8

Et dedans il y a …

Dans mon bidon il y a un peu de reste de gras d’un excès d’apéros du premier confinement. Une surprise du deuxième confinement. Un petit être qui pousse et gigote durant le troisième confinement.

Et dedans il y a des projets qui s’avortent et d’autres qui naissent. Un déménagement, une nouvelle voiture, …

Il y a de l’impatience, de la peur, du stress, de la colère, de la tristesse, des questions, des doutes, des nuits d’insomnies, de l’excitation … et de moins en moins de place pour ma vessie et mon estomac.

Il y a beaucoup de rendez-vous passés et à venir, d’aiguilles à apprivoiser, de scalpels, de couloirs d’hôpitaux aux peintures douteuses, de gel d’échographie froid et de la mélodie du petit cœur qui bat sur un écran en noir et blanc.

Et il y a de toutes petites parties génitales qui seront porteuse de joie ou de déception simplement parce qu’elles sont ce qu’elles sont.

Il y a la promesse d’un autre avenir. D’un manque de sommeil imminent. Comment on change une couche déjà? De beaucoup de bruits et de rires. D’une vie où les enfants seront plus nombreux que les parents.

Et puis il y a la trouille. Le trouille au ventre. Qui vous prend aux tripes. Celle que ça se passe mal. Encore une fois. Celle qu’on ne m’entende pas. Encore une fois. Celle d’être maltraitée par ceux censés soigner. Encore une fois . Celle de mourir. Cette fois.

Et dedans il y a , un petit quelqu’un que j’ai hâte de voir, de toucher, de respirer et de prendre dans mes bras. Mais pas trop tôt.