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Maman est-elle encore la plus belle quand elle se laisse aller ?

Je me suis fabriqué une paire de boucles d’oreilles, un peu kitchouilles, un peu grosses. Y avait peu de chance que je les mette. Mais de toutes façons, je ne portais plus vraiment de boucles d’oreilles. Pourtant avant, j’étais cette fille qui avait toujours des décos aux lobes, un peu comme une marque de fabrique. Même au boulot, on complimentait souvent ces bijoux là. Et pus j’ai eu un deuxième enfant, une petite brutas doublé d’un crampon, toujours dans les bras, toujours à m’escalader et j’ai eu peur pour mes feuilles de choux. Ne pas tenter le diable. J’en mettais toujours au bureau. Et puis j’ai laissé mon travail. En plus pour m’orner de ma pacotille, il faut désormais que je pousse d’abord l’étendoir à linge qui trône devant. Celui qui est toujours déplié car il y a toujours du tissu qui sèche. Avant, c’est un peu bête, mais je me sentais presque nue sans rien qui pendait aux oreilles. Maintenant elles ne se parent que pour les grandes occasions, la rencontre avec la maitresse ou les courses du jeudi soir. Lire la suite

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Son petit beguin

Cette laine, ça faisait un bail que je l’avais achetée. Un vert pâle, un peu aquatique ou un peu comme un lichen. Sirène s’appelait la couleur. C’était un fil ‘spécial layette‘. J’avais repéré un patron gratuit de brassière avec des petits chaussons assortis, en jaune pétant. Pour Bébé Putois, j’avais un peu raté le coche de la layette tricotée. J’avais testé un modèle de gilet avec une laine bas de gamme, juste pour savoir si j’en étais capable. J’avais mis une éternité à le fabriquer et avais manqué de matière, résultat, il était rouge, vert et jaune. Ça pouvait toujours faire une photo ridicule à ressortir le jour de son mariage. J’avais réitéré l’expérience avec un joli gris tout doux, j’avais ajouté du turquoise et des bouton avec des camions. Et puis je l’ai passé en machine et il est devenu tout feutré et tout petit. Lire la suite

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Ma petite liste de décembre : esprit de Noël

Des listes, on en a toutes à rallonge : liste de courses, liste de prénoms, liste des affaires à ne surtout pas oublier en partant en vacances, to-do list… Et on arrive rarement au bout (je n’ai jamais trouvé le tahini dans les rayons de la supérette) avec plus ou moins de culpabilité (quel malheur, je n’ai pas réussi à ranger la cuisine/faire le lit/nettoyer les vitres/refaire la tapisserie et m’épiler les demi-jambes pendant la sieste du cadet).

Aujourd’hui je te partage ma petite liste sympathique. Une de celle qu’on réalise avec plaisir. Pour le mois de décembre, j’ai choisi le thème ‘esprit de noël‘ selon ma vision. Il y a 31 propositions, comme il y a 31 jours. On peut en faire plusieurs à la fois, ou pas du tout. On peut aller au bout, ou pas. Et parce que c’est toujours jouissif de cocher des cases, je te mets la Version Imprimable. Lire la suite

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Disneyland est-il vraiment magique pour un enfant?

C’est peut-être parce qu’il avait adoré EuropaPark cet été ou bien car il adulait Mickey depuis des mois, que nous avions décidé d’emmener Petit Putois à DisneyLand pour fêter ses quatre ans. Et puis on a regardé le prix des séjours et j’ai changé d’avis. Je m’attendais à du cher, mais là, c’était très cher. Et puis Papa Breizh a parlé des souvenirs uniques, de la magie, …et après tout, c’est lui qui avait les sous.

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Journée mondiale de la prématurité : Être maman d’un prématuré

L’année dernière, le 17 novembre, pour la journée mondiale de la prématurité, j’avais vu plein de posts sur instagram. Et chaque image, et chaque texte, me renvoyaient à notre histoire, le cœur serré, la gorge nouée. Aujourd’hui, un an plus tard, presque deux ans après cette naissance si particulière, le joli post instagram de Vio la Vilaine m’a donné envie de me souvenir et de republier un vieil article sur ce bout là de notre vie. Il y a quelques jours, j’écrivais sur mon ancien préma, aujourd’hui c’est un bulldozer! Lire la suite

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C’est la guerre

J’ai été naïve. Peut-être même un peu présomptueuse. J’ai cru que j’y avais échappé. La rivalité fraternelle, c’était chez les autres. Chez nous c’était protection, admiration, complicité. Je faisais bien gaffe, à ne pas comparer, à valoriser, à être aussi équitable qu’on peut l’être. Bien sûr y avait de la jalousie, des chamailleries mais juste de quoi confirmer la règle.

Et puis Lire la suite

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Ma diva

Ma diva approche des quatre ans. Du haut de ses quarante sept mois, il veut et exige l’accomplissement de ses désirs dans les quinze secondes qui suivent leur expression. Qu’importe si ceux-ci  changent toutes les deux secondes. Si je manque à mes devoirs, le drama king s’insurge, crie, se roule à terre, tape ce qui passe à proximité et incarne l’espace d’un instant l’enfant le plus malheureux du monde. Je n’ai qu’à lire dans ses pensées après tout, c’est moi la mère, le phare dans la tempête.

Ses caprices de stars m’épuisent. Lire la suite

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Et puis vivre

Parfois, quand je me tais, c’est que je ne vais pas bien. Aujourd’hui, si vous ne m’entendez pas, c’est parce que je vais bien.

Voilà près de deux mois que Papa Breizh est rentré à la maison et nos soirées et nos weekends ont encore la saveur des moments dont il faut profiter à cent pourcent. Nous avons juste un peu réduit le nombre d’apéros en semaine, quoique. L’été est venu s’immiscer dans tout ça alors on joue à être en vacances tout en comptant les jours qui nous séparent d’elles. Ça y est, l’école est fini. Fin de la semaine, c’est la crèche qui ferme. Dans une semaine, Papa Breizh dira au revoir à son travail, dans deux semaines, c’est moi qui quitte le mien. Pour une fois, mes vacances auront un goût d’indéterminé, pas de rentrée prévue, pas de suite au programme. Nos derniers jours sont ponctués d’adieux, de petits cadeaux de départ et de beaucoup de mercis. C’est un peu triste parfois, la nostalgie vient nous piquer les yeux.

Dans tout ça les projets avancent à cent mille à l’heure toujours trop lentement, on se demande où on va vivre, on cherche une maison, un déménageur, on trouve. Petit à petit je coche ma to-do list de notre grand déménagement. Pas de « canapé dehors » comme le souhaitait Petit Putois mais il y aura des bateaux par la fenêtre. « Moi je vais habiter à la mer« . La nuit je fais des cartons dans ma tête. Le jour, je vis dans un camping sauvage. Un matelas au sol puisque nous avons vendu le lit. Un ring de catch où s’affronte les mômes en laissant des miettes de biscuit et des traces de morve. Mes vêtements sont éparpillées dans des valises et des sachets puisque nous avons vendu ma commode et l’armoire. Qu’importe, je vis nue, il fait beaucoup trop chaud pour s’habiller.

Mon téléphone est rempli de photo d’enfants de dos que j’ai envie de partager avec vous. Mais Instagram est capricieux sous Windows, et quand l’instant s’envole, l’instant s’est envolé. Mon cabillaud en croute de chorizo ne refroidit plus parce que je le prend en photo, je le mange. Pas besoin de réseaux sociaux pour me prouver que ma vie vaut le coup, pas besoin d’en faire des histoires pour qu’elle me fasse rêver. Vivre le moment présent. Dans ma tête, parfois, au milieux des cartons, les brouillons s’inscrivent. Cet article où je vous parle de ma méthode pour survivre à l’absence (ponctuelle) du père (maintenant que j’ai la légitimité de l’écrire puisque j’ai survécu), celui où je vous parle de ma diva, mon drama king de trois ans et demi, et ceux où je vous parle de moi, de ma reprise du yoga de mes projets… Peut-être les verrez vous à la rentrée, avec celui intitulé « déménager avec des enfants« .

Mais là , maintenant, on profite.