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Mon tire-allaitement

J’allaite comme j’accouche, en trichant. J’ai l’impression de choisir la facilité, l’artificiel. Ce n’est pas naturel, je me sens un peu moins mère car j’ai l’impression d’être assistée. Et pourtant c’est loin d’être facile, ni la césarienne, ni le tire-allaitement. Sous d’autres latitudes ou à un autre siècle, nous n’aurions peut-être pas survécu à mon premier accouchement et il est presque certain que nous serions morts lors de la deuxième grossesse. Voilà, je dis ça juste pour balayer un peu ma culpabilité, ménage de printemps.

Pour mon deuxième bébé, né trop jeune et trop petit, c’est avec des bouts de plastique que j’ai initié ma lactation. Il était loin de moi et surtout incapable de manger seul, on n’avait pas tellement le choix. Drôle de début pour un allaitement, le tête à tête avec une machine (enfin plutôt le téton à téterelle). Lire la suite

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Sein : 1 – Biberon : 1

« Il faut tirer votre lait six à huit fois par jour au minimum. Toutes les trois heures. La nuit aussi. Et ne jamais laisser plus de cinq heures entre deux expressions. Il faut produire 700 à 750ml au bout de 10jours! » La consultante en lactation me fixait l’air sévère tandis que j’opinais du chef. C’était l’heure du tirage, elle commence à me masser les seins et les aréoles. Je lui avais pourtant dit que j’étais du genre pudique. Elle me branche et me montre la méthode de la compression. Elle a mangé un rat mort à midi, je suis de plus en plus mal à l’aise. Le lait ne coule pas beaucoup. « Vous n’avez peut-être pas eu votre montée de lait finalement« . Beurk, le rat mort avait dû manger des crottes de poney. J’arrête tout et la mets fermement dehors. Je jette les quelques gouttes recueillies puis je lave mon petit matériel et mes seins tout gonflés, parce que « si pétasse, j’ai eu ma montée de lait mais j’aime pas qu’on me tripote sans m’avoir courtisée un peu« . Lire la suite

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Du cas du petit déjeuner

Mesdames, Mesdemoiselles, à l’âge où les visites pédiatriques ne sont plus aussi fréquentes, les occasions de glaner des conseils de spécialistes s’appauvrissent; j’en appelle aujourd’hui à vos avis d’expertes aguerries pour résoudre l’épineux cas du petit déjeuner.

Cela débute toujours à peu près de la même manière. Lire la suite

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De ma cuisine Montessori

La pédagogie Montessori ne se résume pas par des jouets éducatifs moches et chers ou des bricolages de maman à base de rouleaux de papiers toilettes, de bouteilles en plastique et de grains de riz. Grâce à l’observation de l’enfant, cette approche vise à développer les compétences du petit au moment où elles apparaissent. Voici mon interprétation au diner : Lire la suite

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Des rôles de mère : celles que je ne suis pas

Il y a quelques temps, j’avais croisé sur facebook un article qui relatait le salaire que devrait percevoir une mère au foyer. Un petit calcul dont le but était surement de rappeler, au cas où quelqu’un (un homme?) en doutait, les multiples rôles que tenait une maman et les multiples tâches de la femme. De façon plus ludique, Maman Louve a aussi écrit un joli billet à ce sujet. En tant que jeune mère, je me suis reconnue dans ces articles (surtout dans le potentiel financier du premier ). En tant que maman, en tant que femme mais aussi en tant qu’humain (les hommes ne sont pas en reste) nous avons tous plusieurs cordes à nos arcs pour nous permettre de nous adapter aux différentes surprises de la vie. Et pourtant, malgré ma palette de talents incroyables, force est de constater que parfois j’aurais mieux fait de m’abstenir….

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  • Je ne suis pas coiffeuse

Et oui, c’est un métier ma bonne dame! Autour du premier anniversaire de Putois, j’ai commencé à trouver ses cheveux trop longs. Lui aussi sans doute puisqu’ils les avait dans les yeux.Il t avait des mèches courtes et des plus longues. Bref, c’était n’importe quoi. Pour si peu, je ne me sentais pas de l’emmener chez le coiffeur. En plus à son âge, je n’étais pas sur qu’il soit calme. J’ai donc dégainé les ciseaux à ongles de bébé, ils coupent bien et ont des bouts ronds (notez que je me coupe la frange moi-même avec des ciseaux à ongles …) et j’ai débroussaillé. J’ai égalisé par ci, par là, le résultat était potable. Les cheveux ont repoussé, j’ai recommencé. Entre temps, j’avais extirpé un super hélicoptère de son carcan de plastique et de carton grâce aux dits ciseaux qui du coup ne coupaient plus des masses. La coupe s’est révélée un peu plus sportive, le bébé plus gigoteur , les ciseaux moins coupeurs. Au final rien de transcendant. Au moins il ne ressemblait plus à une fille, mais peut-être que s’il était allé à l’école, on se serait moqué de lui… Bah les cheveux ça repousse. Du coup il faut les recouper. La troisième c’est la bonne. J’ai racheté des ciseaux (ne serait ce que pour les ongles) et essayé de trouver des vidéos sur youtube. Au final, je ne sais pas si j’ai coupé trop court ou pas assez mais j’ai envoyé un texto à Papa Breizh : Je crois que j’ai fait une bêtise, j’ai ressuscité Jeanne d’Arc.

 

  • Je ne suis pas auteur-compositeur

Bien avant la naissance de Petit Putois, bien avant de connaitre Papa Breizh, j’avais inventé une berceuse. Comme ça, comme il m’arrive parfois de chanter à tue tête n’importe quoi genre ‘ouh il y a un chien par la fenêtre, il pisse contre le mur. Il promène son drôle de maitre, qui sent l’œuf dur‘ (oui, je viens de vous l’inventer en direct live, j’ai pas encore la choré.). Mais cette berceuse, j’avais retenu les paroles (oui, il y avait quatre phrases). J’ai commencé à la chanter à mon jeune bébé pendant ses crises de pleurs du soirs … ouais bon ben il n’en avait rien à faire! Il préférait le sein. Et de toutes façons, mon fils préfère Maitre Gims… *smiley qui se pend avec ses propres cheveux* (Notez que je laisse tourné la vidéo en fond sonore …)

 

  • Je ne suis pas pédiatre

Mais heureusement j’ai Google. Recherches : Selles vertes, selles comme des crottes de lapins, selles oranges après avoir mangé des carottes, rhume bébé 3 mois, rhume bébé 4 mois, rhume bébé 5 mois, rhume bébé 6mois, pourquoi mon bébé a toujours le rhume, reflux gastro-oesophagien, toux bébé quand consulter, mon enfant saigne de l’oreille … Encore aujourd’hui, je ne sais pas toujours quand l’emmener consulter. C’est souvent la Nounou, bien plus inquiète que nous, qui nous pousse. Après 17 mois de pratique des microbes Putoiseques, à chaque symptôme inhabituel, je ressens un mélange de résignation (encore!), de déploiement de plan de l’état major (bon alors, je quitte le travail à 14h30, je prends le train de 15h, je prend une couche, j’emprunte une compote, j’appelle le pédiatre, et à 18h on devrait pouvoir y être … ) et puis quand même un peu de panique maternelle (mon dieu, c’est surement une tumeur au cerveau ou un lupus, nan, c’est jamais un lupus).

Dans la même case, je suis une piètre infirmière. Une fois, j’ai mis une demi-journée et trois allers-retours au laboratoire(situé à une demi-heure de chez nous) pour recueillir de l’urine pour une suspicion d’infection urinaire. Une autre fois, je l’ai un peu fait saigner de la narine tant il se débattait pendant le lavage de nez. Et ne vous raconte même pas nos réveils de la semaine dernière où le Putois avait huit médicaments à prendre le matin pour une conjonctivite-otite-bronchite.

En Avril, ne te découvre pas d'un fil ... ou tu finiras chez le pédiatre!

En Avril, ne te découvre pas d’un fil … ou tu finiras chez le pédiatre!

 

  • Je ne suis ni assistante maternelle ni éducatrice

Je ne suis pas payée pour m’occuper de mon fils. Je le fais par plaisir (souvent) et par obligation (parfois … oh eh, non je ne suis pas une mère indigne, mais de temps à autre j’aimerais mieux me prélasser  dans un bain avec un bon polar plutôt que changer une couche qui pue). Je ne sais pas quoi faire dans un parc, j’ai souvent la flemme de sortir (il pleut, la poussette pèse quinze tonnes et Putois trouve insupportable d’enfiler sa veste). Le samedi on fait les courses, Putois passe une demi-journée dans sa poussette ou dans un caddie, rien de follement excitant pour un petit. Le dimanche, on fait ce qu’on peut, et Putois fait ce qu’il veut. Heureusement il a une Nounou pour la crèche,la sociabilisation avec d’autres enfants, l’éveil musical, le lieu d’accueil parents enfants, tous les squares du quartiers, les piscine à boules …. A la maison il développe son imaginaire (en s’ennuyant) et on favorise la motricité libre (en le laissant courir après le chat), c’est déjà ça. Parce qu’il parait qu’il faut aussi que je soit aussi une bonne femme d’intérieur, une bonne maitresse (pour mon compagnon, pas une maitresse d’école), que je m’épanouisse dans mon travail et que je prenne du temps pour moi … alors dans tout ça j’ai pas le temps de lui apprendre l’alphabet chinois (c’est l’avenir) en écoutant Mozart, et puis j’ai pas envie non plus.

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  • Je ne suis pas créatrice de mode

Pendant ma grossesse, j’ai voulu tricoter pour le futur bébé. Comme je n’étais pas sure d’y arriver, n’ayant à mon actif que des écharpes, j’ai testé un modèle avec de la vieille laine qui trainait, grosse pelote d’acrylique rouge qu’on trouve en supermarché. Ca s’est révelé bien plus complexe que prévu, long et douloureux (j’avais beaucoup de douleurs aux dos et aux côtes en fin de grossesse). Arrivée aux manches, je n’avais plus de rouge. Juste du vert foncé et du vert clair … j’ai fais des rayures . Au final, j’ai gardé cet essai de gilet vu la sueur qu’il m’avait couté. Cependant  je ne l’ai jamais mis à Petit Putois car le vêtement est quand même bien moche. J’ai ensuite acheté de la laine grise dans une jolie matière pour refaire ce gilet. J’ai trouvé que c’était un peu terne, j’ai mis de l’acrylique turquoise pour les manches : mauvaise idée! Note pour les futures tricoteuses, l’acrylique n’est pas assez précieux pour les petits trésors. J’ai voulu le laver: re-mauvaise idée. Je me suis retrouvé avec un gilet tout feutré. Des jours de travail foutus en l’air! J’avais fait des petits chaussons coordonnés. Petits avant lavage, minuscules après. Ils ont servi de gants. Une fois. Je lui ai tricoté un béguin avec de la laine récupérée, je crois qu’il le gratte. J’ai acheté de la jolie laine toute douce pour faire un bonnet qui ne pique pas, de la laine fine qui met une éternité à se tricoter. J’ai réussi à faire quelque chose qui est à la fois trop grand et trop petit … Et puis il y a aussi cette écharpe que j’ai déjà recommencé deux fois et qu’il faut que je recommence une troisième fois …. Promis, quand il entrera en maternelle, et sera soumis aux regards de ces pairs, j’arrêterai (et je ferai un autre enfant pour  avoir un autre cobaye).

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  • Je ne suis pas conceptrice de jeux éducatifs

J’ai voulu faire des bouteilles à paillettes. J’avais un tourniquet à épices avec des petits contenants en verre, suffisamment épais pour ne pas être cassables. Je me suis dit chouette, j’envisageais même de le repeindre en mint. J’ai mis de l’eau, des paillettes bleues et des pompons. Le verre pour les bébés, c’est pas une bonne idée (pire que l’acrylique). A cette époque, Putois maitrisait doucement le maniement des objets. Il l’a lâché sur son visage et s’est ouvert la lèvre. J’ai mis des paillettes argentées dans un deuxième pot et j’ai bien surveillé. Au bout d’un moment j’ai vu que Putois brillait, la bouteille fuyait (ou il me faisait un remake de Twilight). J’ai bazardé les bouteilles à paillettes et refilé le tourniquet à épices. Plus tard, j’ai mis du riz dans une bouteille en plastique. Les maracas du pauvre. Quand Putois croisait la bouteille, il la secouait, ça faisait du bruit, ça le faisait marrer, deux secondes. Quand le chat croisait la bouteille, il lui filait un coup de patte, ça faisait du bruit, ça l’interpellait, deux secondes. La bouteille était moche, je l’ai jetée. Plus tard, on a joué avec des petites nouilles, des orechiette de Barilla, que je recomptais frénétiquement toutes les trois minutes pour vérifier qu’il n’en avalait pas une au passage. Il adore les transvaser, les mettre dans une petite bouteille (oui il faut toujours une bouteille dans le jeu). Grâce au Carnet d’Emma, on a remplacé les pâtes par des pompons et je flippe moins. Bon du côté de l’inventeur de jeu, j’ai mal démarré mais je m’améliore quand même. Le jeu des petites nouilles lui plait autant que les Tut tut bolides.

Dans un autre registre, je me suis aussi lancé dans la création de doudous en crochet. Bon les peluches, il n’en a jamais eu grand chose à faire. Alors j’ai mis des petites clochettes dedans pour qu’ils fassent du bruit quand on les secoue, l’intérêt augmentait déjà. Et puis je les ai laissé dans son lit. Du coup maintenant pour s’occuper il les cache derrière son tour du lit (ou alors c’est parce qu’il les trouve hideuses). Et l’autre jour, victoire, ils les a trimballées dans tout l’appartement pendant au moins un quart d’heure!

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  • Je ne suis pas décoratrice d’intérieur spécialisée dans les chambres de bébé

J’étais pleine de bonne volonté. J’ai épinglé de jolies photos sur Pinterest. Mais la décoration de la chambre de Putois se compose d’un amoncellement de cartons de couches remplis de couches ou de vêtements de la taille naissance jusqu’à quatre ans. Et puis d’une poussette, d’un couffin trop petit, d’une baignoire de bébé … Quant au sol, il est jonché de tout ce qui tombe à portée de main de Putois (au moins on ne voit pas la poussière). Oui je ne suis pas très douée en ménage, mais vous admettrez qu’avec un enfant c’est parfois compliqué.

 

  • Je ne suis pas chef trois étoiles (ni deux, ni une)

Peut-être c’est parce que j’ai mangé n’importe quoi durant mon allaitement (à ma décharge, je n’avais pas le temps de cuisiner), peut-être que c’est parce que son premier repas solide consistait en une carotte oubliée dans le frigo ou peut être est-ce hérédiataire puisque Papa Breizh préfère la purée Mousseline que la mienne. Quoiqu’il en soit Petit Putois sait se faire comprendre quand il n’aime pas. Ça fait bien longtemps que j’ai renoncé aux compotes maison, toujours boudées au profit des compotes industrielles. Et non, ce n’est pas toujours bons, parce que la pomme vanille bio de Leclerc, elle pue le chimique. Mais bon, les bonnes pommes bio de maman puent aussi du cul faut croire. En plus après la frénésie du je-veux-goûter-à-tout, nous sommes dans la période où le bébé refuse tout et hurle parfois (j’en profite qu’il ait la gueule béante pour lui coller une cuillère dans le bec, souvent il se rend compte qu’il aime en fait…). Il ne mange que ses marques préférées. Si je lui mets un petit suisse dans un bol, il hurle et refuse de manger. Si je trempe directement la cuillère dans le pot devant lui, il ouvre grand la bouche … Le pompon était quand même l’autre soir, j’avais préparé du hachis parmentier. Il a refusé de gouter. Par contre il a dévoré les cornichons ….

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  • Je ne suis pas photographe

Et pourtant j’y travaille. J’ai même acheté un reflexe et lu un livre sur le sujet. Ca doit être la lumière. Ce n’est clairement pas le modèle qui est le plus beau bébé du monde! Cela dit sur les dizaines de photos que je fais il y en a toujours au moins une où Putois a un minois charmant, une qui n’est pas floue, une qui a des jolies couleurs, une sur laquelle on ne voit pas le bordel derrière … Toujours au moins une qui remplit une de ces conditions, mais jamais aucune qui les remplit toutes …

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Enfin bon, je fais ce que je peux, c’est déjà ça. Et puis au final on se marre bien, on se câline beaucoup! Et au moins avec sa coupe au bol, son tricot à la mode du père noël est une ordure et son haleine de cornichon, personne ne me le piquera mon Putois!

Et chez vous, on gère comment le costume de super maman?

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Des habitudes de vacances : celles qu’on rapporte dans nos valises et celles qu’on laisse tomber

L’été et les congés de Nounou ont sonné le glas de nos premières vacances à trois. Nous avons opté pour la solution de facilité: le séjour chez les grands parents (ceux de Putois, pas les nôtres). Nous avons donc traversé la France, direction l’Ouest, ses températures douces (ils pensent que la canicule est une légende urbaine) et son air iodé.
A l’heure où j’écris, ces premières vacances ne sont qu’un tendre souvenir. J’ai adoré profiter de mon fils (et de son père) au quotidien. Ce fut aussi l’occasion de briser la routine et peut-être de s’inspirer de ces nouvelles habitudes pour la rentrée.

Le cododo. Bébé Putois a passé ses premières nuits, son petit corps de nouveau né lové dans mes bras de primipare. La question de l’étouffement par écrabouillement maternel ne se posait même pas pour une jeune mère fraichement césarisée (parce qu’on m’a découpé le ventre, pas parce qu’on m’a récompensé de ma belle carrière cinématographique) à qui chaque mouvement arrachait une grimace de douleur. De retour à la maison, le nourrisson a ‘passé ses nuits‘ dans un couffin en osier posé entre nous dans le lit. Deux semaines et demi après, il a rejoint sa chambre pour le bien de tous. Pendant ces vacances, chez Papi et Mamie Breizh, le lit de Putois (ancien lit de Papa Breizh repeint et affublé d’un matelas neuf) était dans notre chambre.  Je n’avais qu’à tendre la main pour caresser le poupon. Quelques barreaux et un tour de lit matelassé pour nous séparer. Constat : Putois gigote beaucoup dans son sommeil. Je comprend maintenant pourquoi je le retrouve tout en bas de son lit au petit matin. Constat n°2 : Putois ronfle (je ne sais vraiment pas de qui il tient ça…). En conclusion, notre première nuit a été catastrophique, rythmée par tout ces petits bruits de bébé. La deuxième nuit fût ‘moins pire’ puis on s’est habitué. Le point positif résidait dans les câlins du matin. Je le prenais et le déposais entre nous afin qu’il (et surtout nous) se réveille paisiblement. Suçage de pouce et gros sourires de son côté, rab de marmottage du notre. Je reste quand même plus tranquille à aller vérifier une ou deux fois dans sa chambre plutôt qu’à rester suspendue à sa respiration toute la nuit (« purée, quand est-ce qu’il va s’arrêter de ronfler ? » … « Mince je ne l’entends plus, est-ce qu’il va bien ? »).
Verdict : Le cododo pour les vacances (s’il n’y a pas le choix).

Les petits pots. Quand ma mère m’a demandé quelle marque de petits pots acheter , j’étais horrifiée à l’idée de lui donner de la nourriture industrielle. Moi qui l’avait toujours nourri aux purées maison, avec légumes bio de préférence. Or mes petits frères ont été élevés aux petits pots, contrairement à moi, et force est de constater qu’ils mesurent 20 cm de plus que moi. Après tout, cela pourrait se révéler pratique pour les vacances. Chez Mamie et Beau-Papi Nouille, on a résisté à l’ouverture des petits pots salés les premiers jours. Ma mère adore faire la cuisine et a un potager bien garni. On a ouvert le premier petit pot carotte-semoule-dinde Blédina chez Papi et Mamie Breizh. Ça ne sentait pas dégueu. Dans le même temps j’ai réalisé que quand Nounou m’indiquait que Putois avait mangé carotte-semoule-dinde, il s’agissait plus vraisemblablement d’un petit pot que d’une recette sortie de son imagination. Le lendemain, l’ouverture de pomme de terre-carotte-jambon m’a laissé une impression de pâtée pour chien, même si le bébé n’a pas moufté. Le jour d’après Mamie Breizh ressortait le vieux livre de cuisine pour les bébés de Papa Breizh et se mettait aux fourneaux avec les petits pois de Grand Mamie Breizh. Putois s’est révélé content quoiqu’on lui donne à manger. Enfin presque … car quelques jours plus tard, il a boudé le butternut-carotte-pomme de terre-jambon au profit d’un petit pot ! Pour le sucré, les compotes étaient industrielles. Incroyablement pratique à trimballer pour prendre son goûter sur une plage venteuse / chez une amie de la famille / à l’arrière de la voiture.
Verdict : Même si j’ai deux petits pots salés en réserve ‘au cas où’, je continue les purées maison avec un stock au congélateur. Par contre pour les compotes, je culpabilise moins à donner des pots.

Ne pas avoir d’horaire. Je suis un peu psychorigide sur les horaires … OK, je suis complètement psychorigide! Bébé Putois mange à telle heure, on a tant de temps devant nous avant qu’il ait sommeil puis faim à nouveau … bref, règlé comme du papier à musique. Pour que tout roule, on n’a pas le choix, surtout en semaine . On se lève à 6.00, on le lève à 6.30, l’habillage est à 7.00, le départ de la maison 7.20, le train à 8.21 … la journée est programmée au rythme des aiguilles de l’horloge. Les vacances sont plus tranquilles (les weekends aussi je vous rassure). Malgré tout, pour prévoir des choses, il faut tenir compte des heures de repas et de sieste du petit. Sauf que chez nos parents, je ne suis pas décisionnaire des horaires. Mais commencer à éplucher les carottes à 12.45 alors que le petit dort depuis deux heures c’est risqué. Et puis faut bien le dire, mon estomac à moi supporte mal d’attendre. La faim me rend grognon et pourrit les vacances de tout le monde. De même que la fatigue. Alors on va quand même aller au lit le soir, car Putois est matinal (enfin pas tant que ça mais plus que nous).
Verdict : On n’est pas à trente minutes près mais il faut quand même jeter un œil à sa montre de temps en temps parce qu’un bébé a besoin de dormir/manger/être changé régulièrement et que tout ça nécessite un minimum d’organisation.

 

Emmener bébé partout. Je me souviens encore, sans la moindre goutte de nostalgie, des angoisses des premières sorties. Aller chez la pédiatre à quinze minutes à pieds relevait de l’expédition. Et quelle angoisse quand il a fallu quitter l’appartement toute une après-midi pour traiter contre les puces (locataires clandestines découvertes à mon retour de la maternité). Au fur et à mesure, nous avons pris de l’assurance. Nous sommes sortis pour autre chose que les rendez-vous médicaux, nous avons fait des promenades, vus des amis, fait les courses … Du coup nous n’étions pas trop inquiets pour les vacances. Faut dire que Putois nous facilite la tâche. Après tout, s’il est capable de poireauter trois heures à jeun dans un aéroport parce que l’avion a deux heures de retard, ça devrait aller. Alors on a vu la mer et pris le goûter au milieu des rafales marines. On a fait quelques magasins et vu beaucoup de monde. On est même allé au restaurant (grande crainte de Papa Breizh). Il a apprécié souvent mais parfois c’était de trop. Parfois il aurait préféré faire la sieste que de voir un château. Le pire était la journée où on a enchainé la route (dans un siège auto où on ne peut dormir qu’avec la tête qui ballotte), le repas de famille, le tour en ville, le moment à la mer, la visite aux amis de la famille et re la route : là c’était trop! Surtout de s’endormir dix minutes pour se faire réveiller pour changer d’endroit.
Verdict : Bouger avec un Petit Putois, oui mais sans oublier qu’il reste un bébé. Malgré sa docilité, il a besoin qu’on respecte son rythme.

Avoir des grands parents pour garder les enfants. Et pouvoir sortir tous les deux avec chéri. ♥ Nous avions déjà expérimenté lors de la visite de mes parents en février. Nous en avions profité pour faire un saut chez Ikéa et acheter des couches en Allemagne (on a les bonheurs qu’on peut). Là on est allé à la pharmacie et chercher du pain. Oui mais tous les deux. L’avantage est aussi que les grands parents s’en sont occupés tout au long de la journée. Le bonheur de siroter un café sans avoir à s’interrompre pour donner à manger, ramasser un jouet ou jouer un peu. Ce qui est encore meilleur c’est qu’on ne culpabilise pas du temps gagné. C’est vrai qu’à la maison il faut profiter de la sieste pour prendre une douche ou faire la vaisselle. Mais comme on n’était pas chez nous, pas de ménage et pas de cuisine! (On a quand même donné un petit coup de main, on n’est pas des enfants ingrats).
Verdict : oui, oui, oui! Sauf que …  s’il faut faire 1000 km pour faire garder le petit ça va être compliqué. On envisage parfois un rapprochement géographique mais la conjoncture professionnelle est assez merdique. Mais du coup je pense que ma jeune cousine qui fait du baby sitting pourrait être mise à contribution pour une soirée en amoureux.

L’océan. Putois étant à moitié breton, il était primordial de l’emmener à la mer. Je me rappelle encore le bonheur d’être allé nager enceinte (l’eau supportant tout mon poids). La météo bretonne ne nous a pas faciliter les choses. Sa première rencontre avec la plage s’est faite sous un ciel gris avec vents marins. Bonnet sur la tête, veste rembourrée de moumoute et pieds nus trempés dans l’eau salée. Putois a aimé. Il a souri à l’océan dès la sortie de la voiture. Quelques jours plus tard un autre essai par temps plus clément. Bien que fatigué ce jour là par un programme chargé, Putois n’a pas moufté contre la fraicheur de l’eau et a exploré le sable avec beaucoup de curiosité. (Et je vous raconte même pas le beau gosse dans son maillot de bain rouge qui ferait pâlir d’envie David Hasselhoff). Je me réjouis d’avance de l’âge des châteaux. Putois a également apprécié la piscine gonflable bien sympathique par temps chaud.
Verdict : Difficile de rapatrier l’océan (faut attendre la fontes des calottes glacières) mais on envisage de l’inscrire aux bébés nageurs à la rentrée.

Le bain avec son bébé. J’adore les sabins. Putois aussi adore. Les vacances ont été l’occasion d’expérimenter le bain avec lui dans la grande baignoire de mes parents. C’est un moment super sympa. Il faut quand même une tierce personne pour sortir le bébé de l’eau pendant que vous marinez encore un peu. (Il faut aussi que votre petit ne soit pas du genre à ‘polluer‘ l’eau). Dans la même mouvance, on a testé la douche à deux (avec Putois pas avec Papa Breizh). Plus rapide que le bain mais surtout plus acrobatique (la crevette savonneuse est glissante).
Verdict : A refaire! Le bain pour des moments complices et la douche pour les soirs pressés où on n’a pas envie de déballer tout l’attirail (la baignoire, son socle et les canards qui crachent de l’eau quand on appuie dessus).

Manger tous ensemble à table. A la maison, nous mangeons sur le canapé devant la télévision. Oui je sais, c’est mal. La pédiatre nous fait tellement la morale à propos des écrans qu’on finit par lui mentir. En semaine de toutes façons, le petit est au lit à l’heure du dîner. Et le weekend nos horaires de repas sont totalement aléatoires. Pendant  ces vacances,dès qu’on a pu, Putois est venu avec nous à table, fier comme Artaban dans sa chaise haute. Gourmand comme il est, il a voulu gouter à tout ce qu’il y avait dans mon assiette. Les morceaux sont passés avec joie. Et je ne vous parle même pas de l’extase du quignon de pain. Du coup à la visite médicale de retour de congés, Putois avait bien grimpé dans sa courbe de poids.
Verdict : On essaye de continuer même si c’est compliqué au niveau organisationnel. Quel bonheur de le voir prendre tant de plaisir à gouter à tout.

Calin&RisetteHabitudes de vacances

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De la fin de l’allaitement et du début des haricots

Ssssss … Sevrage! Ça y est! On y est!
Ça faisait déjà plusieurs semaines que je m’inquiéte du comportement de Petit Putois au sein. Il s’énerve, tire sur le sein, le lâche et le reprend sans cesse, pleure … Manque de lait? Préférence pour le biberon de Nounou qui coule plus vite? Mamelons trop poilus? Le verdict est tombé à la dernière visite pédiatrique : le bébé n’a pris que cent malheureux petits grammes. Du coup en route pour l’introduction de solides.

En parallèle, le tirage de lait au boulot devient de plus en plus pénible. Je vois les quantités réduire et j’angoisse de ne pas avoir de quoi nourrir mon bébé. C’est un peu absurde parce qu’à la base je voulais faire ces tirages pour entretenir la lactation et je me disais que le petit pourrait très bien boire du lait artificiel. Et puis en voyant que j’arrivais à fournir assez, je me suis mis en tête de le laisser au lait maternel exclusivement. Et si j’étais fière de moi au départ, c’est devenu une source d’angoisse les derniers temps.
Si tu suis toutes mes histoires, tu sais que le début de la diversification rime aussi avec une proposition de travail à temps plein que j’ai …. acceptée (après avoir tenter de négocier un 80%). Il veulent que je commence vite. Dans deux semaines. Je n’ai pas envisagé de continuer à tirer mon lait et de commencer un nouveau job en même temps. J’ai bien pensé que la diversification pourrait rendre les choses un peu plus cool, peut-être réduire à un tirage par jour. N’empêche qu’il faut quand même se trimballer le tire lait, trouver un peu d’intimité, stocker le lait, rentrer en vitesse et faire bouillir le lait (et oui, mon lait se prédigère et prend un goût de savon si je ne le fais pas chauffer avant de le stocker) puis donner le sein au petit.
La semaine dernière a été particulièrement acrobatique. J’angoissais déjà depuis la semaine précédente à la vue de mon planning chargé. Bien sûr il s’est rajouté des choses et des pleins de gens en retard. Du coup mardi soir je rentrais déjà avec trop peu de lait. Je m’étais dit que j’allais encore essayer de tirer avant de me coucher. Quand je suis rentrée, Putois était affamé et s’est jeté sur le sein. Mais le dernier tirage avait sans doute eu lieu trop tard et il restait affamé alors que mes seins était vidés. J’ai donc complété avec le lait tiré dans la journée. Du coup, je n’ai pas tiré le soir et je me suis sentie soulagé. Le lendemain j’ai dit à Nounou de lui donner du lait artificiel à quatre heure.

Je suis partie sur cette idée de supprimer la tétée goûter et de garder celles du matin, du midi et du soir. Du coup mercredi et jeudi je n’ai tiré mon lait au travail qu’une seule fois.Et c’était un soulagement. J’envisageais mes vacances (cette semaine) avec le bonheur de profiter encore un peu de mon tout petit avant de travailler beaucoup. Je me sentais légère de ne pas devoir me lancer dans un marathon de nichonage pour booster ma lactation fatiguée. Alors sans culpabilité, vendredi à l’heure du goûter je lui ai donné le biberon.

Calin&RisetteFinAllaitement

Voilà ce que j’avais envie de vous raconter vendredi soir. J’avais envie de vous dire que même si j’avais un petit pincement au cœur, ce sevrage se faisait sans culpabilité.
Et puis il y a eu samedi. Je me suis dit que le sevrage tombait bien et en partant au supermarché j’ai mis dans la poussette un biberon d’eau et du lait en poudre. Quand Putois a commencé à montrer de sérieux signes de faim on s’est précipité vers la voiture (non sans heurts à cause d’histoires de sachet qui s’envole et de liquide vaisselle oublié). A la vue du biberon le petit s’est réjouit. Une fois en bouche, il a grimacé sévère. Pas moyen de lui faire avaler alors qu’il avait grave la dalle. Le retour s’est fait dans une ambiance électrique. Putois était partagé entre pleurs et éclats de rire. Je tentais en effet de le divertir de sa faim, lui tentait d’attraper son pouce ce qui est impossible dans son siège bébé (petits bras + grosse ceinture = pas de pouce). En arrivant j’ai mis le bib’ au micro onde (oh oui, ne grogne pas, on fait ce qu’on peut, je sais bien que le micro onde c’est mal et que ça tue des bébés phoques) et là, il l’a enfin avalé. Alors c’était ça, mon bébé était devenu un petit gourmet qui n’acceptait son biberon qu’à la bonne température? C’est vrai que la veille je lui avais présenté chaud sans trop y réfléchir. Mais Bébé Putois était en mixte de ses trois semaines et demi à ses deux mois, et il en a bu des biberons à température ambiante sans se plaindre. C’est vrai aussi que depuis il a rarement eu des biberons de lait artificiels.Les seuls biberons qu’il a sont du lait maternel chez la Nounou qui doit certainement lui offrir chauds (enfin j’espère car le lait sort du frigo et est parfois même congelé).
Dimanche après-midi je lui présente donc le biberon chaud. Grimace et refus. Au bout d’un moment, Papa Breizh prend le relais et arrive péniblement à lui faire avaler quelques 90ml. Lundi pas moyen de descendre une seule goutte. Je m’interroge sur la marque de lait (que pourtant il avait déjà bue petit). J’essaye un autre lait (une boite que la Nounou m’a rendue car ouverte il y a plus d’un mois). Rien à faire (en même temps elle est ouverte depuis un mois et demi…). Par contre il se jette sur la compote que je lui propose après. Et nous c’est le lait qu’on jette. Le soir il tète mal, quelques minutes seulement. Ce midi c’est pareil, il n’a que du lait de début de tétée tout clair. Mais il ne veut pas téter plus. Pourtant il a faim car il dévore la purée ensuite. En plus je sens que ma production de lait diminue.
Je redoute déjà l’heure du goûter!