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Du gâteau d’anniversaire entaché de haine

Ce matin là, en passant devant le chambre de la Belette, je l’ai entendu raconter sa journée à son doudou. Il y avait de quoi se réjouir : revoir son papa absent quelques jours, réunir tous les papis et mamies de l’ouest et une journée entièrement consacrée à sa petite personne. J’ai pris dans mes bras le petit tout chaud de sommeil et lui ai murmuré  » joyeux anniversaire » alors qu’il se blottissait contre moi. On est allé réveiller Papa Breizh avec un grand sourire. Puis on est descendu en faisant bien attention de ne pas se casser la binette dans l’escalier. Mon beau père était devant la télévision. Il m’a demandé si je savais ce qui s’était passé la veille au soir. Je ne savais pas. Alors il m’a dit … l’horreur. Et les premières nouvelles de cette journée magique ont été d’abominables récits de haine et de violence.

Le matin je me suis retrouvé en compagnie de plein de gens. On avait beau tous avoir  les fesses bien collées à nos sièges en suédine marron, une partie de nous tous était absente. Certains ont évoqué l’actualité, alors ce n’était pas un cauchemar? Nous avons fait une minute de silence. Une minute révoltante à nous taire car il n’y a pas de mots. De retour en famille, nous avons ouvert du champagne et mangé des choux à la crème, parce que purée, un an mon Grand Chat, ça se fête! Mais y avait comme un goût amer en fond de bouche. A la tombée de la nuit, j’avais comme une impression de dimanche soir plein de spleen. Sauf qu’on était samedi. En fait c’était cette impression qu’à partir de maintenant, rien ne serait tout à fait comme avant.

Il y avait déjà eu la guerre, des kalachnikov contre des crayons. La Crevette était toute petite, on avait déjà du mal à s’en sortir pour dormir et manger alors le reste. C’était comme un bruit sourd à l’extérieur de notre bulle, une déflagration au loin qui fait trembler. Finalement les angoisses de primipares protègent aussi.

Et puis là, ça recommence. Tout juste un an pour mon Petit Poulet et déjà deux drames au dehors. Comment lui expliquer à mon Bébé Ours que dans la vraie vie, ce sont les méchants qui gagnent? Mon Petit Canard qui éclate de rire quand on met son doudou sur notre tête et qui sourit quand on lui chuchote des je t’aime. Ce tout petit bébé que j’ai mis au monde au milieu de ces brutes sans cœur ni âme. Je me souviens d’un épisode de Grey’s Anatomy (on a la culture qu’on a) où la rouquine s’interrogeait sur l’égoïsme d’enfanter au milieu de cette Terre remplie de terroristes. Sa belle mère arguait qu’il était justement important de faire des enfants de de les éduquer pour qu’ils construisent un monde meilleur. Mais est-ce que ça suffira? Parce que là j’ai encore la nausée et le cœur serré.

Mais bande de cons, vous ne saviez pas que ce jour était l’anniversaire de Putois, un jour spécial pour célébrer la naissance de l’être le plus extraordinaire au monde?
Bande de lâches, vous ignoriez qu’au moment où vous détruisiez, y avait peut-être une petite fille qui rêvait de son gâteau d’anniversaire, avec des vermicelles multicolores et des bougies magiques, qu’elle avait eu en ce merveilleux vendredi?
Et bande d’ignares, vous ne savez pas que le lendemain, ce sont les cent ans d’un monsieur aux cheveux blancs? Et cent ans ça se respecte bordel!
Et le surlendemain, bande de cruels, on fête l’anniversaire d’une femme qui sauve des vie et d’un homme qui bâtit des maisons.
Et les jours d’après, celui d’un fils, d’une fille, d’une maman ou d’un papa.
Mais bande d’inhumains, vous ne savez pas qu’il faut respecter chaque jour car il est la célébration de la naissance de quelqu’un et que la vie est la chose la plus précieuse qui existe?

Calin&RisetteGateauAnniversaire

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte II, rencontres et déceptions

Après avoir choisi notre mode de garde, nous avons pris rendez-vous avec cinq assistantes maternelles que nous allions rencontrer chez elles.

* C’était l’hiver. Bébé Putois, Papa Breizh et moi partions à la rencontre de Nounou Potentielle #1. Nous arrivions à sa porte bien que le GPS chercha à nous emmener à la station de tramway la plus proche (était-ce un signe?). Nous étions sans doute aussi stressés qu’elle. Je trouvais son appartement sombre (car les volets n’étaient que partiellement ouverts) mais plutôt ordonné (quoique le tapis d’entrée ressemblait davantage à une couverture, mais qui suis-je pour juger? moi qui me sert d’une couverture comme nappe sur un bureau qui sert d’arbre à chat!). Nous lui expliquons qu’elle est la première personne que nous rencontrons et qu’on ne sait pas forcément comment les entretiens doivent se passer. Elle ne semble pas plus à l’aise que nous. (Je suis revenue au présent/passé composé subtilement n’est-ce pas?). Après tout, c’est un entretien d’embauche pour elle. Mais après tout nous sommes sur son terrain. Elle semble calme (un peu trop) et dit « oui » à tout. Elle a des enfants. Elle accueille aussi deux enfants qui vont déménager dans les jours qui suivent et elle se retrouvera seule. Elle vient tout juste d’avoir l’agrément pour les touts petits ce qui ne nous rassure pas vraiment. De plus elle nous dit que ses enfants n’ont jamais pleuré, du coup on s’interroge sur sa capacité à gérer les cris de Putois. Je garde le petit en écharpe tout l’entretien, il est sage. Elle le regarde mais ne demande pas à le prendre. Mais elle nous explique aussi qu’elle ne laissait pas d’autres gens porter ses enfants quand ils étaient petits. Elle n’auraient d’ailleurs jamais pu les confier à une assistante maternelle …. oups, remarque maladroite à faire à des parents qui viennent te confier leur enfant!
On repart, je suis déçue. Bien qu’on n’ait rien de spécial à lui reprocher, je me sens un peu morose. Je crois que mon fantasme de la nounou parfaite vient de se prendre brutalement la réalité dans le pif. Alors c’est comme ça les assistantes maternelles? Ça m’a déprimée, elle m’a déprimée.

* Autre jour, autre nounou (mais c’est toujours l’hiver). La deuxième nounou potentielle est une dame maghrébine d’un certain âge. Elle nous accueille en présence de son mari retraité qui s’investit aussi auprès des enfants. Elle demande d’emblée à porter Petit Putois. Il est un peu grincheux alors elle le secoue le berce et lui fait changer sans cesse de positions (je me dis qu’il va lui vomir dessus si elle continue). On sonne à la porte. Elle va ouvrir en emportant Bébé Putois. C’est un peu violent pour moi! La petite fille qu’elle garde est arrivée. Elle demande d’emblée un bonbon que le mari lui donne … mouais. Pendant la visite de l’appartement, elle nous montre des lits parapluie qui débordent de vêtements. « Bien sûr si on accueille Putois ça sera rangé. » précise son mari. Bien sûr … Question tarif, elle prend 3 euros de l’heure, mais comme nous demandons une garde à temps partiel ça fera 3,50 euros « si vous êtes d’accord« . Quand elle me rend Petit Putois, il sent très fort la friture.
Finalement Nounou #1 n’était peut-être pas si mal.

* Notre rencontre avec Nounou Potentielle #3 est ma préférée à raconter tant tout est édifiant. A ce stade, il faut que je précise que je suis allée à tous les entretiens avec Bébé Putois en écharpe. Cela semblait, pour un nourrisson d’un mois en sortie dans un lieu inconnu en décembre, la meilleure solution. Lorsqu’elle ouvre la porte, Nounou #3 tique d’entrée en s’inquiétant qu’on le porte trop souvent. En effet, les assistantes maternelles ne pouvant passer leurs journées à porter nos rejetons, il semble tout à fait inopportun qu’on l’habitue à être dans les bras! Nous la rassurons (je ne sais même pas pourquoi) sur le fait que l’écharpe est surtout un moyen de locomotion. Mais peut-être avons nous trop pourri gâté le petit en le portant dès la naissance ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas capable de se déplacer seul à un mois (d’ailleurs le fainéant se fait toujours accompagner chez la nounou à cinq mois révolus!). Nous sommes reçus en présence de son mari (qui nous propose un café) et de ses deux enfants. Elle nous parle d’emblée de son tarif et nous fait les calculs en long en large et en travers.Elle garde actuellement une petite fille depuis qu’elle est bébé mais ses parents ont décidé de la mettre au jardin d’enfants. Elle ne comprend pas ce changement qu’elle a appris au dernier moment. Elle nous parle longuement de ça, en passant par les revenus des parents de la petite fille et par un discours anti-crèche. Le couple pense d’ailleurs que la responsable du RAM fait exprès d’envoyer les gens vers la crèche … Elle se demande si du coup c’est vraiment intéressant pour elle de garder Petit Putois ou si elle toucherait plus au chômage. Elle s’inquiète de l’allaitement car certains bébé refusent de prendre le biberon après. Bordel sombres cons de parents, l’allaitement et le portage sont la hantise des assistantes maternelles! Dressez donc vos enfants correctement! Elle s’inquiète de savoir si Putois ne pleure pas trop, car un jour elle a eu un enfant qui pleurait toute la journée (c’était la faute de sa mère …) et du coup elle l’a rendue. Elle nous parle aussi de l’importance du carnet de santé, nous disant qu’il faut l’amener chaque jour pour suivre l’enfant … euh non, c’est plus un cahier de liaison entre la nounou et les parents qui est important.Elle déclare que c’est bien de prendre les enfants tôt car ils doivent s’habituer très vite à son rythme. Elle nous évoque sa difficulté à trouver des enfants à garder qui serait dû en partie à la présence de son mari d’origine maghrébine (et au fait que la RAM envoie les gens vers les crèches ou vers d’autres nounous). Elle accepte pourtant tout le monde, sauf les noirs. C’est comme ça, par expérience elle a toujours eu des problèmes avec les noirs. Enfin un bon point, je porte bébé et l’allaite mais au moins on est tous blancs comme des culs! L’entretien dure très longtemps, près de deux heures où elle parle surtout de la petite qu’elle garde si injustement retirée par ses parents. Peut-être que c’est parce qu’un jour elle l’a appelé ‘maman‘ en présence de sa mère mais bon ça arrive. Et le mari de demander à la petite qui s’est réveillé entre temps « c’est qui ton papa? ».
Bien sur elle n’a pas demandé à porter Putois, elle ne l’a pas regardé et je ne suis même pas sure qu’elle ait demandé son prénom …

* La quatrième nounou semble consciencieuse, elle prend des notes et nous pose des questions. Bon point en sa faveur. Elle a de grands enfants dont un ado à la maison. Elle a une formation de puéricultrice, d’infirmière, de sage femme et a exercé dans plusieurs milieux dont la crèche collective. Elle a un jardin! Et même un petit potager, du coup c’est purée de légumes du jardin.Elle correspond à tous mes critères et je suis emballée en rentrant. Papa Breizh est un peu plus réservé. son intérieur était très chargé (trop) et il a peur de la casse.

*La dernière Nounou nous reçoit avec sa fille qui prépare un diplôme dans le domaine de la petite enfance. Elle nous parle de sa pratique et nous montre des cahiers avec les photos des tous les enfants qu’elle a gardés. Elle demande à porter Putois à la fin de l’entretien mais me le rend assez vite car il fait chaud dans son appartement et elle ne voudrait pas qu’il sente la transpiration. L’heure tournant, sa fille part chercher les enfants qu’elle garde déjà : quatre petits garçons. Ils ont vraiment l’air de s’amuser chez elle. Mais ça fait beaucoup de chahut et je devrais modifier mes jours de travail pour m’adapter à ses gardes (elle ne peut avoir que quatre enfants au maximum). Pas de possibilité donc de travailler plus. De plus il faudrait qu’on fournisse la poussette et c’est celle qui habite le plus loin. Cette nounou m’est vraiment sympathique mais l’aspect pratique est compliqué.

Et maintenant le plus difficile à faire, c’est le temps du choix! Autant pour certaines c’est évident (NON!) mais pour d’autres…

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De ma drôle de journée, des grands huit émotionnels et des choix cornéliens

Le vendredi est le premier jour de mon weekend (qui dure jusqu’au lundi). Vendredi, Petit Putois nous réveille à 6h00. Bien avant l’heure à laquelle on se lève quand on va travailler. Bien, bien, bien avant celle du weekend. La tétée dure vraiment beaucoup plus longtemps que d’habitude (alors que le matin on est spécialement efficace). Du coup on se retrouve bien réveillés tous les deux . Sachant qu’on a rendez vous chez la pédiatre plus tard dans la matinée, je renonce à me recoucher. Putois lui retournera faire une petite sieste après que Papa Breizh sera allé au travail(ça fait bizarre avec de l’indicatif).

9h30, je suis en culotte dans ma salle de bain et je m’oins le corps pour pallier ma peau toute sèche. Le travail m’appelle. Au sens propre. Mon téléphone sonne et c’est le numéro du bureau. C’est rarissime. J’ai eu quelques appels pendant mon congé maternité par des collègues qui voulaient des nouvelles. Mais jamais de travail en dehors des heures de travail. Je me demande pourquoi alors je réponds car c’est encore le meilleur moyen de le savoir. J’ai toujours les seins à l’air, la situation est délicate. La secrétaire m’informe que le chef d’une autre service a cherché à me joindre plusieurs fois sans préciser pourquoi mais cela semblait urgent. La secrétaire a refusé de donner mon numéro de portable et a dit que je ne travaillais pas (quand je vous dis qu’on ne me dérange pas le weekend). La chef de service a dit qu’elle m’enverrait un mail dans l’après midi, la secrétaire me transmet donc l’info.
Je vais de ce pas voir mes mails même s’il est encore trop tôt et que je suis toujours plus qu’à moitié nue. J’apprends alors par une autre collègue que si le chef de cet autre service cherche à me joindre c’est pour me proposer un poste suite à l’absence prolongée de quelqu’un. Un poste auquel j’avais postulé il y a un peu plus de deux ans. C’est drôle parce qu’il y a trois semaines, on m’avait aussi rappelée pour un poste où j’avais candidaté il y a deux ans (j’avais eu le poste mais eux n’avait pas eu les subventions pour le créer…).
J’ai mis cinq ans à trouver du travail après mon diplôme. C’était un mi-temps, un CDD, un remplacement de congé parental. Il devait y avoir une augmentation de temps de travail qui ne s’est jamais faite(toujours ces histoires de subventions). J’ai enchainé avec un autre mi-temps, celui que j’occupe actuellement. Trois ans et demi de CDD, à flipper qu’ils ne me renouvellent pas, surtout après mon congé maternité. J’ai cumulé avec un autre mi-temps quelques mois mais l’expérience n’a pas été fructueuse car l’autre travail était… disons que les collègues étaient…et les conditions de travail … bref ça n’a pas marché. J’ai envoyé des lettres de motivations et passé des entretiens (dont deux avec cette chef de service) mais rien. Et maintenant que j’ai un tout petit bébé on me propose un temps plein?!

J’ai appelé Papa Breizh qui n’a pas répondu. Il était en déplacement dans le village de mon enfance. Alors j’ai appelé ma mère. Elle a trouvé que c’était une bonne nouvelle. Moi j’étais toujours perdue mais il fallait aller chez le pédiatre.

La pédiatre a dit « il a cinq mois » ça m’a fait un choc. Pour moi il n’en avait que quatre et demi (depuis longtemps certes). Elle a dit qu’il fallait commencer la diversification, ça ma refait un choc.Je me dis qu’il a grandi si vite. Je lui évoque mon inquiétude par rapport à son alimentation car il avait réduit le nombre de ses repas et surtout, mais ça je ne lui ai pas dit, qu’il pleurait au sein. Elle a dit « vous le mettez bien sur le ventre« . Je crois qu’elle a un sérieux problème avec ça! Je lui réponds qu’on y travaille avec la kiné qui a constaté qu’il était nul pour ça. Je me fais gronder car j’ai dit que mon bébé était nul et qu’il ne faut pas parler comme ça car les enfants font ce que leur parents attendent d’eux. Elle lui fait des tests dans tous les sens, le mesure et le pèse. Tout va vite. Quand elle note les infos dans le carnet de santé, elle s’arrête et revient le remesurer et le repeser. Ça y est, c’est officiel, il n’a pas suffisamment grossit. Mon cœur de maman s’arrête de battre. Verdict: il faut commencer la diversification pour augmenter l’apport calorique. Elle nous demande si on mange bien des légumes à chaque repas pour que Putois ait le bon exemple. J’ai peur de me faire gronder à nouveau alors je mens. La vérité c’est que Bébé Putois nous voit surtout manger du chocolat à tout heure devant la télé, mais ça je lui dis pas. Elle se rend compte qu’elle a oublié de lui faire les vaccins, elle revient, une piqûre dans chaque cuisse, pleurs, « on se revoit dans un mois« .
On rentre, on a une heure avant d’aller chez la kiné. Je pense que je devrais peut-être proposer le sein à Putois mais lui a l’air de préférer dormir. Je devrais peut-être le réveiller? Alors c’est moi qui mange et je culpabilise. Chez la kiné tout se passe bien. On n’aura pas besoin de faire les dix séances. Vous verriez comme il se débrouille sur le ventre vous me trouveriez ridicule d’avoir été tant perturbée par ses séances de kiné.
En rentrant, un homme en fauteuil roulant me alpague en me voyant avec la poussette. « C’est pas pour vous faire peur, mais si je suis comme ça c’est à cause d’un vaccin » (on a fait les nôtres ce matin). Il me parle de la pression de la crèche pour qu’il vaccine sa fille, des industries pharmaceutiques, du papillomavirus et de l’herbe comme moyen thérapeutique. J’acquiesce à tout même si je ne suis d’accord avec rien. Je ne pense qu’à rentrer nourrir le bébé (qui dort comme un bienheureux).

J’appelle la chef de service pour en savoir plus. Elle ne me renseigne pas plus que ça. En gros elle me propose un poste. Combien de temps? Plus que vous ne pouvez en offrir (je suis déjà à 50%). A partir de quand? Je sais pas trop. Mais elle veut une réponse la semaine prochaine….cette semaine!
J’ai envie d’aller voir tous les sites sur la diversification mais je n’en ai pas le courage. J’ai même pas de couvert, ah si tient, une copine m’avait offert une cuillère pour bébé, ça ira bien jusqu’à ce qu’on aille au supermarché.

Papa Breizh me rappelle. Je lui parle du pire, le poids du bébé et de la diversification. Il ne se rend pas compte qu’il grandit si vite et pourtant pas assez vite. Je lui parle du boulot, je crois qu’il voudrait que je le prenne même s’il me soutiendra quelque soit mon choix.
J’appelle la crèche, un changement de contrat est possible si la nounou est d’accord. J’appelle la nounou. Elle aurait préféré quatre jours par semaine mais s’adaptera si c’est important pour moi. C’est à moi de décider (mais elle me dit qu’elle a choisi de prendre un congé parental pour ses enfants et qu’elle n’aurait pas pu les confier, moi on m’a dit que si je prenais un congé parental, on ne renouvelait pas mon CDD …).

Le reste de la journée je me sens une mère indigne qui n’arrive pas à nourrir son fils et qui veut l’abandonner. Je le sers dans les bras toutes les cinq minutes.
Le samedi je me réveille à 6h45, Putois lui dort encore. Je pense qu’accepter ce nouveau travail signifierait la fin de l’allaitement.Nous avons un weekend chargé mais dès que je m’arrête cinq minutes, je pense que je vais rater pleins de premières fois en travaillent. Mais ce travail est une opportunité en or. En faisant les courses je pense à ce que je pourrais acheter sans l’angoisse de fin de mois. Je pense qu’on pourrais peut-être même s’acheter un chez nous et que je pourrais même avoir une retraite. La diversification et la chronique d’une sevrage annoncé sont-ils le synonyme d’une prise d’autonomie de mon fils? Dois-je le prendre pour un signe pour aller travailler? Mais je voulais lui faire des bouteilles à paillettes et inventer des histoires pour lui. Mais j’aimerai aussi pouvoir lui payer des études et ne pas être une mère trop collante.

Je suis perdue.

Calin&RisetteDroleJournee

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Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #2

Voici la suite de nos habitudes à la maison (voir le premier article) :

* Côté moyen de locomotion, j’ai tout de suite eu envie d’essayer l’écharpe de portage. Avec un bébé d’hiver, j’étais davantage rassurée par l’idée de l’avoir bien au chaud contre moi que tout seul au fond d’une poussette. Mes lectures conseillaient l’écharpe plutôt que le porte-bébé pour le tout petit car il y serait plus à l’aise et en meilleure position. Quant à moi, je trouvais rigolo tous ces nœuds (enfin il n’y en a que deux). Une amie m’a prêté deux écharpes afin de tester. La première, rigide et bariolée n’a même pas été dépliée. La deuxième de la marque Je porte mon bébé était en jersey et m’a tout de suite plu. J’ai donc été une maman kangourou le premier mois. J’ai ensuite rendu ses échapres à mon amie et m’en suis faite offrir une par mes collègues. J’ai demandé un modèle qui puisse aussi être utilisé par Papa Breizh (donc pas de rose). Comme il y avait un papa sur la boite, elle m’ont acheté une écharpe Babylonia. Je l’aime moins. Le tissu est plus fin et moins élastique. Je me sens moins à l’aise et donc moins en sécurité avec. De l’autre côté, j’ai commencé à utiliser de plus en plus la poussette. Choisir une poussette est surement la chose la plus difficile dans la vie de futurs parents. On a fait au moins cinq magasins de puériculture avant de nous décider. Quand vous débarquez dans ces magasins vous vous retrouvez face à une horde de carrosses tous plus impressionnants les uns que les autres. La vendeuse, censée vous aider, vous embrouille encore plus avec un discours digne des cryptage de la seconde guerre mondiale : « Trois ou quatre roues? Simple, duo ou trio? Pliage canne? Citadine ou tout terrain? Cosy, nacelle? » Puis il y a la démonstration d’utilisation et de pliage. Là on se sent un peu comme si un contorsionniste mettait son pied derrière la tête et vous disait:: « c’est facile, à vous maintenant ». Quant à la gamme de prix, elle ferait taire d’emblée tous ceux qui pensent qu’on fait des enfants pour les allocations familiales. Du coup on a fini par choisir le modèle Muum de chez Jané essentiellement pour sa couleur (noir et vert chez nous). C’est un duo, quatre roues avec un combiné cosy-nacelle appelé Matrix. Je ne suis pas encore sure d’avoir fait le bon choix. Au départ je ne l’utilisais pas seule car elle est assez lourde. Mais elle est devenue assez vite plus pratique que l’écharpe dans certaines circonstances. En effet, Bébé Putois étant un petit curieux, ça ne l’intéresse plus d’avoir le nez collé dans le cou de maman. Mais il n’arrivait pas toujours à tenir sa tête tout seul. J’avais donc besoin d’une main pour lui tenir la tête pour qu’il puisse regarder à droite à gauche. Aujourd’hui on utilise de plus en plus la poussette notamment pour aller chez Nounou (car c’est Papa Breizh qui s’occupe du retour et que c’est son véhicule préféré). Je continue à utiliser l’écharpe quand je ne connais pas les lieux (et leur accessibilité aux quatre roues) ou quand on prend les transports en commun. Mais je suis de moins en moins à l’aise avec ce mode de portage et j’ai l’impression que Bébé putois aussi.

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* Je suis une maman qui travaille. J’ai repris au début du mois. Je ne travaille qu’à mi-temps. Ce n’était pas un choix avant ma grossesse mais ça l’est devenu aujourd’hui puisque j’ai refusé un entretien il y a quelques jours. Il fallait donc un mode de garde pour le petit. J’avais opté pour la crèche pensant que c’était la moins chères des options et ayant envie que Petit Putois se fasse plein de copains. Le temps qu’on saisisse comment s’inscrire, on nous a fait comprendre qu’on était très en retard. De toutes façons, il valait mieux parier sur septembre alors les congés maternités qui se terminent en février … Pensez à tout bien calculer avant la conception messieurs dames. On a donc cherché une assistante maternelle mais là on était trop en avance. A force d’attendre on a presque fini en retard ce qui finalement était une bonne chose car tout s’est goupillé au mieux à la dernière minute. A la PMI on nous avait parlé d’une ‘crèche familiale‘ où on s’est inscrit sans trop y croire. On a rencontré cinq assistantes maternelles privées. Ce fut une épopée folklorique qui mériterait un billet à elle seule (surtout que celui-là est déjà terriblement long, bien que scindé). Alors que nous peinions à nous décider, la crèche familiale nous a proposé une assistante maternelle que nous avons rencontrée. Papa Breizh, Petit Putois et moi étions d’accord : c’est elle qui nous fallait. Du coup Petit Putois est chez Nounou deux jours par semaine avec une petite de deux ans et un plus grand de quatre ans. Une demi journée par semaine, elle les emmène à la crèche familiale où ils font des activités avec les autres enfants. Le compromis idéal! Ça se passe vraiment bien et Petit Putois a l’air très heureux. Le soir j’adore découvrir son carnet lapin où Nounou raconte sa journée et met parfois des photos. Je suis très contente de la façon dont ça se passe et ne suis pas inquiète quand je suis au travail. J’apprécie que Bébé Putois puisse voir d’autres enfants. J’ai l’impression de plus profiter de lui le reste du temps car il m’a manqué deux jours et demi. Je suis moins contente de devoir me lever tôt pour aller travailler mais on ne peut pas tout avoir!

* Bébé Putois prend son pouce, mais ça, c’est son choix à lui. On lui a proposé la tétine, il n’en a pas voulu. On avait pourtant choisi une belle couleur assortie à la poussette. Petit il préférait les seins de Maman Nouille qui elle n’aimait pas servir de tétine, ça c’était mon choix (il en allait de la survie de mes tétons). Bébé Putois s’est alors tourné vers son pouce et après plusieurs semaines de recherche et de bavouillage, il l’a trouvé! Qu’est ce que ça facilite l’endormissement! D’ailleurs dès qu’il a une petite contrariété il attrape le dit doigt. Du coup on ne l’entend presque plus pleurer. Et qu’on ne vienne pas me polluer les oreilles avec des histoires de déformation du palais. Un copain l’autre jour m’a dit « ah mais il suce son pouce, il faut lui enlever sinon il va avoir les dents en avant ». Déjà il n’a pas de dent. Comme je trouve ça cruel de priver un enfant de ce geste de réconfort! (Bien sûr on en reparlera quand il râlera avec sa voix prépubère parce qu’il ne veut pas d’appareil dentaire).

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Et sinon on utilise des couches jetables, on nettoie les fesses au liniment, on vaccine bébé, on lit déjà des histoires, on regarde beaucoup trop la télé, on ne met pas d’adoucissant dans la lessive ….

Voilà comment ça marche chez nous … pour l’instant.

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Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #1

A partir du moment où on choisit d’avoir un enfant, on se retrouve devant une multitude de décisions à prendre, de mauvais ou de bons choix possibles. Décider de devenir mère est déjà un bon exemple. Si vous ne voulez pas d’enfants vous n’êtes qu’une égoïste qui ne pensez qu’à vous amuser. Où en serait l’humanité s’il n’y avait que des gens comme vous? Mais si vous voulez des enfants alors vous n’êtes qu’une égoïste car quelle cruauté de faire naître un petit humain dans le monde actuel! Bref, quoique vous fassiez vous faites erreur, alors autant faire ce que vous voulez!

Donc vous êtes enceinte. Est-ce que vous voulez connaître le sexe? Comment on va l’appeler (faut décider pour le -ou les- prénoms et le nom de famille)? Où voulez vous accoucher? La péridurale? Sein ou biberon? Rééducation périnéale par une sage femme ou un kiné? … Peu importe vos choix, vous aurez forcément tort pour la moitié des gens (je dis ‘moitié’ mais c’est pas mathématique). La bonne nouvelle, c’est que vous aurez raison pour l’autre moitié. C’est toujours cette histoire de verre plein ou vide. Et puis perfois on fait des choix et la vie (ou le bébé) en décide autrement. C’est plus ou moins facile à avaler, surtout si on avait opté pour un accouchement à l’hôpital avec péri et qu’on se retrouve les quatre fers en l’air dans la voiture parce que votre progéniture est pressé (rassurez vous, ça n’a pas été mon cas). Il reste que toutes ces décisions sont anxiogènes pour des futurs parents tant on a l’impression qu’elles sont immuables (un prénom c’est pour la vie). Ajoutez une pincée d’hormones de grossesse et vous aurez des parents complétement paniqués avant même que bébé n’ait pointé le bout de son orteil.

Je ne dis pas que c’est forcément facile quand on est célibataire. Je sais bien qu’on a aussi des choix cornéliens à faire. Cet été, est-ce que je vais danser toutes les nuits à Ibiza ou faire du cul nu au Cap D’Agde? Est-ce qu’on fait resto-ciné ou ciné-resto? Quand je me lève à midi le dimanche, est-ce que je prends un petit déjeuner ou un déjeuner? …. D’accord je caricature mais sachez que ce n’est que de la jalousie!

En tant que jeunes (futurs) parents on est souvent désemparés face à la multitude d’options. Mais au fond, comme il n’y a pas de bon et de mauvais choix (il y en a quand même des peu recommandables comme accoucher à domicile de quadruplés) autant faire ce qui nous correspond!

Tout ce blabla pour me plaindre un peu de la dure vie de parents. Et aussi pour vous dire que j’avais très envie de vous raconter la façon dont nous fonctionnons à la maison. Que c’est juste pour partager mais en aucun cas pour convaincre.

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* J’allaite. La question sein ou biberon est surement la plus polémique. Avant d’être mère je ne voulais pas donner le seins et m’imaginait biberonnante. Pour moi les seins étaient trop sexualisés et j’avais peur de la confusion. En vérité l’allaitement a été tellement physiquement douloureux au départ que cette peur était absurde. D’autre part je voulais que le papa puisse créer un lien avec l’enfant  surtout que pendant  neuf mois  c’est la maman qui le porte (et qu’il puisse bien sûr profiter des collations de nuit). Il s’avère que Papa Breizh s’en tape un peu de donner les biberons. Face aux regard énamouré de Bébé Putois qui suçotait le silicone, je l’ai vu parfois préférer la télé. Son lien avec son fils, il l’a tissé en faisant tout le reste. J’ai changé d’avis pendant la grossesse. Le discours moralisateur sur ‘le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur pour votre enfant‘ avait fini par m’atteindre. Mais surtout, et ça c’est une meilleure raison, je crois qu’après neuf mois dans mon ventre, j’avais encore besoin d’un lien corporel avec mon tout petit. Si j’avais su … Clairement les débuts ont été horribles. D’ailleurs entre les douleurs de l’allaitement et les pleurs du soir  qui tous les deux sont ‘normaux‘ selon les spécialistes, je me demande comment l’espèce humaine a survécu. Au bout de trois semaines et demi on est passé au mixte. Je peux dire que le biberon a sauvé mon allaitement (et peut-être même moi et mon bébé car l’un de nous deux aurait fini par passer par la fenêtre). Depuis nous sommes repassés en allaitement quasiment exclusif. (Pas de lait artificiel la semaine dernière, 30 ml celle d’avant, 120ml la précédente, 20 ml encore avant…. vous vous en fichez surement mais moi ça m’encourage de le noter.) Si l’allaitement est un choix au départ il faut une sacré volonté pour tenir. Aujourd’hui encore je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je pensais qu’avec la reprise du travail il y aurait sevrage et que j’aurais enfin un peu plus de liberté. Mais on a tellement galéré pour revenir à l’allaitement quasi exclusif que j’ai pas envie de m’arrêter. Papa Breizh n’a peut-être pas tort quand il dit que j’ai besoin de l’allaitement. Mais même si je n’arrive pas à lâcher ça reste une grosse source inquiétudes et de doutes. Est-ce que ma lactation va se maintenir avec la reprise du travail? Quatre semaines de reprise et je vois déjà les quantités tirées baisser. Petit Putois s’agite au sein les derniers jours du coup je me demande si j’ai suffisamment de lait ou s’il préfère le débit du biberon chez Nounou. Il y a quelques jours encore j’ai regardé sur le net si quatre tétées par jour  à quatre mois était une fréquence suffisante… bref, je suis une maman flippée (mais pas ça ce n’est pas un choix).

* Côté sommeil Bébé Putois dort tout seul dans sa chambre dans son lit à barreaux. Il a un matelas ergonomique Bibed conseillé par l’ostéo (normal c’est lui qui l’a conçu). A la maternité les sage femmes m’ont encouragée à dormir avec lui dans le lit. On a donc cododoté les premiers nuits, enfin plus ‘co’ que ‘dodoté’. De retour à la maison, Petit Putois dormait dans un joli couffin en osier posé entre nous deux dans le lit. Au bout de deux semaines et demi, il est allé dans sa chambre. Papa Breizh reste encore traumatisé par cette expérience de cododo. Les nuits étaient très difficiles et il mettait des heures à s’endormir. Une fois dans sa chambre, je continuais à le ramener dans notre lit pour les casse-croûtes nocturnes mais on dormait plus sereinement entre temps. Et puis tout de même, nous avions déménagé moins d’une semaine avant son arrivée afin qu’il est une chambre pour lui, il fallait bien qu’il en profite!

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Comme il s’avère que cet article est bien long, je m’arrête là pour la première partie et reviens très vite pour la suite ^^