Pourquoi les enfants?

Ah les enfants! Adultes miniatures, petits d’Hommes, pervers polymorphes, vampires d’énergie parentale, manipulateurs capricieux, puretés incarnées, puits d’amour et pourvoyeurs du sens de la vie, accessoires de mode ou de cohérence sociale… Non franchement, quand on les regarde de plus près, les enfants sont vraiment des êtres étranges. Tiens, la preuve :

Pourquoi quand les enfants sont fatigués, ils courent partout et crient beaucoup ? Voire même, quand ils sont très fatigués, refusent obstinément d’aller au lit ? Moi si je suis crevée et que tu me proposes un somme, je file direct! Je n’attends même que ça. Et si d’aventure ce n’est pas le moment et que je n’ai pas de fauteuil douillet pour me reposer un peu les yeux, tu ne me verras pas gesticuler dans tous les sens en braillant. D’ailleurs tu ne me verras pas, je me mettrai en mode économie d’énergie et lutterai pour garder les yeux ouverts.

Pourquoi quand les enfants ont faim, ils courent partout et crient beaucoup ? C’est traitre, on pourrait croire qu’ils sont fatigués. Et si en plus un chaland vient te dire qu’il est affamé car il vient de bailler, y a de quoi se mélanger les besoins. Et voilà qu’en plus, le crève-la-faim repousse l’assiette de chou kale panais bio que tu lui tends et réclame une glace  aux hydrates de carbone! L’ingrat! Toi qui avais justement cassé ton PEL et t’étais levé aux aurores pour aller au petit marché local quérir les meilleurs produits pour le développement optimal de ses synapses. Non parce que moi quand, j’ai faim, je ne refuse pas la nourriture qu’on me tend. Ok, je fais un peu la gueule si tu me proposes des haricots vapeur plutôt qu’une raclette, mais je suis bien élevée moi, je mange quand même! Hum, peut-être mes enfants sont-ils mal élevés…

Pourquoi quand les enfants font des câlins, il t’arrachent une touffe de cheveux ou te fichent des coups de boule ? Parce que les miens ont l’amour vache. L’aîné lui avait tendance à mordre. Un jour, il a tellement aimé son père, que celui-ci a gardé l’empreinte de ses quenottes pendant trois jours sur la cuisse (et pourtant, il portait un jean!). Maintenant il se contente de grincer très forts des dents quand il est passionné. Sans parler de leurs élans qui finissent en général par un craquement de nez, le mien, contre leur tête. Et on en parle de leurs petits ongles impossibles à découper qui vous lacèrent le décolleté? Non parce que moi, la tendresse, la douceur, les câlins, la délicatesse, tout ça, tout ça… Quoique j’aurai peut-être dû m’en douter quand ils ont commencé à me donner des coups de pieds alors même qu’ils étaient dans mon ventre…

Pourquoi quand l’enfant reçoit un cadeau, il est bien plus intéressé par l’emballage que par le contenu ? Et cela même si tu as passé des heures à interroger tous tes contacts pour savoir ce qui plairait à ton profil d’enfant, même si tu as lu tous les ouvrages montéssoriens pour trouver ce qui conviendrait au développement neuronal de ton marmot pour lui permettre de maximiser son potentiel, même si tu as passé cinq minutes dans le supermarché à trouver le bon âge sur le carton d’un jouet dans tes prix ou même si tu as renié tout tes principes éducatifs, anti-consuméristes et esthétiques pour lui acheter une mocherie à l’effigie de son héros du moment. L’enfant lui s’en fiche, il joue à faire des tout petits bouts avec le papier cadeau ou se fait une maison du carton d’emballage. Parce que moi, quand on m’offre un cadeau, je déchire le papier, je jette la boite et me fous de la notice.

Pourquoi quand les enfants sont fâchés, cinq minutes après ils ne sont plus fâchés (deux minutes si tu leur refiles un bonbon) ? Pourtant c’est de la vraie colère, à faire saigner tes tympans. A se rouler par terre malgré la saleté du macadam boueux et le regard du chaland. Malgré la raison tout à fait noble : ne pas traverser au rouge, rentrer à la maison, partir à la maison, se brosser les dents avant d’aller au lit…oui, l’enfant lutte pour de nombreuses causes. Pourtant le voilà, quelques instants après la tempête, tout à fait disposé à mettre sa chaussure gauche ou à entamer une partie de guiliguili. Allant même parfois jusqu’à te réclamer une faveur alors que toi tu tentes encore de ramasser les dernières miettes de dignité maternelle. Celle-là même qui s’est brisée sur le lino du supermarché lorsque ton enfant qui n’a même pas atteint le mètre, t’a fichu une claque puisque tu refusais d’acheter les pâtes en forme de papillon. Parce qu’en fait moi, si je suis en colère à me rouler par terre, tu peux bien te dire que plus jamais je ne te parle. Et d’ailleurs, si jamais tu me frappes parce que je n’achète pas les bonnes pâtes, plus jamais je ne te parle. Et pareil si tu me causes quand je lutte pour garder les yeux ouverts ou que tu me refiles des haricots verts quand je crève la dalle.

Pourquoi  quand les enfants sont malades, ils se sentent obligés de refiler leur microbes à tout le monde ? Parce qu’au fond, le môme n’est pas foncièrement partageur. Fais le test si tu ne me crois pas : ressors un jouet qu’il n’a pas utilisé depuis deux ans (plus de la moitié de sa vie), tends-le à son petit frère, tu vas alors voir l’ainé se précipiter, pousser le puîné en proclamant « A moi! ». Et le voilà tout à coup, la morve au nez ou la vomissure à la commissure, soulevé d’un élan de générosité qui le pousse à se frotter à toi et à t’éternuer dans les yeux. Après, une fois que tu as choppé le truc, l’enfant n’aura plus aucune compassion pour toi. D’ailleurs à ce moment là, lui pètera à nouveau la forme. Tandis que toi, tu mettras bien deux semaines à te débarrasser du virus, le temps que tes loulous s’en choisissent un autre. Non parce que moi, malade, tu ne me vois plus. Tu me trouveras dans mon lit. Mais ne viens pas me trouver sinon plus jamais je ne te parle!

Mais au fond, au milieu de tout ça, se détache une vraie question : pourquoi on fait des enfants?

 

26 réflexions sur “Pourquoi les enfants?

  1. mais tu es le meilleur contraceptif sur le marché, dis moi!…On fait des enfants parce que s’ils ont le malheur de nous regarder dans les yeux, c’est comme le chat dans shreck : on est perdus!

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    • Oui, aux premiers mois de mon derniers, j’avais aussi écrit un article pour ne pas oublier à quel point les nouveaux nés sont inutiles et sentent le caca, histoire de me rappeler à l’ordre quand l’envie me retoquera.
      Mais t’as raison, ils nous regardent, donnent du ‘maman’, s’agrippent avec leur petit doigts poisseux et nous claquent des bisous morveux, et là paf, on fond!

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  2. Trop drôle mais tellement vrai! Quand je leur demande d’aller au lit et qu’ils disent non après une journée de folie, je leur dis que moi-même je ne ferai pas un cinéma pour aller me coucher car je suis HS mais ils n’ont pas pitié. Je suis obligée de leur lire Peter Pan.
    Pour les magasins, les jouets et les virus, c’est pareil ici! Ils ont dû recevoir un guide universel du petit Monstre! Le pire dans tout ça, je rêve d’un troisième enfant! Je suis maso 🙂 Pas le papa qui s’obstine à dire non 🙂

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    • Mais oui c’est terrible, t’as beau avoir des cernes de trois milliards de kilomètre, pester des nuits sans sommeil et te réjouir enfin quand le dernier quitte ses couches, dès que tu croises de la layette, ton utérus palpite et t’as envie de remettre ça!

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  3. Ah nan mais tu m’as fait mourir de rire, de bon matin : merci !! 😀
    Je crois que ma préférée c’est la faveur réclamée ingénument pendant qu’on est encore en train de ramasser sa dignité maternelle depuis longtemps brisée en miettes par les hurlements stridents de notre progéniture !

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  4. C’est très drôle, mais tellement vrai !!! J’adore. Heureusement qu’il y a les bisous, les yeux tout doux, les sourires… sinon on ne recommencerai pas !

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      • Oui je crois que mes hormones m’ont rendu amnésique 🙂 Mais je te redis tout ça dasn deux mois, quand j’aurai accouché. J’aurai sans doute les idées plus claires !

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  5. par amour…..pour nos hommes!!!!!!….j’ai l’IMMENSE bonheur d’être la « vieille » mère de 2 filles formidables de 20 ans et 3 ans et de papas différents. je ne laisserais ma place pour rien au monde, malgré les nuits trop courtes, la charge mentale, le quotidien qui épuise,
    etc…..mes filles st simplement des enfants de l’amour….et puis on oublie les difficultés de la prime enfance et toute cette fatigue qui en résulte….ce temps passe tellement vite….+ tard, on aimerait parfois s’y refondre….tes mots sont vrais, j’adore!!!!!

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  6. Trop drôle !! Effectivement vu sous cet angle !!
    Mais ils nous font aussi bien rigoler, enfin parfois. Bon, je suis court d’arguments aujourd’hui, trop fatiguée par les nuits de nouveau difficiles de ma fille 🙂

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