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Et tout à coup deux ans

Ce n’est pas vraiment qu’on n’avait pas anticipé. A Noël, quand son tonton a essayé de lui refiler un petit chien en peluche glané sur un souk marocain, on s’était dit qu’on lui offrirait un cabot jappant pour son anniversaire le mois suivant. Mais aux normes CE. Quand il y a eu les soldes, j’ai pensé à passer au Monop’ qui brade toujours les jouets pour dénicher le petit teckel qui remue du popotin. Mais voilà, c’est ensuite que j’ai merdé. Entre ma reprise professionnelle, la recherche de nounou dans des huitres et l’appel aux élus pour dénicher une place au périscolaire, j’avais un peu zappé l’anniversaire de Malo. Ce n’était pourtant pas faute que mon inconscient m’envoie des réminiscences de mon accouchement et que je me retrouve à y penser en boucle. Voilà donc que je refermais mon agenda et me rendais compte que sa première grosse journée d’adaptation chez la nounou correspondait au jour très spécial de ses deux ans. Culpabilité! Que j’ai un peu fait taire en me promettant de passer ce béni temps libre à faire des gâteaux et à organiser une soirée sympa. Résultat, on a mangé des chips et de la pizza surgelée, quelques muffin que j’avais fait rapidement, et tout le monde a été au lit tôt. Je commençais un nouveau job le lendemain. Bref, ni instagrammable, ni mémorable. Mais à cet âge on s’en fiche un peu. Lire la suite

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Parce que ton anniversaire est aussi le souvenir d’un des pires moments de ma vie

Un an bientôt. Un an déjà. Mon tout petit bébé. Mon grand bébé. Je suis de ceux qui trouvent que cela file trop vite. Même si je suis de ceux qui attendent impatiemment la prochaine étape. Lire la suite

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Du gâteau d’anniversaire entaché de haine

Ce matin là, en passant devant le chambre de la Belette, je l’ai entendu raconter sa journée à son doudou. Il y avait de quoi se réjouir : revoir son papa absent quelques jours, réunir tous les papis et mamies de l’ouest et une journée entièrement consacrée à sa petite personne. J’ai pris dans mes bras le petit tout chaud de sommeil et lui ai murmuré  » joyeux anniversaire » alors qu’il se blottissait contre moi. On est allé réveiller Papa Breizh avec un grand sourire. Puis on est descendu en faisant bien attention de ne pas se casser la binette dans l’escalier. Mon beau père était devant la télévision. Il m’a demandé si je savais ce qui s’était passé la veille au soir. Je ne savais pas. Alors il m’a dit … l’horreur. Et les premières nouvelles de cette journée magique ont été d’abominables récits de haine et de violence.

Le matin je me suis retrouvé en compagnie de plein de gens. On avait beau tous avoir  les fesses bien collées à nos sièges en suédine marron, une partie de nous tous était absente. Certains ont évoqué l’actualité, alors ce n’était pas un cauchemar? Nous avons fait une minute de silence. Une minute révoltante à nous taire car il n’y a pas de mots. De retour en famille, nous avons ouvert du champagne et mangé des choux à la crème, parce que purée, un an mon Grand Chat, ça se fête! Mais y avait comme un goût amer en fond de bouche. A la tombée de la nuit, j’avais comme une impression de dimanche soir plein de spleen. Sauf qu’on était samedi. En fait c’était cette impression qu’à partir de maintenant, rien ne serait tout à fait comme avant.

Il y avait déjà eu la guerre, des kalachnikov contre des crayons. La Crevette était toute petite, on avait déjà du mal à s’en sortir pour dormir et manger alors le reste. C’était comme un bruit sourd à l’extérieur de notre bulle, une déflagration au loin qui fait trembler. Finalement les angoisses de primipares protègent aussi.

Et puis là, ça recommence. Tout juste un an pour mon Petit Poulet et déjà deux drames au dehors. Comment lui expliquer à mon Bébé Ours que dans la vraie vie, ce sont les méchants qui gagnent? Mon Petit Canard qui éclate de rire quand on met son doudou sur notre tête et qui sourit quand on lui chuchote des je t’aime. Ce tout petit bébé que j’ai mis au monde au milieu de ces brutes sans cœur ni âme. Je me souviens d’un épisode de Grey’s Anatomy (on a la culture qu’on a) où la rouquine s’interrogeait sur l’égoïsme d’enfanter au milieu de cette Terre remplie de terroristes. Sa belle mère arguait qu’il était justement important de faire des enfants de de les éduquer pour qu’ils construisent un monde meilleur. Mais est-ce que ça suffira? Parce que là j’ai encore la nausée et le cœur serré.

Mais bande de cons, vous ne saviez pas que ce jour était l’anniversaire de Putois, un jour spécial pour célébrer la naissance de l’être le plus extraordinaire au monde?
Bande de lâches, vous ignoriez qu’au moment où vous détruisiez, y avait peut-être une petite fille qui rêvait de son gâteau d’anniversaire, avec des vermicelles multicolores et des bougies magiques, qu’elle avait eu en ce merveilleux vendredi?
Et bande d’ignares, vous ne savez pas que le lendemain, ce sont les cent ans d’un monsieur aux cheveux blancs? Et cent ans ça se respecte bordel!
Et le surlendemain, bande de cruels, on fête l’anniversaire d’une femme qui sauve des vie et d’un homme qui bâtit des maisons.
Et les jours d’après, celui d’un fils, d’une fille, d’une maman ou d’un papa.
Mais bande d’inhumains, vous ne savez pas qu’il faut respecter chaque jour car il est la célébration de la naissance de quelqu’un et que la vie est la chose la plus précieuse qui existe?

Calin&RisetteGateauAnniversaire