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Et puis vivre

Parfois, quand je me tais, c’est que je ne vais pas bien. Aujourd’hui, si vous ne m’entendez pas, c’est parce que je vais bien.

Voilà près de deux mois que Papa Breizh est rentré à la maison et nos soirées et nos weekends ont encore la saveur des moments dont il faut profiter à cent pourcent. Nous avons juste un peu réduit le nombre d’apéros en semaine, quoique. L’été est venu s’immiscer dans tout ça alors on joue à être en vacances tout en comptant les jours qui nous séparent d’elles. Ça y est, l’école est fini. Fin de la semaine, c’est la crèche qui ferme. Dans une semaine, Papa Breizh dira au revoir à son travail, dans deux semaines, c’est moi qui quitte le mien. Pour une fois, mes vacances auront un goût d’indéterminé, pas de rentrée prévue, pas de suite au programme. Nos derniers jours sont ponctués d’adieux, de petits cadeaux de départ et de beaucoup de mercis. C’est un peu triste parfois, la nostalgie vient nous piquer les yeux.

Dans tout ça les projets avancent à cent mille à l’heure toujours trop lentement, on se demande où on va vivre, on cherche une maison, un déménageur, on trouve. Petit à petit je coche ma to-do list de notre grand déménagement. Pas de « canapé dehors » comme le souhaitait Petit Putois mais il y aura des bateaux par la fenêtre. « Moi je vais habiter à la mer« . La nuit je fais des cartons dans ma tête. Le jour, je vis dans un camping sauvage. Un matelas au sol puisque nous avons vendu le lit. Un ring de catch où s’affronte les mômes en laissant des miettes de biscuit et des traces de morve. Mes vêtements sont éparpillées dans des valises et des sachets puisque nous avons vendu ma commode et l’armoire. Qu’importe, je vis nue, il fait beaucoup trop chaud pour s’habiller.

Mon téléphone est rempli de photo d’enfants de dos que j’ai envie de partager avec vous. Mais Instagram est capricieux sous Windows, et quand l’instant s’envole, l’instant s’est envolé. Mon cabillaud en croute de chorizo ne refroidit plus parce que je le prend en photo, je le mange. Pas besoin de réseaux sociaux pour me prouver que ma vie vaut le coup, pas besoin d’en faire des histoires pour qu’elle me fasse rêver. Vivre le moment présent. Dans ma tête, parfois, au milieux des cartons, les brouillons s’inscrivent. Cet article où je vous parle de ma méthode pour survivre à l’absence (ponctuelle) du père (maintenant que j’ai la légitimité de l’écrire puisque j’ai survécu), celui où je vous parle de ma diva, mon drama king de trois ans et demi, et ceux où je vous parle de moi, de ma reprise du yoga de mes projets… Peut-être les verrez vous à la rentrée, avec celui intitulé « déménager avec des enfants« .

Mais là , maintenant, on profite.

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