on ne l’aime pas. Là en plus il a râlé et expulsé des crottes de nez, rien de très séduisant. Et pourtant mon fils est vraiment facile à aimer. Vous pouvez le demander à sa Nounou. Il est très à l’aise avec les étrangers et fait volontiers des sourires ravageurs. Je sais que mon bébé n’est pas un accessoires de mode même s’il est évidement le plus beau bébé du monde (et que ça me fait plaisir qu’on soit d’accord avec moi). Est-ce que j’ai peur qu’on le range dans la catégorie bébé difficile? Qu’on remette en question mes capacités éducatives peut-être? Mes capacités à être une bonne mère ?

Le weekend on le stimule plus sérieusement à gauche et surtout on le met sur le ventre. Mais juste quelques secondes par ci, par là, quand il est prêt. Après le change pour fermer le pyjama. Un peu pour faire l’avion sur le torse de Papa Breizh. Un peu en faisant des roulés boulés sur le lit pour essayer de lui faire comprendre comment se sortir de cette position si anxiogène. Notre journée de dimanche est vraiment super et on s’amuse beaucoup tous les trois.

On retourne chez la kiné lundi. Durant tout le trajet je peste contre les voitures garées sur les passages piétons, contre les travaux, contre les gens qui squattent tout le trottoir …bref je suis de mauvaise humeur. Bébé Putois s’endort comme un bienheureux dans la poussette (oui, l’option écharpe m’a échaudé), s’il savait … On le réveille et on lui fait tourner la tête, il ne comprend pas pourquoi mais n’aime vraiment pas ça. Puis c’est le tour du ventre, sur un tapis, sur un ballon … Bébé hurle et moi je suis à deux doigts de pleurer avec lui. Rien que d’y repenser ma gorge se noue. C’est vraiment difficile pour moi à un point que je n’aurais pas cru possible. Je lui demande pourquoi il faut absolument mettre les bébés sur le ventre puisqu’après tout ils auront bien le temps de le faire tout seuls quand ils se retourneront. Elle m’explique que c’est pour renforcer leur muscles car ils sont trop souvent couchés sur le dos. Ça ne me convint pas. Après tout est-ce qu’on leur muscle déjà les jambes pour les préparer à la marche? Elle tente de me rassurer en disant que ça ira mieux.

Sur le trajet du retour je rumine ma boule dans l’estomac. Pourquoi ai-je tellement de mal avec cette position ventrale? Je fais partie de la génération des bébés qui dormaient sur le ventre et je le fais encore aujourd’hui (quoiqu’entre le ventre de femme enceinte avant et les seins allaitants aujourd’hui c’est moins le cas). Papa Breizh lui déteste, il me dit qu’il aurait l’impression d’étouffer. Est-ce cette détresse que ressent Bébé Putois?  Peut-être est-il comme son papa.

Peut-être que ça m’énerve de le forcer à faire des trucs qu’il n’aime pas (non, ce n’est pas encore un enfant roi, quoique) mais surtout dont je ne comprends pas le sens. Pour les vaccins, j’ai plus de courage parce que je saisis l’utilité.

Peut-être aussi que ça lui fait mal au ventre, surtout que souvent ça le fait régurgiter. La pédiatre ayant évoquer un petit RGO la dernière fois je me demande si c’est bien compatible. Après tout, aurions-nous l’idée de faire une sieste sur le ventre après un diner de réveillon?

Mais d’un autre côté je me demande si nous ne l’avons pas traumatisé. Quand il était tout petit, Bébé Putois était très difficile le soir. Il hurlait jusqu’à 1 ou 2h du matin. Quand on avait de la chance il commençait à 23h mais parfois ça débutait à 20h. Bien sûr ça n’était ni la faim ni la couche pleine. Tout son corps était tendu, il serrait ses petits poings de bébé si fort que ses jointures devenaient blanches. Parfois il était si énervé qu’il n’arrivait même pas à crier. On le mettait au seins, on le câlinais, on lui mettait la lumière ou on l’éteignait, on le cajolait, on le menaçait. Et parfois, on le mettais sur le ventre. Ça le calmait d’une certaine manière puisque ça l’énervait encore plus et donc le fatiguait plus. Ça calmait la machine mais peut être pas de la meilleure façon qui soit. On ne le laissait jamais longtemps et on était à côté. Mais je crois que j’aurais préféré qu’il se calme d’apaisement avec des caresses plutôt que d’épuisement. Alors peut-être que c’est à cause de cette culpabilité là que je ne veux pas le mettre sur le ventre.

Quoiqu’il en soit quand on est rentré du kiné, Bébé Putois a fait la sieste et moi je me suis fait une grosse assiette de coquillettes au beurre.

On y retourne vendredi.

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Faire l’avion avec papa

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Du retour au travail ou comment j’ai fini les seins à l’air au bureau

Je n’avais pas du tout envie. C’est bizarre parce que mes pieds ont retrouvé le chemin tout seuls.Peut-être parce que j’étais encore à moitié dans mon sommeil. Fichtre ce qu’il faut se lever tôt quand on travaille! Et bien sûr, pas question de dormir quand le bébé dort!

Rien n’avait changé ou presque. Il y avait bien cette rue en travaux avant dont le goudron était rutilant maintenant. Mais si peu de choses. Au bureau pareil. Au bureau surtout. Assise sur une chaise, j’aurais presque pu oublier que j’avais un bébé qui m’attendait. Presque. Et pourtant ça faisait six mois que j’étais partie. Six mois, presque deux fois ton âge mon tout petit.

A onze heure mon statut familial s’est rappelé à moi et mes seins ont dangereusement menacé de déborder de maternité. Je me suis alors enfermée dans mon bureau. A double tour. En mettant une chaise devant la porte et en demandant à ce qu’on ne me dérange point.
« Tu allaites encore? Avec un peu de chance ça s’arrêtera tout seul avec la reprise du travail.
– Mais j’ai pas envie que ça s’arrête.
– Mais c’est comme ça avec le stress et tout. Ça ne dépend pas de notre volonté. »

Je place mes téterelles grâce à une méthode que j’ai pu éprouver lors de l’adaptation. Ça me permet d’avoir les mains libres pendant l’expression (c’est toujours à ce moment là que le nez nous gratte). Je lance la bête rugissante, comprenez le tire-lait. Je me rends bien compte que le démarrage est un peu lent. Je ferme les yeux, respire calmement et passe ne revue les photos de Bébé Putois sur mon téléphone. Au bout d’un quart d’heure, seuls quarante pauvres petits millilitres stagnent au fond des récipients. Mes seins restent gonflés comme un ventre allemand à une fête de la bière. Y a un truc qui cloche. Heureusement j’ai emporté mon tire-lait manuel pour le laisser au boulot en cas d’oubli d’une partie du tire-lait électrique. Règle numéro un : toujours prévoir un plan de secours! D’ailleurs je me suis aussi exercé à l’expression manuelle, mais ça c’est une autre histoire. J’avais remarqué il y a quelques jours que je n’arrivais plus à tirer mon lait avec le tire-lait électrique mais que ça fonctionnait au tire-lait manuel et qu’après je pouvais ré-enchainé sur la fée électricité. Je ne sais pas si c’est ce bidouillage ou le SMS de la Nounou qui m’informait que tout roulait, mais le lait s’est mis à couler. J’ai mis quand même plus de temps que prévu et me suis arrêtée alors que mes seins n’étaient pas vides. Cela dit le pot de stockage n’aurait pas pu être plus plein.
Puis il y a eu le tirage de l’après-midi. Il s’est « mieux » passé, plus rapide mais moins abondant.

Et voilà comment moi qui ne voulait pas tirer mon lait au boulot, j’ai tiré mon lait au boulot!
(En même temps je ne voulais pas non plus allaiter.)

Tirer son lait au bureau

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De la jeunesse perdue et des illusions déchues

L’autre jour au rayon jus de fruits du supermarché, un jeune me bouscule en reculant. Il s’excuse aussitôt « Pardon madame! « .
« Madame?! C’est sûr, me dis-je, conduire une poussette ne rajeunit pas et surtout je ne me suis pas maquillée. »
Et là j’ai réalisé : avant je me maquillais pour paraitre plus âgée, aujourd’hui c’est pour avoir l’air plus jeune ….

Bébelle

(Bien sûr je suis bien consciente que le simple fait d’avoir dit « un jeune » trahit mon âge …)

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De l’ouverture d’un blog ou quand Doctissimo ne suffit plus

Je n’ai pas la confirmation officielle mais il m’arrive parfois de penser qu’internet a été inventé pour moi. Quand j’étais (plus) jeune, je discutais avec de beaux jeunes hommes (d’après ce que laissaient entendre leurs pseudo mais là encore, pas de confirmation officielle)sur Caramail. Plus tard, je partageais mon amour des loisirs créatifs sur Forumactif. Puis j’ai ouvert un blog (et un deuxième et un troisième) pour parler de moi et de mes passions (les poupées et le vernis à ongle). (Je vérifie aussi mes mails dix fois par heure, j’adore Instagram et je n’ai jamais compris Twitter mais puisque là on parle de l’ouverture d’un blog – cf le titre- on en restera  à la phrase précédente).

Et puis j’ai eu un enfant.

Internet a alors tourné à plein régime :
 » A quoi ressemble un fœtus de deux semaines? Un mois? Deux mois? …. »
« Est-ce que ça fait mal d’accoucher? »
 » Pourquoi mon bébé pleure tout le temps? »
« Combien de fois par jour dort / mange / remplit ses couches un bébé de deux semaines? Un mois? Deux mois ?…. »
Bref, comme toute (ou presque) jeune maman, j’étais désemparée et perdue. J’ai écumé les forums et les blogs à la recherche de témoignages pour me rassurer. Ça n’était pas toujours le cas. Je me souviens d’une discussion sur la version par manœuvre externe (en gros on essaye de retourner ton bébé en siège en appuyant sur ton ventre) où un témoignage disait « je l’ai fait la semaine dernière et mon bébé n’a pas survécu. » ….euh…. Enfin j’ai surtout trouvé beaucoup de choses sympas et me suis aperçu que je me passionnais aujourd’hui pour des sujets qui m’indifféraient hier encore (j’avais vingt ans…). D’ailleurs j’ai regardé tous les épisodes de Baby Boom et suis avec ferveur les Maternelles. Mais surtout j’ai réalisé que j’avais moi aussi envie de partager ce que je vivais car même si c’est l’aventure la plus banale du monde, c’est surement la plus belle!

En résumé, je suis la  jeune maman, (‘jeune’ dans mon statut de mère, un peu moins dans celui d’être humain, encore que tout est relatif) de Bébé Putois, quatre mois et des brouettes.
En ce moment je m’interroge sur l’allaitement et la reprise du travail (il y a quelques jours en arrière). Je me suis déjà lassée des méthodes pour calmer les pleurs du soirs et m’en fiche encore de la diversification (mais dans quelques semaine je serais la reine de la purée de carotte).

Premiers Moments