12

Ne jamais être au bon endroit : la culpabilité de la mère qui travaille

Lundi l’école appelle (enfin l’Astem laisse un message sur le répondeur du papa en l’appelant madame) : Putois  semble malade, il n’a rien mangé et a 38°. Et moi je suis où? Au self. Je rappelle, il est à la sieste, c’était juste pour information, parce qu’il ne faudrait pas que je le laisse à la garderie trop tard « mais je sais bien que vous ne pouvez pas venir le chercher tout de suite ». Commence la longue interrogation intérieure, quitter le boulot? Le laisser à la garderie? Utiliser le joker ‘appel à un ami‘? J’appelle ma cousine qui peut me dépanner ce jour là. Je fais donc un gros détour le soir, me dépêche un peu plus pour récupérer le deuxième enfant, pour découvrir un Putois très en forme et ravi de se retrouver avec sa petite cousine de cinq mois.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Petit Putois se réveille pour un accident de pipi. Sauf qu’il ne se rendort pas et est tout chaud. Il se plaint de son pied (ne lui demandez pas si c’est le droit ou le gauche, ça change tout le temps). Il retrouve le sommeil dans mon lit (ce qui n’arrive jamais) , après un doliprane, vers 5h30. Je décide de voir le verre à moitié plein. Ce jeudi, j’avais justement décalé mon jour de travail au vendredi en raison des grèves. Autant le laisser dormir le matin, il n’ira pas à l’école. Néanmoins la journée reste un marathon : courses, orthophoniste. Putois semble heureux d’avoir sa mère pour lui seul mais quand la fin de journée arrive, il redevient grincheux. Le soir, les consignes sont claires : demain école pour Putois. crèche pour Malo et travail pour maman.

1h56, vendredi, Petit Putois a mal au ventre. Il décide cependant de retourner dormir dans son lit. 6h12, il se lève, va dans la salle de bain se remplir son verre à dents et boire. Il tremble beaucoup. Je le mets devant un dessin animé le temps de me préparer (normalement je me lève à 6h et les réveille à 7h). 6h35 je lui propose de boire un peu, il n’est toujours pas bien réveillé. 6h45, un petit coup de doliprane et une compote. Je me dis, qu’il tiendra bien jusqu’à 13h comme ça. 6h55, je lui propose un gâteau tout en faisant le biberon de son frère. 7h00, le biberon est prêt et l’ainé vomit son petit déjeuner. La longue interrogation recommence. Peut-on envoyer un enfant qui vomit à l’école? Est-ce que je peux annuler ma journée de travail alors que je l’avais déjà décalée? Il est utile ici de préciser que pour mon activité, il est compliqué de s’absenter à la dernière minute (surtout quand on joue au tétris tout le mois d’avril en fonction de la sncf….). Pour te donner une idée, imagine que je suis coiffeuse, et que je doive décommander tout un tas de rendez-vous et laisser des gens avec des pointes fourchues et des racines visibles. Ai-je quelqu’un à qui confier un enfant vomissant? Si ça se trouve, il ne vomira qu’une fois, et il va déjà mieux? Ou alors il va vomir devant tout le monde à la cantine et être traumatisé à vie.

Finalement je ne suis pas aller travailler pour veiller le petit malade (actuellement devant Vaiana) qui allait mieux à 8h45 et réclamait des nouilles au jambon à 9h15. On a filé chez la pédiatre, surtout pour le certificat, qui a évoqué un virus. Envoyer les enfants à l’école coûte que coûte « marche ou crève » ne me correspond pas. Malgré tout je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser par rapport au boulot. J’ai l’impression de ne pas pouvoir fournir le niveau d’investissement correct. C’est une tâche importante que je fais, les gens comptent sur moi et moi je ne suis pas fiable. Pourtant, je ne voudrais pas que mes enfants pensent que mon travail, ou ces autres gens, sont plus importants qu’eux. Et je culpabilise de ne pas être aussi disponible que je le voudrais et de leur faire vivre un rythme à cent à l’heure.  Je ne suis toujours pas sure de mon choix à 11h30, j’aurai besoin que quelqu’un me dise que quand son enfant vomit à 7h, on ne l’emmène pas à l’école à 8h.

Est-ce que c’est ça avoir des enfants, avoir le sentiment de ne jamais en faire assez? Est-ce que c’est ça d’être une mère qui travaille, avoir toujours les fesses entre deux chaises?

Publicités
25

Quand il reviendra

Il est parti un peu plus tôt que prévu. Il reviendra dans bien plus longtemps que voulu. La faute aux trains. Avant de partir, il a regardé Malo et lui a dit « Quand je reviendrai, tu marcheras. ». Je crois bien qu’il a raison.Il y est presque Malo et Papa Breizh revient dans beaucoup plus que presque.

Moi je m’étais dit, quand il reviendra, ça sera la jungle ici. Rapport aux noyaux d’avocat que j’essaye de faire pousser. Mais là déjà j’y crois moins. Lire la suite

22

Frères

On était lundi. Ça débutait mal. Je ne sais pas qui a inventé le lundi. Sûrement un petit aigri aux cheveux gras et pull à losanges. Le même qui a inventé le matin et les changements d’heure. C’était le milieu des vacances. Le moment où les enfants ont récupéré toute leur dette de sommeil et qu’ils regorgent d’énergie à canaliser. De mon côté, j’étais fortement à la bourre quant à mes remboursements et cumulais les pénalités de retard. Papa Breizh m’avait réveillée vers cinq heures en partant prendre le train qui l’emmènerait passer ses semaines à l’autre bout de la France pour trois mois. Prochain retour prévu dans quinze jours. Malo m’avait réveillée à sept heures pour une histoire de tétine perdue. Ce n’était pourtant pas faute de garnir son lit de multiples sucettes. Phosphorescentes de surcroît. Petit Putois m’avait réveillée à huit heures trente déterminant qu’il était temps de commencer la journée et de petit déjeuner.

Bref,je n’avais pas envie. Pas envie du tout. Lire la suite

17

Pour la journée de la femme, j’ai été un homme

Je me suis levée et j’ai fait une grande carafe de café, bien noir. J’avais mal dormi. La veille, j’avais eu du mal à trouver le sommeil parce que mes draps puaient le moisi. Forcément, l’après-midi j’avais été prise du frénésie de bricolage et avait décidé d’installer enfin deux petites étagères achetées chez le suédois il y a plusieurs mois. Pour ce faire, j’avais emprunté une perceuse à mon père il y a un certain temps (Malo tenait encore dans son cosy ce jour-là) qui avait trainé dans son sous sol un autre temps certain. Et cette perceuse, empestait le renfermé. Et moi, je l’ai posée sur le lit. Du coup le soir, une fois les étagères montées, le lit schlinguait. Donc, j’avais vaporisé du Febrèze. Malin! Mais j’avais quand même mal dormi. Lire la suite