2

Des petons bien au chaud

Putois grandit mais pas tant que ça. Il arrive à cet âge où les chaussures de bébé en tissu sont trop petites, mais les chaussures de bambins qui marchent ne sont pas adaptées (sauf bien sûr quand elles ont un renard dessus). Du coup il nous fallait des chaussures souples et solides à la fois, chaudes et légères. Y a bien ces petits chaussons en cuir (ou simili) qu’on voit un peu partout mais ils sont chers pour quelques mois d’usage. Mais à bien les observer, ça n’a pas l’air si compliqué. Et puis d’ailleurs sur internet on doit bien trouvé des tutoriels ….

Des semaines plus tard (car une fois qu’on clique sur une image de pinterest, on clique sur une deuxième, puis une autre, et puis et puis …) je me lance dans mes premiers chaussons d’après ce tuto. Je veux du jean pour aller avec tout. Ça tombe bien, j’ai un vieux jean troué à recycler. Pour faire plus fun, je mets des étoiles. Je suis un peu déçue du résultat. J’ai beau m’être appliquée, le résultat n’est pas au top. C’est vrai que je suis loin d’être brillante niveau couture.

Calin&RisettePetonsAuChaud01

La première déception digérée, je me lance dans une deuxième paire. J’ai beaucoup de tissu et encore plus d’idées en stock. Cette fois je change de modèle et d’étoffe. Je veux un truc chaud, alors je prend de la polaire. Et puis tiens comme c’est pratique, je zappe la doublure du coup.

Calin&RisettePetonsAuChaud02

Maintenant il me faudrait juste une semaine de vacances pour pouvoir faire une paire assortie à chacune de ses tenues.

Et vous, ça vous inspire?

10

Du temps qui file

Hier encore t’avais vingt jours mon Putois. T’étais si petit qu’on avait peur de te briser en te serrant un peu trop. Tu criais de toutes tes forces de petit animal et on ne comprenait pas. Parfois on pleurait aussi . Et puis on s’apprivoisait.

Avant hier, j’ai dû me concentrer pour viser une petite bande de plastique sans me mettre du pipi sur les doigts. La petite commission la plus importante de ma vie. Je caressais mon ventre en attendant qu’il grossisse. C’était si long que parfois je n’en dormais plus de t’attendre. Et puis tu gigotais, tu étais à l’étroit et ça tirait partout dans mon corps. Tu te rappelles ma belette, notre première rencontre? J’ai beau l’avoir vécu, ce n’est pas beaucoup plus réaliste qu’un rêve, flou, étrange, suspendu. Les mois qui ont suivi ont rendu tout ça réel. Les poches sous les yeux mettent toujours de la vérité, c’est la différence avec le cinéma.

Aujourd’hui, ça fait bien longtemps que tu as oublié l’odeur de mes seins que tu ne voulais pas lâcher. Tu es souvent bien pressé de quitter mes bras pour aller galoper mon petit lapin. Il n’y a plus guère que mes trous de nez qui t’intéressent encore même si j’attends impatiemment que cette phase s’envole aussi.

Et demain mon petit chat, nous irons chez les papis et les mamies pour fêter ton premier anniversaire. Tu leur montreras toutes ces nouvelles choses que tu sais faire, petit campagnol. Ils seront fous de toi et moi je serai si fière. Et mon cœur de maman sera un peu serré de te voir si grand mais tu saura le faire fondre avec ton sourire à quatre dents (peut-être cinq ou six d’ici là). Après demain ta première rentrée. Je te promets de ne pas pleurer mais je ne te garantie pas de tenir mes promesses. Je le ferai une fois que je me serai retournée, les mamans ont leurs secrets aussi. Moi qui rêve de grasses matinées je sais bien que tout bientôt je me battrai avec toi pour que tu sortes du lit avant la mi-journée. Surement qu’à ce moment là tu seras déjà plus grand que moi. Et puis la semaine prochaine, tu m’appelleras pour me dire que tu vas devenir papa, et tu comprendras tout ça.

En attendant je respire ton odeur de bébé dans ton petit cou tout chaud et je te chatouille jusqu’à ce que tu rigoles tellement que tu attrapes le hoquet.

Calin&RisetteTempsFile

4

De jouer à la maman sans papa

Qu’aurais-je fait sans Papa Breizh quand Putois était tout petit? Et même avant. Comment grimper quatre étages, chargée de courses, avec un bidon plus gros que la lune ? Ma seule option de repli eût été de me nourrir de marshmallow (légers en poids mais pas en calories). Comment déménager ? Choisir une poussette ? A qui me plaindre de mes nausées ? Avec qui regarder ces images en noir et blanc qui laissent deviner le profil du futur plus beau bébé du monde ? Dans quels yeux plonger alors que derrière le champ, on trifouillait dans mes entrailles ? Qui donc pour monter la poussette de trois tonnes lorsque j’avançais pliée en deux par ma césarienne ? A qui hurler ma colère quand je n’en pouvais plus ? Qui d’autre que Papa Breizh pour aimer notre Putois aussi fort que moi ?

Papa Breizh s’est toujours investi dans l’élevage élévation éducation la vie de Bébé Putois. Preuve en est qu’il était présent  dès sa conception. Les premières semaines nous fonctionnions à deux (sorties, changes, bains …) jusqu’à être suffisamment rassurés pour se lancer seuls. J’ignore comment font les mamans solos. Quand on doit tout faire, tout le temps, toute seule. Comment faire les courses avec un nourrisson de dix jours ? A qui refiler le criard quand on est à deux doigts de le jeter par la fenêtre ? Comment dormir sur ses deux oreilles quand il n’y a qu’une paire pour entendre les appels du petit ?

Je me rappelle avoir pris le  train il y a une dizaine d’années. Dans mon compartiment, une jeune mère, son bambin et deux vieilles dames. Mes trajets je les passe souvent des écouteurs enfoncés dans les oreilles et les yeux plongés dans un livre. La jeune maman veillait à s’occuper le plus discrètement possible de son petit : à un moment il a essayé d’attraper mon livre, effleurant à peine la couverture, elle lui a dit non tout de suite et s’est excusée un peu trop. Le petit était très calme. Les deux dames se sont prises d’affection pour lui, essayant de le distraire. Naturellement, elles entament la discussion avec la mère. A un moment, elles abordent la question du père. La jeune femme avoue que l’enfant n’est plus en relation avec lui. S’en suit une leçon de morale sur la nécessité de la présence paternelle dans l’éducation malgré la société actuelle. La jeune mère dit « oui » et baisse les yeux. Visiblement, la situation est souffrante pour elle. J’avais envie de leur dire se mêler de leurs affaires à ces mégères. Mais je me serais alors moi aussi mêlé de ce qui ne me regardait pas. J’avais envie de leur renvoyer à la gueule : « et si le père maltraite son fils, il vaut mieux maintenir le lien ? » J’avais envie de dire plein de choses mais je n’ai rien dit. Cette maman si discrète avait-elle besoin d’esclandre ou juste qu’on l’oublie ? La mère est partie bercer le bambin fatigué en marchant dans le couloir. J’aurai pu me lever et aller lui dire que ça se voyait bien qu’elle était une bonne mère. Mais de quel droit ? Quand elle est descendue su train, un homme l’attendait tout sourire et l’a prise dans ses bras.

Je repense souvent à cette situation. A ma non réaction mais également à cette maman qui voulait tout bien faire. Je vous parle de ce souvenir et de mon admiration pour les mères célibataires, car pendant quelques jours le Putois et moi on est seuls. « En amoureux » je lui dis, bonjour l’Œdipe ! Pour quelques jours j’assume tout. Le « c’est ton tour » quand ça sent la couche pleine ne fonctionne pas (on a dû rater quelque chose dans l’éducation du chat). Il faut que je pense à sortir la poussette avant de sortir le bébé. Il ne faut pas non plus que j’oublie de nourrir les poilus (d’ailleurs il faudrait aussi que je nettoie leurs litières). J’ai deux fois plus de choses à faire dans un temps toujours aussi réduit. Alors le soir je suis épuisée et je m’endors vite. Heureusement parce que comme ça je ne me rends pas compte que mon lit est tout froid.

Calin&RisetteMamanSansPapa

6

Du craquage de mon slip

Non ceci n’est pas un article sur mon régime post-grossesse et mes fesses qui débordent de ma culotte. En effet, je fais partie de ces mères qu’on déteste et qui ont perdu leurs kilos de postpartum rapidement et sans effort.Une semaine après l’accouchement, j’étais revenue à mon poids initial. Vous me détesteriez encore plus si je vous disais que j’en avais même profité pour perdre cinq kilos de plus. Faut-il que je précise que mon régime alimentaire se composait alors essentiellement de chocolat au lait aux éclats d’amandes caramélisées? Mais ça n’est pas le sujet du post, je raconte ça uniquement pour me vanter (de temps en temps, on a bien le droit de se faire plaisir). Pour me faire pardonner, je vous donne mon secret : l’allaitement (mais ça ne marche pas à tout les coups). Et puis d’ailleurs, j’ai repris deux kilos depuis et je reste quand même rondouillette.

Bref, je parle ici de craquage de slip au sens métaphorique. Cela s’apparente davantage à une surchauffe de la carte bancaire. Faut que je m’explique, les temps sont durs, les semaines sont longues. Depuis mai, je travaille à plein temps (chose qui n’était arrivé que durant trois mois dans toute ma carrière professionnelle) et je suis toujours tout autant maman. Alors tout est organisé à la maison, tout est calculé, géré, millimétré. Il y a quelques semaines, j’ai eu quelques jours difficiles au travail, de mauvaises nouvelles à digérer. Le choix du plein temps a été fait en toute conscience et pour plein de bonnes raisons, mais ça reste difficile quand même.

Alors le vendredi, j’avais posé une demi journée pour que l’ostéopathe me remettre droite (le rééquilibrage passe par l’allègement du portefeuille). Je devais en profiter pour acheter quelques bodies à Putois qui grandit si vite. Au début je n’ai rien pris et puis il y a eu ce sweat avec un renard montagne onirique. Puis des bodies et un pantalon tout doux. D’autres bodies, un jogging nounours aussi. Et puis une chemise et puis …. et puis … et puis des chaussures renards à vingt cinq euros! Alors qu’il ne marche pas! Et que même s’il marchait, je lui achèterais des chaussures spécialement adaptés aux pieds de bébé.

Donc j’ai craqué mon slip et mon portefeuille parce que les habits de bébé c’est trop mignons! Même ceux de garçons. Et l’autre jour on est allé acheté une gigoteuse de grand bébé pour l’hiver et on a vu le pyjama le plus mignon du monde, surtout en taille naissance ….

Calin&RisetteCraquage