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Le cas de la propreté

L’éducation à la propreté n’a jamais été une phase qui m’emballait dans la vie de parents. Non pas que j’adore nettoyer des fesses ou me lever la nuit mais si j’avais à choisir … d’accord, on ne choisit pas, on prend le package complet. Quoiqu’il en soit, j’ai toujours tenu ça à distance en me disant « on verra« . Dans ma tête, on était propre vers trois ans. Dans ma tête, c’était le fruit d’un long travail de conditionnement skinnerien à base d’encouragements parentaux hystériques pour quelques gouttes d’urine dans un pot en plastique. On lavait beaucoup de petits shorts en éponge mouillés, on passait la serpillère quelques fois. Et surtout on restait assis longuement à côté du pot, en essayant de distraire le bambin pour qu’il oublie son désir gambader partout en espérant qu’un fluide finisse par sortir de son corps pour qu’on puisse applaudir (histoire qu’il comprenne le principe). Il fallait aussi trouver un endroit où se soulager urgemment au milieu de la rue alors que dix minutes avant on avait bien insisté dans tous les sens pour emmener le môme aux toilettes. Bref, l’idée ne me séduisait pas des masses. Lire la suite

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Trois mois à quatre : avoir deux enfants

Dimanche matin tôt, sept heures et demi, j’entends des grognements, le bébé s’agite. Je pourrais feindre de les ignorer mais ils se transformeraient en hurlements. Je tente la tétine sans succès. Ça fait à peine deux heures que je suis recouchée, trois heures qu’il a mangé. Je l’informe sur le ton du reproche que ce n’est pas l’heure. Il s’en fout, il n’a pas de montre. Lire la suite

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Aime-t-on autant son deuxième enfant?

Lorsque mon premier fils est né, j’ai mis du temps à l’aimer. Le temps qu’on s’apprivoise. Je savais que je n’aurais pas le coup de foudre, que cet accouchement ne serait pas le plus beau jour de ma vie et qu’il nous faudrait du temps. J’ai été mère rapidement, il m’a fallu quelques semaines pour devenir maman. Pour moi, la mère est celle qui nourrit, protège contre les dangers, veille à la satisfaction des besoins primaires. La maman est celle qui câline, qui lit des histoires, fait la folle et donne du chocolat. La maman, c’est celle qui aime. Être mère, c’est l’instinct maternel, c’est animal. Être maman, c’est humain. Lire la suite

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Le grand frère

PENDANT LA GROSSESSE

Quand on a trainé Petit Putois à la première échographie, on n’a pas trop réfléchi à l’impact que ça pourrait avoir. Il était là, on était là, c’était un jour sans nounou, on a embarqué trois jouets, deux pom’pots et roule la poussette. Quand on a passé la porte de la salle de consultation la sage femme l’a regardé et a dit « Voilà la grand frère. ». Le grand frère? Mon tout petit bébé? Ça nous a fait tout drôle au papa et à moi. Lire la suite

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Mon tire-allaitement

J’allaite comme j’accouche, en trichant. J’ai l’impression de choisir la facilité, l’artificiel. Ce n’est pas naturel, je me sens un peu moins mère car j’ai l’impression d’être assistée. Et pourtant c’est loin d’être facile, ni la césarienne, ni le tire-allaitement. Sous d’autres latitudes ou à un autre siècle, nous n’aurions peut-être pas survécu à mon premier accouchement et il est presque certain que nous serions morts lors de la deuxième grossesse. Voilà, je dis ça juste pour balayer un peu ma culpabilité, ménage de printemps.

Pour mon deuxième bébé, né trop jeune et trop petit, c’est avec des bouts de plastique que j’ai initié ma lactation. Il était loin de moi et surtout incapable de manger seul, on n’avait pas tellement le choix. Drôle de début pour un allaitement, le tête à tête avec une machine (enfin plutôt le téton à téterelle). Lire la suite

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Sein : 1 – Biberon : 1

« Il faut tirer votre lait six à huit fois par jour au minimum. Toutes les trois heures. La nuit aussi. Et ne jamais laisser plus de cinq heures entre deux expressions. Il faut produire 700 à 750ml au bout de 10jours! » La consultante en lactation me fixait l’air sévère tandis que j’opinais du chef. C’était l’heure du tirage, elle commence à me masser les seins et les aréoles. Je lui avais pourtant dit que j’étais du genre pudique. Elle me branche et me montre la méthode de la compression. Elle a mangé un rat mort à midi, je suis de plus en plus mal à l’aise. Le lait ne coule pas beaucoup. « Vous n’avez peut-être pas eu votre montée de lait finalement« . Beurk, le rat mort avait dû manger des crottes de poney. J’arrête tout et la mets fermement dehors. Je jette les quelques gouttes recueillies puis je lave mon petit matériel et mes seins tout gonflés, parce que « si pétasse, j’ai eu ma montée de lait mais j’aime pas qu’on me tripote sans m’avoir courtisée un peu« . Lire la suite