Sein : 1 – Biberon : 1

« Il faut tirer votre lait six à huit fois par jour au minimum. Toutes les trois heures. La nuit aussi. Et ne jamais laisser plus de cinq heures entre deux expressions. Il faut produire 700 à 750ml au bout de 10jours! » La consultante en lactation me fixait l’air sévère tandis que j’opinais du chef. C’était l’heure du tirage, elle commence à me masser les seins et les aréoles. Je lui avais pourtant dit que j’étais du genre pudique. Elle me branche et me montre la méthode de la compression. Elle a mangé un rat mort à midi, je suis de plus en plus mal à l’aise. Le lait ne coule pas beaucoup. « Vous n’avez peut-être pas eu votre montée de lait finalement« . Beurk, le rat mort avait dû manger des crottes de poney. J’arrête tout et la mets fermement dehors. Je jette les quelques gouttes recueillies puis je lave mon petit matériel et mes seins tout gonflés, parce que « si pétasse, j’ai eu ma montée de lait mais j’aime pas qu’on me tripote sans m’avoir courtisée un peu« .

Tout avait commencé quelques jours plus tôt, Papa Breizh était redescendu de la réanimation néonatale en m’informant : »ils m’ont demandé si tu souhaitais l’allaiter, j’ai dit oui ». Moi j’étais dans le coaltar, encore shootée de l’anesthésie, je n’y pensais pas vraiment. L’allaitement et moi, c’est comme la grossesse et moi, en pire. Une espèce d’histoire tordue pleine de sentiments ambivalent. On dit qu’il vaut mieux un biberon donné avec le sourire que le sein à contre cœur. Je suis de celles qui donnent le sein à contre cœur. Convaincue sur le principe mais loin d’être emballée par la pratique. Un rapport de martyr avec la maternité, ma culture judéo-chrétienne? L’image de ma mère? Je verrai ça avec mon psy. Je me rappelle en avoir bavé pour le Putois en me disant « plus jamais« , avoir chialé et avoir fini par allaiter à quatre pattes comme un animal. Et puis avec le temps l’histoire est devenue: » j’ai allaité jusqu’à six mois et j’allaiterai les suivants« . Et puis il y a eu la grosse déprime au sevrage qui a pourtant été une libération. Tordue je vous dis.

Le lendemain matin, je découvrais mon fils pour la presque première fois (les secondes dans un bloc opératoire comptent-elles pareilles?). Le personnel m’évoquait l’allaitement, me disant qu’il fallait que je me mette à tirer mon lait dès que je regagnerais mes pénates. C’est vrai qu’à bien y réfléchir, les premières heures sont cruciales. Si tôt ma chambre regagnée, j’alpague la sage femme pour lui demander un titre lait comme préconisé par les dames d’en haut. Elle modère mes ardeurs en me tendant un flyer d’une société de location et en me promettant une ordonnance. Cela fait déjà plus de douze heures que j’ai accouché, ne sait-elle pas qu’il y a urgence?! Elle marmonne vaguement qu’elle pourra revenir pour m’aider à exprimer mon lait manuellement. Je ne jubile pas à cette idée. A la naissance de Putois, tout le personnel s’était relayé pour me pincer les mamelons et y coller le nourrisson, je m’étais promis de faire ça seule cette fois. L’auxiliaire de puériculture qui a entendu ma requête revient quelques minutes plus tard avec une drôle de téterelle à brancher sur le mur (oui, c’est bizarre dit comme ça, mais c’est bizarre à expliquer, comme une photo vaut mille mots, je vous mets la bête). Il faut que je bouche/débouche un petit trou sur le haut de la téterelle pour simuler l’aspiration. Elle me prévient que je n’arriverai probablement à rien cette première fois et qu’elle viendra m’aider à faire ça à la main. C’est quoi leur lubie de me traire? Je m’attèle à la tâche. Ayant un esprit de contradiction plus qu’aiguisé, j’extraie 20ml de colostrum. J’en suis pas peu fière, je prends même une photo. Papa Breizh prend même une photo. Je te l’épargne, allez savoir pourquoi, le jus de sein, ça dérange. Mais je ne sais pas comment j’aurai fait si je n’avais pas eu une première expérience d’allaitante et de tireuse.

Et puis l’aventure commence. Je jongle entre les tirages. Ma pudeur est mise à mal, visiblement ça ne dérange personne de faire mon lit pendant que j’ai les seins à l’air. Ah si moi! « Vous pourriez au moins fermer la porte de la chambre? » Je dois aussi assurer la livraison, deux étages plus haut, ce qui , quand on peut à peine aller jusqu’au toilettes, n’est juste pas possible. Après chaque tirage, je dois sonner pour qu’on récupère mon lait et qu’on le mette au frais. Je ne peux l’apporter au bébé quand je vais le voir, autrement dit, pas souvent. Sachant que je suis en fauteuil roulant les premiers jours, je suis complétement dépendante d’un personnel surchargé ou d’un Papa Breizh tout aussi occupé par cette arrivée soudaine et la gestion du grand frère. Je maudis cette étudiante à qui j’avais pourtant précisé de monter le lait et qui le laisse au frigo. Au bout de vingt quatre heures, ils ne donnent plus le lait cru au bébé mais le descendent au lactarium pour congélation. Puis un jour j’arrive à marcher jusqu’au frigo de la biberonnerie. Je me rends compte qu’il y a là des tire-laits double pompage qu’on aurait pu me prêter … Et puis au bout de quelques jours, je peux monter seule voir mon bébé, j’assure la livraison.

Ces tirages intensifs me font parfois rester auprès de mon tire-lait plutôt qu’auprès de mon enfant. J’hésite beaucoup à continuer. Mon fils n’est pas tant prématuré qu’il ne puisse boire que du lait maternel. D’ailleurs il est parfois nourri au lait artificiel, quand la livraison tarde. Ça m’énerve parce que le frigo, ici, est bien plein. Le personnel me félicite sur ma production. Un soir je décide d’arrêter, je laisse couler cette idée en moi et ressens un immense soulagement. Enfin un endroit qui se simplifie. Je repousse la location du tire-lait électrique double pompage et bidouille avec mon installation à la Mac Gyver. Je parle à Papa Breizh qui a peur que je regrette. Je continue, on verra bien si ça marche. Et ça marche. J’appelle la société de tire-lait et la veille du weekend, on m’apporte une machine de guerre, un medela symphony.

Peu avant ma sortie, le Tout Petit Bébé a été transféré au service de néonatalogie. Ultime étape avant le retour à domicile, l’enjeu n’était plus le même qu’en réanimation. Il était toujours nourri par sonde et tétait un peu « à la paille » (tuyau fixé au doigt de l’infirmière dans le but de stimuler le réflexe de succion comme au sein et d‘éviter le biberon). On me propose une chambre kangourou avec mon bébé,autrement dit de dormir à l’hôpital tant que mon enfant y séjourne. Je refuse, mon grand bébé a besoin de moi et j’ai besoin d’être à la maison pour préparer le nid. On me suggère alors de rester dormir 48heures avant sa sortie afin de bien mettre en place l’allaitement, ça me semble plus jouable (et peu négociable). Quand je quitte la maternité, une des puéricultrice m’encourage quant à mon allaitement, vantant les qualités de succion de mon fils. Elle me dit qu’il ne restera pas là longtemps. Ce n’est pas tout à fait vrai. Au fil des jours, le nouveau né régule sa respiration, sa température et l’enjeu s’organise autour de l’alimentation, dernier bastion avant la sortie. On tente une mise au sein, la crevette léchouille le mamelon et s’endort. A ce moment là, il ne dispose encore de peu d’énergie. Les fois suivantes ont le même goût d’inachevé. Je reste ambivalente. Les médecins me convoquent pour me dire que j’ai bien le droit d’arrêter, je ne comprends pas leur intervention, j’ai le sentiment de faire ce qu’il faut. A la maison, je continue de tirer mon lait. A l’hôpital aussi. J’emmène mon tire lait. Ils en ont un au service mais après m’avoir dit qu’il était disponible, ils m’ont dit qu’il ne l’était pas tant que ça. Le Tout Petit Bébé est en chambre double. Je tire donc mon lait en présence d’autres familles, d’infirmières, d’internes, d’externes… en abrégeant les câlins avec ma petite crevette.

Un jour que Papa Breizh est à l’hôpital, une infirmière lui fait la réflexion que si je veux que l’allaitement marche, il faut que le bébé s’exerce et que je sois là plus souvent. Il rétorque qu’on a un autre enfant en bas âge et des problèmes de garde. Alors ça devrait être lui qui garde l’ainé à cet instant et moi  en néonatalogie. Cela faisait deux jours qu’il n’avait pas pu venir voir le Tout Petit Bébé, ça le blesse, ça me culpabilise. Quand j’arrive l’infirmière en profite pour une mise au sein musclée « si déjà vous n’êtes pas là souvent« . Le lendemain, je demande son avis à une autre infirmière. Elle est encore plus dure.  Elle me parle des bouts de seins en silicone, je lui dis que ça me fait mal, elle dit que ça n’est pas possible… Cela dit j’ai essayé, ça n’a rien changé. Elle me parle de la conseillère en lactation, je dis que je ne veux pas la voir sans pouvoir lui expliquer (dois-je dire qu’elle pue de la gueule et me dégoute? Suis-je obligée de me justifier?). Elle trouve que j’y mets de la mauvaise volonté. Elle me dit qu’il faut que je sois en chambre kangourou, je lui parle des 48heures, elle dit que ça ne suffit pas. Mais j’ai un autre enfant! Certaines en ont deux autres! Quand elle s’en va, je pleure sous le regard dépité de Papa Breizh. (Tiens rien que de l’écrire, les larmes sont là). Le bébé tétouille et mord, s’endormant au bout de trente secondes les meilleures fois. Je me sens nulle comme mère. J’en veux au petit. J’ai l’impression qu’on ne me rendra jamais mon enfant.

Le lendemain, je debriefe avec l’interne et lui rapporte la conversation. Elle ne comprend pas pourquoi les infirmières me mettent cette pression, pour elle, mon fils n’est pas encore à ce stade d’autonomie, il se fatigue trop vite. Elle me rassure, si je continue à faire des journées marathon, je vais m’épuiser avant d’y être. C’est ce qui arrive. Un soir je rentre, je me sens mal, fiévreuse. Mon sein est gonflé et douloureux, engorgement? mastite? Faut dire qu’à tétouiller, mes seins sont stimulés sans que je puisse forcément les drainer dans la foulée. Je m’écroule de fatigue à vingt heures. A minuit, je dois me lever tirer mon lait. Je me sens mal. Là l’histoire n’est pas tout à fait claire. Papa Breizh vous dira que je me suis évanouie deux fois dans la cuisine, moi je ne m’en souviens plus. Le lendemain il annonce au personnel médical qu’il souhaite que j’arrête d’allaiter. Bien sûr que ce n’est pas lui qui décide, mais j’ai besoin qu’il le fasse. Je me sens autorisée à lâcher. J’ai le droit, j’avais dit que j’essaierai, pas que je réussirai.Je vais espacer mes tirages et voilà. D’ailleurs après cet épisode, ma production baisse sérieusement. Le sein engorgé qui produisait jusqu’alors deux fois plus que l’autre, produit désormais deux fois moins. Quand j’arrive en néonatalogie, l’infirmière qui s’occupe de mon fils me demande si je veux le mettre au sein. Je lui dis que je souhaite passer au biberon, elle en ramène un sans aucun jugement. Est-ce que je veux lui donner? Je dois y aller. Elle lui donne son premier biberon.

Après tout va plus vite. Avec le biberon, les bébés arrivent plus rapidement à se nourrir . A un moment, on remarque quand même un frein de langue un peu court qu’on me propose de couper. Peut-être que si ça avait été fait avant…. On parle de la sortie, on ne me parle plus du tout d’hospitalisation conjointe. Quand je leur confie ma culpabilité, certains soignants me disent que peut-être à la maison, ça sera plus simple d’allaiter. Moi je sais qu’une fois le biberon introduit, c’est compliqué.

Aujourd’hui mon fils boit au biberon et je continue de tirer mon lait. Chaque soir, j’ai envie d’arrêter, chaque fois la culpabilité me fait continuer.

 

 

 

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19 réflexions sur “Sein : 1 – Biberon : 1

  1. Encore un billet qui fait de la peine à lire… Décidément, ces débuts n’auront pas du tout été faciles pour vous 😦 En tout cas, quoi qu’aient pu te dire les gens de la maternité, ce n’est pas de votre faute, au petit bébé et à toi. L’allaitement on sait que c’est typiquement un truc très dépendant du terme du bébé…

    J’espère que rapidement, les repas seront plus apaisés, qu’ils soient biberon, allaitement, tire-allaitement… Dans tous les cas, ton enfant a à manger et c’est bien le principal 🙂 Essaie toi de ne pas trop te pourrir la vie sur ce sujet, il y a bien d’autres choses compliquées à gérer avec un nouveau-né sans se rajouter cette galère-là… Courage !

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    • Merci pour tes encouragements 😉
      Oui mes billets ne sont pas toujours très rigolos en ce moment. Mais je ne passe pas mes journées à déprimer non plus. Et puis je les écrits après coup, parce que sur le coup c’est trop compliqué (l’accouchement,la néonat, le changement de nounou….) histoire d’exorciser un peu les choses.
      Je trouve ça malheureusement dur de ne pas se prendre la tête pour la nourriture. Dans ma perception du rôle maternel, l’aspect nourricier est prépondérant. Surtout à ce stade où il n’y a pas grand chose à faire d’autre que le nourrir et le changer (mais là, je délègue plus facilement et ne culpabilise même pas quand je lui enfile une pampers pourtant pleine de produits chimiques nocifs).

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  2. Alors là, je suis sur le c** de tant d’incompétence et d’incohérence de la part du personnel ! Ton article me met en colère parce que déjà avec tout ce que vous avez subi ton Tout Petit Bébé et toi (sans parler du Papa et de Petit Putois !) il me semble qu’une extrême bienveillance aurait été de mise ! Mais en plus avoir un son de cloche différent avec chaque interlocuteur c’est carrément incroyable !
    Et on s’étonne que l’allaitement soit peu fréquent en France… Je ne suis pas pro allaitement à tout prix (mon allaitement long est le fruit du hasard et d’un soutien précieux du personnel médical) mais je trouve que quand la maman a la volonté, il faudrait vraiment qu’il y ait du soutien derrière pour que l’allaitement se mette en place correctement.
    Je te trouve vraiment courageuse de continuer à tirer ton lait. Tu continues a essayer de lui donner directement le sein ou pas du tout ? Dans tous les cas, bon courage pour la suite de ton allaitement et quoi que tu décide ne culpabilise pas trop, tu auras vraiment fait ton maximum, il ne faut pas oublier de penser un peu à toi aussi 🙂

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    • Fichtre alors, je déprime Chat-Mille et je t’énerve toi XD
      Pour les contradictions du personnel, c’était déjà le cas pour mon premier allaitement qui pourtant était ‘normal’. Bon, le côté verre à moitié plein me fait dire que du coup ça signifie qu’il n’y a pas de vérité absolue. Mais dans cette situation, j’avais besoin de conseils et j’ai eu l’impression d’avoir des reproches. J’ai lu quelques témoignages de mamans de prémas qui raconte leur séjour en néonat et elles louent toutes la bienveillance du personnel, moi franchement je l’ai très mal vécu. Je me sentais jugée et parano de me sentir jugée. Après Papa Breizh a aussi trouvé qu’elles mettaient la pression ce qui m’a rassuré quant à ma perception. Et une maman dont le bébé partageait la chambre de mon fils les premiers jours, nous a également fait part de cette impression. Je les ai aussi vu dire à une maman que leur bébé ne mangerait qu’à midi si elle voulait revenir le nourrir et le nourrir à 11h30 en râlant contre la maman qui n’était toujours pas là. Le comble je crois, c’est un couple qui passant devant notre chambre entend une des alarme du scope sonner et le signale à la soignante qui les accompagne. C’était mon fils, mais rien de grave, les fils qui s’enmèlent. La soignante débarque en trombe dans la chambre (alors que je peux te dire que les alarmes ont le temps de sonner en général) et file voir l’autre bébé et fait semblant de bidouiller un truc. Puis elle s’aperçoit que c’est chez moi que ça sonnait. Je lui dis que ce n’est rien de grave, j’ai bougé un fil. Elle me dit « oui, oui mais je viens de dire à ces parents qu’on était très vigilent et qu’il y avait des alarmes, il fallait bien que j’intervienne pour leur montrer. »…oui une joueuse de pipeau. D’ailleurs c’était la cadre du service ….
      J’ai tenté quelques mises au sein mais sans grande réussite, soit ça ne l’intéresse pas dès le départ, soit il me fait mal et s’en désintéresse rapidement.

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      • C’est plutôt pas mal le coup du « il fallait bien que j’intervienne pour leur montrer » !
        Finalement souvent le ressentit de la maman sur son accouchement et son séjour à la maternité dépend plus de l’attitude de l’équipe soignante que du déroulé des faits ! (moi par exemple si on me demande, je considère que j’ai eu un accouchement de rêve. Si tu demande à mon mari d’abord il y a des chances pour qu’il ne te réponde pas vu que même avec moi il a du mal a mettre des mots la dessus et sinon il te dira qu’il a probablement vécu la pire journée de sa vie).
        Pour l’allaitement je viens de lire ton échange avec Die Franzoesin et c’est vrai que d’un coté on a l’OMS qui dit 6 mois minimum et de l’autre certains praticiens qui disent que le plus important c’est les premiers jours et le colostrum. Alors finalement autant faire comme tu le sens toi, personne n’est de toute façon capable de dire quel est le gain « santé » réel et je pense sincèrement que l’aspect « câlin » tu peux l’avoir tout autant en donnant un biberon.
        Le coté psychologique du sevrage coté maman c’est clair que c’est parfois difficile, même après des mois d’un allaitement sans soucis particulier (mais pas sans prise de tête et remises en question, faut pas abuser non plus 😉 ). Je ne suis pas encore bien sure de l’avoir digéré, 5 semaines après !

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      • Oui je trouve que le personnel y fait beaucoup dans les premiers liens que tu tisses.
        Je crois que du fait de l’hospitalisation de mon fils, je me suis un peu sentie déposséder de ma maternité puisque ce n’était pas moi qui était sans cesse avec lui et qui le soignait. Je le connaissait moins que le personnel soignant. Pas évident si petit.
        C’est vrai que la place du père est particulière et c’est pas évident de trouver ces marques. Même au sens propre, la place du père en salle d’accouchement. J’ai eu deux césariennes, il a été là à chaque fois, mais c’est quelques minutes de présence en bloc opératoire, pas évident non plus.

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  3. Comme madame Lavande, je suis en colère devant un tel discourt !!!
    je sais que le personnel médical est sous pression, en sous effectif, avec comme consigne de vider les lits le plus vite possible (il adore les parturiente comme moi qui libère la chambre en moins de 48h -et ça aurait pu être 24h si on n’avait pas été en week-end- alors qu’ils factures 3 jours à la sécu), mais comment peut on tenir ce genre de discourt fasse à un tel chambardement : la prématurité, la césarienne, le premier encore si petit …
    je t’admire pour le tirage de lait, tu lui a déjà donné le mieux que tu pouvais 😚

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    • Merci pour ta colère 😉
      Je ne sais pas si le but était de vider les lits, parce que dans ces cas là ils auraient tout de suite préconiser le biberon. J’ai plutôt l’impression que chaque soignant avait ses opinions et sa façon plus ou moins délicate de les faire passer. tiens y en a une qui me demandait « alors vous allez prendre un congé parental? »‘euh non? je peux pas trop avec mon boulot, sinon je le perds »(c’est toujours mieux compris que ‘je n’ai pas envie’) »mais est ce que ça serait si grave de le perdre et d’en retrouver un autre après? »… et dans ce cas, c’était dit sans trop réfléchir de la part du soignant. Après dans cette situation, c’est difficile de faire la part des choses entre l’opinion et le conseil médical, et encore, je n’étais pas primipare.

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  4. J’ai eu un peu peur de lire ton article… Un peu peur qu’il me fasse pleurer parce que je savais que j’y retrouverai tellement de mon histoire. Un bébé né un peu trop tôt, qui n’arrive pas à prendre le sein et sans savoir trop pourquoi si comment, je me suis retrouvée accrochée au Medela Symphony 6 à 8 fois par jour pendant deux mois.
    Pour commencer je comprends ta déception de ne peut-être pas avoir réussi à l’allaiter comme tu le voulais. Mais je peux te dire aussi que les mois passent, qu’un jour il enverra ses petits pois à travers la cuisine en riant et que cela te semblera très loin, et surtout beaucoup moins grave.
    Concernant le tire-allaitement je suis partagée… Je me suis longtemps demandée (deux mois donc), si ça servait à quelque chose, si je ne me prenais pas la tête (et du temps) pour rien. Ce que j’en ai retenu, c’est qu’il faut s’écouter. Si ton tire-allaitement se passe bien, s’il te permet de compenser un peu ta déception, je ne vois pas d’urgence pour arrêter. Un jour je pense que tu en auras naturellement marre… Tu peux aussi commencer à introduire progressivement du lait artificiel de temps en temps. C’est ce que j’avais fait. Et j’avais constaté que ça ne faisait aucune différence, ni sur son humeur, ni sur son comportement. Ca m’avait rassurée et permis d’arrêter plus sereinement de lui donner mon lait.
    Bref si tu as envie d’en parler davantage, n’hésite surtout pas… Plein de bisous à tous les 4.

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    • J’attendais plus particulièrement ton commentaire. J’avais lu que tu étais déçu de ton allaitement et quelque part que tu avais tire-allaiter pendant deux mois (je crois bien que c’était dans un commentaire que tu avais fais sur un article sur le tire allaitement que j’avais lu lorsque j’étais encore hospitalisé).
      Je me rends compte en écrivant cet article que finalement ce n’est que le début de l’histoire, je crois qu’en j’en aurai un autre à écrire.
      en fait ces tirages sont très contraignant, difficile de trouver du temps enter un bébé qui mange sept fois par jour et un grand bébé très demandeur. Je t’avoue que je suis épuisée et que j’ai l’impression que ça complique tout. et pourtant.
      Comme toi je me demande combien de temps. Au bout de combien de temps on a le droit d’arrêter parce qu’il y a déjà eu des bénéfices. On te dit « ah mais ce que tu as fait c’est déjà bien » mais est-ce que c’est vrai? Quand tu cherchez un peu tu ne tombe que sur les recommandations de l’oms, les 6mois. Enfin 6mois exclusif et après on continue d’allaiter tout en introduisant d’autres aliments. D’ailleurs au sein et pas de biberon pour l’oms. Mais ces recommandations valent aussi pour les pays du tiers monde à l’hygiène douteuse et à la famine prépondérante. Et puis sur la blogosphère Tu ne vois presque que des allaitements longs (et épanoui) donc même 6mois paraissent peu. Mais dans la vrai vie, il y a beaucoup de femmes qui arrêtent à la reprise du travail, au bout de 10semaines chez nous. Beaucoup qui font du mixte. Ma tante dit qu’elle a allaité alors qu’elle a tenu trois semaines, mais pour elle ça compte. Faudrait aussi que je demande à ma mère combien de temps elle a allaité. Bref c’est compliqué.
      Oh je vais peut-être t’envoyer un message à l’occasion 😉

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      • N’hésite vraiment pas à m’écrire je te répondrai avec plaisir.
        De mon côté j’ai eu beaucoup de chance pendant ces deux mois puisque je n’avais qu’un bébé et des parents qui sont venus en Allemagne me soutenir. Donc au bout de quelques temps j’avais trouvé un rythme de tirage à peu près satisfaisant et comme je l’ai écrit, je crois que j’avais besoin de cette transition pour atténuer un peu ma déception. J’étais mine de rien contente, que Pierre boive mon lait, qu’il sente le gout de mes aliments, comme si on coupait le cordon un peu moins brutalement. En revanche je n’ai pas du tout continué pour des raisons médicales. Je pense toujours que l’allaitement est le top pour le bébé. Mais l’allaitement dans son ensemble, avec la proximité charnelle qu’ il implique. Pour le tire-allaitement je suis déjà moins convaincue. Par ailleurs, si lait maternel est le meilleur, je suis sincèrement persuadée que le lait artificiel n’est pas mauvais du tout. La différence se fait vraiment à la marge de mon point de vie. Et je prends avec beaucoup de recul l’ensemble des études qui sont publiées sur le sujet (tout comme mon mari et ses amis médecins d’ailleurs…).
        Bref, comme je te l’ai écrit dans mon premier commentaire en fait, ce que j’ai envie de te conseiller, c’est de choisir de continuer ou d’arrêter pour toi, pour ton ressenti, pour votre histoire. Pas à cause des recommandations de l’OMS. Si tu penses que ce tire-allaitement est un frein pour le bien être de toute ta famille en ce moment, essaie de lui donner un peu de lait artificiel de temps en temps. Tu verras bien. Il y a de fortes chances pour que, pour ton bébé, cela passe très bien.
        Si finalement tu te diriges dans cette direction, un arrêt progressif, encore quelques infos de ma part :
        – Ne le fais pas « n’importe comment ». Espacer les tirages risque de te reconduire directement vers la mastite. Je peux t’expliquer en privé comment faire pour arrêter de stimuler progressivement la lactation (mais vu que tu as déjà allaité tu le sais peut-être déjà).
        – Il est possible que ton bébé boive moins vite le lait artificiel. N’en déduis pas automatiquement qu’il est moins bon. Il est souvent plus épais, donc il faudra peut-être changer de tétine.
        – Tu auras peut être encore longtemps, des larmes qui coulent en lisant des récits d’allaitement longs et réussis. Ce fut mon cas pendant plus d’un an, j’ai vraiment eu beaucoup de difficultés à l’accepter. C’est comme ça, ça fait partie des petits deuils à faire quand on a des débuts difficiles. Mais comme je te l’ai déjà dit aussi, ça finit un jour par passer, on relativise, on oublie aussi. Tu penseras à moi quand il jettera ses petits pois à travers la cuisine 😉 .
        Gros bisous.

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      • Dis donc, tu écris des messages plus longs que Chat-Mille! XD
        Tu vois, moi l’aspect charnel dans l’allaitement me dérange un peu. Déjà parce que c’est parfois douloureux, voir très douloureux. et quand c’est agréable, ça me dérange encore plus! Je trouve que le biberon peut être tout aussi tendre car il permet un échange de regard que ne permet pas l’allaitement (ou moins, du moins au début). Je me plaignais un jour que Petit Putois ne prenait pas ses bib’ seul à je sais plus quel âge, c’est surement aussi parce que pour moi c’était des moments de câlins …
        Je suis à un tirage soft, 4fois par jours, je pense que le sevrage devrait bien se passer, physiquement, psychologiquement c’est autre chose….
        On vient d’avoir un épaississant pour les biberons prescrit par la pédiatre. Elle suspecte un rgo, moi aussi. Du coup mon bébé est nettement plus demandeur des bras en ce moment, ce qui complique encore les choses.
        Par contre franchement, je n’ai pas envie d’avoir des petits pois partout dans ma cuisine, faut -il que je continues de tirer mon lait du coup 😉

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  5. Je ne découvre ton blog que maintenant mais j’aime beaucoup ton style. Et rejoins les copinautes. Je trouve aberrant les remarques que les soignants se sont permises. Tout le monde sait qu’une jeune maman fait de son mieux. Alors ils feraient mieux de les accompagner plutôt que les juges et leur mettre des bâtons dans les roues… Après il paraît qu’un service est souvent à l’image de sa cadre. Donc si la cadre mise tout sur l’apparence, il n’y a rien d’étonnant que ce service ne soit pas le plus accueillant et bienveillant qui soit… En tout cas, j’admire ton courage et ta persévérance et te souhaite le mieux pour la suite !

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    • Merci beaucoup pour ton gentil message plein de bienveillance 🙂 Je suis contente que tu aies trouvé le chemin jusqu’ici.
      parfois les paroles des soignants sont tellement blessantes à des moments où justement on est déjà à terre. Je crois qu’il y a beaucoup de maladresse. Dans ce contexte, ils se placent du côté de l’enfant, leur patient, et ne comprennent pas forcément pourquoi une maman n’est pas là à 100% (c’est sur, c’est mieux pour le bébé). Je me souviens de la maman d’à côté (enfin de la première, parce que les bébés ont défilés) qui semblait sans cesse se justifier en disant qu’elle avait eu une césarienne, qu’elle s’était rouverte, que sa belle mère venait de faire un infarctus….comme si elle se sentait jugée en permanence. Au départ, je me suis demandé pourquoi elle faisait ça, après j’ai compris. C’est dommage parce qu’ils devraient plutôt faire alliance avec les parents.Un jour j’ai vraiment eu besoin d’aller chez le coiffeur (enfin besoin psychologiquement) mais j’ai longtemps hésité ayant peur qu’on me reproche d’y être aller au lieu d’être venu voir mon bébé.
      D’un autre côté, quand mon fils était en réanimation au départ, un service beaucoup plus lourd, j’ai trouvé les soignants extrêmement bienveillant et doux.
      Après ce n’est pas la faute des infirmières si j’ai foiré mon allaitement, ce n’est qu’une variable de l’équation bien plus complexe.

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  6. En lisant ton article je sens une rage monter en moi… Mais c’est quoi ces infirmières qui te culpabilisent comme ça? Ont-elle oubliées que tu viens d’accoucher, que tu es fatigée, douloureuse. Que tu as peur pour ton nouvel enfant si petit et pour l’autre qui a encore tant besoin de toi. Que tu veux bien faire tout en ayant peur de ne pas tenir. Je sais que les infirmières sont souvent trop peu nombreuses et qu’elles ne peuvent pas s’occuper de chaque patient comme elles le voudraient. Mais est-ce une raison pour lâcher des phrases pareilles. Une naissance c’est sacrément dur physiquement et psychologiquement. On a besoin d’être entourées et encouragées. Pas culpabilisées!

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    • Oui tu as raison, j’ai assez mal vécu ce séjour en néonatalogie. Ce pense que les remarques étaient la plupart du temps maladroites plus que volontairement blessante (enfin j’espère) mais elle ne prenait pas du tout en compte ma réalité. Forcément , le patient c’était le bébé. Mais c’est sur qu’en plus d’être maman, je venais aussi de me faire découper le bide, mais de ce côté là, il n’y avais aucune complaisance. après tout, la grossesse n’est pas une maladie…. ah ben si en fait, chez moi c’était uen grossesse patho.

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