De l’hypothétique petit deuxième

Parfois je pense au petit deuxième… J’avoue, souvent je pense au petit deuxième (et parfois je pense au troisième). Ça n’est pas la première fois que j’en parle, même pas la première où j’en reparle. Ça n’est vraiment pas ma faute, c’est la faute aux gens : « Et alors, quand est-ce que vous lui faites une petite sœur? » m’interroge au choix  ma belle mère, la boulangère, un inconnu croisé au marché …..
Ça me travaille parce que deux couples d’amis viennent d’avoir leurs premiers. Des petites filles en plus. Je crève d’envie. D’ailleurs vous avez vu toutes ces femmes enceintes dans la rue? Quelle indécence d’exposer son bonheur ventru comme ça! Et toutes ces mamans qui promènent leur tout petit nourrisson avec leur toutes petites menottes et leurs minuscules petons? Quelles prétentieuses!
Ça me taraude à cause des soldes. Petit Putois grandit si vite, dans certains magasins je me fournis au rayon garçon et non plus bébé. Mais mes pieds se perdent parfois et mes yeux s’égarent sur une robe taille crevette.

Je me surprends à caresser mon ventre vide. Je fantasme sur une gironde opulence alors même que je pense que la grossesse est une aliénation. J’en aurais foutu des coups de pieds au derrière de tout ceux qui martèlent que ça n’est pas une maladie si j’étais arrivée à lever mon éléphantesque pied oedématié si haut. Je passe sur les symptômes multiples qui font les choux gras de doctissimo, j’appuie un peu sur l’angoisse et sur l’attente (neuf mois c’est long).

Je suis tordue au point de m’imaginer avec un petit bébé tout neuf et saucissonné dans une écharpe de portage aux nœuds si complexes qu’il faut avoir réussi polytechnique pour éviter que le paquet ne tombe. Mon corps entier entre dans la démence, à chaque nouveau cycle menstruel mes seins tiraillent comme s’ils se gorgeaient de lait. Je me projette allaitant un tendre poupon. Cette pensée m’emplit de douceur moi qui ai chialé de douleur d’avoir les mamelons à vif. Il y a comme un voile d’amnésie sur les nuits sans sommeil, les pleurs sans fin et l’angoisse perpétuelle. Comble de la folie hormonale, je me dis que ça serait peut-être sympa d’accoucher par voie basse.

Et puis il y a Petit Putois, mon grand bébé. Je sais bien que les multipares se gaussent de nos angoisses comme nous sourions à une nullipare qui se plaint de ne pas avoir le temps. Moi j’ai peur de ne plus avoir ce précieux temps pour être une bonne mère pour mon fils. Papa Breizh craint de ne plus avoir le temps pour la reconversion professionnelle qu’il envisage. Mon horloge biologique flippe de ne plus avoir assez de temps pour perpétuer l’espèce.

Calin&RisetteHypothètiqueDeuxième

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15 réflexions sur “De l’hypothétique petit deuxième

  1. Arfff, étant en pleine exposition de mon gros ventre de deuxième bébé en attente, je ne peux rien dire … je comprends tes angoisses, on s’est lancé tête baissée dans l’aventure et c’est proche du terme que les questions d’organisation me rattrape …
    (PS: par contre, on gagne pas à chaque fois, des fois c’est un petit frère qui arrive et pas une petite soeur … parole de maman qui avait craqué sur une magnifique petite robe pour les mariages de cet été avant d’apprendre qu’elle attendait un deuxième garçon XD )

    Aimé par 1 personne

    • Haha oui c’est ta faute avec ton petit deuxième en construction!
      Deux garçons c’est chouette aussi, j’ai le sentiments qu’ils peuvent jouer ensemble plus qu’un garçon et une fille voire que deux filles. enfin bon, tu nous raconteras 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Ce n’est pas la fille qui a la nostalgie des slips filet et du baby blues (si si, je te jure) qui te jettera la pierre du mépris 😀 Je me dis aussi que la grossesse sera sympa, alors que la première a été la pire période de ma vie (heureusement à chaque fois que je suis malade, que j’ai mal à la tête, au ventre, au dos, au cœur, je me rappelle comment c’était d’être enceinte et comme je détestais ça, ça m’aide à ne pas planer complètement).

    Et je me rends compte aussi qu’en ce moment ça m’obsède, j’en parle tout le temps et à tout le monde (même à ma fille, je parle de son petit frère qui n’est même pas en cours d’essais de création). Bref, je compatis.

    Aimé par 2 people

    • En même temps les slips filet, ça fait quand même moins de lessive.
      Moi je suis nostalgique du bébé qui s’endort sur toi alors que « quelle horreur ce petit parasite qui ne s’endort que sur toi qui rêve de filer à l’autre bout de la France! »

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  3. Pingback: De l’abominable premier trimestre | Câlin & Risette

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