Mes deuils à faire

Lors d’une naissance, ça explose de sentiments. La première rencontre, qu’elle soit coup de foudre ou sensation d’étrangeté, est aussi un instant de déception : cet enfant là n’est pas celui qu’on avait imaginé. Bien sûr ça passe, parfois si vite qu’on n’a pas senti l’émotion fugace. Le bébé réel se révèle bien plus satisfaisant que l’enfant idéalisé. Pourtant il y a un deuil à faire, ou plutôt des deuils : la grossesse fantasmée, l’accouchement idyllique, le nourrisson rêvé.

Après mon premier enfant, l’envie du deuxième est venu rapidement. J’avais un fantasme de réparation. Rien n’avait été catastrophique mais ça n’était pas parfait. J’avais eu beaucoup d’inquiétudes par rapport à toutes ces nouveautés et je m’étais empêchée d’en profiter pleinement. Même si je n’en gardais aucune culpabilité, j’avais un petit pincement au cœur. Et puis le deuxième est arrivé et j’ai vécu mon cataclysme. Ça n’a rien réparé mais ça a eu le mérite de réhabiliter ma première grossesse : finalement, ça n’était pas si mal. Reste qu’aujourd’hui j’ai parfois un goût amer et encore des choses à digérer.

Je n’aurai probablement jamais de troisième enfant. Là, c’est mon plus gros deuil à faire, celui que je ne suis pas prête à avaler, d’où le ‘probablement‘ dans la phrase. De celui-là découlent beaucoup d’autres. Etant plus jeune je ne voulais qu’un seul enfant, puis en cours de route, mes désirs ont changé. Et puis on s’était dit avec Papa Breizh que si le deuxième était un garçon, on tenterait le troisième pour avoir une fille. Oui, j’ai une préférence de sexe assumé. Maintenant si ma belle-mère suggère de tenter le troisième pour avoir une fille, crois-moi bien que je lui mettrai ma main dans la gueule (retiens moi, je la vois ce weekend). Mais voilà, il y a eu ma deuxième grossesse et sa complication au déroulement atypique qui n’a jamais vraiment trouvé d’explication médicale. Pour te donner un peu une idée, le médecin que j’ai eu au téléphone a parlé de « bonne étoile » et « d’interne zélé » pour expliquer qu’on ait décelé la pathologie à temps. Celui que j’ai vu quand on m’a envoyé en urgence à l’hôpital a dit qu’il n’avait « pas l’impression que j’étais en train de faire une complication en me voyant comme ça« , même si après les résultats sanguins, il m’a ouvert le ventre une heure plus tard. Quant à ma gynécologue, elle n’est ps vraiment sure que ce soit le bon diagnostique. Néanmoins, ils sont unanimes, ça pourrait recommencer la prochaine fois. Quel est le risque? Personne ne sait (et entre 1/1000 et 1/2, l’écart est important). Néanmoins, c’est quand même une complication qui induit un risque vital pour la maman et le bébé. Alors certes, pour une grossesse future, le suivi médical sera renforcé, et au moindre doute il feront naitre l’enfant. Oui mais si la pathologie survient plus tôt cette fois? Pourrais je supporter de mettre au monde un grand prématuré? Pourrais-je assumer des éventuelles séquelles juste par envie de robes à froufrous? Et s’il est ‘juste’ prématuré, aurais-je la force d’affronter à nouveau la néonatologie? Mais même si tout est normal, pourrais-je subir une troisième césarienne? Aujourd’hui je sais que je n’aurai pas le courage de revivre ça. Mais aujourd’hui j’ai un pincement au cœur quand je range les bodies en un mois et les pyjamas en six mois et je ne vois pas revendre le couffin en osier. Voilà où j’en suis aujourd’hui, pour demain on verra.

Par contre, ce qui est sûr, c’est que je n’aurai jamais de quatrième enfant (à moins d’une troisième grosse gémellaire). Dès ma première césarienne, la gynécologue m’a dit « les césariennes, c’est trois maximum, après l’utérus est trop fragile« . Fini l’idée d’une famille nombreuse, il faut que je renonce au projet de vivre des allocations familiales. Bon, j’avais déjà abandonner parce qu’en faisant les calculs, il s’avère qu’un enfant coûte très cher, ils grandissent tout le temps, mangent tous les jours…Fini aussi le plan de faire une équipe sportive, mais là encore, le sacrifice ne me coûte pas trop vu mon affinité avec l’effort physique. Un petit pincement au cœur quand même quand je vois le succès des Jackson Five mais peut-être que même en ayant quinze enfants, s’ils héritent des capacités vocales de leurs parents, ça aurait été raté.

Je n’aurai jamais de grossesse idyllique. Moi dans mon fantasme, je suis habillée tout en blanc, mes cheveux brillent et mes ongles sont solides comme jamais, je fais du yoga au bord de l’océan et ressens l’harmonie et la plénitude de celle qui porte la vie. Sauf que moi en vrai, enceinte, je ressens surtout des nausées, du mal de dos et le goût de ce que j’ai mangé trois heures avant qui me remonte à l’arrière de la glotte. Je ne dors plus malgré la fatigue, un peu comme quand tu prends douze cafés à la fin de la journée et que tu te retrouves comme une conne, l’œil écarquillé dans le noir à trois heures du matin. Et puis j’angoisse ou je déprime. Malgré tout je trouve ça très beau une femme enceinte, j’ai aimé la courbe de mon ventre en toute fin de grossesse (avant j’avais juste l’air grassouillet) et regrette de ne pas avoir de photos de moi. Mais voilà, il n’y aura probablement pas d’autre grossesse ou alors une autre grossesse hyper médicalisée qui sera très anxiogène pour moi. Alors tant pis pour la sérénité, l’épanouissement et tout ça. Après tout, je pourrais très bien avoir la quarantaine habillée toute en blanc, le poil brillant et faisant du yoga sur une plage. Ou la cinquantaine. Ce n’est après tout qu’une petite période de ma vie. Et puis à voir certaines qui vomissent pendant des mois ou ne doivent pas bouger de leur canapé, je ne m’en suis pas si mal sortie.

Jamais je n’accoucherai par voie basse, je n’attraperai mon bébé dans un cri primal pour le poser sur mon ventre alors qu’il rampera dans un réflexe reptilien pour saisir mon sein. Bon ce deuil là, si tu me connais, tu pourrais croire qu’il est fait depuis longtemps. Je me souviens, ma première grossesse bien entamée, ma gynécologue m’a demandé comment j’envisageais mon accouchement, « je m’en fiche , lui ai-je répondu, tant que je ne suis pas là« . Longtemps, ça a été ma plus grande angoisse avec l’épisiotomie comme paroxysme. Et à ceux qui me rétorquait que qu’on ne sentait rien puisqu’ils coupaient pendant une contraction, je demandais quelle pouvait être la force de cette douleur qui t’empêchait de ressentir qu’on te coupait la chair à vif. Bref la césarienne programmée pour le premier me convenait bien. Et puis voilà que pour le deuxième je me sis mise à regarder  Baby Boom en boucle et à rêver d’un accouchement par voie basse (mais avec péridurale, faut pas déconner). Voilà que je me sentais même inférieure à toutes celles qui étaient passées par les douleurs de l’enfantement (même si te faire ouvrir le bide, ça douille). Je flippais tout de même que le deuxième bébé ne puisse pas passer vu qu’on m’avait trouvé le bassin trop étroit pour tenter l’accouchement voie basse pour un bébé en siège la première fois. Et puis à la surprise générale, césarienne en urgence pour le deuxième. Deux césariennes impliquent un risque trop important pour un accouchement voie basse. C’est drôle quand on y pense, d’avoir envie de savoir ce que ça fait d’accoucher quand on sait que c’est une des épreuves physiques les plus difficiles. Pourtant, il y a une petite part de moi qui regrette un peu. Bon, il y a une grosse part qui est bien contente que ces deux bébés au périmètre crânien bien au dessus de la courbe soit passés par un autre chemin m’évitant ainsi dix ans de rééducation périnéale.

Je n’aurai pas d’allaitement long. Tu la vois la mère sur la plage, son enfant qui fait ses premiers pas pour se rapprocher d’elle, elle dégrafe sa robe vaporeuse et lui offre son sein nourricier tandis qu’il plonge ses yeux dans les siens? Ben ça, c’est pas moi. Déjà parce que même si tous mes fantasmes se déroulent au bord de la mer, j’habite à l’autre bout. Et puis ensuite parce que ça a été dur pour moi d’allaiter mon premier, physiquement et moralement. Et encore pire pour le deuxième. Bon là , j’ai beau réfléchir à une façon de laisser couler, je crois que je n’ai pas encore digéré.

Je n’aurai pas de fille. Je fais partie de ces parents qui ont une préférence , assumée, pour le sexe, et que la Nature contrarie. Par contre qu’on soit bien d’accord, je suis très contente d’avoir mes deux garçons et n’échangerai contre rien au monde, ça ne pouvait être qu’eux. Et qu’on soit encore plus que bien d’accord, je ne tolère aucune préférence de la part des autres (que le papa). Ainsi le « je suis déçue, j’aurais préféré une fille » énoncé par une ‘copine‘ à l’annonce du sexe du premier me reste encore au travers de la gorge. Tout comme le « pourvu que ça soit une petite princesse » de ma belle-mère à l’annonce de ma deuxième grossesse. J’ai au fond de moi la certitude que je ne peux pondre que des garçons, et que même avec douze enfants, je défierai les lois de probabilité. Je me console en me disant que les petits garçons aiment leur mamans toute leur vie. Alors que les petites filles, ces ingrates pour qui on s’est levé la nuit et à qui ont a nettoyé les fesses, se détournent soudain de vous pour vouloir épouser leur papa! Quand à mes envies de robes à paillettes, la mode masculine fourmille également de mignonneries, le trou dans mon compte en banque en atteste. Certes il y a Spiderman, mais franchement la Reine des Neige c’est pas top non plus. Et puis, si vraiment j’ai envie de me lâcher sur les couleurs pastels, les fleurs et ce qui brille, il y a une fille à la maison : moi. Et comme je suis la seule, je peux bien jouer à être la plus belle!

Et toi? Est-ce qu’il y a aussi des choses qui te restent au travers de la gorge? Des deuils à faire?

37 réflexions sur “Mes deuils à faire

  1. Un billet touchant… Nous avons tous des regrets qui nous collent aux basques, dont il faut faire le deuil… Et si j’ai ma fille (qui déteste les robes à froufrous et préfère grimper partout soit dit en passant !!), j’ai les mêmes choses à régler que toi… Pas de troisième, en grande partie, pour des raisons médicales, pas de grossesse idylliques, pas d’accouchement de rêve, ni même d’accouchement par voie basse !
    Alors, il ne faut jamais dire jamais mais en attendant, on essaie de profiter de ce qu’on a ?

    Bisous
    Virginie

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    • Bon ben on fera un groupe de soutien alors XD
      Je vois qu’on est certaines à partager les mêmes regrets.(Ce qui bien sûr n’empêche pas de profiter par ailleurs)
      Bon mais c’est quoi cette fille qui ne veut pas de robe?! Ces gamins qui ne veulent même plus rentre dans les stéréotypes j’te jure!

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  2. L’acceptation prend du temps, surtout en cas de deuxième grossesse au goût d’inachevé. J’ai eu la chance que ce ne soit pas mon cas, mais j’imagine à quel point cela aurait changé ma façon de voir les choses…

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    • Oui peut-être que le déroulement de la deuxième grossesse à influencé les choses, de toutes façon, ayant accouché prématurément, j’ai encore l’impression qu’il me manque un bout (ok, c’est pas le plus agréable la fin quand on se traîne mais quand même).
      Mais tu utilises le bon terme en parlant d’acceptation, après tout c’est le dénouement du d’un deuil 😉

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  3. Oh que je me retrouve, dans tous ces deuils ! Enfin, pas dans tous, évidemment, on a chacune notre propre histoire de la maternité, et les nôtres ne sont pas similaires. Mais je veux dire par là que je te comprends, qu’il y certains points qui résonnent douloureusement en moi (l’allaitement, le deuil des futurs enfants, la préférence assumée et la petite déception fugace ou non, à la naissance).

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    • Oui je crois qu’on a toutes des petits regrets plus ou moins assumés. C’est plus facile de dire qu’on regrette de ne pas avoir réussi à allaiter que d’avouer qu’on a été déçu d’avoir un garçon. Après, je trouve que quand c’est conscient c’est déjà pas mal, et quand en plus ça ne nous empêche pas de profiter de nos enfants et de nos satisfactions c’est top!

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  4. Ton billet me touche beaucoup. Je ne suis pas encore à faire de deuil concernant ma maternité car on tente l’aventure de bébé 2. J’ai eu une belle grossesse pour Tess. Je regrette juste de ne pas avoir assez lâché prise au premier trimestre. La seule chose que j’attends que bébé 2 répare vraiment, c’est cette histoire de césarienne. Je rêve aussi d’un accouchement voie basse… J’espère avoir cette occasion même si je me laisse à l’esprit que ça ne sera pas forcément le cas, histoire que le deuil soit moins difficile le moment venu!

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    • Personnellement, je trouve ça difficile de lâcher prise au premier trimestre. Tout te rappelles tellement que rien n’est joué, même les déclaration de naissance ne se font qu’après.
      Après pour le deuxième accouchement, rien n’est joué. Ca depend de la raison de la première césarienne. Mais ça peut très bien ne pas se reproduire. Chaque accouchement est différent.

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  5. Je t’avoue avoir été plutôt bien exaucée: je rêvais d’un bébé vivant (infertile, abonnée aux fausses couches), j’ai fini par l’avoir. On avait une préférence pour une fille (largement derrière l’option bébé vivant), on a été exaucés. Je voulais l’accouchement le plus naturel possible, sans péri, le plus possible à la maison, j’ai été exaucée aussi. Je voulais l’allaiter…Ah, oups, là ça coince. Je n’y suis pas arrivée. Après 24h avec un nourrisson indifférent au sein et restant l’estomac désespérément vide, j’ai lâché l’affaire. Au début, j’en étais finalement soulagée puis, les mois passant, j’en ai gardé un profond regret, un manque, même… L’autre hic c’est l’espoir naïf qu’on pourrait concevoir notre deuxième sans repasser par les mêmes misères, là aussi ça plante puisque j’ai déjà refait une fausse couche. Cependant, je ne me plains pas, je suis une maman comblée!

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    • On est bien d’accord, le bébé vivant prime sur le reste. Et deux bras et deux jambes priment sur un pénis ou un vagin (enfin il faut quand même qu’il ait l’un ou l’autre). Néanmoins on a toujours des petites préférences, moi j’aurai bien aimé qu’ils aient les cheveux bouclés de leur père et mes yeux bleus.
      Mais une fausse couche, c’est un deuil à chaque fois. Même précoce, on se projette.

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  6. Il est vraiment très touchant ton billet !
    Un accouchement par césarienne ne fait pas de toi une moins bonne maman ! Vu les douleurs que tu as dû subir ensuite !!
    Et puis pour le reste, je trouve que les jeunes mamans ne sont pas suffisamment accompagnées. C’est un tel chamboulement dans une vie !
    L’allaitement, c’est pareil. Je pense que chacun doit faire son choix et que la maman doit être accompagnée par duo personnel formé et compétent ce qui bien trop rarement le cas. C’est tellement plus simple le biberon !
    Pour la fille, c’est drôle, avec mon mari, nous avions aussi une petite préférence pour une fille. Surement parce que c’est réputé plus calme et aussi parce que j’étais persuadée que si j’avais un garçon en premier, je n’aurais que des garçons ensuite. Et inversement. Et du coup, je préférais avec que des filles que des garçons. C’est quand même plus bagarreur les garçon #bonjourstereotype !!
    Notre fille est comment dire : très vivante !! Et quand je vois les petits garçons de mes amis, je me dis qu’il y a erreur sur la marchandise !!
    Et finalement, contre toute attente, le deuxième est un petit garçon !
    En fait, je pense qu’au-delà du sexe, c’est vraiment le caractère de l’enfant qui prime et ça, on peut pas vraiment le décider à l’avance !
    Bon, en tout, cas, j’espère que tu arriveras à faire le deuil de tout ça 🙂

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    • Merci pour tes gentils mots!
      Pour l’allaitement mais comme peut-être pour les premiers conseils en puériculture,le personnel était formé mais visiblement tous n’avait pas eu la même formation et les avis étaient parfois contradictoires. Avec le recul,et expérience,je sais que c’est parce qu’il n’y a pas forcément de bonne façon de faire. Mais sur le coup,ça a été déstabilisant. Mais pour le deuxième,la prématurité et la séparation dûe a lhospitalisation a fait de l’allaitement un challenge que je n’ai pas eu la force de relever.
      Quant aux caractères,je vois bien avec mes deux garçons que rien n’est pareil. Mais je crois que j’ai aussi peur d’être moins proche en grandissant. De ne pas pouvoir partager leur grossesse ou leur maternité comme j’aurai pu le faire avec une fille.

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  7. Je me suis reconnue dans certains points de ton article et pas forcément les plus évidents. Je n’ai sincèrement plus de regrets concernant mes grossesses et mes allaitements, d’ailleurs j’ai mieux vécu les deux la deuxième fois, c’est l’avantage de la répétition. En revanche très bizarrement je prends maintenant conscience que je n’aurai sans doute jamais de fille et ça me fait bizarre, ce n’est pas vraiment un regret en tout cas je ne crois pas que j’aurais préféré avoir deux filles que deux garçons, mais je comprends de mieux en mieux pourquoi avoir un « couple » est considéré comme idéal.

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  8. Il est très touchant ton article. Je me retrouve un petit peu dans ce que tu dis.
    Peut-être que cette deuxième grossesse me réconciliera avec ce que j’ai laissé passé la première fois, ou pas. On n’est jamais sûr de rien de toute façon. Ce n’est pas facile d’accepter ce que l’on n’a pas maitrisé et pourtant rêvé si différement.
    Mon mari a toujours souhaité une famille nombreuse. Moi je vois au moment venu quand le désir se manifeste. Tout ce que je sais, c’est que pour des raisons médicales,cette grossesse sera sans doute la dernière. Pour ma première, le corps médical était unanime : faites des enfants madame. Pour la deuxième, il commençait déjà à être prtagé entre eux, et une grossesse plus suivie (et donc un peu plus stressante alors que j’avais réussi à lacher prise). Je sais que si troisième désir de grossesse il y a, je ne suis pas sûre que ce sera accepté. ALors j’essaye de profiter au maximum de mon gros bidon et des sensations si particulières et pourtant il y a toujours des choses que j’aurai voulu différentes.
    Avec le temps les blessures cicatrisent, les deuils se font. Mais il faut du temps. Essaye de profiter du moment présent.

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    • C’est paradoxal cette situation,tu ne sais même pas si tu le veux,mais le fait de ne pas pouvoir l’avoir t’empêche même de te poser la question. Mais au fond, on sait vraiment jamais avant d’être dedans. Et puis les plans changent. Les données changent,que ce soit médical,professionnel… J’avoue que chaque année m’amène son lot de surprise et je ne connais pas la suite non plus.

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  9. Boudu tu m’en a donné de la lecture entre cet article et le « cataclysme ». Cela dit c’était très émouvant de te lire et je n’ai pas décroché avant d’avoir fini. Je comprend vraiment tous ces deuils à faire. Moi je dois faire le deuil d’un second enfant. J’ai toujours rêvé d’avoir 2 bébés mais dame nature en a décidé autrement et c’est déjà très bien d’avoir réussi à avoir Coquillette. Il y a 2 ans j’étais en train de faire le deuil d’une vie avec un enfant alors je m’estime chanceuse mais ça n’est pas évident pour autant. Le deuil d’une grossesse sereine aussi. J’étais tellement angoissé pour mon petit miracle. Enfin, c’est aussi ça qui nous forge et font les personnes que nous sommes avec nos forces et nos failles. Bisous

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  10. Ah, comme cet article me touche!
    Oui des deuils, noustoutes: je n’aurai jamais de 3eme enfant (parce que mon compagnon n’a pas voulu, et crois-moi, ce n’est pas plus supportable), je n’aurai ja de garçons (Même si je préférais avoir des filles â la base); je ne me marierai jamais; je n’aurai jamais non plus de forte poitrine et je n’epouserai jamais Ryan Gosling mais c’est une autre histoire 😉

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    • J’ai mis du temps à te répondre parce que je ne savais pas quoi te dire pour Ryan Gosling. D’un côté j’avais très envie de te dire que j’avais vu Drive y a pas longtemps, et qu’il avait quand même un côté chelou (oui, je dis chelou, je suis chez moi, je fais ce que je veux) mais peut-être que ça te plait. Et puis je me rappelle d’un dicours de remerciement qu’il a fait pour je ne sais quelle récompense, ou il a remercié sa femme puisque si elle n’avait pas été là pour s’occuper de leur enfant, jamais il n’aurait pu tourner ce film. Classe!
      Bon dis toi que peut-être tu perds beaucoup en n’épousant pas Ryan, mais s’il savait ce qu’il perdait en ne t’épousant pas toi, jamais il ne pourrait continuer à vivre. C’est peut-être mieux comme ça!

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  11. Je dois avouer que je n’oserais pas parler de « deuil », pour moi hein, tellement j’ai été exaucé dans mes grossesses et ma maternité 😶. Mes regrets me semblent bien petit comparé à ton vécu. Reste le sujet épineux de la préférence de sexe, mais comme je n’ai pas encore atteint ma « limite reproductive », je garde espoir 😉
    Mais je compatis pour tes regrets face à une troisième grossesses, ma mère a mis 10 ans à faire le deuil d’un 4ème enfant …

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    • On peut aussi avoir des ‘petits’ deuils, moi j’aurai bien aimé qu’ils aient les cheveux bouclés de leur pères, mais c’est sur, qu’ils existent c’est déjà pas mal 😉 Et puis franchement, Malo , un an, commence enfin à avoir un peu de cheveux, alors je ne voudraient pas être trop exigeante 😉
      En fait je m’interroge, est-on un jour rassasié d’envie de bébé? J’imagine que certaines femmes le sont, mais les autres?

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  12. Bonjour Maman Nouille !
    Comme il est touchant ton article ❤ Et également criant de vérité ! Je pense que c'est important de mettre un peu en lumière tout ce qui peut se passer dans la tête d'une maman après des naissances, car malgré beaucoup de joie, de gratitude, etc… il y a aussi des deuils à faire, qui sont généralement occultés par le monde entier (personne ne veut les voir, et ça n'aide pas franchement !).

    Je pense avoir vécu ce même fantasme de réparation (que je ne me suis qu'à moitié avoué d'ailleurs) après la naissance de mon premier enfant, même si rien n'avait non plus été catastrophique. Ça n'a pas été une bonne manière d'entamer ma 2nde grossesse, qui a été placée sous le signe de l'inquiétude et de l'angoisse jusqu'à ce que je prenne le taureau par les cornes et décide de m'en remettre à la sophrologie, la relaxation, etc.

    En ce qui concerne l'accouchement par voie basse, je comprends à quel point c'est dur de devoir faire une croix dessus, tant j'espère y avoir "droit" cette fois (l'avenir nous le dira !). Oui, c'est tout à fait drôle d'avoir envie de savoir ce que ça fait, que de sortir plus ou moins 3kg500 de son corps par une des parties les plus sensibles de son anatomie. Mais en même temps, personne n'a franchement envie de savoir ce que ça fait non plus que d'avoir le ventre ouvert sur une bonne dizaine de cm, et ce sur la peau, le péritoine et l'utérus ! En ce qui concerne le fait de ne pas avoir vécu "les douleurs de l'enfantement", j'ai par contre été très vite décomplexée par une très bonne amie qui a vécu les 2 types d'accouchement, et qui m'a dit "Ma vieille, ce que tu as vécu en terme de douleurs, c'est bien pire !". Je ne suis pas là pour créer ou animer un débat voie basse vs. césarienne, mais il est important de s'affranchir de la croyance générale qu'une option attesterait de plus de force, d'endurance et de résistance de la part de la maman.

    Bon courage pour ces deuils qui peuvent être encore un peu difficiles à faire…
    Je te souhaite une belle journée !

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    • Merci beaucoup pour ton gentil message.
      J’avoue que j’en ai bavé aussi pour la césarienne, surtout pour la deuxième. Mais il parait qu’à chaque accouchement, les tranchées sont pires. Mais alors, j’ai une collègue qui a accouché par voie basse et a eu des calculs. Elle a dit que les calculs c’était pire. Moi j’ai eu des calculs, la césarienne c’était pire. Voilà mon classement de la douleur XD
      Je t’avoue que je ne comprends pas trop bien ce deuil de l’accouchement par voie basse non plus, moi qui trouve déjà les examens chez le gynéco désagréables. Je pense que c’est une espèce de tortillon de mon esprit qui se plait à rêver ce qu’il ne peut pas avoir. Bon, je crois que ce deuil là, c’est plus un petit regret.

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  13. Comme toi j’ai fait pas mal de deuils. Les grossesses tranquilles ce n’est définitivement pas pour moi. Exhiber mon ventre de femme enceinte n’a jamais fait parti de mes grossesses vu que j’étais très vite sommée de rester chez moi… Et pareil pas de filles. Je suis persuadée depuis longtemps que mon mari ne sait faire que des garçons (comme son père et comme son frère quoi…) donc ce n’était pas une surprise. Plus que me rendre triste ça m’a rendu en colère à une époque. Je me sentais incapable de ne pas avoir pu avoir des grossesses ou je courais partout. Et puis maintenant je suis tellement heureuse. Mes fils me comblent. Ce sont de vrais bébés d’amour et je n’imagine pas ma vie autrement. Il y a quelques mois j’ai fais un cauchemar. Je me réveillé 10 ans plus tôt et me rendait compte que tout ce que je pensais avoir vécu jusque là était un rêve.Je me suis réveillée au moment ou je n’arrivais plus à respirer en réalisant que je ne verrais plus mes enfants et mon mari. Et j’ai réalisée que ma vie actuelle me comblait tellement que ma plus grande peur était de ne plus l’avoir. Et mes deuils et m’a colère se sont apaisés.

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    • C’est drôle ton rêve. Ça me rappelle mon conjoint qui me raconte souvent que il ne voudrait surtout rien changé du tout s’il pouvait modifier quelque chose dans le passé, sous peine que tout ça n’ait pas lieu. J’avais vu un film comme ça aussi, où le héros voyageait dans le temps et pouvait changer les choses, sauf qu’un jour il a eu des enfants et quand il changeait quelque chose dans le passé, il n’avait plus les mêmes enfants à son retour. Dramatique.
      Moi souvent je les regarde en me disant avec cette sensation d’irréel, mais comment est-ce possible? Ils sont si chouettes (malgré leur pénis ,) )

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  14. comme tu le dis il y a une différence en ce que l’on rêve de vivre et la réalité, quelle qu’elle soit. le deuil c’est un long chemin, et on en peut pas couper par la foret… l’accouchement, l’allaitement, ce sont des actes fondateurs pour une mere, mais crois moi, tu vas vivre tellement d’autres choses fortes avec tes enfants ( et tu en vis déjà ) que tu les regarderas d’un autre œil dans quelques temps. tu n’as peut être pas pu les attraper sortant de ton ventre, mais tu peux les prendre dans tes bras tous les jours… bisous !

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    • C’est rigolo parce qu’en ce moment mon petit vient souvent se faufiler entre mes jambes quand je suis assise et ça nous fait marrer avec le papa parce que je l’attrape comme si je le sortais de mon ventre (en plus il est presque aussi gluant parce qu’il bave beaucoup à cause de ses dents).

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  15. Je crois que moi aussi j’ai un fantasme de maternité au bord de la mer 😉 Et pour moi aussi c’est fichu : 3 fausses couches, 1 utérus contractile et 1 césarienne plus tard je sais que ma (mes) prochaine grossesse sera très suivie médicalement. Je n’ai pas encore fait le deuil de l’accouchement par voie basse (d’ailleurs on m’a déjà confirmé que même après 2 césa on pouvait tenter la voie basse, c’est bizarre que tu n’aies pas eu le même son de cloche) mais je sais que j’ai quand même pas mal de chance d’avoir une deuxième césarienne.
    Je fais moi aussi partie de celles qui ont une préférence pour le sexe, mais comme j’ai eu la chance d’être exaucée du 1er coup c’est plus facile à assumer 😉

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  16. C’est un bel article, qui me parle beaucoup.
    Je n’ai encore qu’un fils (que je ne voudrais bien sûr échanger pour rien au monde) mais je sais que mon mari et moi devrons faire le deuil d’une fille si nous n’avons à terme que des garçons. Nous partagions tous les deux cette petite préférence (disons plutôt que je voulais bien avoir les deux mais que je préférais l’idée de n’avoir que des filles à l’idée de n’avoir que des garçons), au point que j’espérais avoir une fille en premier pour que nous soyons libérés de la crainte de ne jamais en avoir…
    Un autre deuil/regret partagé, celui de la césarienne. Pour ma part, j’espérais même accoucher sans péridurale… Et la preuve que les mères peuvent être vraiment masochistes, je crois bien que si je devais vivre une prochaine naissance avec une césarienne programmée, je regretterais de ne pas du tout passer par le travail (et pourtant, j’ai douillé !).

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire.
      Mon compagnon n’avait pas de préférence pour le premier, ou peut-être un garçon pour compenser ma préférence à moi (il avait très peur que je ne l’aime pas du coup, ce qui n’a rien à voir). Mais il en avais déjà plus pour le deuxième et maintenant il regrette un peu la fille (mais pas nos fils).
      Alors moi par contre je n’ai jamais compris pourquoi accoucher sans péridurale (à part par peur des piqures) . Enfin en même temps je ne sais pas ce que ça fait non plus des contractions de travail XD

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  17. Je découvre ton blog à l’instant et je me permets un première commentaire car ton billet me touche.
    Des deuils qui s’imbriquent les uns dans les autres (allaitement foiré parce que baby qui ne prend pas le sein, parce que prématurité), c’est injuste comme si le premier événement n’était pas suffisant en soi ! Et chacun est un vrai deuil à faire, oui.

    Pour autant, un certain nombre de ces renoncements trouveraient peut-être une issue dans une autre grossesse, le choix t’appartient entièrement, ainsi qu’au Papa bien sûr.

    Juste une précision de la pro de la césarienne que je suis, puisque oui, j’ai eu 4 césariennes, toutes vécues différemment entre le code rouge en extrême urgence où tu es roulée sur le chariot à toute vitesse dans les couloirs avec tout le monde qui court et que tu ne comprends pas ce qui t’arrive (j’ai mis des années à me remettre de ce traumatisme et finalement, je l’ai transformé en création d’association de soutien et d’information… autour de la césarienne 🙂 ), en passant par la voie haute sur rendez-vous avec des suites catastrophiques puisque ton bébé était trop jeune pour être sorti à ce moment-là (allaitement pas foiré, heureusement, mais c’est bien parce que c’était mon 3e) jusqu’à la dernière, une naissance magnifique de douceur et d’humanité et un vrai accouchement, par césarienne, après plusieurs heures de travail spontané où l’obstétricienne m’a demandé de pousser pour faire monter mon fils dans ses mains et qu’elle puisse l’attraper plus facilement).
    Une précision donc, il est tout à fait possible d’avoir plus de 3 césariennes, perso j’en ai eu 4, mais lors de la dernière, l’obstétricienne m’a dit que je pouvais encore en avoir 2 ou 3.

    En fait, tout dépend de chacune et de l’état de l’utérus, alors le couperet « pas plus de 3 », c’est vraiment bullshit.

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