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L’absence

C’est au réveil que j’ai compris. Enfin je ne peux pas vraiment parler de réveil puisque pour se réveiller il faut avoir dormi. Moi, je n’avais pas dormi. A chaque fois que je m’assoupissais légèrement, quelqu’une entrait pour me prendre la tension ou du sang, ou regarder entre mes cuisses. De toutes façons, comment j’aurais pu dormir? La veille, après m’avoir répété pendant sept mois que tout allait bien, on m’avait fait une césarienne en urgence. L’obstétricien m’avait tout bien expliqué sur ma pathologie. Il avait dit que 34 semaines d’aménorrhée c’était très bien, que les bébés n’avaient plus de risque, qu’ils étaient équipés comme il fallait et tout et tout. Lire la suite

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Le petit bébé et la grossesse compliquée

« Finalement tu as toujours été inquiète pour cette deuxième grossesse. » me lance ma mère. Oui….non…., je le prends un peu comme un reproche qui me renvoie à cette sale impression que j’ai ressenti quelques fois, celle qu’on me renvoyait mes angoisses en pleine poire alors que j’avais l’impression qu’elles émanaient des discours médicaux contradictoires. J’aspirais à une seconde grossesse sereine, pour réparer quelque chose du vécu traumatique de la première. Aujourd’hui je culpabilise de ne pas y être parvenu, voilà un premier deuil à faire. Lire la suite

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Ce que je partage de ma grossesse et ce que je garde pour nous

Je suis plutôt secrète sur cette deuxième grossesse. Malgré tout, au bout d’un moment (peut-être celui où le nombril dépasse les tétons et où le chaland ne se demande plus si j’ai abusé de la tartiflette ou si j’ai une brioche au four) la maternité devient une affaire publique et on se retrouve confrontée à certaines questions.

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Voilà en gros ce que j’en dis: Lire la suite

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Cacher sa grossesse

Je pourrais compter les personnes au courant de ma grossesse sur les doigts d’une main. Il me faudrait peut-être rajouter une deuxième main pour caser tout le monde. Et occulter le fait que l’annonce public sur mon blog augmente exponentiellement ce nombre, mais le virtuel ne compte pas non? Ah oui, et il faudrait ôter le personnel médical tant qu’on y est. Bon finalement y en a du monde, mais il manque certaines personnes importantes. Lire la suite

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De l’abominable premier trimestre

Je n’ai pas la grossesse épanouie. Pour mon premier, j’ai vécu presque neuf mois d’aliénation utérine, de maux physiques divers et variés et surtout d’angoisses, d’angoisses et d’angoisses. Je leur pèterais toutes les dents à ceux qui vous disent, sourire en coin, que la grossesse n’est pas une maladie. Comme pour justifier de ne pas laisser leur place dans le bus et de ne pas vous aider à porter vos courses. La gueule de bois n’est pas une maladie non plus. Pourtant on peine à travailler dans cet état (sauf les étudiants d’accord, mais je n’ai plus vingt ans non plus). On resterait bien au lit toute la journée plutôt que de s’occuper des enfants, du ménage, des papiers… Et bien la grossesse, c’est trois mois de gueule de bois continue sans le plaisir du mojito et sans avoir trois mois de dimanches à comater sur le canapé. On enchaine avec trois mois moins pires. Mais il ne faut pas se leurrer, le deuxième trimestre, c’est juste la grippe entre la peste et le choléra. Ensuite, on poursuit avec une immersion en boot camp : dix kilos (au moins) de barda, le manque de souffle à chaque mètre parcouru, l’impression de d’attaquer l’Everest à chaque escalier, la bile au fond de la gorge, les rations de survie puisque plus rien ne passe, la douleur un peu partout et cette incertitude de ce qui nous attend au bout du chemin. Je passe sur le bouquet final de l’accouchement qui n’a rien de final puisqu’après il y a le braillard, les pleurs du soirs, les coliques, les dents, l’angoisse de séparation, la crise des deux ans …. Ça y est, j’ai fait fuir toutes les nullipares. Lire la suite