Le petit bébé et la grossesse compliquée

« Finalement tu as toujours été inquiète pour cette deuxième grossesse. » me lance ma mère. Oui….non…., je le prends un peu comme un reproche qui me renvoie à cette sale impression que j’ai ressenti quelques fois, celle qu’on me renvoyait mes angoisses en pleine poire alors que j’avais l’impression qu’elles émanaient des discours médicaux contradictoires. J’aspirais à une seconde grossesse sereine, pour réparer quelque chose du vécu traumatique de la première. Aujourd’hui je culpabilise de ne pas y être parvenu, voilà un premier deuil à faire.

Ça avait plutôt mal commencé, malgré tout le désir qu’on avait mis dans le projet. Mais là où j’ai vraiment senti que ça foutait le camp, c’était quand je n’ai même pas réussi à sortir la tête de l’eau durant le fabuleux deuxième trimestre. Pire encore, à chaque fois que je lâchais un peu prise et que je me détendais, le principe de réalité me rappelais à l’ordre : toujours se préparer au pire! On n’a pas trop mal géré la deuxième échographie, Papa Breizh et moi. Pour deux angoissés je nous ai trouvés détendus. Bien sûr on ne s’est pas extasié devant les taches noires et blanches qui représentaient des reins ou une rate, mais on a même plaisanté un peu. Et puis le grain de sable. L’étudiante sage femme qui trouve des chiffres hors courbes, la sage femme sénior qui l’engueule un peu, suggère qu’elle a mal calculé. On refait les mesure, on tire un peu large, on décale la date du terme un tout petit peu et le bébé rentre un peu mieux dans les cases. « Bon, c’est un bébé menu » annonce la sage femme, les artères utérines semble un peu faiblardes mais rien d’alarmant.19ème percentile, il n’est pas tout seul à être petit. Vous fumez? Non. Pas de tension? Non. Le papa et moi sommes de petits modèles après tout. On se revoit quand même dans un mois histoire de faire le point… En rentrant le papa trouve que ça ne s’est pas trop mal passé. Moi j’ai les mots retard de croissance en tête, même s’ils n’ont pas été prononcés. Évidemment,  je vais voir sur le net. Ma gynécologue (elle me suis en libéral, mes échographies se déroulent à la maternité) n’est pas inquiète, elle ne voit pas en quoi il y a un problème de taille et affirme que le fonctionnement des artères n’est pas significatif à ce terme. Moi j’arrête de respirer et de me projeter, et je fais semblant de ne pas être enceinte.

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Un très long mois plus tard, le rendez vous de contrôle arrive. J’y suis seule, pas le choix du timing. J’attends presque deux heures avec une autre femme qui se demande vraiment ce qu’elle fait là en disant tout haut que ce long sursis est surement le signe qu’elle n’est pas à sa place. Moi je tricote une écharpe torsadée pour Petit Putois, le temps se refroidit, il est tant que l’ouvrage avance. On me cherche, le médecin nous rejoindra. Je m’inquiète de la présence du docteur en plus de celle habituelle des sages femmes. On mesure dans tous les sens, je mords l’intérieur de mes joues. Le gynécologue arrive et remesure. Un chiffre est lâché, 15ème percentile. Le bébé est passé dans la courbe d’en dessous, je m’effondre en pleurs. Le médecin ne comprends pas ma réaction. On refait bien largement la mesure et hop mon bébé arrive dans le 33ème percentile. Les artères ne sont pas tip top mais rien de grave, le bébé grandit bien. » Faut pas vous inquiéter comme ça madame. Si ça vous angoisse tellement les échographies on n’est pas obligé d’en faire. »  Moi je souhaite quand même faire la troisième échographie obligatoire (je me pose la question de la position du bébé après un Putois en siège). Le rendez vous est pris mais surtout pas avec un docteur. « Maintenant vous pouvez commencez à investir cette grossesse » me glisse la sage femme quand je pars. Je ressors avec la désagréable impression qu’on a trouvé que j’en faisais trop.

Troisième échographie, celle que j’ai quand même voulu bien qu’on m’est proposé de ne pas la faire. Je vous la fais courte : on passe dans le 15ème percentile, les artères utérines qui sont sensées nourrir bébé sont toujours un peu paresseuses. Je ne fume toujours pas (mais j’ai comme envie d’une cigarette) et ma tension est bonne.  Une échographie est reprogrammée dans trois semaines (la sage femme est allée demandé son avis au médecin). De toutes façons il n’y a rien d’inquiétant. il faut attendre pour voir. Au pire, si le bébé arrête de grandir on déclenchera l’accouchement (!). Deux jours après, je fais le topo de ma gynécologue qui ne comprend pas ce qui inquiète l’hôpital par rapport aux mesures mais ne comprend pas non plus pourquoi ils me laissent paniquer comme ça. Moi je suis stone, j’ai peu dormi la nuit précédente (disons encore moins que les habituelles insomnies qui m’accompagnent depuis sept mois). J’ai été réveillée par une douleur très brutale à l’estomac ou au dos (à ce stade de grossesse on ne sait plus où on a mal) et je me remet avec grande peine d’une grosse crève que Petit Putois nous a rapporté de la crèche. Je débute tout juste mon congé pathologique que je trouve particulièrement justifié ces derniers jours. Puisqu’il y a une suspicion d’hypotrophie (à laquelle ma gynécologue n’adhère pas vraiment), des artères faiblardes, une légère modification du col et surtout une inquiétude chez moi (+++ note mon médecin sur le compte rendu), elle me propose une surveillance  hebdomadaire de grossesse. « A l’hôpital ou en libéral? « Je ne sais pas. « Ils ont qu’à vous prendre à l’hôpital, après tout c’est eux qui vous ont inquiété, qu’ils assument! » Mais moi plutôt que de me rassurer, ça m’enquiquine. Rajouter encore des consultations, qui plus est à la maternité qui se situe à une heure de trajet. J’avais envisagé mon congé maternité autrement, préparer le cocon de petit fœtus et tricoter de la layette sur le canapé. Mes pelotes m’attendent et moi j’ai l’impression de courir dans tous les sens pour aller nul part.

Le lendemain j’appelle donc le service des surveillance intensive de grossesse (SIG) pour une prise en charge. On ne comprend pas mon appel, on m’explique que ça ne fonctionne pas comme ça, que c’est à eux, lors de l’échographie, de décider la nécessité d’un tel suivi. Vu le compte rendu de mon échographie, rien ne le justifie. « Mais moi non plus je n’ai pas envie de vous voir » je leur réplique. On me dit qu’on va voir avec le médecin et qu’on me rappelle… Finalement ils veulent bien me voir, faudrait savoir, c’est inquiétant ou non? Mais après ça sera un suivi chez une sage femme libérale. Moi je désespère de prendre mes coursde préparations à l’accouchement, c’est noté dans mon agenda depuis deux semaines mais avec mon emploi du temps fluctuant, je repousse chaque jour. La date est bouclée pour la semaine suivante. Entre temps je fais des cauchemars, je rêve que j’arrive en SIG et qu’on me demande ce que je fais là (c’est un peu prémonitoire à vrai dire).

Le weekend est difficile. Même si mon gros rhume s’atténue, la visite de ma belle sœur et mes insomnies m’empêchent d’avancer. La nuit je dors très mal. La drôle de douleur revient désormais à chaque fois. Elle n’est pas si douloureuse mais je la sens vicieuse, elle m’inquiète. Je ne sais pas si elle se situe devant ou derrière, le ventre ou le dos. Je ne sais pas si elle est digestive ou musculaire. Rien ne l’apaise, les étirements ou la chaleur, manger léger, debout couché, assis. Debout j’ai moins mal mais plus envie de vomir, couché c’est l’inverse. Moi qui n’aime pas prendre de médicaments, j’essaye toute ma panoplie de femme enceinte, l’antiacide ne change rien, l’antispasmodique non plus. Seul l’antalgique soulage, rapidement, mais je culpabilise de prendre du paracétamol tous les jours. Je suis tranquille le jour, mais épuisée. Lundi je décide d’aller chez le médecin. Après près de deux heures d’attente avec un Petit Putois sage mais qui reste un enfant de deux ans qui attend deux heures dans une toute petite pièce, c’est mon tour. Le médecin ne trouve rien de spécial et semble d’avantage agacé par le bambin qui touche à tout qu’à l’écoute de ma plainte. Elle me prescrit une prise de sang pour ce qui est digestif, vu que je dois faire la sérologie de la toxoplasmose dans les jours qui suivent, tout en me précisant qu’elle n’y croit pas beaucoup. Elle me recommande de prendre rendez vous chez un ostéopathe.

La nuit suivante, celle qui précède mon audience en SIG, je dors péniblement trois heures, petits bouts de sommeil par petits bouts. Le premier antalgique ne m’apaise pas, je prends un bain au milieu de la nuit jusqu’au petit matin. A la maternité, on m’installe sur un lit,on me branche et c’est parti pour une demi heure de monitoring. Je ne saisis pas l’opportunité d’attraper le livre que j’avais emporté que je me retrouve déjà clouée au lit toute arnachée entre les capteurs pour fœtus et la prise régulière de la tension. Pour me faire passer l’envie de faire la sieste, on me colle un bitonio sur lequel je dois appuyer dès que je sens un mouvement du bébé. Je crois qu’à ce jeu là, mes réflexes ne sont pas très bons. Le temps passe très lentement, j’essaie de repérer un sens aux sinusoïdes, notamment quand j’ai des contractions. La visite s’achève par un entretien avec une sage femme qui m’annonce que tout est normal et que la semaine prochaine je devrais faire ça en libéral. Je l’interroge sur mon futur accouchement. Comprenez bien, le bébé est en position de chauve souris, la tête en bas. C’est normal pour tout le monde, sauf pour moi qui ai eu un premier bébé siège. Du coup j’ai eu une césarienne à cause de la position mais également de la taille étroite de mon bassin. Forcément je m’interroge sur l’éventuel passage d’un bébé, même dans le bon sens. En gros la réponse donne quelque chose de l’ordre de « on verra bien si ça passe quand le travail aura commencé« . Autant dire qu’encore une fois, je suis la seule à me poser des questions. Elle constate que j’ai rencontré la psychologue de la maternité et me demande qui quelque chose de spécial m’angoisse, si j’étais déjà angoissée à ma première grossesse…. je le prends assez mal. Déjà parce que selon moi une consultation psy est confidentielle (même si je sais avec ces histoires de traçabilité, on sait tout ce qu’un patient fait à l’hôpital) et puis surtout parce qu’à mon sens, les inquiétudes que je peux avoir par rapport à ma grossesse (ou à la précédente) sont légitimes et ne relèvent pas d’une prise en charge psychologique. (Le cheminement qui m’a amené à consulté était tout autre et ne regarde que moi). J’ai l’impression d’être rangée à la case hystérique, celle où on met les patientes que n’aiment pas les soignants. Je lui parle de ma sale douleur, elle décide d’appeler l’interne pour avis. L’interne n’a pas trop d’avis, elle m’ausculte mais ne trouve rien de spécial. Moi j’y ai bien réfléchi, à cinq heure dans ma baignoire, j’opte pour des calculs biliaires même si la douleur ne semble pas aussi forte que celle décrite. Je garde mon diagnostic pour moi. En fait, j’ai juste envie de repartir chez moi. J’ai l’impression qu’on pense que je m’invente des problèmes alors que moi j’ai l’impression qu’on m’en rajoute. J’ai envie de me taire. L’interne demande conseil au PH et décide de me faire une analyse sanguine. Visiblement elle cherche certains marqueurs que recherchait le médecin traitant dans la prise de sang (que je n’ai pas eu le temps de faire depuis la veille puisqu’il fallait être à jeun). La jeune médecin décide de me garder en attendant les résultats. Elle n’emmène dans une pièce, je ne sais pas trop où, me demande de laisser mes affaires avant de m’envoyer faire une prise de sang. Tu suis toujours petit lecteur? Moi à ce stade là, j’étais déjà perdue et très fatiguée, et pourtant … J’attends mon tour sans veste, sans sac à main, juste avec mes ordonnances dans les mains. J’ai aussi embarqué celle du gynécologue pour la toxoplasmose mensuel, je déteste les prises de sang, autant cumuler. Le souci est que sur celle de la gynéco, il y a aussi une analyse d’urine et moi je n’ai plus du tout envie de faire pipi. Cela fait plusieurs heures que je n’ai pas bu et j’ai déjà fait pipi dans un gobelet pour la SIG et dans les toilettes pour moi. La piqueuse semble penser que si je n’ai pas envie d’uriner avant la prise de sang, j’aurai peut-être magiquement envie après. J’essaie mais ça ne fonctionne pas. Elle se dit qu’il serait peut être judicieux de me donner un verre d’eau et me renvoie en salle d’attente puisque de toutes façons les résultats de la prise de sang ne seront pas connu avant une bonne heure. Elle me trouve quand même un peu stressée de na pas savoir où sont mes affaires ou pourquoi je dois faire une prise de sang en urgence. J’attends longtemps, je me sens nue et démunie sans mes affaires repères dans cette salle d’attente. Je me raccroche à mon gobelet vide. Quant je peux enfin remonter je ne sais pas vraiment où aller. On m’avait dit que c’était tout droit mais je ne trouve que des sens interdits. La technicienne de laboratoire me dit de retourner en SIG. C’est l’heure de la fermeture. La sage femme s’étonne de me voir encore là. Forcément, cela fait trois heures que j’arpente les couloirs de la maternité. Cette question j’ai l’impression qu’elle m’a accompagné toute la journée « mais qu’est-ce que je fais là? » et je l’ai lu dans le regard de tout ceux que je croisais et qui me répétait que j’allais bien.  Elle m’informe que l’interne m’a surement emmené dans une salle d’accouchement tout en me disant que je devrais rentrer chez moi car tout va bien. Pour récupérer mon sac, je dois sonner à interphone réservé aux mamans en plein travail. On m’ouvre, je retrouve la pièce et mon sac (dieu merci, la nounou n’a pas appelé pour une urgence, ni RTL pour la valise). Je ne croise personne, je ne sais pas si je dois rester ou partir. Finalement l’interne arrive, elle veut bien me laisser partir , elle semble aussi avoir été un peu contaminée par le discours ambiant (« cette femme va parfaitement bien, elle est juste angoissée« ) et on la pousse un peu pour récupérer ma chambre. Je lui dis que la douleur est peut-être juste positionnelle, le bébé qui appuie au mauvais endroit. Elle se dit la même chose. Elle me fait quand même une ordonnance de paracétamol par acquis de conscience et dis qu’elle me rappellera quand ils auront les résultats même si la nuit de garde risque d’être compliquée pour elle. Elle semble plus préoccupée par ce mystère médical que moi. En vérité ils m’ont convaincue, je suis juste un peu stressée tout va bien .L’injonction paradoxale rend fou.J’ai seulement envie de partir.

En sortant, je me vois un bus qui débarque et décide de le prendre. Le chauffeur me voit au dernier moment et freine un peu brutalement. Lorsque je monte il me reproche « il était temps » comme s’il avait fallu qu’enceinte de huit mois je me mette à lui courir après parce qu’il roulait trop vite. Je m’assois et retiens mes larmes. J’aspire à retrouver mon canapé et une couverture épaisse. Je marche vers l’arrêt de tram, retrouvant enfin ma liberté. Je sors mon téléphone, quatre appels en absence, deux messages. C’est l’interne, elle souhaite que je la rappelle. Le temps de farfouiller dans mon précieux sac à main pour trouver un numéro, elle me rappelle une cinquième fois. « Vous êtes où? A l’arrêt de tram TrucMuche (à dix minutes de la maternité). Il faudrait que vous reveniez à l’hôpital. Ne prenez pas le tram, je vous rappelle. ». Je regarde mon tram qui passe.

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A ce moment là de mon texte, j’ai déjà dû perdre neuf lecteurs sur dix. Je les comprends un peu, moi même je redoute la relecture. Les souvenirs sont difficiles, le style est surement pauvre et lapidaire. Un besoin de tout cracher d’un coup. Et pourtant c’est entre le dernier paragraphe et celui-ci que tout bascule. L’interne rappelle : « Il y a des anomalies dans vos résultats. Je suis presque contente de cette nouvelle, contente qu’ils aient trouvé quelque chose. On aimerait que vous reveniez à l’hôpital, vous pouvez rentrez chez vous prendre quelques affaires. J’imagine qu’ils vont mettre un traitement en place, je pense toujours aux calculs, il y a comme une angoisse d’opération de la vésicule qui plane. Prenez aussi des affaires pour le bébé … Voilà, c’est là que ça bascule. On devra peut-être le faire naitre. » Je pense d’abord que rien n’est près, je n’ai que des vêtements neufs ou lavés lorsqu’ils ont été portés pour la dernière fois (il y a plus de deux ans par Petit Putois). Parce qu’en fait c’est beaucoup trop tôt, 34 semaines. Putain de merde c’est beaucoup trop tôt ! Je dis « d’accord« , je raccroche et je pleure une minute. Après je prends le tramway pour rentrer préparer mes bagages. Qu’est-ce que je pourrais bien faire d’autre? J’hésite à la façon d’annoncer tout ça à Papa Breizh qui doit être en train de récupérer Putois chez sa nouvelle nounou (là aussi j’ai un article à vous faire, une chose à la fois même si en ce moment c’est tout en même temps). Je lui dis juste de se dépêcher car je dois retourner à l’hôpital. A la maison, je brasse de l’air. Dans ma valise, je jette des habits sales ou trop petits, de toutes façons je n’ai rien d’autre. On commençait tout juste à se poser la question de savoir où caser Petit Putois en cas d’accouchement inopiné, Papa Breizh décide d’appeler sa collègue, maman de trois garçons. Il prépare la valise de son fils bien plus efficacement. Moi je ne sais même pas si ça vaut le coup qu’il dorme ailleurs. Mon téléphone sonne à nouveau, c’est le médecin de garde de la maternité au bout du fil. Elle m’explique les choses, elle s’en veut de faire ça par téléphone. Elle me parle de mes résultats, des plaquettes basses et des signes que le foie est stressé. Elle m’informe que c’est probablement un hellp syndrome. Elle me dit qu’il faut revenir faire des analyses et que si ça se confirme, il faudra faire une césarienne d’urgence probablement sous anesthésie générale. Elle me dit qu’il vaut mieux que j’aille au CHU plutôt que de revenir chez eux. Bien que les deux maternités soient affiliées, l’hôpital est de niveau 3. Les analyses sanguines y sont plus rapides (puisque le laboratoire s’y trouve), la prise en charge maternelle est meilleure en cas d’hémorragie et les structures d’accueil de néonatalogie beaucoup plus pointues. Elle me parle de la façon improbable dont je me suis retrouvée en SIG, le zèle dont a fait preuve l’interne et conclue que je dois avoir une bonne étoile.

Arrivée au CHU, ils m’attendent. Je suis immédiatement emmenée en salle de naissance où on me refait une prise de sang. Les résultats arriveront dans une petite heure. L’obstétricien débarque, il me parle de pré-éclampsie bien que je n’en présente aucun symptôme (tension artérielle et protéines dans les urines) et de complication. Il me regarde et m’annonce que vu comme ça, je n’ai pas du tout l’air de faire une pré-éclampsie. Il me réexplique le coup de la césarienne d’urgence. Papa Breizh et Petit Putois attendent dans un salon réservé aux familles, les enfants n’étant pas admis. La collègue ne va pas tarder. On me rebranche le tensiomètre, on m’a fait faire pipi dans un nouveau gobelet. Un anesthésiste arrive pour faire le bilan. Le médecin décide de faire rentrer le papa et mon fils pour un dernier bisou. La collègue arrive et récupère mon grand bébé.  Les résultats d’analyse tombent. Cinq minutes après la perfusion et la sonde urinaire sont posées, je me dirige vers le bloc où un deuxième anesthésiste se pose la question de la rachianesthésie. Il tente, ça fonctionne, le papa rentre, presque en retard. On sort le bébé, il pleure, on me le montre, c’est un garçon. Là seulement ma tension monte un peu, le médecin souligne ma zénitude à toute épreuve.

 

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20 réflexions sur “Le petit bébé et la grossesse compliquée

  1. Je ne sais pas trop par où commencer !
    D’abord félicitations pour ce petit bonhomme qui vous à rejoins un peu en avance, j’espère que malgré toutes ces émotions il est en forme et toi aussi.
    Après vraiment je suis complètement sur le c** de voir à quel point le corps médical t’as maltraité pendant ta grossesse ! C’est fou de ne pas prendre en compte à ce point ton ressenti. Finalement heureusement que tu es tombée sur une interne zélée. As-tu su ce qui clochait finalement ?
    Ton récit m’a serré le cœur pour toi. J’espère que tu viendras vite nous raconter la suite et que votre vie à 4 s’organise comme tu le souhaitais malgré tout ❤

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    • Merci 🙂
      Pour ce qui clochait, j’ai eu un hellp syndrome qui est une complication de la pré-éclampsie, qui est une complication de la grossesse (qui est une complication des rapports amoureux XD). En gros, c’est une histoire de placenta qui surchauffe et qui enraille toute la machine. C’est plutôt grave, et chez moi c’est arrivé sans prévenir. A l’heure actuelle on en sait pas plus quant au pourquoi du comment, j’aurai des analyses à faire plus tard.
      Pour l’instant, on a encore la tête dans le guidon. La suite de tout ça n’est vraiment pas ce à quoi j’avais rêvé pour notre départ à quatre. Et même si la réalité diffère toujours du fantasme, là il y a un sacré fossé.
      Disons qu’on digère et qu’on construit comme on peut.

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      • Oui j’imagine qu’il va falloir du temps pour réparer tout ça. Je suis contente de lire dans tes réponses aux autres commentaires que votre petit bonhomme va bien malgré tout. C’est vrai que 9 jours c’est encore tout frais. Une grosse pensée pour ton petit loup encore en néonat, et pour le grand frère qui a du aussi ne plus trop savoir ce qui ce passait ❤

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  2. J’avoue, j’ai lu tout l’article, mais je n’ai pas tout retenu …
    L’histoire de fou, et toi, ma pauvre aussi perdue que tes lecteurs au milieu de tout ça … J’espère que ce deuxième petit bonhomme qui vous a rejoint un peu tôt, mais dans de « bonnes conditions » grâce à sa bonne étoile, va bien, que vous n’avez pas connu trop longtemps la néonat (à 34SA, je doute que vous y ayez échapé …), que vous vous fait à la vie à 4 et que Petit Putois est ravi d’être grand frère ^^
    À bientôt, j’espère

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    • Oui, c’est un long article mais j’avais besoin de tout raconté d’un coup.
      On n’a effectivement pas échappé à la néonat et il y est toujours (ça me laisse le temps de lui trouver un surnom pour le blog 😉 ). Quant au grand frère, il est loin d’être ravi, il a été chamboulé et on va essayer de faire ce qu’on peut pour le préparer au retour du petit frère (puisqu’on a pas eu l’occasion de le préparer à l’absence de sa maman).

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      • Je comprends, c’est sûr que précipité comme ça, plus la neonat qui est quand même une épreuve pour la famille, Petit Putois à de quoi être perturbé.
        Bon courage à vous 4

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  3. Moi j’ai tout lu ! Félicitations ! Bon tout ça est confus comme le corps médical qui t’as pris en charge ! Heureusement qu’ils se sont réveillés à la fin ! J’espère que tout va bien, j’attend de tes nouvelles ! ❤

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    • Félicitation d’avoir tout lu XD
      Et merci pour tes félicitations!
      Tout le monde va bien mais les jours qui ont suivi la naissance n’ont pas été faciles ,j’aurais peut-être l’occasion d’en reparler, mais j’ai 15000 articles en attente dans ma tête, remarque, je peux peut-être zapper celui de mes indispensables pour la valise de maternité…. On est encore dedans mais je crois que ça va mieux de jour en jour.

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  4. C’est un récit bouleversant que j’ai lu d’une traite, debout dans ma cuisine, sans pouvoir m’arrêter. J’espère du fond du coeur que vous allez tous bien désormais. Etant donné que ton récit n’est pas daté je ne sais pas bien où vous en êtes, encore en néonat ou déjà sortis. Quoiqu’il en soit je t’embrasse très fort et plus délicatement encore ton tout très petit. Je pense très fort à lui ce soir ❤ .

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    • Merci pour tes gentilles pensées.
      Il n’est pas daté mais sache que moi je suis sortie de l’hôpital (oui, je n’aurai pas pu écrire un si long texte depuis mon smartphone) mais le bébé pas encore. Ça fait 9 jours. Je n’avais pas envisagé les conséquences de cette intervention d’urgence (heureusement peut-être) et les premiers jours ont été très dur. On va tout les deux bien, mais ça reste difficile, même si il y a du mieux chaque jour qui passe.

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  5. Je t’avoue que je n’ai pas venu venir du tout un tel dénouement et ton récit m’a véritablement scotchée… J’ai l’impression d’être passée avec toi par toutes les émotions, l’inquiétude, le soulagement, l’impression d’être folle, l’apaisement, la panique… j’étais au bord des larmes à la fin.

    Je suis contente d’avoir un peu plus de précisions dans les commentaires sur votre état de santé au petit bébé et à toi, parce qu’évidemment je m’inquiétais après cette fin d’article pour le moins abrupte. J’espère qu’il pourra sortir très vite de néonat et que sans oublier cette histoire, elle deviendra un peu moins traumatisante au fil des années… Et j’espère aussi que poser tout cela t’a fait du bien et t’a permis un peu d’exorciser cette naissance…

    Enfin, je t’envoie toutes mes félicitations pour ce second petit garçon ! Même si son entrée dans vos vies n’a pas été facile, ça reste un événement heureux, un nouveau petit être sur la terre. Alors bienvenue petit bébé, et prends vite des forces pour rejoindre ta famille ❤

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    • Merci pour ton commentaire et pour avoir partagé un peu mon vécu. J’espère ne pas t’avoir donné une occasion de plus de te dire que ça pouvait se passer difficilement, alors que tu sembles nager en pleine sérénité ou presque (oui oui, je lis tes articles malgré tout 😉 )
      J’ai en effet utilisé ce blog à des fins cathartiques. J’ai mis du temps à écrire ce post, pour plein de raison, mais j’en avais besoin, pour plein d’autres raisons. Maintenant ça va bien. La suite de l’histoire n’est pas rigolote non plus, j’en ai bavé les premiers jours, j’en parlerais peut-être plus tard, mais j’ai tellement d’articles en retard, et tellement d’autres choses à faire XD Il parait qu’il faut faire une chose à la fois 😉

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  6. Pingback: L’absence | Câlin & Risette

  7. Je lis cette article avec du retard en profitant de mon arrêt pour me mettre a jour.

    Quand tu as parlé de cette douleur dans la poitrine/dos qui t’avais réveillée la nuit. La première fois que tu l’as mentionné je n’ai pas réagit.

    Puis quand tu en as reparlé j’ai tout de suite compris. Et sur la fin j’ai eu peur pour toi que les médecins n’écoutent pas!!

    Ce type de douleurs c’est typiquement ce que mon kiné et mon médecin m’ont demandé de surveiller. Et je ruminais en me disant que ce n’était pas possible que tout le monde ignore ce que tu disais rien que parce que tu étais étiquetée « trop angoissée ».

    Pour ma première grossesse j’ai tellement minimisé la GEU que j’ai acquis un statut de « patiente a surveiller qui est capable de refuser de voir l’urgence de la situation ». Du coup à ma deuxième grossesse dès que je mentionnais le moindre truc les médecins ne lâchaient pas.

    J’ai fait une MAP et lors de ma deuxième hospitalisation je me suis retrouvée dans la chambre d’une femme qui était entrain d’être déclenchée. On lui reprochait d’avoir une tension beaucoup trop haute. Sauf que c’était clairement l’équipe qui la stressait et la façon dont elle avait été géré depuis le début de la journée ou elle était juste venue pour une échographie de contrôle…

    Bref ce commentaire commence a être beaucoup trop long mais je suis contente que vous alliez bien tous les deux. Et non tu n’es pas trop angoissée. Tu as réagit aux situations dans lesquelles on t’a mise comme tu as pu. Mais c’est toujours plus facile de blâmer les patientes…

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    • Merci pour ton commentaire (mais s’il a fallu que tu sois en arrêt pour ça).
      Personne ne m’avait parlé de ce type de douleur. Moi même je ne savais pas trop l’interpréter.
      En revanche comme le bébé était un peu petit, j’avais pensé à la pré éclampsie bien que j’en n’eusse aucun symptôme majeur.
      Je suis retournée chez ma gynéco depuis, on est revenu sur ce qui s’était passé. Elle s’en voulait et se demandait ce qu’elle avait raté. Elle m’a dit qu’elle me trouvait angoissée, qu’elle l’avait même marqué mais qu’au fond c’est parce que je sentais qu’il y avait un truc qui clochait. Je suis pas sure moi.
      Visiblement sur le plan médical, c’était impossible de le voir avant (sauf le retard de croissance qui aurait pu aiguiller) vu que j’ai eu la complication de la complication avant la complication. D’ailleurs personne n’explique cet ordre là, ni pourquoi ça se déclenche à une deuxième grossesse. Rien n’est dans la norme en fait.
      Mais je suis d’accord avec toi, mon état d’inquiétude me semblait tout à fait approprié. On te dit ‘ votre bébé est petit mais c’est pas grave, mais revenez quand même au cas où’ oui non oui …. au final on ne m’a plus rien dit sur mon bébé une fois né mais à la première visite chez le pédiatre, celle ci a confirmé qu’il était trop petit pour son âge (pas de façon grave mais quand même de façon nécessitant un suivi un peu plus fréquent).

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