6

Journée mondiale de la prématurité : Être maman d’un prématuré

L’année dernière, le 17 novembre, pour la journée mondiale de la prématurité, j’avais vu plein de posts sur instagram. Et chaque image, et chaque texte, me renvoyaient à notre histoire, le cœur serré, la gorge nouée. Aujourd’hui, un an plus tard, presque deux ans après cette naissance si particulière, le joli post instagram de Vio la Vilaine m’a donné envie de me souvenir et de republier un vieil article sur ce bout là de notre vie. Il y a quelques jours, j’écrivais sur mon ancien préma, aujourd’hui c’est un bulldozer! Lire la suite

20

Ne jamais être au bon endroit : la culpabilité de la mère qui travaille

Lundi l’école appelle (enfin l’Astem laisse un message sur le répondeur du papa en l’appelant madame) : Putois  semble malade, il n’a rien mangé et a 38°. Et moi je suis où? Au self. Je rappelle, il est à la sieste, c’était juste pour information, parce qu’il ne faudrait pas que je le laisse à la garderie trop tard « mais je sais bien que vous ne pouvez pas venir le chercher tout de suite ». Commence la longue interrogation intérieure, quitter le boulot? Le laisser à la garderie? Utiliser le joker ‘appel à un ami‘? J’appelle ma cousine qui peut me dépanner ce jour là. Je fais donc un gros détour le soir, me dépêche un peu plus pour récupérer le deuxième enfant, pour découvrir un Putois très en forme et ravi de se retrouver avec sa petite cousine de cinq mois.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Petit Putois se réveille pour un accident de pipi. Sauf qu’il ne se rendort pas et est tout chaud. Il se plaint de son pied (ne lui demandez pas si c’est le droit ou le gauche, ça change tout le temps). Il retrouve le sommeil dans mon lit (ce qui n’arrive jamais) , après un doliprane, vers 5h30. Je décide de voir le verre à moitié plein. Ce jeudi, j’avais justement décalé mon jour de travail au vendredi en raison des grèves. Autant le laisser dormir le matin, il n’ira pas à l’école. Néanmoins la journée reste un marathon : courses, orthophoniste. Putois semble heureux d’avoir sa mère pour lui seul mais quand la fin de journée arrive, il redevient grincheux. Le soir, les consignes sont claires : demain école pour Putois. crèche pour Malo et travail pour maman.

1h56, vendredi, Petit Putois a mal au ventre. Il décide cependant de retourner dormir dans son lit. 6h12, il se lève, va dans la salle de bain se remplir son verre à dents et boire. Il tremble beaucoup. Je le mets devant un dessin animé le temps de me préparer (normalement je me lève à 6h et les réveille à 7h). 6h35 je lui propose de boire un peu, il n’est toujours pas bien réveillé. 6h45, un petit coup de doliprane et une compote. Je me dis, qu’il tiendra bien jusqu’à 13h comme ça. 6h55, je lui propose un gâteau tout en faisant le biberon de son frère. 7h00, le biberon est prêt et l’ainé vomit son petit déjeuner. La longue interrogation recommence. Peut-on envoyer un enfant qui vomit à l’école? Est-ce que je peux annuler ma journée de travail alors que je l’avais déjà décalée? Il est utile ici de préciser que pour mon activité, il est compliqué de s’absenter à la dernière minute (surtout quand on joue au tétris tout le mois d’avril en fonction de la sncf….). Pour te donner une idée, imagine que je suis coiffeuse, et que je doive décommander tout un tas de rendez-vous et laisser des gens avec des pointes fourchues et des racines visibles. Ai-je quelqu’un à qui confier un enfant vomissant? Si ça se trouve, il ne vomira qu’une fois, et il va déjà mieux? Ou alors il va vomir devant tout le monde à la cantine et être traumatisé à vie.

Finalement je ne suis pas aller travailler pour veiller le petit malade (actuellement devant Vaiana) qui allait mieux à 8h45 et réclamait des nouilles au jambon à 9h15. On a filé chez la pédiatre, surtout pour le certificat, qui a évoqué un virus. Envoyer les enfants à l’école coûte que coûte « marche ou crève » ne me correspond pas. Malgré tout je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser par rapport au boulot. J’ai l’impression de ne pas pouvoir fournir le niveau d’investissement correct. C’est une tâche importante que je fais, les gens comptent sur moi et moi je ne suis pas fiable. Pourtant, je ne voudrais pas que mes enfants pensent que mon travail, ou ces autres gens, sont plus importants qu’eux. Et je culpabilise de ne pas être aussi disponible que je le voudrais et de leur faire vivre un rythme à cent à l’heure.  Je ne suis toujours pas sure de mon choix à 11h30, j’aurai besoin que quelqu’un me dise que quand son enfant vomit à 7h, on ne l’emmène pas à l’école à 8h.

Est-ce que c’est ça avoir des enfants, avoir le sentiment de ne jamais en faire assez? Est-ce que c’est ça d’être une mère qui travaille, avoir toujours les fesses entre deux chaises?

19

Malades : notre lutte acharnée contre les microbes

Lundi, j’ai eu envie de mourir. Mardi j’ai bien cru que j’allais y passer. Mercredi j’ai pensé que les enfants allaient m’achever et jeudi, j’ai eu envie de tuer tout le monde. Bref j’ai eu la grippe. Vendredi y a comme eu un vent d’espoir, quand j’arrivais enfin à me passer de paracétamol pour mettre un pied devant l’autre, quand j’arrivais enfin à respirer sans me noyer dans mon mucus. Et puis la crèche a appelé, Malo avait de la fièvre…. Lire la suite

41

Être maman d’un prématuré

Le Tout Petit Bébé est né à 34 semaines d’aménorrhée et 2 jours. Du moins pour l’hôpital. Pour la CPAM, d’après les premiers calculs faits par ma gynécologue et basés sur la date de mes dernières règles, il est né à 34+4 SA. Deux petits jours de décalage instaurés à la deuxième échographie, histoire que les mesures rentrent un peu plus dans les clous. Ça n’aura pas suffit. Peut-être même, le Tout Petit Bébé avait quelques jours de moins. 33SA ? C’était l’avis de la pédiatre de la réanimation néonatale vu son immaturité pulmonaire et la gueule de son cerveau.  Au fond qu’est-ce que ça change? « 34 SA c’est bien« , avait dit l’obstétricien avant de m‘ouvrir le bide. Je me suis demandé s’il aurait attendu s’il avait su. Mais non, même à 28SA il serait intervenu. Lire la suite

34

Il ne parle toujours pas mais ….

Six mois plus tard, à deux ans et demi, Petit Putois ne parle toujours pas. Bon il baragouine toute la journée, nous casse les oreilles de bruits divers et a quand même enrichi son vocabulaire de quelques mots (d’autant plus nombreux, si on inclut ceux que je suis la seule à comprendre). J’ai le droit aux insinuations douteuses sur mes capacités maternelles de la part des spécialistes :  on se demande d’abord si l’environnement est suffisamment stimulant, insinuant que je suis surement une mauvaise mère qui ne parle pas à son enfant, puis on se dit que peut-être je réponds trop à ses sollicitations sans qu’il n’ait besoin de les formuler, une trop bonne mère en somme. Alors, je vous rassure, mon fils  nage dans un bain de langage, on lui adresse la parole, on ne lui cause pas uniquement en langage bébé même si on adapte le vocabulaire, on lit beaucoup et quand il pointe quelque chose je reformule sa demande oralement (mais je ne le laisse pas non plus mourir de soif tant qu’il ne me dit pas « je voudrais de l’eau , s’il vous plait mère« ). Lire la suite

27

Le Tout Petit Bébé et le gros testicule

La première chose que j’ai pensé en voyant mon deuxième enfant, est qu’il était sacrément couillu. Je m’étonnais à la fois de la présence des bourses (je ne connaissais pas le sexe du bébé à venir) et de leur taille. J’ai même fait part de ma réflexion à une infirmière qui les trouvait d’une grosseur raisonnable. Faut dire que je n’ai pas tant l’habitude d’en voir des couilles de bébé (ni d’adultes d’ailleurs). Sans doute la proportion était-elle trompeuse, le Tout Petit Bébé étant né avec un petit poids. Il n’avait même pas de fesse au début, c’est dire. (Je sens qu’avec le champ lexical de cet article, je vais friser le million de vues). Lire la suite

30

L’absence

C’est au réveil que j’ai compris. Enfin je ne peux pas vraiment parler de réveil puisque pour se réveiller il faut avoir dormi. Moi, je n’avais pas dormi. A chaque fois que je m’assoupissais légèrement, quelqu’une entrait pour me prendre la tension ou du sang, ou regarder entre mes cuisses. De toutes façons, comment j’aurais pu dormir? La veille, après m’avoir répété pendant sept mois que tout allait bien, on m’avait fait une césarienne en urgence. L’obstétricien m’avait tout bien expliqué sur ma pathologie. Il avait dit que 34 semaines d’aménorrhée c’était très bien, que les bébés n’avaient plus de risque, qu’ils étaient équipés comme il fallait et tout et tout. Lire la suite

22

Celui qui ne parlait pas

Cela débute par la visite médicale des deux ans. Notre pédiatre est une fusée. Dans son cabinet, il y a plus de salles de consultation que de docteurs. On rentre, on déshabille le poupon, elle arrive en trombe, regarde une oreille et un doigt de pieds, pose quinze questions à la seconde, griffonne une ordonnance et s’en va voir le morveux d’à côté. Cette fois elle entre, aperçoit le Putois qui joue dans un coin et interroge « Il est toujours assis comme ça? » (Comprends, les jambes en W) Moi je panique, un relent de ces cauchemars où on arrive nue au baccalauréat sans avoir rien réviser, je bégaye « Oui, non, je sais pas, je fais pas attention… » (Mauvais mère va! souffle ma conscience) « Et bien il ne faut pas! *Ensemble de termes médicaux complexes qui signifient déformation des hanches*. Quand vous le voyez comme ça, ramenez lui toujours au moins une jambe en avant. »

La visite se poursuit. « Est-ce qu’il dit au moins dix mots?

-Les cris d’animaux ça compte? Lire la suite

9

Ce que je partage de ma grossesse et ce que je garde pour nous

Je suis plutôt secrète sur cette deuxième grossesse. Malgré tout, au bout d’un moment (peut-être celui où le nombril dépasse les tétons et où le chaland ne se demande plus si j’ai abusé de la tartiflette ou si j’ai une brioche au four) la maternité devient une affaire publique et on se retrouve confrontée à certaines questions.

calinrisettecequejepartagedemagrossesse

Voilà en gros ce que j’en dis: Lire la suite

56

De l’inavouable vérité sur mon accouchement

Quand on me demande comment s’est passé mon accouchement , je réponds « bien« . Heureusement on me demande rarement. Par contre quand je sens qu’on en attend plus que le simple « ça va » de politesse, je suis bien obligée d’avouer….

Pour vous planter le décor, il faut que je vous dise que j’avais très peur de l’accouchement. Comme beaucoup je pense. A raison, je pense. Au point de penser parfois que je n’aurai jamais d’enfant. Si vous avez déjà vu un vagin et si vous avez déjà vu une tête de bébé, vous ne pourrez que comprendre mon désarroi. Moi qui ne suis déjà pas très à l’aise avec un tampon …. Et puis souvent comme exemple de la pire douleur possible, on évoque l’accouchement. Y a aussi cette histoire d’épisiotomie qui n’est pas pour me rassurer. Ce qui ne me rassure surtout pas dans cette histoire, c’est qu’on me dise que ça ne fait pas mal car on coupe pendant une contraction. Ça veut dire que la douleur est tellement forte que même si on te coupe la chair à vif tu ne ressens rien?! .. Bref je n’étais pas emballée.

Et puis un jour le désir d’enfant a dépassé la peur et je me retrouvais enceinte. Mais vous comprendrez que lorsque la gynécologue m’a demandé comment j’envisageais mon accouchement , j’ai répondu  » peu importe mais si je pouvais ne pas être là« . J’avais quelques idées sur le déroulement des faits. J’avais vu Le Premier Cri avec une copine. Je ne voulais pas accoucher dans mon salon avec des potes et qu’une copine doive aller chercher mon placenta. D’ailleurs à ce moment là du film, mon amie et moi nous sommes retournées l’une vers l’autre en se demandant si notre amitié était assez forte pour ce genre d’épreuve … je crois qu’on a surtout décider que si on avait des enfants, ça serait à l’hôpital. J’ai vu une vidéo sur la méthode Leboyer : accouchement dans l’eau, lumière tamisée, recevoir le bébé en minimisant les agressions de l’environnement. J’ai vu un accouchement qui prônait tout le contraire, à la dure! dans la mer russe, les bébés tout nus dans la neige pour les rendre le plus forts possible. Mais au fond ce que j’attendais moi c’est que les hommes accouchent à notre place, Junior plutôt que Baby Boom. L’option secondaire envisagée, qui est pratiquée dans certaines pays, était la césarienne de ‘convenance’. Ça y est, vous hurlez? Non parce que s’il y a bien un truc qui déprime les femmes, c’est de se ‘faire voler » son accouchement par une césarienne d’urgence. On arrive finalement à passer outre en se disant qu’il y avait danger pour le bébé ou la maman. Mais alors j’ai bien retenu (de mon ardente lecture de Doctissimo et autres forums) que les césariennes de confort étaient des abominations. De toutes façons, actuellement même le fait de vouloir une péridurale est parfois mal jugé. Je ne vois pas en quoi une femme accouchant sans péri serait plus méritante. D’ailleurs pourquoi faudrait-il mériter notre petit en agonisant pendant des heures? En quoi la douleur rend-t-elle les choses plus belles? Peu-être un rapport avec notre héritage chrétien qui nous dit « tu enfanteras dans la douleur« .(Il ne faut pas prendre de plaisir à la conception non plus.) Tout ça pour nous punir d’un ancêtre lointain qui aurait goûter à un fruit défendu. Alors c’est ça l’histoire? On paye les pots cassés de nos aïeux et nos arrières petits enfants paieront les nôtres?

Mais bon, peu importe la façon dont on envisage son accouchement, ça se passe rarement comme on l’espérait. Je peux d’ores et déjà vous confier que ce n’est pas Papa Breizh qui a enfanté. J’ai suivi mes cours de préparation à la naissance qui m’ont révélé des choses encore pires que celles que je redoutais. Je massais mon périnée, je me préparais à respirer, à faire le dos rond pour la plus grosse piqûre de ma vie, à pousser et à poireauter des heures aux rythme des contractions. Pendant tout ce temps, Bébé Putois grandissait, bien confortablement posé sur ses fesses. Tellement confortablement qu’il y restait sur ses fesses. Du coup, on a commencé à me parler de césarienne. On m’a planté des aiguilles dans les doigts de pieds pour qu’il se retourne. Ça m’a immunisé contre l’acupuncture. Deux presque diplômées ont appuyé à fond sur mon bidon. Un quart de tour qu’il a fait le Putois avant de se réinstaller comme il était. On m’a fortement encouragé à la voie basse tout en me disant que j’avais le choix. « C’est un peu plus compliqué pour un siège m’a-t-on précisé, la péridurale est obligatoire » (et internet de préciser que l’épisiotomie était presque systématique). Il fallait réunir trois conditions : une maman motivée, un bébé de taille standard et un bassin adapté. J’avais des doutes sur la première condition. Bien qu’ils me laissent le choix je n’avais pas l’impression de l’avoir. J’ai fait une échographie de morphologie fœtale le lendemain de la version par manœuvre externe. Une étudiante m’a martyrisé le ventre dans tous les sens malgré mes plaintes jusqu’à ce que la la sage femme viennent prendre les mesures rapidement vu ce que j’avais subi la veille. (Si j’avais déjà du mal à me défendre contre une étudiante, j’étais mal barrée pour la suite). Bébé était dans les courbes. Quelques jours plus tard, scanner du bassin : quelques minutes d’examen suivies d’une heure d’attente pour qu’on vous remette des feuilles avec des chiffres. Je vois qu’une de mes mesures est classée dans la case ‘pathologique’ et je comprends que même si j’ai de grosses fesses, mon bassin est étroit. Et je comprends que le choix ne m’appartient plus, que ça sera une césarienne programmé. Et je suis soulagée.

Alors quand les gens me demandent, plus que par politesse, comment s’est passé mon accouchement, je leur dis que c’était une césarienne. Ils ont l’air désolé pour moi mais paraissent satisfaits de l’explication du siège. Sauf que parfois j’ajoute « j’ai pas vraiment accoucher, j’ai eu une césarienne« . Dans ma tête’ accoucher par césarienne’ c’est comme ‘allaiter au biberon’, un abus de langage pour rassurer certaines mères. Même si je ne juge absolument pas les mères à qui ça arrive, je me condamne moi-même. J’ai beau avoir été contente d’avoir ma césarienne puisque c’est ce que je souhaitais, j’ai le syndrome de l’imposteur. Je culpabilise parfois en me disant que si Putois était en siège c’est parce que je voulais une césarienne. Je ne me sens pas entièrement mère parce que je n’ai pas connu les contractions (pourtant les douleurs post opératoires douillent aussi). J’ai beau m’offusquer du besoin de souffrir pendant l’accouchement, j’ai toujours l’impression de m’excuser de ma césarienne. Et puis en lisant l’autre jour le témoignage de son accouchement voie haute sur A dada et au dodo, j’ai eu envie d’en parler aussi. D’en parler aussi par rapport aux regards qu’on porte sur ce mode d’enfantement. On entend des témoignages difficiles et d’autres rassurants, mais quand est-il quand la césarienne est un choix? Pourquoi faut-il en baver pour mettre au monde? Et si mon bassin avait eu des mesures normales et que j’avais eu le choix? Aurais-je été une mauvaise mère dès le départ si j’avais choisi la césarienne?

Calin&RisetteAccouchement