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Des éclats de vie

J’entends Papa Breizh partir au travail et VentreMou, le chat, déménager dans la cuisine. Je me lève. Je prends mon petit déjeuner et vais voir Petit Putois. Je le nourris, je le change. Je fais un petit tour sur internet, je m’habille, je change les draps du petit et lance une machine. Je prépare le petit pour aller faire les courses. Il sent mauvais, je le rechange.

On va faire les courses, on croise une connaissance qui attend le tramway. Au supermarché il n’y a plus de terreau, chiotte. Mais il y a plein de nouveaux livres pour Putois, chouette. On rentre, le petit s’agite, il commence à avoir faim. « Faut que je cuise ta purée mon tout petit« . Mais d’abord je dois laver les casseroles. Puis couper les légumes et les faire cuire. Pendant que ça mijote, le petit biberonne. Je mixe. Le fil du mixeur fond sur la plaque chaude, et merde! Je commence aussi à avoir sérieusement faim, je prends un verre de sirop. On va dans le salon manger la purée pomme de terre – courge – carotte avec un peu de veau. VentreMou qui a souvent du caca collé au cucul en a laissé un peu sur la cacanapé. Et remerde!

Petit Putois dévore sa purée. J’enlève la housse du canapé. J’ai trop faim mais il y a plus de casserole pour faire à manger. Je met un plat au micro-onde. Je mets le petit par terre sur des couvertures. Je me dis que la litière du lapin sent drôlement mauvais. Je décide de la changer mais la poubelle est pleine. Je mange mon plat surgelé.Je chatouille le bébé, il aime ça. Je le mets sur le ventre, il se retourne. Je le remets. Je regrette de ne pas avoir pris de chocolat au supermarché. Je me fais une tartine de Nutella. Putois vomit. Je vais le changer, il a fait un caca arc-en-ciel de diversification, c’est drôle. Il rit aux éclats quand j’imite la mouche. Il rit si fort qu’il en attrape le hoquet.
Et pendant qu’il retrouve son souffle, mon petit cœur de maman fond.

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D’être mère et de devenir maman

Je n’ai pas aimé être enceinte. En psychanalyse, la découverte de la différence des sexes est très éprouvant pour la petite fille. Elle constate que l’homme a un pénis qui est considéré comme un attribut de puissance (le phallus). Elle constate aussi qu’elle n’en a pas et se sent donc incomplète. La grossesse est censée remettre les pendules à l’heure et faire que la femme se sent enfin entière et puissante. Je schématise un peu mais l’idée est là. Quand j’étais enceinte, je n’ai ressenti aucun épanouissement, aucune complétude, tout juste des ballonnements parfois. Je n’ai pas détesté non plus. Disons que j’ai trouvé ça contraignant. Déjà parce qu’on a plus le droit de boire de la bière et de manger du saucisson. Ensuite parce que je n’ai passé qu’une nuit complète en neuf mois (et je vous dis pas après) : parce que je dors sur le ventre et que c’est impossible avec des seins douloureux d’abord et un gros ventre ensuite, à cause des nausées puis des remontées acides, à cause du mal de dos, parce que j’avais trop chaud, à cause des cauchemars, parce qu’il fallait se lever tout le temps pour faire pipi, à causes des angoisses… Je trouve qu’une femme enceinte est belle, mais chez moi le ventre est devenu très rond qu’à la toute fin. Avant j’avais juste l’air enrobé. Et puis parce que ça fait sacrément mal! Aux seins, au ventre, au dos et aux côtes!

Quand on m’a posé le petit dessus, je me souviens que ma première pensée était que je le trouvais beau, ce qui m’a presque étonnée. Ensuite je me suis demandé ce que je devais en faire. On m’a dit de lui faire un bisou avant qu’ils l’emmènent. Alors je lui ai fait un bisou, parce qu’ils me l’ont dit. Ma gynéco m’avait raconté qu’avant sa première grossesse, elle se demandait comment elle allait réagir à l’accouchement, elle qui avait vu tant de nouveaux nés. « Mais quand on vous le pose dessus et que c’est le vôtre, c’est pas du tout la même chose » m’affirmait-elle. Personnellement je pense que si on m’avait déposé un cageot de gambas dessus, j’aurais réagi pareil. Ça ne m’inquiétais pas plus que ça. J’avais vécu ma grossesse avec beaucoup de détachement émotionnel, je ne m’attendais pas à un coup de foudre à l’accouchement. Pendant qu’ils me rafistolaient, j’ai souhaité qu’ils ne me le ramènent pas trop vite. Je me sentais si mal, j’ai eu besoin de dormir un peu. Je ne me souviens même pas de la première mise au sein. Je me souviens qu’il ne voulait pas manger à la deuxième et que l’auxiliaire de puériculture a tenté de le nourrir à la pipette. Ah comme je l’ai détesté cette jeune blondinette qui faisait des areuh à MON bébé. Il n’a rien mangé et bizarrement ça me rendait contente. La première nuit une merveilleuse infirmière venait m’apporter le petit dès qu’elle l’entendait. Elle me l’a mis souvent dans les bras et elle m’a aidé à commencer à tisser le lien. Le reste du séjour à la maternité j’ai très peu dormi. Pas parce que le petit pleurait mais parce qu’il existait et qu’il fallait donc que je sois attentive à tout ce qui l’entourait. J’étais dans un état d’hypervigilance. La nuit je dormais assise avec le bébé dans les bras. Je me reposais le jour quand Papa Breizh était là.

Les premières semaines ont été horribles. J’étais dans une espèce de sidération permanente mélangée à une angoisse omniprésente et une fatigue extrême. Tout était mécanique mais je faisais tout. Il y avait une sorte de lourdeur immuable, j’étais la mère, il fallait que je m’en occupe. Les gens me demandaient « pourquoi il pleure? ». Je ne savais pas. « Mais tu dois le savoir, les mères sentent ces choses là« . Connerie! Ces histoires de se faire confiance me culpabilisaient encore plus. Je n’avais aucune idée de ce que pouvait bien vouloir mon bébé. Et c’est tout aussi absurde de faire confiance à son bébé, il n’est pas mieux lotit que vous pour savoir ce qui cloche. Il sait qu’il y a un truc qui va pas mais de là à savoir si c’est la faim, la fatigue ou une étiquette qui le gratte, il ne l’apprendra qu’avec l’expérience.

Mais je ne suis pas d’accord avec Mme Badinter et je pense que l’instinct maternel existe. L’instinct maternel n’est pas savoir ce que votre enfant veut mieux que tout autre, ça c’est de la divination. L’instinct maternel est ce qui explique que je n’ai pas jeté mon fils par la fenêtre, que j’ai arrêté la bière et le saucisson, que je me suis levée chaque nuit et encore et encore.(C’est aussi ce qui explique que l’espèce humaine soit toujours en vie malgré les douleurs de l’allaitement et les pleurs du soir). Pas parce que je le voulais, pas par amour mais parce que c’était comme ça, parce qu’il le fallait. Et ça a commencé à aller mieux quand j’ai arrêté de résister, quand j’ai accepté de sacrifier mon corps et mes besoins (faim et sommeil) pour me dévouer au nourrisson.

Les gens qui portaient Bébé Putois me le rendait dès qu’il chouinait un peu m’affirmant qu’il voulait sa maman. Je trouvais ça bête car je ne sentais pas de différence entre la façon dont il réagissait avec moi ou avec les autres. Qu’est-ce que ça m’énervait quand, épuisée de m’en être occupé toute la journée, je refilais le bébé à Papa Breizh et qu’il n’arrivait pas à faire cesser les pleurs. C’est pourtant pas compliqué, il suffit de le tenir droit, de se promener et de chanter des chansons. Et ça m’horripilait encore plus quand il me poursuivait avec le braillard dans la cuisine où je m’étais réfugiée prétextant de la vaisselle à faire. « Ta présence le calme » arguait Papa Breizh à cours de solution. Et ça m’ulcérait, mais c’était vrai. Et quand on avait fait le tour de tout l’appartement douze fois, c’était encore moi seule qui pouvait l’apaiser grâce à mes mamelons magiques. L’allaitement est à la fois aliénant et bien pratique.

Et puis Putois a commencé à grandir et à s’ouvrir au monde. Il faisait de vrais sourires et babillait tout doucement. Le matin quand j’allais le chercher, il se calmait tout de suite et j’avais même le droit à des esquisses de sourires. Papa Breizh jamais (il n’avait qu’à le laisser téter aussi!). Et c’est quelque part au milieu de tout ça, entre mes résistances qui lâchent et les premiers sourires du matin, que j’ai commencé à l’aimer. Quand on n’était plus juste dans l’animalité mais dans l’humanité. Alors,entre les câlins et les risettes, les émotions se sont immiscés. Petit à petit s’est construit un amour que je n’aurais pas imaginé possible. Je me souviens d’avoir été déçue au départ en me disant « c’est ça être mère« . Je pensais que j’aurai besoin de bien d’autres accomplissements pour être satisfaite de ma vie. Et pourtant aujourd’hui, s’il n’y avait qu’une seule chose à garder, ça serait ça.

Aujourd’hui j’aime mon fils de tout mon cœur et de tout mon corps. Il me manque même parfois lorsqu’il dort. Je fond quand il sourit alors que je lui chuchote des douceurs dans l’oreille. Papa Breizh et moi nous battons pour le premier sourire du matin et le dernier du soir. Il me disait encore il y a quelques jours « Il est de plus en plus beau notre fils. On l’aime de plus en plus.« . Lui non plus n’a pas résisté et est tombé amoureux.
Aujourd’hui je suis une maman. Je suis sa maman.

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De la fin de l’allaitement et du début des haricots

Ssssss … Sevrage! Ça y est! On y est!
Ça faisait déjà plusieurs semaines que je m’inquiéte du comportement de Petit Putois au sein. Il s’énerve, tire sur le sein, le lâche et le reprend sans cesse, pleure … Manque de lait? Préférence pour le biberon de Nounou qui coule plus vite? Mamelons trop poilus? Le verdict est tombé à la dernière visite pédiatrique : le bébé n’a pris que cent malheureux petits grammes. Du coup en route pour l’introduction de solides.

En parallèle, le tirage de lait au boulot devient de plus en plus pénible. Je vois les quantités réduire et j’angoisse de ne pas avoir de quoi nourrir mon bébé. C’est un peu absurde parce qu’à la base je voulais faire ces tirages pour entretenir la lactation et je me disais que le petit pourrait très bien boire du lait artificiel. Et puis en voyant que j’arrivais à fournir assez, je me suis mis en tête de le laisser au lait maternel exclusivement. Et si j’étais fière de moi au départ, c’est devenu une source d’angoisse les derniers temps.
Si tu suis toutes mes histoires, tu sais que le début de la diversification rime aussi avec une proposition de travail à temps plein que j’ai …. acceptée (après avoir tenter de négocier un 80%). Il veulent que je commence vite. Dans deux semaines. Je n’ai pas envisagé de continuer à tirer mon lait et de commencer un nouveau job en même temps. J’ai bien pensé que la diversification pourrait rendre les choses un peu plus cool, peut-être réduire à un tirage par jour. N’empêche qu’il faut quand même se trimballer le tire lait, trouver un peu d’intimité, stocker le lait, rentrer en vitesse et faire bouillir le lait (et oui, mon lait se prédigère et prend un goût de savon si je ne le fais pas chauffer avant de le stocker) puis donner le sein au petit.
La semaine dernière a été particulièrement acrobatique. J’angoissais déjà depuis la semaine précédente à la vue de mon planning chargé. Bien sûr il s’est rajouté des choses et des pleins de gens en retard. Du coup mardi soir je rentrais déjà avec trop peu de lait. Je m’étais dit que j’allais encore essayer de tirer avant de me coucher. Quand je suis rentrée, Putois était affamé et s’est jeté sur le sein. Mais le dernier tirage avait sans doute eu lieu trop tard et il restait affamé alors que mes seins était vidés. J’ai donc complété avec le lait tiré dans la journée. Du coup, je n’ai pas tiré le soir et je me suis sentie soulagé. Le lendemain j’ai dit à Nounou de lui donner du lait artificiel à quatre heure.

Je suis partie sur cette idée de supprimer la tétée goûter et de garder celles du matin, du midi et du soir. Du coup mercredi et jeudi je n’ai tiré mon lait au travail qu’une seule fois.Et c’était un soulagement. J’envisageais mes vacances (cette semaine) avec le bonheur de profiter encore un peu de mon tout petit avant de travailler beaucoup. Je me sentais légère de ne pas devoir me lancer dans un marathon de nichonage pour booster ma lactation fatiguée. Alors sans culpabilité, vendredi à l’heure du goûter je lui ai donné le biberon.

Calin&RisetteFinAllaitement

Voilà ce que j’avais envie de vous raconter vendredi soir. J’avais envie de vous dire que même si j’avais un petit pincement au cœur, ce sevrage se faisait sans culpabilité.
Et puis il y a eu samedi. Je me suis dit que le sevrage tombait bien et en partant au supermarché j’ai mis dans la poussette un biberon d’eau et du lait en poudre. Quand Putois a commencé à montrer de sérieux signes de faim on s’est précipité vers la voiture (non sans heurts à cause d’histoires de sachet qui s’envole et de liquide vaisselle oublié). A la vue du biberon le petit s’est réjouit. Une fois en bouche, il a grimacé sévère. Pas moyen de lui faire avaler alors qu’il avait grave la dalle. Le retour s’est fait dans une ambiance électrique. Putois était partagé entre pleurs et éclats de rire. Je tentais en effet de le divertir de sa faim, lui tentait d’attraper son pouce ce qui est impossible dans son siège bébé (petits bras + grosse ceinture = pas de pouce). En arrivant j’ai mis le bib’ au micro onde (oh oui, ne grogne pas, on fait ce qu’on peut, je sais bien que le micro onde c’est mal et que ça tue des bébés phoques) et là, il l’a enfin avalé. Alors c’était ça, mon bébé était devenu un petit gourmet qui n’acceptait son biberon qu’à la bonne température? C’est vrai que la veille je lui avais présenté chaud sans trop y réfléchir. Mais Bébé Putois était en mixte de ses trois semaines et demi à ses deux mois, et il en a bu des biberons à température ambiante sans se plaindre. C’est vrai aussi que depuis il a rarement eu des biberons de lait artificiels.Les seuls biberons qu’il a sont du lait maternel chez la Nounou qui doit certainement lui offrir chauds (enfin j’espère car le lait sort du frigo et est parfois même congelé).
Dimanche après-midi je lui présente donc le biberon chaud. Grimace et refus. Au bout d’un moment, Papa Breizh prend le relais et arrive péniblement à lui faire avaler quelques 90ml. Lundi pas moyen de descendre une seule goutte. Je m’interroge sur la marque de lait (que pourtant il avait déjà bue petit). J’essaye un autre lait (une boite que la Nounou m’a rendue car ouverte il y a plus d’un mois). Rien à faire (en même temps elle est ouverte depuis un mois et demi…). Par contre il se jette sur la compote que je lui propose après. Et nous c’est le lait qu’on jette. Le soir il tète mal, quelques minutes seulement. Ce midi c’est pareil, il n’a que du lait de début de tétée tout clair. Mais il ne veut pas téter plus. Pourtant il a faim car il dévore la purée ensuite. En plus je sens que ma production de lait diminue.
Je redoute déjà l’heure du goûter!

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte final, premier choix raté, deuxième choix qui porte bien son nom et rebondissement final

Mes articles deviennent tellement longs que je les coupe en plusieurs morceaux pour que ça soit plus digeste. Voilà que je songe à faire de même pour mes titres!
Du coup je suis même obligée de te faire un résumé des épisodes précédents à la mode des séries américaines. Ça me permet de m’autociter, c’est toujours agréable de se regarder le nombril. Nous avions donc opté pour le recours à une assistante maternelle pour faire garder Petit Putois. Nous en avions rencontrées cinq juste avant les fêtes de fin d’année. Le vent soufflait dans les branchages des sapins lourds de neige et l’heure du choix avait sonné. Quoique, je crois qu’il n’y a pas eu de neige.

Le problème a commencé lorsque Papa Breizh et moi sortions de notre entretien avec Nounou Potentielle  #4. Il se tourne vers moi et me dit : « Je crois qu’on va avoir un problème. ». Quel visionnaire! « Je crois qu’on ne va pas être d’accord« . Bon ça arrive souvent entre Papa Breizh et moi (il s’avère qu’il a souvent tort, c’est pas de bol). Mais quand on est d’accord, on est d’accord. Pour le choix de nos appartements, de notre décoration intérieure, du prénom de Putois et des prénoms des suivants, aucun de nous deux n’a fait de concession (quoique si, j’ai accroché mes petits oiseaux accroche clés dans le couloir).
Voilà c’était acté, je préférais Nounou #4 et lui préférait Nounou #1 (qui était remontée dans les suffrages après les rencontres des assistantes suivantes). Il reprochait à Nounou #4 son appartement un peu trop chargé. Le souvenir d’un brisage de vase chez sa propre gardienne le hantait. Il pensait également qu’il arriverait plus facilement à imposer des choses à nounou #1. Je pensais que Nounou #1 s’occuperait bien de mon fils mais qu’elle allait nous le déprimer tant je la trouvais effacée. Je voulais une nounou fun. Nous avons donc réglé notre différend au combat à mains nues. Nous en avons parlé à nos familles pendant les fêtes. Puis Papa Breizh a décidé qu’il me laissait la primeur du choix. Il avait peur des reproches en cas de déraillement s’il conduisait le train (oui, je porte la culotte, mais la culotte chez un homme ça n’est pas viril!).

J’appelais donc Nounou Potentielle #4 et lui laissait un message sur son répondeur. Le soir on recevait un SMS disant qu’elle avait essayé de nous joindre sans succès mais que la place venait d’être prise par une autre famille … quelle autre famille? Il n’avait jamais été question d’une autre famille? La joueuse de flûte n’était-elle pas en train de nous pipeauter?
Il est 21 heure et on sent la panique nous guetter! On appelle alors Nounou #1, elle est sous la douche. Certes ça n’est pas une heure correcte pour appeler les gens. On lui fera bien pire quelques jours plus tard … Elle nous rappelle et on lui demande si elle est toujours disponible pour garder notre fils. Elle est ok, on est ok. « On se rappelle pour les papiers. » Bon ben voilà, le destin a décidé pour nous mais je suis un peu frustrée.

Les jours qui suivent je rappelle la crèche familiale qui devait nous donner une réponse en janvier. Pour rappel une crèche familiale est une association qui gère plusieurs assistantes maternelles. Celles-ci gardent les enfants à domicile mais se regroupent une fois par semaine. Elles ont aussi des groupes de paroles. C’est la crèche qui gère tout le côté administratif et le paiement est indexé sur les revenus. De plus les couches et les repas sont fournis. Les assistantes maternelles sont pas mal encadrées par les puéricultrices de l’association (bien plus que les assistantes maternelles privées par les PMI). La crèche m’informe qu’on est les prochains sur la liste! Ils attendent la réponse de parents qui viennent de rencontrer une de leur assistante maternelle qui a une place. On attend. Je rappelle, ils ne savent toujours pas. Je me dis que ce n’est pas bien de faire attendre Nounou Potentielle #1 mais malheureusement c’est souvent le jeu avec les crèches. Au final après plusieurs coup de fils croisés, ils nous informent que la famille n’est pas intéressée par la nounou et que du coup elle a une place. Avec Papa Breizh on est emballé par le concept de la crèche familial mais on reste prudent. On préfère se dire que si ça ne colle pas avec l’assistante maternelle de la crèche on prendra la nounou privé. On prend rendez vous au plus vite.
Quand on arrive chez cette nouvelle nounou, je trouve l’appartement grand et bien rangé. L’entretien se passe bien. Elle parle d’un des enfants qu’elle accueille qui a un prénom plutôt rare et me dit que sa maman fait le même métier que moi, je réalise que c’est une de mes collègues (même établissement mais autre service). J’y vois un signe. Quand Papa Breizh voit un poster de Game of Thrones au dessus de son lit (une carte, pas des femmes nues), il y voit son signe. Bref on est emballé tout les deux. Ouf, on a enfin trouvé notre nounou!

Et tout roule depuis. L’adaptation s’est super bien passée. Putois est heureux comme tout et la nounou nous dit souvent combien il est facile à vivre.
Bien sur tout n’est pas rose. Déjà parce qu’on a dû appeler l’autre nounou pour lui dire que finalement on avait eu une place en crèche. Et puis parce que notre nounou a fait goûter à putois de nouveaux légumes….si tu ne comprends pas cet argument, c’est que tu n’es pas une obsessionnelle du nourrissage de ton enfant comme moi. En même temps je crois qu’avec moi il n’aurait jamais mangé d’artichaut de toutes façons.
Il y a quelques temps elle a du s’absenter une demi journée et la crèche familiale nous as proposé une autre nounou pour le remplacement. Et ben j’ai beaucoup moins aimé et avec Papa Breizh on s’est encore une fois dit qu’on avait trouvé la bonne!

Calin&RisetteNounou3

J’espère que l’histoire s’arrêtera là parce qu’entre temps on m’a proposé d’augmenter mon temps de travail et Nounou n’avait pas l’air emballée par le projet …

Et sinon on a reçu une lettre nous disant qu’on n’aurait pas de place en crèche collective pour septembre 2015 mais qu’on était sur la liste d’attente pour septembre 2016 ….

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte II, rencontres et déceptions

Après avoir choisi notre mode de garde, nous avons pris rendez-vous avec cinq assistantes maternelles que nous allions rencontrer chez elles.

* C’était l’hiver. Bébé Putois, Papa Breizh et moi partions à la rencontre de Nounou Potentielle #1. Nous arrivions à sa porte bien que le GPS chercha à nous emmener à la station de tramway la plus proche (était-ce un signe?). Nous étions sans doute aussi stressés qu’elle. Je trouvais son appartement sombre (car les volets n’étaient que partiellement ouverts) mais plutôt ordonné (quoique le tapis d’entrée ressemblait davantage à une couverture, mais qui suis-je pour juger? moi qui me sert d’une couverture comme nappe sur un bureau qui sert d’arbre à chat!). Nous lui expliquons qu’elle est la première personne que nous rencontrons et qu’on ne sait pas forcément comment les entretiens doivent se passer. Elle ne semble pas plus à l’aise que nous. (Je suis revenue au présent/passé composé subtilement n’est-ce pas?). Après tout, c’est un entretien d’embauche pour elle. Mais après tout nous sommes sur son terrain. Elle semble calme (un peu trop) et dit « oui » à tout. Elle a des enfants. Elle accueille aussi deux enfants qui vont déménager dans les jours qui suivent et elle se retrouvera seule. Elle vient tout juste d’avoir l’agrément pour les touts petits ce qui ne nous rassure pas vraiment. De plus elle nous dit que ses enfants n’ont jamais pleuré, du coup on s’interroge sur sa capacité à gérer les cris de Putois. Je garde le petit en écharpe tout l’entretien, il est sage. Elle le regarde mais ne demande pas à le prendre. Mais elle nous explique aussi qu’elle ne laissait pas d’autres gens porter ses enfants quand ils étaient petits. Elle n’auraient d’ailleurs jamais pu les confier à une assistante maternelle …. oups, remarque maladroite à faire à des parents qui viennent te confier leur enfant!
On repart, je suis déçue. Bien qu’on n’ait rien de spécial à lui reprocher, je me sens un peu morose. Je crois que mon fantasme de la nounou parfaite vient de se prendre brutalement la réalité dans le pif. Alors c’est comme ça les assistantes maternelles? Ça m’a déprimée, elle m’a déprimée.

* Autre jour, autre nounou (mais c’est toujours l’hiver). La deuxième nounou potentielle est une dame maghrébine d’un certain âge. Elle nous accueille en présence de son mari retraité qui s’investit aussi auprès des enfants. Elle demande d’emblée à porter Petit Putois. Il est un peu grincheux alors elle le secoue le berce et lui fait changer sans cesse de positions (je me dis qu’il va lui vomir dessus si elle continue). On sonne à la porte. Elle va ouvrir en emportant Bébé Putois. C’est un peu violent pour moi! La petite fille qu’elle garde est arrivée. Elle demande d’emblée un bonbon que le mari lui donne … mouais. Pendant la visite de l’appartement, elle nous montre des lits parapluie qui débordent de vêtements. « Bien sûr si on accueille Putois ça sera rangé. » précise son mari. Bien sûr … Question tarif, elle prend 3 euros de l’heure, mais comme nous demandons une garde à temps partiel ça fera 3,50 euros « si vous êtes d’accord« . Quand elle me rend Petit Putois, il sent très fort la friture.
Finalement Nounou #1 n’était peut-être pas si mal.

* Notre rencontre avec Nounou Potentielle #3 est ma préférée à raconter tant tout est édifiant. A ce stade, il faut que je précise que je suis allée à tous les entretiens avec Bébé Putois en écharpe. Cela semblait, pour un nourrisson d’un mois en sortie dans un lieu inconnu en décembre, la meilleure solution. Lorsqu’elle ouvre la porte, Nounou #3 tique d’entrée en s’inquiétant qu’on le porte trop souvent. En effet, les assistantes maternelles ne pouvant passer leurs journées à porter nos rejetons, il semble tout à fait inopportun qu’on l’habitue à être dans les bras! Nous la rassurons (je ne sais même pas pourquoi) sur le fait que l’écharpe est surtout un moyen de locomotion. Mais peut-être avons nous trop pourri gâté le petit en le portant dès la naissance ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas capable de se déplacer seul à un mois (d’ailleurs le fainéant se fait toujours accompagner chez la nounou à cinq mois révolus!). Nous sommes reçus en présence de son mari (qui nous propose un café) et de ses deux enfants. Elle nous parle d’emblée de son tarif et nous fait les calculs en long en large et en travers.Elle garde actuellement une petite fille depuis qu’elle est bébé mais ses parents ont décidé de la mettre au jardin d’enfants. Elle ne comprend pas ce changement qu’elle a appris au dernier moment. Elle nous parle longuement de ça, en passant par les revenus des parents de la petite fille et par un discours anti-crèche. Le couple pense d’ailleurs que la responsable du RAM fait exprès d’envoyer les gens vers la crèche … Elle se demande si du coup c’est vraiment intéressant pour elle de garder Petit Putois ou si elle toucherait plus au chômage. Elle s’inquiète de l’allaitement car certains bébé refusent de prendre le biberon après. Bordel sombres cons de parents, l’allaitement et le portage sont la hantise des assistantes maternelles! Dressez donc vos enfants correctement! Elle s’inquiète de savoir si Putois ne pleure pas trop, car un jour elle a eu un enfant qui pleurait toute la journée (c’était la faute de sa mère …) et du coup elle l’a rendue. Elle nous parle aussi de l’importance du carnet de santé, nous disant qu’il faut l’amener chaque jour pour suivre l’enfant … euh non, c’est plus un cahier de liaison entre la nounou et les parents qui est important.Elle déclare que c’est bien de prendre les enfants tôt car ils doivent s’habituer très vite à son rythme. Elle nous évoque sa difficulté à trouver des enfants à garder qui serait dû en partie à la présence de son mari d’origine maghrébine (et au fait que la RAM envoie les gens vers les crèches ou vers d’autres nounous). Elle accepte pourtant tout le monde, sauf les noirs. C’est comme ça, par expérience elle a toujours eu des problèmes avec les noirs. Enfin un bon point, je porte bébé et l’allaite mais au moins on est tous blancs comme des culs! L’entretien dure très longtemps, près de deux heures où elle parle surtout de la petite qu’elle garde si injustement retirée par ses parents. Peut-être que c’est parce qu’un jour elle l’a appelé ‘maman‘ en présence de sa mère mais bon ça arrive. Et le mari de demander à la petite qui s’est réveillé entre temps « c’est qui ton papa? ».
Bien sur elle n’a pas demandé à porter Putois, elle ne l’a pas regardé et je ne suis même pas sure qu’elle ait demandé son prénom …

* La quatrième nounou semble consciencieuse, elle prend des notes et nous pose des questions. Bon point en sa faveur. Elle a de grands enfants dont un ado à la maison. Elle a une formation de puéricultrice, d’infirmière, de sage femme et a exercé dans plusieurs milieux dont la crèche collective. Elle a un jardin! Et même un petit potager, du coup c’est purée de légumes du jardin.Elle correspond à tous mes critères et je suis emballée en rentrant. Papa Breizh est un peu plus réservé. son intérieur était très chargé (trop) et il a peur de la casse.

*La dernière Nounou nous reçoit avec sa fille qui prépare un diplôme dans le domaine de la petite enfance. Elle nous parle de sa pratique et nous montre des cahiers avec les photos des tous les enfants qu’elle a gardés. Elle demande à porter Putois à la fin de l’entretien mais me le rend assez vite car il fait chaud dans son appartement et elle ne voudrait pas qu’il sente la transpiration. L’heure tournant, sa fille part chercher les enfants qu’elle garde déjà : quatre petits garçons. Ils ont vraiment l’air de s’amuser chez elle. Mais ça fait beaucoup de chahut et je devrais modifier mes jours de travail pour m’adapter à ses gardes (elle ne peut avoir que quatre enfants au maximum). Pas de possibilité donc de travailler plus. De plus il faudrait qu’on fournisse la poussette et c’est celle qui habite le plus loin. Cette nounou m’est vraiment sympathique mais l’aspect pratique est compliqué.

Et maintenant le plus difficile à faire, c’est le temps du choix! Autant pour certaines c’est évident (NON!) mais pour d’autres…

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De ma drôle de journée, des grands huit émotionnels et des choix cornéliens

Le vendredi est le premier jour de mon weekend (qui dure jusqu’au lundi). Vendredi, Petit Putois nous réveille à 6h00. Bien avant l’heure à laquelle on se lève quand on va travailler. Bien, bien, bien avant celle du weekend. La tétée dure vraiment beaucoup plus longtemps que d’habitude (alors que le matin on est spécialement efficace). Du coup on se retrouve bien réveillés tous les deux . Sachant qu’on a rendez vous chez la pédiatre plus tard dans la matinée, je renonce à me recoucher. Putois lui retournera faire une petite sieste après que Papa Breizh sera allé au travail(ça fait bizarre avec de l’indicatif).

9h30, je suis en culotte dans ma salle de bain et je m’oins le corps pour pallier ma peau toute sèche. Le travail m’appelle. Au sens propre. Mon téléphone sonne et c’est le numéro du bureau. C’est rarissime. J’ai eu quelques appels pendant mon congé maternité par des collègues qui voulaient des nouvelles. Mais jamais de travail en dehors des heures de travail. Je me demande pourquoi alors je réponds car c’est encore le meilleur moyen de le savoir. J’ai toujours les seins à l’air, la situation est délicate. La secrétaire m’informe que le chef d’une autre service a cherché à me joindre plusieurs fois sans préciser pourquoi mais cela semblait urgent. La secrétaire a refusé de donner mon numéro de portable et a dit que je ne travaillais pas (quand je vous dis qu’on ne me dérange pas le weekend). La chef de service a dit qu’elle m’enverrait un mail dans l’après midi, la secrétaire me transmet donc l’info.
Je vais de ce pas voir mes mails même s’il est encore trop tôt et que je suis toujours plus qu’à moitié nue. J’apprends alors par une autre collègue que si le chef de cet autre service cherche à me joindre c’est pour me proposer un poste suite à l’absence prolongée de quelqu’un. Un poste auquel j’avais postulé il y a un peu plus de deux ans. C’est drôle parce qu’il y a trois semaines, on m’avait aussi rappelée pour un poste où j’avais candidaté il y a deux ans (j’avais eu le poste mais eux n’avait pas eu les subventions pour le créer…).
J’ai mis cinq ans à trouver du travail après mon diplôme. C’était un mi-temps, un CDD, un remplacement de congé parental. Il devait y avoir une augmentation de temps de travail qui ne s’est jamais faite(toujours ces histoires de subventions). J’ai enchainé avec un autre mi-temps, celui que j’occupe actuellement. Trois ans et demi de CDD, à flipper qu’ils ne me renouvellent pas, surtout après mon congé maternité. J’ai cumulé avec un autre mi-temps quelques mois mais l’expérience n’a pas été fructueuse car l’autre travail était… disons que les collègues étaient…et les conditions de travail … bref ça n’a pas marché. J’ai envoyé des lettres de motivations et passé des entretiens (dont deux avec cette chef de service) mais rien. Et maintenant que j’ai un tout petit bébé on me propose un temps plein?!

J’ai appelé Papa Breizh qui n’a pas répondu. Il était en déplacement dans le village de mon enfance. Alors j’ai appelé ma mère. Elle a trouvé que c’était une bonne nouvelle. Moi j’étais toujours perdue mais il fallait aller chez le pédiatre.

La pédiatre a dit « il a cinq mois » ça m’a fait un choc. Pour moi il n’en avait que quatre et demi (depuis longtemps certes). Elle a dit qu’il fallait commencer la diversification, ça ma refait un choc.Je me dis qu’il a grandi si vite. Je lui évoque mon inquiétude par rapport à son alimentation car il avait réduit le nombre de ses repas et surtout, mais ça je ne lui ai pas dit, qu’il pleurait au sein. Elle a dit « vous le mettez bien sur le ventre« . Je crois qu’elle a un sérieux problème avec ça! Je lui réponds qu’on y travaille avec la kiné qui a constaté qu’il était nul pour ça. Je me fais gronder car j’ai dit que mon bébé était nul et qu’il ne faut pas parler comme ça car les enfants font ce que leur parents attendent d’eux. Elle lui fait des tests dans tous les sens, le mesure et le pèse. Tout va vite. Quand elle note les infos dans le carnet de santé, elle s’arrête et revient le remesurer et le repeser. Ça y est, c’est officiel, il n’a pas suffisamment grossit. Mon cœur de maman s’arrête de battre. Verdict: il faut commencer la diversification pour augmenter l’apport calorique. Elle nous demande si on mange bien des légumes à chaque repas pour que Putois ait le bon exemple. J’ai peur de me faire gronder à nouveau alors je mens. La vérité c’est que Bébé Putois nous voit surtout manger du chocolat à tout heure devant la télé, mais ça je lui dis pas. Elle se rend compte qu’elle a oublié de lui faire les vaccins, elle revient, une piqûre dans chaque cuisse, pleurs, « on se revoit dans un mois« .
On rentre, on a une heure avant d’aller chez la kiné. Je pense que je devrais peut-être proposer le sein à Putois mais lui a l’air de préférer dormir. Je devrais peut-être le réveiller? Alors c’est moi qui mange et je culpabilise. Chez la kiné tout se passe bien. On n’aura pas besoin de faire les dix séances. Vous verriez comme il se débrouille sur le ventre vous me trouveriez ridicule d’avoir été tant perturbée par ses séances de kiné.
En rentrant, un homme en fauteuil roulant me alpague en me voyant avec la poussette. « C’est pas pour vous faire peur, mais si je suis comme ça c’est à cause d’un vaccin » (on a fait les nôtres ce matin). Il me parle de la pression de la crèche pour qu’il vaccine sa fille, des industries pharmaceutiques, du papillomavirus et de l’herbe comme moyen thérapeutique. J’acquiesce à tout même si je ne suis d’accord avec rien. Je ne pense qu’à rentrer nourrir le bébé (qui dort comme un bienheureux).

J’appelle la chef de service pour en savoir plus. Elle ne me renseigne pas plus que ça. En gros elle me propose un poste. Combien de temps? Plus que vous ne pouvez en offrir (je suis déjà à 50%). A partir de quand? Je sais pas trop. Mais elle veut une réponse la semaine prochaine….cette semaine!
J’ai envie d’aller voir tous les sites sur la diversification mais je n’en ai pas le courage. J’ai même pas de couvert, ah si tient, une copine m’avait offert une cuillère pour bébé, ça ira bien jusqu’à ce qu’on aille au supermarché.

Papa Breizh me rappelle. Je lui parle du pire, le poids du bébé et de la diversification. Il ne se rend pas compte qu’il grandit si vite et pourtant pas assez vite. Je lui parle du boulot, je crois qu’il voudrait que je le prenne même s’il me soutiendra quelque soit mon choix.
J’appelle la crèche, un changement de contrat est possible si la nounou est d’accord. J’appelle la nounou. Elle aurait préféré quatre jours par semaine mais s’adaptera si c’est important pour moi. C’est à moi de décider (mais elle me dit qu’elle a choisi de prendre un congé parental pour ses enfants et qu’elle n’aurait pas pu les confier, moi on m’a dit que si je prenais un congé parental, on ne renouvelait pas mon CDD …).

Le reste de la journée je me sens une mère indigne qui n’arrive pas à nourrir son fils et qui veut l’abandonner. Je le sers dans les bras toutes les cinq minutes.
Le samedi je me réveille à 6h45, Putois lui dort encore. Je pense qu’accepter ce nouveau travail signifierait la fin de l’allaitement.Nous avons un weekend chargé mais dès que je m’arrête cinq minutes, je pense que je vais rater pleins de premières fois en travaillent. Mais ce travail est une opportunité en or. En faisant les courses je pense à ce que je pourrais acheter sans l’angoisse de fin de mois. Je pense qu’on pourrais peut-être même s’acheter un chez nous et que je pourrais même avoir une retraite. La diversification et la chronique d’une sevrage annoncé sont-ils le synonyme d’une prise d’autonomie de mon fils? Dois-je le prendre pour un signe pour aller travailler? Mais je voulais lui faire des bouteilles à paillettes et inventer des histoires pour lui. Mais j’aimerai aussi pouvoir lui payer des études et ne pas être une mère trop collante.

Je suis perdue.

Calin&RisetteDroleJournee

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte 1 « Oui mais on voudrait mieux une crèche »

Vous trouverez que la première partie du titre reflète surement des exigences un peu présomptueuses (et carrément des fantasmes délirants quant à la seconde partie…). Mais sachez que Bébé Putois est un enfant parfait. Cela fait automatiquement de nous des parents parfaits. Il est donc légitime qu’en toute suite logique nous souhaitions le confier à une parfaite assistante maternelle. Ce postulat étant établi, nous pouvons continuer.

J’avais déjà évoqué brièvement dans Des choix que l’on fait notre périple pour trouver un mode de garde. Mais il faut bien que je m’entraine à me répéter pour plus tard. « On ne tire pas sur la queue du chat! …. On ne tire pas sur la queue du chat!….On ne tire pas…trop tard! » J’avais aussi dit que notre marathon de rencontres de nounous mériterait un billet à lui seul (y en aura même plusieurs vu ma bavarditude). De plus, les lectures récentes des articles chez Choupi-chat, Papa-chat, la vie et moi  et chez Un énième blog de maman m’ont motivée à me mettre derrière mon ordinateur.

Donc on voulait envoyer Putois en crèche. Pour des questions financières, parce qu’une crèche n’est jamais malade, parce qu’il y a plein de personnels différents et donc pas de risque que Bébé aime une autre plus que sa maman, pas de risque non plus d’avoir quelqu’un qui délaisse ou maltraite votre enfant une fois la porte fermée et enfin parce que dans une crèche, il y a plein d’enfants et que c’est chouette pour jouer. J’avais dans l’idée qu’obtenir une place en crèche était comme la quête du Saint Graal. Je comptais un peu sur la tendance qu’a la vie parfois de faire que tout s’arrange. Du coup je trainais. D’accord, c’était surtout de la flemme et du découragement par anticipation. Je n’avais aucune idée des démarches à faire mais dans ma tête il fallait :
1. Recenser toutes les crèches de la ville
2. Les appeler une à une pour quémander une petite place
3. S’entendre dire :  » 2015? Vous êtes complétement fous et complétement indignes d’être parents (on va de ce pas alerter les services sociaux). On a une place pour janvier 2050 (sur la liste d’attente complémentaire). »
Bref, je n’étais pas pressée de me lancer. Faut dire aussi qu’on avait prévu de déménager mais on ne savait pas encore dans quel quartier, ce qui ne facilite pas la recherche de crèche.

Vers le cinq ou sixième mois de grossesse, nous recevons une invitation de la ville pour assister à une réunion d’information concernant les futurs parents. Y étaient présents des représentants de la commune, de la CPAM, de la CAF et de la PMI. Et chacun de nous faire un petit topo sur le déchiffrage d’acronymes : RAM, PAJE, CLCA… En plus d’y avoir moult brochures, on y apprend que pour s’inscrire en crèche il suffit de faire un dossier dans un relais petite enfance (et hop voilà la brochure).
«  Quoi vous ne l’avez pas encore fait? S’offusque la dame du relais en question.
– En même temps la réunion qui nous explique comment faire était il y a cinq minutes ….
– Et c’est pour une garde à partir de quand?
– Février.
– Février de toutes façons, il n’y a pas de place à moins d’un déménagement. Les places sont plutôt en septembre, quand les plus grands vont à l’école.
( – Merde, on aurait mieux dû calculer notre date de conception…)
– Venez demain matin pour l’inscription (avec les photocopies de vos quinze derniers bulletins de salaires, les avis d’impositions de vos grands parents et douze lettres de recommandation manuscrites)
– Euh, mais demain on travaille! »
Avoir une place en crèche n’est visiblement pas fait pour les parents qui travaillent, ni pour ceux qui ont des relations sexuelles n’importe quand dans l’année! La bonne nouvelle c’est qu’elle ne nous a pas dénoncés aux services sociaux.
J’effectue notre inscription trois jours plus tard et on me conseille de chercher une assistante maternelle  » au cas où …. « . Du coup direction le Relais D’Assistantes Maternelles (RAM) où on se gausse :  » Pour février? Revenez donc en décembre. Des assistantes maternelles agréées on en a plein dans votre secteur.  » Ouf, nous n’étions pas si nuls comme parents.

Les semaines passent et le bébé arrive. On rentre à la maison : « Pourquoi il pleure? Tu crois qu’il mange bien? Tu le trouve pas chelou son bout de cordon? Tu crois qu’il grandit assez? Pourquoi il pleure encore? Tu penses qu’il dort assez? Tu penses qu’il dort trop? Tu crois qu’il a faim? Pourquoi il fait ces drôles de bruits en dormant? Pourquoi il ne dort pas? Pourquoi il hurle? Pourquoi il ne dit rien? Comment ça se lave les oreilles? Tu penses qu’il grossit assez? …. Mon Dieu! Mais pourquoi nous ont-ils laissé sortir de la maternité avec lui? Quelle bande d’inconscients! ». Bref on l’emmène à la permanence de la PMI pour le faire peser et rencontrer un adulte qui pourra nous traduire le bébé. La puéricultrice en profite pour nous refiler la liste des assistantes maternelles agréées du quartier. Elle nous parle aussi de la crèche familiale.
« C’est ce truc où on doit garder les enfants des autres une fois par semaine? (Non parce que moi je m’en sors déjà pas avec le miens alors je ne voudrais pas abimer ceux des autres).
– Non ça c’est la crèche parentale. Une crèche familiale est une association qui regroupe plusieurs assistantes maternelles. Votre enfant est gardé au domicile de l’une d’elle. Une fois par semaine elles vont à la crèche avec les autres nounous et les enfants. »
Le concept est sympa mais s’inscrire dans une autre crèche pour qu’on nous dise qu’il est trop tard ne nous dit trop rien(surtout que là notre enfant est carrément déjà de ce monde) . Le lendemain on va au RAM pour qu’on nous explique les modalités de l’engagement d’une assistante maternelle et comment on sait que c’est la bonne (si tu sens ton cœur se serrer en sa présence, qu’elle te manque même quand elle va aux toilettes et que tu serais prêt à t’arracher toi-même ton rein pour lui donner en cas de besoin, alors c’est elle).
Deux semaines après, on retourne peser le bébé car comme toute mère primipare allaitant je suis une obsédée du poids (c’est à la maternité qu’ils m’ont refilé le virus). Autre puéricultrice, un peu alarmiste, qui nous réimprime la liste des nounous et nous fait une sélection géographique et une mise à jour. Il ne nous reste qu’à appeler. Petit Putois a trois semaines et demi et nous on a tellement la tête dans le guidon que l’idée de reprendre le travail nous semble aussi inconsciente que celle d’escalader le Mont Blanc en tongs. Quelque part entre tout ça on s’inscrit à la crèche familiale. On n’y croit pas trop mais quand même un peu.

Ça y est, maintenant il va falloir y aller à la rencontre des nounous. Le terme adéquat est donc assistante maternelle. Je sais que certaine n’apprécient pas la dénomination ‘nounou‘ qui dérive du terme ‘nourrice‘ désignant les femmes qui s’occupaient des enfants des bourgeoises et les allaitaient. Le ne veux pas que ma nounou allaite Petit Putois mais je tiens quand même à ce qu’elle le nourrisse. Je suis désolée si je heurte certaines assistantes maternelles qui passeraient par là en utilisant le terme ‘nounou‘ mais je le trouve beaucoup plus doux (doudou).
Grande question : qu’est-ce qu’on attend d’une assistante maternelle? Hors questions pratiques comme que les horaires soient compatibles avec nos horaires et ses exigences pécuniaires avec nos salaires. Papa Breizh a été chez une nounou mais n’a pas l’air de s’en souvenir des masses.Quant à moi, j’étais chez ma petite mamie. Je me souviens d’être allée chez une gardienne quelques rares fois. Je me rappelle juste d’être entrée dans la chambre de son fils et de l’avoir trouvé tout nu (il était avec sa correspondante anglaise). Je ne vois pas trop comment évoquer ça avec les hypothétiques nounous? (« Et sinon, vos enfants sont souvent tout nus à la maison? »). Au RAM on nous a fourni quelques documentations sur le recrutement de l’assistante maternelle : visiter les lieux, voir son comportement avec l’enfant, parler des choses importantes pour nous (alimentation , éducation, sommeil….),rencontrer plusieurs personnes. J’écume aussi internet. C’est tout de même une pression énorme de confier son précieux à une seule et unique personne. Si on fait le mauvais choix, qu’est-ce qui va se passer une fois la porte refermée? A moins bien sûr d’insister pour qu’il est toujours avec lui GrosNours son doudou adoré (muni d’une caméra reliée à votre smartphone).
Le principe est donc d’aller chez la nounou potentielle, d’emmener le bébé (et le papa si possible, cette décision étant si lourde à prendre) et de voir comment ça se passe. Nous prenons cinq rendez-vous.

Calin&RisetteNounou1