A-t-on le droit de faire grève?

Les histoires de mouvements social, c’est bien loin de ma ligne éditoriale. Je parle ici de mon quotidien de maman, de ce qui me touche, en bien comme en mal. Force est de constater, qu’aujourd’hui, ces grèves là impactent ma vie et mes humeurs. Alors peut-être venir te raconter mon point de vue ici m’aidera un peu à relativiser. Même si j’en doute…

La question du droit de grève est simple. Je ne vais pas entrer dans un débat d’idée. Des idées j’en ai, mais c’est le cas pratique qui pèche. Je suis pour le droit de grève, bien heureusement. Mais je suis aussi pour l’adage prônant que la liberté de chacun s’arrête où commence celle de l’autre. Et là, ça merdouille un peu. Bon je comprends bien le principe, si tu boudes juste dans ton coin, y a peu de chance que tes revendications soient entendues. Il faut que tu aies quelque chose à négocier, que tu fasses trembler l’employeur en le tenant par ses couilles en or. Je veux bien jouer le jeu un peu, après tout, je suis bien contente que certain se battent pour mes droits aussi. Je veux bien jouer le jeu un peu, mais là, je me sens comme un pion qu’on sacrifie. Je t’explique. Je ne vais pas faire différemment que tout le monde. Je vais voir midi à ma porte et te parler depuis mon petit nombril. Mais bon. Quand même.

Le 22 mars, la maîtresse est en grève. A la réunion de rentrée, elle nous a prévenu « je suis syndiquée et quand il y a un mouvement, je participe« . Au départ, l’école avait annoncé le maintien du service périscolaire « dans la mesure du possible« . Le lendemain, la cantine annonçait déjà un repas froid (pour la troisième fois de l’année…). Le jour d’après la maîtresse était gréviste, le périscolaire du matin et la cantine annulé. Et puis finalement, toute l’école sera fermée. La ville assure un service minimum d’accueil où tu dois fournir le repas de ton écolier ainsi que de quoi l’occuper (crayon, feuille, livres…). A la réunion de rentrée, la maitresse nous a prévenu  » la ville assure un service d’accueil minimum mais il font tout pour que personne ne vienne« . Bref, j’ai pris congé. Pour la troisième fois (voire la quatrième) de l’année pour cette raison-là. Ce n’est pas comme si c’était pas déjà compliqué de devoir gérer tout le reste. Mais soit, on peut s’arranger. J’aurai bien pu aussi décider de faire grève ce jour-là. Mais bon, quand on fait grève, on n’est pas payé. Mais nous, avec deux enfants à charge, un temps partiel, un chat malade, deux loyers et des allers retours entre le sud et l’est, je ne peux pas vraiment me permettre de louper un jour de paye.

Mais je crois que tout ça je l’aurai mieux digéré si à ce moment là, je n’avais pas appris que la SNCF avait décidé de faire gréve deux jours sur cinq pendant trois mois. Parce que moi vois-tu, je vais au travail en train. Et je n’ai pas d’autre moyen de transport. Trois jours par semaine. Et Papa Breizh vois-tu, il revient de son travail dans le Sud en train. Deux ou trois weekends par mois. Il est vrai qu’aux dires des médias, ce mouvement social allait être bien emmerdant pour les gens qui partent en vacances et qui font les ponts. D’ailleurs, quand j’ai demandé congé le 22mars à mon chef, je l’ai aussi informé des soucis de transport à venir et de l’impossibilité dans laquelle je me trouvais (peut-être) de venir travailler. Lui s’est tout de suite inquiété de ne pas pouvoir partir en vacances… ouf, ça tombait sur des jours on. Nous aussi ça a modifié nos plans. On a dû avorter notre weekend pascal pour retour anticipé « désolée, on se verra à Noël!« . Mais bon, ça encore j’aurai pu l’encaisser. Puis j’ai dû modifier la semaine suivante. Je travaille les lundi, mardi et jeudi. Le lundi est férié et le mardi 3 avril est le début du mouvement (autant dire qu’il risque d’être suivi). J’ai donc décalé ma journée de travail au vendredi. Ce qui impliquait donc de déplacer des rendez-vous pris depuis longtemps, mais bon. C’est pas hyper pratique vu que l’après-midi le service où je suis employée est fermé normalement. Cela impliquait aussi de faire garder Malo plus longtemps et d’envoyer Petit Putois à la cantine. En gros, un coût de dix euros supplémentaire. Ah oui, pas de suivi orthophonique non plus du coup puisque c’est le vendredi, mais bon, c’est pas comme si la dame voulait qu’on se voit plus souvent. Bon, et maintenant prenons la semaine suivante, ah le lundi 9 c’est grève, bon, on va retravailler le vendredi alors…ah ben non c’est grève…le mercredi alors? Ben non, vu que je n’ai aucun mode de garde pour mon aîné ce jour là. Bon ben encore un jour de congé alors. Comme ça, le jour où mes enfants seront en vacances, je n’aurai plus de solde et serai obligée de payer des frais de garde supplémentaires. Ah là là, elle commence à me coûter des sous cette grève! Si elle ne finit pas par me coûter mon travail…

J’entends déjà certains évoquer le service minimum. Il est vrai que chaque veille d’arrêt de travail, la société ferroviaire s’engage à donner une liste des trains circulant à 17heures. Ce qui me pose deux soucis puisque d’une part je n’ai aucune marge de manœuvre par rapport aux horaires de la crèche et du périscolaire (bon, je pourrais peut être arriver un peu plus tard au travail et rattraper…euh…quand la grève sera finie?) et qu’il est compliqué pour moi de gérer mon planning la veille au soir. D’ailleurs, tiens, pour le 22 mars, la SNCF a suivi le mouvement et le train que je prends est fortement impacté (heureusement que j’ai posé congé, merci la maitresse). Donc le dernier train à partir le matin démarre à 7h50 sachant que la crèche et la garderie ouvrent à 7h45… et le premier train qui revient arrive vers 18h15 sachant que la crèche ferme à 17h45 (et que je suis à une grosse demi heure de la gare). Bref, le service minimum est incompatible avec mes contraintes horaires. Dans cette histoire, je ne vous parle même pas de Papa Breizh qui ne pourra pas rentrer souvent, ou alors que des petits bouts de weekend, à 150 euros l’aller-retour ça vaut la peine…attendez, je viens de lire que le jour de grève courait de la veille 20 heures au lendemain 8 heures, oubliez, on ne se verra pas jusqu’en juin.

Donc oui, dans cette histoire de grève, je suis contre la grève. Je n’ai pas d’autres choix que de payer des frais de gardes, ou poser des jours (pour plus tard pendant les congés scolaires repayer des frais) alors que je suis loin de rouler sur l’or. Et je trouve ça dégueulasse. Bien sûr, je ne vois ça que depuis mon nombril. Mais je ne crois pas cette manière de faire soit très démocratique. Je ne pense pas que reprocher au pouvoir publique de taper sur la classe moyenne en prenant en otage cette même classe moyenne soit très juste. Je n’ai pas vraiment de conclusion à tout ça. Juste une grosse colère. Et une sensation de panique quant aux semaines à venir.

Publicités

56 réflexions sur “A-t-on le droit de faire grève?

  1. je te comprends bien ! moi aussi je suis pour le droit de grève, mais là, c’est trop. ils défendent leurs avantages : ils perdraient leur prime car ils travaillent le week end. hier soir sur France 2, reportage sur un conducteur de tgv en fin de carrière, il bosse presque tous les weeks ends, donc pas trop de vie sociale. mais il est à 3000 euros par mois. et mon mari me dit : et les policiers, les infirmières ? ils bossent aussi le week end, et ils n’ont pas 3000 euros par mois !!! ils en sont même très loin ! donc bon, faudrait peut etre relativiser…. la grève de 95, je travaillais depuis un an. j’allais à paris en train et en bus. j’ai fait 3 semaines de voiture, 6 heures de bouchons par jour. sans compter l’essence….. je n’avais pas d’enfants a l’époque… courage à toi…

    Aimé par 1 personne

    • Après je ne connais pas leur revendications qui sont peut-être légitimes. C’est juste la manière de faire que je trouve infecte.
      J’ai du mal à m’apitoyer sur le travail du weekend, on le sait, ça fait partie du jeu. Je crois qu’il y a un fantasme que les autres bossent du lundi au vendredi, de 9h à 17h et que tout le monde fait les courses le samedi….attends, si tout le monde fait ses courses, c’est que les commerçants sont ouverts ! Autour de moi j’ai beaucoup de soignants, donc horaires décalés, travail de weekend et de nuits, réquisition pendant les grèves. Au niveau familial, Beaucoup sont dans la restauration et bossent soir et weekend. Alors l’argument de la vie sociale quand on a pas de weekend….

      Aimé par 1 personne

    • Bonjour, je comprends votre ressenti, mais les infirmières se mobilisent régulièrement elles aussi, tout comme les aide-soignantes, ainsi que le montre le mouvement récent des EHPAD ! Il n’y a pas de hiérarchie à faire, tous ces combats sont liés et sont solidaires entre eux. C’est risqué de réfléchir comme ça, car on trouvera toujours des gens qui bossent davantage et pour moins… Le but n’est pas d’aller vers un nivellement par le bas mais de dénoncer l’ensemble de ces situations de mon point de vue. (On peut donc se demander : que faire pour les infirmières et les policiers ? Ca n’améliorera pas leurs conditions que les cheminots renoncent, eux à se défendre…)

      Aimé par 2 personnes

      • Il n’est pas non plus question de renoncer à certains privilèges qu’on peut tous avoir sous prétexte que les autres ne les ont pas. Quand je parle des soignants par exemple, certains y trouvent leur compte car justement le fait de travailler le weekend ou les jours fériés leur vaut des primes ce qui est justifié. Mais peu importe au fond. On comprend tous que tout le monde ne peut pas se reposer en même temps. On ne va pas dire, oh le pauvre docteur des urgences, il travaille le dimanche, bon ben on va fermer les urgences alors. Ça n’empêche pas que ce soit pénible, que je ne voudrait pas travailler les jours fériés et tout ça. Mais ça fait parfois partie des contraintes. Mais ça ne veut pas dire non plus que je pense que tout le monde doit travailler pour rien tout le temps. Il y a une juste mesure et il faut aussi remettre les choses à leur place.

        Aimé par 1 personne

  2. C’est vrai que lorsqu’il y a une grève, c’est une sorte de prise d’otage envers les usagers qui se fait et non envers le gouvernement directement. Je suis pour le droit de grève mais il est vrai que c’est toujours les usagers qui en prennent plein la figure. Pour ton cas, as-tu une possibilité de voir pour du co-voiturage avec des sites comme Blablacar?, j’ai vu que certains employeurs étaient prêts à faire appel à ces sites pour que leurs salariés puissent venir travailler. Pour les écoles, je peux comprendre que les instituteurs souhaitent défendre leurs droits mais là aussi, c’est une sorte de prise d’otage et après on va se plaindre que les enfants sont de plus en plus médiocres dans certaines matières et à voir le résultat, ça ne m’étonne plus que beaucoup de parents si ils peuvent bien entendu se le permettre envoient leurs enfants en école privée. Bref, je comprends ton désarroi face à cette grève, et je te souhaite bon courage.

    J'aime

    • Oui c’est ça qui est dur à digérer, le fait que finalement certes l’entreprise ou le gouvernement perd peut-être dans l’affaire mais moi aussi je me retrouve embarquée contre mon gré à soutenir malgré moi des revendications que je ne cautionne peut-être pas (ou peut-être j’en sais rien de la légitimité). Et là l’impact est sur ma vie de famille et ma vie professionnelle. Si je ne peux pas aller au boulot et que je perds mon boulot, qui va faire grève pour moi?
      J’irai surement voir le covoiturage mais avec mes horaires particuliers j’ai un peu peur. Sans parler du coût.

      Aimé par 1 personne

      • Effectivement, si tu as des horaires particuliers, le covoiturage n’est peut-être pas forcément une solution. Je sais que dans certaines sociétés, il y a des propositions de covoiturage qui se font (mon beau-frère le fait avec ses collègues) mais encore faut-il avoir du monde qui soit dans le même coin et qui a les mêmes horaires.

        Aimé par 1 personne

    • Bonjour, sur le terme de prise d’otages, c’est quand-même un mot très violent par rapport à ce qui se passe réellement… j’ai posté en bas du fil de commentaire la BD d’Emma sur le sujet … il y a aussi cette très bonne vidéo qui examine un peu l’usage du terme si cela t’intéresse : https://www.youtube.com/watch?v=E4kpR8NLFXQ

      Que proposez vous d’autre pour les personnes qui veulent défendre non seulement leurs droits mais aussi ceux des autres (car souvent ça va au delà de son cas particulier) ?

      Par ailleurs, si les enfants échouent parfois à l’école, la responsabilité n’est-elle pas avant tout dans le manque de moyens attribué à l’éducation, c’est à dire justement ce contre quoi se battent les grévistes…?

      Aimé par 1 personne

      • Pourtant c’est un terme qui a déjà été utilisé par les médias?. Je ne fais que le reprendre. Je comprends très bien la grogne actuelle qui en découle de ces grèves, moi-même je travaille dans une entreprise qui subit ce que le gouvernement impose à travers ses lois (pour ma part ça concerne la loi ELAN) mais je ne fais pas grève car ma société et d’autres entreprises du secteur proposent des alternatives au gouvernement pour tenter de faire moins de dégâts possibles. Je n’ai malheureusement pas d’alternatives à faire pour faire barrage aux lois du gouvernement mais aujourd’hui c’est la population en général qui subit ces grèves et qui est pénalisé. Pour l’éducation nationale, je sais très bien aussi que c’est une histoire de restriction budgétaire qui pousse les profs à faire grève (j’ai des amis qui sont dans l’éducation nationale et je sais qu’ils sont payés au lance-pierre!) et je comprends leur grogne mais là encore ça pénalise et ici aussi je n’ai pas de solution à soumettre.

        J'aime

      • Oui le terme est utilisé dans les médias et… c’est un problème de mon point de vue. Tout ce qui se dit dans « les médias » n’est pas forcément neutre ni positif, ça dépend des médias, de leur ligne politique, etc. C’est justement le propos des contenus que j’ai partagé dans le fil de commentaires 🙂 Bref ce n’est pas parce qu’on a entendu quelque chose à la télé ou dans un autre média que c’est forcément ok (et ce n’est pas forcément un mal non plus, mais il faut garder notre esprit critique disons). Je comprends en tout cas ton ressenti, mais si il n’y a pas d’autre solution à soumettre et qu’on est quand-même assez gêné pour vouloir la fin de la grève, la seule issue c’est d’accepter ces réformes, la casse du droit du travail, les restrictions budgétaires etc. Est-ce que c’est ça qu’on veut ? C’est quand même la vraie question… C’est un choix pas drôle du tout, je comprends bien, mais aujourd’hui malheureusement je crois que c’est un peu ça : soit être solidaire et prendre son mal en patience mais en faire un peu les frais, soit se dire roh tant pis on verra bien ce qui se passe avec ces réformes… mais après ce sera beaucoup plus dur de faire marche arrière

        Aimé par 1 personne

      • C’est vrai que le terme est fort et a une sonorité particulière quand il est utilisé par les médias. Pourtant, dans mon cas, c’est vraiment le ressenti que j’ai. D’être embarqué de force dans une bataille qui n’est pas la mienne de force et n’être qu’un objet de chantage. Et quels est mon recours à moi? Une contre grève?

        Aimé par 1 personne

      • Oui je peux bien comprendre ça… Mais on peut aussi se demander si réellement, cette bataille n’est pas du tout la notre. Dans la BD qu’a écrite Emma, elle souligne que les cheminots sont souvent très actifs dans l’ensemble des mouvements sociaux, y compris au delà de leur statut à eux, et que le fait de s’y attaquer est aussi la première étape pour mettre tout le monde au pas. C’est un système de grignotage : le gouvernement remporte d’abord une bataille, puis il va dire hé ho pas de raison que ce soit différent pour les autres, etc… Quand un secteur est menacé, les autres suivent rapidement (quand ils ne sont pas déjà passés à la casserole). Donc pour moi, c’est notre bataille à tous, en fait. On sera tous perdants s’ils perdent. C’est un peu ce que voulait dire Besancenot la dernière fois sur ce plateau télé je crois : si on n’estime que ce n’est pas notre bataille, quand on sera directement menacés, les autres penseront pareil. Et finalement, on se retrouve toujours seuls dans nos luttes

        Aimé par 1 personne

      • Tu vois, ce discours me gène aussi. Car je trouve très stéréotypé cette idée que « je ne me bats pas que pour moi mais pour les autres aussi car ça pourrait vous arriver ». Ah oui, forcément, c’est sur, si on est dans le caca, on voudrait être défendu aussi. Bon ben on va être solidaire alors. Je caricature un peu mais niveau rouage c’est le genre de mécanismes de communication que ça m’évoque. Avec cette idée qu’en plus c’est généreux. Moui. Mais si je suis d’accord avec le gouvernement moi? Et si je n’ai pas envie de parler de lutte ou de bataille mais d’être dans le dialogue?
        Et effectivement les cheminots sont actifs dans les autres mouvements, il n’y a qu’à voir leur mobilisation pour aujourd’hui. Je conçois que c’est un poids important dans certaines négociations.

        J'aime

      • C’est peut-être stéréotypé, mais c’est la réalité de la lutte de beaucoup de personnes aujourd’hui 🙂 Et c’est littéralement le sens du mot solidarité en fait. On se protège soi, on protège les autres. Ce n’est pas juste des paroles en l’air, ça fonctionne comme ça si on regarde le type de loi qui est passé et dans quels objectifs. Ensuite si la question c’est qu’on préfère le dialogue, j’aurais tendance à dire : quel dialogue il peut vraiment y avoir quand on a un gouvernement qui a clairement le rapport de force de son côté, et qui maitrise à fond l’art du faux « dialogue social » pour nous la mettre à l’envers..? Il faut aussi tirer les leçons de toutes les décennies passées, si les syndicats sont dans cette démarche ce n’est pas pour le plaisir de perdre des journées de salaire, c’est parce qu’on a constaté que le dialogue n’est pas possible quand on a des intérêts aussi opposés. Par contre c’est une stratégie aussi de la part des gouvernements de se présenter comme étant les défenseurs du dialogue et de la modération VS les grévistes bourrins qui ne veulent pas discuter… Tiens d’ailleurs, dans la même série de vidéos que celle sur les preneurs d’otage, il y en a une sur la question du « dialogue » (décidément très bien cette chaîne^^!) : https://www.youtube.com/watch?v=KXVu-5qTW6I&list=PL1CxKW7vr3VV1WueM9GgZM49A4jQGQ5AJ&index=5

        J'aime

  3. Je ne sais quoi te dire à part Bon Courage.
    Je pense que c’est aussi une des raisons pour laquelle, avec mon mari nous n’avons jamais voulu travailler ou habiter en région parisienne alors que ça aurait été tellement plus simple au début.
    Je suis pour le droit de grève, je comprends que ça ne leur fasse pas plaisir de perdre des avantages, mais il faut prendre aussi en compte la situation générale. Et je ne pense pas que ce soit les plus à plaindre. Alors c’est sûr qu’en voyant les choses de cette manière, ça ne tire pas vers le haut, mais il y a aussi une réalité sociale, il me semble.
    Enfin, de nouveau bon courage !

    J'aime

    • Ah mais je vis en province, mais c’est vrai que côté transport en commun, je me la joue un peu parisienne avec mes presque trois heures par jour (ça ne serait pas beaucoup mieux en voiture, il y a beaucoup de bouchons sur mon trajet, mais de toute façon je ne roule pas).
      Je ne suis pas non plus pour niveler les choses par le bas, c’est pas parce que les autres n’ont pas d’avantage qu’on doit accepter de perdre les siens (tiens regarde, je vis dans l’est où on a deux ou trois jours férié en plus). Néanmoins je suis en colère d’être embarqué de force dans ce mouvement. Je veux bien être solidaire mais la solidarité forcé, c’est plus vraiment de la solidarité. Je suis juste (moi et les autre usager) un moyen de pression, une monnaie d’usage dans l’affaire et peu importe ce que ça me coûte.

      Aimé par 1 personne

  4. Aujourd’hui je fais grève… Oui. Désolé je fais parti des emmerdeurs qui râlent alors que quand même, hein? c’est quand même sacrément des privilégiés les profs, non?!…
    Bah non!

    Et je vais te dire pourquoi.

    – Je travail dans des conditions difficiles (si si) des bâtiments vétustes dont les fenêtres ne ferment parfois plus avec un chauffage capricieux et du matériel informatique dépassé (au bas mot).
    – Mes usagers (soit ici mes élèves mais c’est pareil pour les patients de l’hôpital, par exemple) sont de plus en plus difficile à gérer. Incivilité, insultes voir violence sont monnaies courantes (en lycée pro comme ailleurs, administration, transport, hôpital). Je ne compte plus le nombre de rapports d’incidents que nous devons faire chaque année.
    – On privilégie la quantité à la qualité. Toujours plus d’élèves par classe pour moins de profs (mais là encore c’est pareil dans tous les corps de métiers de la fonction publique. On a de plus en plus de mission pour moins en moins de personnel)
    – On nous abandonne à notre sort. Parce que finalement les conditions de travail tout le monde s’en fout du moment qu’on est présent. Je m’explique. Ca fait 5 ans que je demande à être inspectée et je ne l’ai jamais été. Jamais personne (je dis bien personne!) n’est allé vérifié si je faisais bien mon travail. Et moi, qui suis maman, ça m’inquiète qu’il n’y ait pas de garant de la qualité de l’enseignement de mes enfants. Après mes demandes insistantes on m’a annoncé que je serai inspectée deux fois seulement dans ma carrière (soit 35 ans de travail en moyenne). Ca coûte trop cher il paraît…
    – Avec un bac plus 5 je gagne presque 4000 euros de moins que le salaire moyen d’un cadre en France. Allez, je te dis tout : je gagne 1750 euros par mois.
    – On veut tout privatiser pour que cela coûte moins cher. Et là, désolée mais je vois pas où est la logique. Quand on fait appelle à une entreprise ça coûte toujours plus cher que si l’on fait soit même. Forcément! L’entreprise doit faire des bénéfices pour elle-même, payer c’est charge etc. Et puis on voit bien comment ça se passe dans les partenariat publique/privé, hein?!
    Bref. Depuis que je suis rentrée dans la fonction publique parc conviction (je gagnait plus avant dans le privé) il y a 6 ans je vois les conditions se dégrader et ma foi et celle de mes collègues se flétrir chaque fois un peu plus.

    Alors oui. Faire grève ça ne sert peut-être à rien. C’est chiant pour tout le monde (nous même y compris puisque nous ne sommes pas payé, je le rappelle et que l’on ne roule pas sur l’or en général). Mais si on ne fait rien, qu’on ne dit rien, il est sûr que la situation continuera d’empirer pour nous, bien sûr, mais aussi pour toutes les personnes qui utilisent le service publique.

    Enseignement, administration, santé, sécurité…

    Et euh… Désolée pour le pavé…
    Sache que je comprend ton énervement, mais je voulais juste remettre dans le contexte.

    des bisous
    … Tiens… Je crois que je vais faire de ce commentaire un article…^^

    Aimé par 1 personne

    • Je suis bien contente que tu sois venue faire un pavé ici. (Et effectivement, il y aurait de la cohérence à en faire un article). Ça veut dire que tu te sens aussi le droit de t’exprimer et que j’ai pas l’air de (trop ) dire, les gréviste tous des cons! D’ailleurs, encore une fois, je ne remets pas en cause les revendications mais la manière de faire. Que tu choisisses de faire grève et de perdre une partie de ton salaire, c’est ton choix. Mais moi dans l’histoire, je n’ai pas choisi.
      Mais au delà de la grève d’aujourd’hui, c’est surtout celle des trois mois à venir que je trouve dégueulasse.
      Maintenant pour celle d’aujourd’hui, comme je l’ai sous entendu plus haut, je suis aussi parfois bien contente que certains fassent grève pour moi . Je travaille dans la fonction publique hospitalière, surement pas la mieux lotie non plus. J’ai été très très longtemps contractuelle à durée déterminée(plus que la loi ne l’autorise d’ailleurs…)et effectivement la précarité pour cause de coupe budgétaire, c’est un peu facile comme excuse. Je pense qu’on ne gère pas un hôpital (mais une école non plus) comme un supermarché en s’attendant à faire du chiffre. Je pense également que la privatisation est un leurre. Tu vois, je ne râle pas pour râler « les fonctionnaires ne foutent rien » et « à la sncf ils sont tout le temps en vacances ». Je me représente un peu le contexte derrière. Mais j’expose aussi mon contexte derrière et si les gréviste sont certainement légitimes dans leur plainte, je m’estime également légitime dans la mienne.

      Aimé par 1 personne

      • Je sais que tu n’es pas comme ça, et malheureusement ce n’est pas le cas de tout le monde. Le problème de la fonction publique est que nous occupons des postes essentiels à la bonne marche de la société et que si on s’arrête de bosser pour faire grève ça bloque tout le monde. Si j’étais coiffeuse tout le monde se foutrait royalement que je m’arrête de bosser pour montrer mon mécontentement…

        J'aime

      • Oui mais tu pourrais très bien en tant que coiffeuse, lancer une mode de coiffure moche, et faire chier esthétiquement tout le monde. Je pense que le retour de la coupe mulet venait de là!
        Mais c’est bien parce que ça embête plein de monde que les mouvements sociaux ont du poids aussi, c’est le jeu.

        Aimé par 1 personne

  5. Je ne savais pas bien où laisser mon pavé du coup mais j’ai lu vos deux articles. Et je fais aussi partie des gens qui regrettent cette grève…
    Je vis en Allemagne alors elle ne me touchera pas mais je la regrette pour plein de raisons. La première c’est que je pense qu’il y a d’autres moyens d’action. Les allemands font la grève aussi, parfois, c’est vrai, mais la culture n’y est pas, les syndicats sont beaucoup plus dans la négociation. Et pour avoir travaillé dans la fonction publique des deux pays et assisté à des négociations dans les deux aussi, la différence m’a vraiment frappée. Bref, je pense que les syndicats français devraient se réformer et que leur lutte serait peut-être plus efficace ainsi.
    La seconde, qui se recoupe, c’est qu’à force de faire grève, on en oublie le sens. Toutes les améliorations que tu attends Moi pas poule me semblent sincèrement légitimes. Sauf que ce que va en retenir l’opinion, celle que les politiques guettent vraiment : rien, ou plutôt comme maman nouille : « Tiens, ils font encore grève ». Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment utile pour voir un jour ces attentes se réaliser.
    Enfin concernant les cheminots, là, leur attente fait à mon sens débat. Si j’ai bien compris (je ne suis peut-être pas à la pointe de l’actualité ici) ils font grève pour que leur statut particulier notamment au niveau des retraites soit maintenu pour les nouvelles embauches. Est-ce qu’on a le droit de se demander si c’est légitime ? Moi je me demande…

    Aimé par 3 personnes

    • La difficulté quand-même c’est que la grève est légale et on court moins de risques d’avoir des sanctions en l’utilisant… les autres moyens, quels seraient-ils ? Certains suggèrent des actions inverses de type « trains gratuits », mais là ça expose les travailleurs à des sanctions légales, c’est bien le casse-tête. Et notons qu’en Allemagne, les droits sociaux ne sont pas complètement les mêmes, tout de même… Le fameux taux de chômage plus bas, si mes souvenirs sont bons, était en partie expliqué par le nombre de personnes qui travaillaient pour moins de 600 euros grâce aux « minijob » par exemple, je ne sais pas si j’ai envie de m’aligner là dessus

      J'aime

    • Disons que c’est une méthode efficace car il y a un moyen de pression, ça peut paralyser une économie. En attendant, c’est moi qui suis paralysé. Je ne sais pas si c’est le bon moyen de faire, c’est peut-être efficace, ça ne veut pas dire que c’est propre.
      Ça me désole aussi mais je crois que c’est une réalité.Pour avoir eu affaire à ma hiérarchie avec ou sans syndicat, j’ai clairement vu la différence. Mais je trouve ça dommage qu’on ne puisse pas faire respecter nos droits sans être dans la menace. Le rapport de force. Faudrait peut-être leur parler de bienveillance 😉

      J'aime

  6. Je crois qu’il y a plusieurs questions qui se posent, et notamment celle-ci : les travailleurs de la sncf ont-ils d’autres choix que celui-ci pour se faire entendre ? S’ils en ont d’autres, ça peut être mis sur le tapis, s’ils n’en ont pas d’autres, on peut difficilement leur reprocher… Et notre colère devrait plutôt se tourner vers les responsables de cette situation. Car clairement, le meilleur moyen de briser les mouvements sociaux, c’est de compter sur la colère des usagers. Bref, de nous diviser. La seconde question serait peut être celle-là : comment serait-il possible, dans le même temps, d’alléger un peu la pénibilité pour les usagers… C’est des discussions importantes à avoir, mais je crois qu’on ne peut pas se contenter de dire qu’on préfèrerait que des gens ne fassent pas grève, même si sur le moment ça nous embête énormément. Parce que si des lignes sont finalement supprimées, que les trains passent moins etc par souci de rentabilité, ça nous embêtera bien aussi… Rien de tout ça n’est évident à titre personnel, c’est clair. On a besoin de beaucoup de solidarité pour arriver à surpasser ce que ça représente pour nous individuellement, mais il y a aussi sûrement besoin de plus d’espaces pour que les usagers et les cheminots puissent échanger, des lieux qui servent à ça, une organisation commune pour aider à la garde des enfants dans certains cas, etc

    J'aime

    • Je comprends tes arguments mais vois-tu, tu me parle ‘politique’ et je te réponds ‘pratique’. Ma réalité est là et prime sur les idées ou les convictions.
      Je ne nie pas la légitimité des revendications, je ne me pose même pas la question d’être ok ou pas, et c’est bien là le souci. Personne ne me la pose non plus? Personne ne me demande si j’ai envie d’être solidaire. Je suis peut-être d’accord pour les réformes politiques à vrai dire ou peut-être que je m’en fiche. En tout cas, moi je n’ai pas le choix.
      Tu vois, quand tu parles du gouvernement, je pense que la question de savoir si c’est papa ou maman qui a tort, je m’en fiche un peu. Ce sont les enfants qui trinquent. (Ne me demande pas si la SNCF est la mère ou le père, je fais ce que je peux en matière de métaphore XD)
      Quant à la BD, je l’avais lue et j’en avais conclue « et alors? ». Je crois que sur ce coup là, ils n’auront pas ma solidarité (ce qui ne change rien à l’affaire).
      Mais je sais bien que je parle de ma position égocentrée, ça vaut ce que ça vaut. Mais je ne suis pas d’accord avec cette grève.

      J'aime

      • Encore une fois, humainement, je comprends parfaitement… Mais c’est le propre de la politique de devoir dépasser les enjeux individuels. Je ne peux qu’être désolée pour toi et espérer que ça va vite passer. Aucune des alternatives n’est réjouissante, si ce ne sont pas des emmerdements à court terme, ce sera peut être pire sur le long terme… mais évidemment d’un point de vue pratique c’est difficile de se dire ça au quotidien. En gros je saisis parfaitement que sur le coup tu t’en fiches, mais je pense que les grévistes sont un peu condamnés à passer au delà de ça. La situation à laquelle on est arrivée nous conduit à ça… Faire des choix qu’on a pas envie de faire. (au delà de ça, je pense qu’avoir un prisme politique soulage aussi en partie, un peu, les difficultés d’ordre personnel dans le sens où on peut les replacer dans un système plus large, leur donner un sens. Oui bon c’est facile à dire tu me diras… Mais c’est ce qui fait que des personnes qui vont galérer autant que toi vont quand-même se mobiliser, parce qu’elles ont trouvé un truc pour aller au delà de leurs soucis pratiques, une sorte d’horizon). Peut être qu’on finira par trouver des alternatives pour faire chier uniquement les propriétaires des entreprises et la direction de la SNCF… moi je serais assez favorable à l’occupation de tous les bâtiments, ou au fameux « trains gratutis », mais c’est un peu un cercle vicieux parce que pour faire ça il faudrait être assez nombreux

        Aimé par 1 personne

  7. A Marseille, avoir son enfant scolarisé dans le privé c’est le saint Graal. Finies les grèves perlées des cantinières, des instits, et adieu les TAP. Une fois le changement fait, on revit, et on pose congés pour de vrais congés.

    J'aime

    • Le publique me va bien aussi, moi qui y est fait tout mon parcours. Apres c’est vrai que dans l’est, on a peu de privé, donc ça donne une vision un peu élitiste de la chose. Mais dans l’ouest, il y a presque autant de l’un que de l’autre et mon compagnon a fait une grande partie de sa scolarité dans le privé, c’est la norme.

      J'aime

  8. Ouh la la le sujet polémique 😉
    Je ne suis pas particulièrement touchée (pas du tout en fait) par cette grève, c’est l’avantage d’habiter près d’une ligne SNCF tellement vétuste que de toute façon même quand il n’y a pas grève c’est le bazar : en train j’aurais minimum 3h de transport par jour s’il n’y a aucun souci sur la ligne (hahaha), en voiture même les pires jours en terme de circulation je mets maximum 2h.
    Bref il n’empêche que je comprends ta colère et que je la trouve légitime. D’abord parce que dans ce cas précis, il me semble que les cheminots font grève pour eux, (enfin pour que les futurs cheminots aient les même droits que les cheminots actuels). Parce que si on y réfléchit bien, si tout le monde avait le même système de retraite, ça n’est pas ça qui serait le plus juste pour tous ?
    Je veux bien entendre que souvent les grèves sont pour le bien du plus grand nombre ou de ceux qui en ont le plus besoin mais je m’interroge tout de même.
    Après il y a la question du droit de grève. Je pense que pour la majorité des travailleurs du privé, ce droit n’en est pas un. Je sais déjà que le jour où je déciderai de faire grève, mon patron m’attendra gentiment avec une rupture « amiable » à mon retour ! Alors non, je ne crois pas que j’ai réellement un droit de grève, et je ne pense pas être la seule.
    Bon, peut être qu’alors je devrais être contente que d’autres fassent grève pour moi ? Oui, sauf que je n’ai pas vraiment l’impression que leurs revendications me concernent la plupart du temps ! Ce que je vois surtout c’est que ma retraite à moi je n’y compte pas trop, parce que le système est à bout de souffle. Alors bon, ma solidarité à ses limites…
    Enfin, je suis aussi un peu choquée quand une grève est en quelque sorte « préventive ». On n’a pas encore discuté, on ne sait pas encore ce qui sera décidé, mais on fait grève… Je ne peux pas m’empêcher de penser que le terme d’otage n’est pas si mal choisi en fin de compte. Surtout quand la réforme a été annoncée et validée par les urnes…

    Je te souhaite plein de courage pour les semaines à venir, j’espère que tu trouveras des solutions pas trop couteuses, ni en temps ni en euros ! ❤

    Aimé par 1 personne

    • Oh merci pour ton gentil commentaire. Dans certains j’ai l’impression de passer pour une égoïste d’extrême droite ou je ne sais quoi, alors ça me fait du bien d’avoir été comprise.
      Je ne voulais pas forcément entrer dans la polémique mais juste parler de ma situation, du cas pratique et pas de la théorie. Mais c’est peut-être un filon, je vois déjà le titre de mes prochains articles « Les mères qui donnent le biberon, des coincées du téton? » , « Redonner la fessé pour remettre un peu d’ordre dans la société, fausse bonne idée »? Sein ou biberon et méthode éducative, les deux sujets les plus polémiques de la blogosphère parentale! (Alors qu’entre nous, on nourrit son enfant comme on veut, et on l’éduque comme on peut)

      J'aime

  9. Moi aussi je suis complètement d’accord avec toi. La grève est un droit OK, mais en France on est les champions pour y recourir pour un oui ou pour un non, sachant que dans tous les cas, ça aboutit rarement dans les négociations!

    J'aime

  10. Aie, ma pauvre, je compatis …
    J’avoue que du fond de ma campagne (le train? Quel train? Ah oui, c’est vrai, nous on n’a même pas le droit d’avoir des trains même hors grève 😥) et avec ma situation « privilégiée » de mère au foyer, ben leur grève, je la regarde de loin, je n’en connais ni le tenant, ni les aboutissants (j’ai pas encore lu l’article de journal du jour) … je ne sais même pas si les coup des 2 jours tous les 5 jours vaut aussi pour les profs ? 😅
    Mais je comprends ta grogne et ton désarroi … tu ne peux pas demander à des connaissances un coup de main? Moi, je serai prête à prendre d’autres enfants chez moi, mais je ne connais finalement pas encore trop les autres parents … (envoies moi tes zouaves, on fera de la garde partagée avec tes beaux-parents 😉)

    J'aime

    • Le souci , c’est que je fonctionne au quotidien en flux tendu et que je n’ai très peu de marge de manœuvre. C’est vrai que pendant l’absence , ponctuelle, de Papa Breizh, je fais comme je peux. Nous n’avons pas de famille sur place et nos amis proches, ne sont pas (ou plus) dans le coin.Après je trouve ça difficile de confier mes enfants, c’est pas forcément évident de s’occuper d’un bébé de un an qu’on connait peu.
      Mais effectivement, si je pouvais t’envoyer mes enfants, ça m’aiderait peut être. En plus l’air marin leur ferait du bien eux qui sont tout le temps la goutte au nez (je sais que tu n’es pas au bord de la mer, mais tu es bien plus proche que moi). Et puis qu’est ce que ça change, deux ou quatre enfants XD

      Aimé par 1 personne

  11. Bonjour,
    Je découvre ce blog via hellocoton aujourd’hui. Je compatis pour tous les désagréments que semble poser l’annulation des trains et de l’école pendant la grève. C’est sûr que quand le quotidien est déjà minuté, c’est difficile de s’adapter à des modifications imprévues.
    En lisant les commentaires, j’ai l’impression que la grève des cheminots ne concerne que la défense de leur statut. Je voudrais ajouter qu’elle concerne aussi la défense du service public de transport. Par exemple, as-tu regardé si ta ligne habituelle fait partie des 9000km de voie qu’il est prévu de fermer définitivement? Il s’agit aussi de maintenir la sécurité des trajets en train, qui risque bien de se dégrader si la SNCF est privatisée, comme c’est le cas en Grande Bretagne, sans parler de l’augmentation du prix des billets qu’engendrerait une ouverture à la concurrence. Pour plus de détail, cet article explique ça mieux que moi : http://www.politicoboy.fr/emmanuel-macron/reforme-sncf-un-cas-decole/
    Je trouve que ça remet en question l’image des cheminots qui défendraient jalousement leurs petits privilèges et ça aide à se sentir concerné.e.
    Et c’est la même chose pour les personnels de l’éducation nationale qui défendent la qualité de l’enseignement, et ceux de la fonctions publique hospitalière qui défendent la qualité de la prise en charge des patients, et pas seulement leurs salaires et statuts.
    Bien sûr, ça n’aide pas à organiser le quotidien en période de grève. Peut-être que la solidarité au niveau local peut participer, comme l’entraide entre parents de l’école, etc.
    Bon courage à toi, et merci d’ouvrir la discussion sur le sujet.

    J'aime

    • Merci de ton commentaire et des éclairages que tu apportes.
      Je n’ai pas parler effectivement des raisons de la grève puisque mon propos était simplement d’apporter mon témoignage quand à l’impact qu’elle pouvait avoir.
      Mais je te remercie surtout de la manière douce est modérée de ton propos qui vise à enrichir le débat plutôt qu’à juger mes éventuelles valeurs (puisque je râle contre les conséquences de la grève, c’est surement que je suis contre les revendications). Merci pour ça.

      J'aime

  12. J’ai lu d’abord l’article de « Moi pas poule » et je ne peux qu’approuver ses raisons de faire grève… Mais d’un autre côté, la situation dans laquelle tu te retrouves est vraiment difficile, et je ne peux que compatir ! Habitant en région parisienne, je serai également Je trouve désolant finalement qu’il n’y ait pas d’autre communication, pas d’autre négociation que ces rapports de force… Et je crois qu’au bout du compte les preneurs d’otages se situent sans doute des deux côtés de ces éternels bras de fer.

    J'aime

    • Merci pour ta compassion.
      Je pense qu’on peut approuver les revendications des grévistes et déplorer les conséquences que le mouvements peut avoir. Ça ne me parait pas incompatible.
      Moi Pas Poule a mis un commentaire plus haut dans lequel j’approuvais également sa colère.

      J'aime

  13. J’ai lu, j’ai compris le chamboulement personnel…MAIS.
    Je travaille dans le privé, en horaires décalés. Je bosse parfois les nuits, les weekends et les fériés ( non je ne suis pas dans le domaine médical ) mais contrairement à toi, même si ces grèves impactent le quotidien de notre famille, je ne bronche pas, je ne râle pas. Car je sais que les grévistes ne le font pas « pour leur nombril » ( comme tu qualifies ton article finalement ), mais pour eux et surtout pour les autres. Car le cheminot à 50 ans qui manifeste, c’est pas pour lui : c’est pour les générations à venir. Car l’instit déjà pas très bien payée qui choisit de faire grève ( et donc de voir sa paye amputée ), elle le fait pas pour elle : elle le fait pour le bien sur Service Public, de la qualité de l’enseignement dans l’école publique, pour éviter les classes à 50 élèves.
    Personnellement, je n’en peux plus des gens qui ne voient que leur nombril dans tout ça. Qui se plaignent de galérer quelques jours parce qu’ils peuvent pas aller au boulot, que la crèche/la garderie prend les élèves 15 minutes après le seul train etc etc…Moi ce que je vois, c’est que ceux qui ont décidé de faire grève le font dans les règles de l’Art, et qu’ils préviennent des dates en avance pour que les usagers trouvent des solutions.
    J’aimerais bien voir la tête de ceux et celles qui râlent en cas de blocage total comme en Mai68…Pas de transport, pas d’essences rien.
    Parce que là t’auras beau gueuler tout ce que tu veux, tout le monde s’en fout parce que tout le monde est dans le même bateau. Et c’est ça qui est beau madame : la SO-LI-DA-RI-Té !

    Pour ma part, je n’ai jamais pesté contre les grèves, même si ça m’impacte beaucoup car les grévistes ça ne les amuse pas + que nous d’aller se geler les arpions dans un défilé et de perdre leur salaire. S’ils font grève, ce n’est tout de même pas par plaisir !!!

    Alors arrêtons de râler, de voir que notre nombril, d’accepter de niveler tout le monde vers le bas ( le public est déjà bien bas et on voudrait nous le mettre au 36ème dessous…mais on paye aussi des impôts pour notre service public, MERDE !!! )

    Bref je ne pensais pas rédiger un commentaire aussi long 🙂

    Bises

    J'aime

    • Je trouve ton commentaire très condescendant.
      En gros tu m’expliques que je n’ai pas le droit de me plaindre de l’impact sur ma vie car c’est très égoïste. Mais que les syndicalistes eux, on bien le droit de râler car c’est par altruisme. Et qu’en plus de ne pas avoir le droit de me plaindre, je devrais les remercier…. ça s’appelle le syndrome de Stockolm ça.
      Ah mon sens, j’ai pourtant dis plusieurs fois que je ne remettais pas les revendications en cause, mais c’est drôle cette façon implicite de le déduire. Puisque je me plains des conséquences, je suis forcément opposée aux causes.
      Et si j’avais présenté les choses comme ça : « j’en ai marre de ce gouvernement qui fait tout dans le rapport de force. Il met le couteau sous la gorge des fonctionnaires et des cheminots, les pousse dans leur retranchement en les obligeant à des mesures extrêmes qui font fortement impacter mon quotidien dans les mois à venir. Je vais vraiment galerer à ne pas pouvoir aller travailler et les enfants ne verront pas leur père très souvent. » Qu’est ce que tu en penses, dis comme ça, j’ai le droit de râler?

      J'aime

  14. Comment te dire que je suis tellement d’accord avec toi même si cela m’impacte beaucoup moins… Je ne rentrerai pas dans un débat pour ou contre la grève ou autre mais personnellement la prise d’otage qui est faite ne me plait pas du tout.

    J'aime

  15. Bonsoir
    Alors je comprends très bien ton agacement.
    Mais déjà attention aux mots. « Prendre en otage » aujourd’hui tu as pas mal de gens qui peuvent te lire en l’ayant vraiment vécu, et ça fout les boules de voir que qq1 compare ses pbs du quotidien avec un moment ou tu as juste simplement eu peur pour ta vie.
    Relativisons…
    Et de 2, toi qui bosse grâce au train. Dis toi que certains se bougent pour qu’on puisse tous continuer à aller bosser en train et aussi partir en vacances à des prix décents. Car c’est ça le fond du pb. Y’a des types la qui se battent pour leurs droits bien évidemment mais surtout pour nos droits. Ca s’appelle être au service de l’intérêt général. Et c’est ça le service public à contrario de la privatisation qui ne pense qu’à rentabiliser. Business i business…
    Qd l’école sera privatisée comme en Tchèque par ex. (= prof payé avec un statut quasi bénévole donc prof pas motivé donc école pourrie pour la faire courte), quand le transport ferroviaire sera privatisé comme en Angleterre (=budget trajet train mensuel = 30% de ta paie) bah la on sera tous comme des cons à aller bosser pour pouvoir se payer notre trajet en train tout en râlant !
    Tout ça pour dire que c’est plus qu’usant de devoir mettre encore la main au porte monnaie, de devoir poser des jours alors qu’on préférait se la jouer comme on avait prévu mais c’est pour la bonne cause ! Un peu de solidarité bon sang ! Ensemble nous sommes vraiment plus forts !
    Sinon…bah on peut aussi laisser une certaine cast bien profiter du système et nous, continuer à faire les moutons de panurge… Triste vie !
    Bonne soirée et bon courage pour les mois à venir.
    Angela

    J'aime

  16. Et aussi pour dire que je suis profondément choquée qu’on puisse écrie aujourd’hui que le droit de greve n’est pas très démocratique… C’est juste l’expression de citoyen qui reprennent enfin le cours de leur vie. LA démocratie ce n’est pas que la 5e république du genre je vote 1 fois tous les 5 ans pour un maire et le président de la république pis des fois je vote pour les législatives. La liberté ça se conquiert et la démocratie ça se vit !
    Bon. Et désolée si je suis brutale car ça me révolte ce qu’il se passe dans notre pays ces derniers temps et je trouve ton discours limite.
    Sache que j’ai aussi de la compassion pour ton angoisse des mois à venir. Je serai sans doute aussi flippé que toi. Mais je serai aussi super fière des gens qui se battent pour nos vies !
    Ne t’inquiètes pas tu vas trouver les solutions, tu les as en toi !!
    Encore bon courage ! 🙂

    J'aime

    • Je comprends que les mots te paraissent fort. Mais quand je dis que mon salon est ‘un champ de bataille’ une fois que mes enfants y ont joué une heure, penses tu pour autant que je manque de respect aux victimes de guerre?
      Le terme ‘prise d’otage’ qui visiblement pose problème puisqu’il est largement employé dans les médias reflète pourtant largement la sensation que j’ai . Bien sûr c’est métaphorique. Bien sur comparé, aux personnes qui ont réellement été en danger de mort, mes tracas paraissent bien infimes. Mais si on devait tout le temps comparer, on trouverait toujours pire et du coup on devrait se taire à chaque fois. N’ai je pas le droit de me plaindre de mal manger dans un restaurant, puisque déjà j’ai la chance d’aller au restaurant et qu’en plus j’ai la chance de manger? Et si on m’ampute d’un pied, je n’aurai pas le droit de me plaindre vu qu’il y a des gens qui n’ont plus de jambe? Je caricature un peu mais c’est pour te montrer que parfois quand tu conseilles à quelqu’un de ‘relativiser’ tu nies juste ses souffrances.
      Et c’est justement ça qui me dérange. Tu trouves mon discours limites? Alors que ce sont des mots qui exprime un ressenti. Moi je trouve ton commentaire blessant car il suggère que je n’ai pas le droit de me plaindre de mes « petits problèmes » tellement minimes face aux ‘grandes causes ». Donc en plus de galerer, je n’ai pas le droit de râler, double peine en somme. J’imagine que si les routes avaient été coupé pour cause d’intempérie ou que mes enfants aveint chopés un truc contagieux qui les confine à la maison un mois, j’aurais été légitime dans ma plainte. Mais pas là.
      Quant à la démocratie, pour moi elle permets à tout le monde de s’exprimer mais ce qu’on suit , c’est l’avis d’une majorité. Alors quand une minorité paralyse une majorité (oui je sais, ce n’est pas drôle, il y a des gens qui sont vraiment paralysés), pour s’opposer à d’éventuelles réformes décidées par un gouvernement élu à la majorité…ne vois-tu pas où se situe mon questionnement?

      J'aime

  17. Un poil provocateur, ton titre, non ? 😉
    Si ça peut te réconforter, dis-toi que les gens font grève perdent encore plus d’argent (une bonne centaine d’euros pour moi jeudi dernier). Si tu penses que c’est notre choix, quand je fais classe face à 24 élèves (parfois plus quand il y a des enseignants malades et pas de remplaçant) en REP avec des enfants ne maitrisant pas tous le français ou/et ayant de grandes difficultés d’apprentissage et toujours moins de possibilité pour leur apporter de l’aide, j’ai pas l’impression d’avoir le choix. Parce que certes j’ai compliqué la vie de mes parents d’élèves une journée, mais je ne peux pas rester immobile face à cette situation.

    J'aime

    • Provocateur? Ben, j’ai écrit cet article un soir après Grey’s Anatomy, alors tu comprends, avec tout ce qui s’était passé dans l’épisode du jour, il fallait du sensationnel 😉
      Je suis soulagée de savoir que tu y vas de ta poche et que tu n’as pas fait grève juste pour avoir une journée de vacances supplémentaire… 😛 Non sérieusement, je le sais bien qu’on y perds des sous la majorité du temps, même si c’est parfois en petite partie compensée par les fonds de solidarité des syndicats (mais je pense que c’est surtout pour les longues grèves).
      Après c’est » rigolo », j’ai vu passer un tract de la CFTD (je crois) hier expliquant qu’il n’avait pas appelé à la grève du 22 pour ne pas faire grève à tout va parce que c’était prématuré. Donc j’ai l’impression que tout le monde n’est pas d’accord non plus.
      Mais la grève de la professeur de mon fils, est du périscolaire, ça m’agace un peu parce que c’est redondant. Et que malheureusement dans ma vie, il n’y a pas que la grève qui complique un peu ma vie (mais les journées enfants malades, les fermetures anticipées de la crèche pour réunion….). Néanmoins je respecte son engagement et comprends ses motivations.
      Par contre la grève de la SNCF me reste franchement au travers de la gorge, car c’est chaque semaine que je serai impactée pendant trois mois, car je vais perdre des sous chaque semaine, car mon compagnon ne pourra pas rentrer à la maison, que je ne pourrai pas aller travailler, que ça aura un impact auprès d’autres gens par mon travail (tu vois toi, si tu ne pouvais pas aller au travail, y aurait 24 parents dans l’embarras, ou tes collègues)…

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s