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Mes insomnies

Je suis fatiguée. Bien sûr que je suis fatiguée, je suis maman. Maman d’enfants en bas âge. Le Tout Petit Bébé ne passe pas encore ses nuits et le plus grand bébé est devenu matinal en devenant grand frère. Dès dix neuf heures, j’ai la paupière lourde et autant de conversation que mon nourrisson. A vingt deux heures je peux enfin m’écrouler. Pourtant la nuit, ils y a ces pensées qui me tiennent éveillée. Le bébé a eu son casse croûte nocturne, il est près de quatre heures et je cherche à nouveau le sommeil.

Je pense à demain. Je pense que le grand se réveillera bientôt et qu’il va falloir que je me lève. Je redoute le petit déjeuner, les indécisions entre les céréales et les cracottes pendant que le petit braille de faim, encore. Je m’interroge, est-ce une journée où le premier va encore crier, trop? Est-ce que le deuxième va beaucoup pleurer, trop? Est-ce que moi je vais hurler, trop? Un jour avec une nounou que l’on déteste ou un rendez-vous à l’autre bout de la ville. Un jour où on est à la maison et il faudra bien qu’on aille au parc, puisque les enfants ça se sort comme les chiens, même si je n’aspire qu’à fusionner avec mon canapé. Un jour où il faudra encore verser beaucoup de poudre dans de l’eau minérale, où il faudra faire des légumes et essuyer des petits culs surtout. Un jour où il faudra faire semblant d’avoir envie de gazouiller ou de jouer à la voiture. Attendre désespérément le retour du papa même si c’est un leurre et que la danse continue, le biberon du soir, le diner, les couches à changer, encore les couches, les bains, la lessive à étendre, ramasser les jouets…. Je n’y arriverai pas.

Je me tourne de l’autre côté et cherche une position confortable. Mon dos me fait mal. Il faut vraiment que j’aille voir le kinésithérapeute. Je pourrais profiter de mon ordonnance pour la rééducation post partum pour qu’on s’occupe un peu de ces douleurs là. Il  y a un professionnel juste en face de chez moi, il suffirait que je téléphone. Mais mon agenda me semble déjà tellement rempli, les rendez-vous pour moi, je les néglige.

Je pense au mois prochain et à la fin de mon congé maternité. Nous n’avons pas de mode de garde pour le Tout Petit Bébé, pas avant septembre pour la crèche familiale. Nous avons cherché la liste des assistantes maternelles de notre quartier, supposée mise à jour la semaine précédente. La première contactée réserve la place, la seconde n’est pas libre, une troisième signe tout juste un contrat le jour où nous devions la rencontrer. Et puis de toutes façons, à quoi ça rime? Retourner bosser? Laisser le Tout Petit Bébé à une autre que moi? M’asseoir à mon bureau et sourire comme si rien ne s’était passé? Penser que vraiment ma place est là bas. Et à ceux qui me demanderont si tout s’est bien passé, qu’est-ce que je leur dirai? « Nickel, j’ai eu une grossesse de merde et j’ai fait une très grave complication mais coup de bol , elle a été prise à temps et on n’est même pas mort. Bon c’est sûr, moi j’en ai un peu chié physiquement mais rien à côté de l’émotionnel. Forcément un bébé en néonatalogie, tout  plein de tuyaux ça inquiète. Je ne vous parle même pas du grand frère tout perturbé. Mais bon, c’est du passé, tout le monde est vivant et si j’arrive encore à pleurer si souvent c’est qu’il doit encore me rester des larmes et que je n’ai pas tant souffert que ça ». Je n’y arriverai pas.

Je gigote dans tous les sens mais rien à faire. je m’étire un peu, sors une jambe au frais. Les pensées qui vont venir maintenant sont les pires, ce sont elles qui me tiennent éveillée plus que les autres.

Je pense à septembre et je me cogne dans des murs. Je pense à la rentrée du Putois et au fait qu’il n’ait pas de place au périscolaire le mercredi. Le mercredi, le seul jour où ma présence au travail est nécéssaire en raison de notre réunion hebdomadaire. Je pense au Tout Petit Bébé qui lui a une place en crèche collective miraculeusement. Et à la pédiatre qui nous déconseille fortement la collectivité la première année en raison de sa prématurité. Je pense aux horaires du périscolaire et à ceux encore plus réduits de la crèche et je les compare avec ceux de la SNCF. Je réfléchis à mes trois heures de transport quotidien qui transforme mon mi-temps en quatre vingt pourcent. Je me demande ce qu’ils font des enfants en cas de long retard. Le train c’est aléatoire. Je refais les calculs dans tous les sens, ça coince. Ça coince car c’est à moi d’amener les enfants le matin, de les récupérer le soir, c’est à moi de rester à la maison s’ils sont malades et de me lever la nuit. Ça coince car l’année prochaine je serai seule. A la rentrée, Papa Breizh s’en va jouer les étudiants au soleil au bord de mer, à l’autre bout de la France, pour un an. Je cherche des nounous privées ultras-disponibles qui n’existent pas. J’imagine un congé parental, mais c’est trop tard pour demander, de toutes façons je ne suis pas sure d’y arriver et j’y perdrais mon boulot. Je me demande si je dois déménager à côté de mon travail. Je regarde les annonces et imagine les cartons. Changer de maison, aller à l’école et perdre un peu son papa, après le changement de nounou et l’arrivée du petit frère, c’est une mauvaise année pour Petit Putois. En même temps j’ai mes habitudes, mon pédiatre disponible au moindre coup de fil, mon marché le samedi matin… Mais pas d’ami ou de famille dans le coin. Et un ras le bol des déménagements surtout qu’à l’issue de sa formation, nous n’avons aucune idée de l’endroit où sera envoyé Papa Breizh. Et alors les angoisses de courir dans les trams bondées, d’attendre des trains qui ne viennent pas et d’imaginer mes touts petits attendant, m’étreignent. Et après tout ça? Les repas, les bains, les couches et la fatigue, la leur, la mienne. Et l’absence, la sienne. Je n’y arriverai pas.

Je respire et essaye de détendre mes muscles. Le sommeil fini par m’emporter. J’aurai perdu une ou deux heures sans trouver de solution. Et puis une nouvelle journée recommence.

Instantané de ma vraie vie de maman : un papa échoué sur un canapé tout en fouillis, un deux ans et demi sur la tablette, un bébé qui fait ce qu’il peut, du Nutella pour survivre et des restes d’apéro, des chaussettes qui trainent et des jouets partout, partout.

 

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Nounou est partie

J’ai beau détesté Nounou, je dois bien avouer que c’est une perle. Et puis un jour, à la fin de l’été ou au début de l’automne, elle a dit à Papa Breizh qu’elle s’en allait. Son appartement était vendu et elle cherchait une maison. Forcément ça serait plus loin, rapport aux prix de l’immobilier, tout ça, tout ça. Moi ça m’a fait tout drôle, mais pas dans le bon sens du drôle. Papa Breizh aussi. Le Putois, lui ne savait pas. Lire la suite

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte final, premier choix raté, deuxième choix qui porte bien son nom et rebondissement final

Mes articles deviennent tellement longs que je les coupe en plusieurs morceaux pour que ça soit plus digeste. Voilà que je songe à faire de même pour mes titres!
Du coup je suis même obligée de te faire un résumé des épisodes précédents à la mode des séries américaines. Ça me permet de m’autociter, c’est toujours agréable de se regarder le nombril. Nous avions donc opté pour le recours à une assistante maternelle pour faire garder Petit Putois. Nous en avions rencontrées cinq juste avant les fêtes de fin d’année. Le vent soufflait dans les branchages des sapins lourds de neige et l’heure du choix avait sonné. Quoique, je crois qu’il n’y a pas eu de neige.

Le problème a commencé lorsque Papa Breizh et moi sortions de notre entretien avec Nounou Potentielle  #4. Il se tourne vers moi et me dit : « Je crois qu’on va avoir un problème. ». Quel visionnaire! « Je crois qu’on ne va pas être d’accord« . Bon ça arrive souvent entre Papa Breizh et moi (il s’avère qu’il a souvent tort, c’est pas de bol). Mais quand on est d’accord, on est d’accord. Pour le choix de nos appartements, de notre décoration intérieure, du prénom de Putois et des prénoms des suivants, aucun de nous deux n’a fait de concession (quoique si, j’ai accroché mes petits oiseaux accroche clés dans le couloir).
Voilà c’était acté, je préférais Nounou #4 et lui préférait Nounou #1 (qui était remontée dans les suffrages après les rencontres des assistantes suivantes). Il reprochait à Nounou #4 son appartement un peu trop chargé. Le souvenir d’un brisage de vase chez sa propre gardienne le hantait. Il pensait également qu’il arriverait plus facilement à imposer des choses à nounou #1. Je pensais que Nounou #1 s’occuperait bien de mon fils mais qu’elle allait nous le déprimer tant je la trouvais effacée. Je voulais une nounou fun. Nous avons donc réglé notre différend au combat à mains nues. Nous en avons parlé à nos familles pendant les fêtes. Puis Papa Breizh a décidé qu’il me laissait la primeur du choix. Il avait peur des reproches en cas de déraillement s’il conduisait le train (oui, je porte la culotte, mais la culotte chez un homme ça n’est pas viril!).

J’appelais donc Nounou Potentielle #4 et lui laissait un message sur son répondeur. Le soir on recevait un SMS disant qu’elle avait essayé de nous joindre sans succès mais que la place venait d’être prise par une autre famille … quelle autre famille? Il n’avait jamais été question d’une autre famille? La joueuse de flûte n’était-elle pas en train de nous pipeauter?
Il est 21 heure et on sent la panique nous guetter! On appelle alors Nounou #1, elle est sous la douche. Certes ça n’est pas une heure correcte pour appeler les gens. On lui fera bien pire quelques jours plus tard … Elle nous rappelle et on lui demande si elle est toujours disponible pour garder notre fils. Elle est ok, on est ok. « On se rappelle pour les papiers. » Bon ben voilà, le destin a décidé pour nous mais je suis un peu frustrée.

Les jours qui suivent je rappelle la crèche familiale qui devait nous donner une réponse en janvier. Pour rappel une crèche familiale est une association qui gère plusieurs assistantes maternelles. Celles-ci gardent les enfants à domicile mais se regroupent une fois par semaine. Elles ont aussi des groupes de paroles. C’est la crèche qui gère tout le côté administratif et le paiement est indexé sur les revenus. De plus les couches et les repas sont fournis. Les assistantes maternelles sont pas mal encadrées par les puéricultrices de l’association (bien plus que les assistantes maternelles privées par les PMI). La crèche m’informe qu’on est les prochains sur la liste! Ils attendent la réponse de parents qui viennent de rencontrer une de leur assistante maternelle qui a une place. On attend. Je rappelle, ils ne savent toujours pas. Je me dis que ce n’est pas bien de faire attendre Nounou Potentielle #1 mais malheureusement c’est souvent le jeu avec les crèches. Au final après plusieurs coup de fils croisés, ils nous informent que la famille n’est pas intéressée par la nounou et que du coup elle a une place. Avec Papa Breizh on est emballé par le concept de la crèche familial mais on reste prudent. On préfère se dire que si ça ne colle pas avec l’assistante maternelle de la crèche on prendra la nounou privé. On prend rendez vous au plus vite.
Quand on arrive chez cette nouvelle nounou, je trouve l’appartement grand et bien rangé. L’entretien se passe bien. Elle parle d’un des enfants qu’elle accueille qui a un prénom plutôt rare et me dit que sa maman fait le même métier que moi, je réalise que c’est une de mes collègues (même établissement mais autre service). J’y vois un signe. Quand Papa Breizh voit un poster de Game of Thrones au dessus de son lit (une carte, pas des femmes nues), il y voit son signe. Bref on est emballé tout les deux. Ouf, on a enfin trouvé notre nounou!

Et tout roule depuis. L’adaptation s’est super bien passée. Putois est heureux comme tout et la nounou nous dit souvent combien il est facile à vivre.
Bien sur tout n’est pas rose. Déjà parce qu’on a dû appeler l’autre nounou pour lui dire que finalement on avait eu une place en crèche. Et puis parce que notre nounou a fait goûter à putois de nouveaux légumes….si tu ne comprends pas cet argument, c’est que tu n’es pas une obsessionnelle du nourrissage de ton enfant comme moi. En même temps je crois qu’avec moi il n’aurait jamais mangé d’artichaut de toutes façons.
Il y a quelques temps elle a du s’absenter une demi journée et la crèche familiale nous as proposé une autre nounou pour le remplacement. Et ben j’ai beaucoup moins aimé et avec Papa Breizh on s’est encore une fois dit qu’on avait trouvé la bonne!

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J’espère que l’histoire s’arrêtera là parce qu’entre temps on m’a proposé d’augmenter mon temps de travail et Nounou n’avait pas l’air emballée par le projet …

Et sinon on a reçu une lettre nous disant qu’on n’aurait pas de place en crèche collective pour septembre 2015 mais qu’on était sur la liste d’attente pour septembre 2016 ….

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte 1 « Oui mais on voudrait mieux une crèche »

Vous trouverez que la première partie du titre reflète surement des exigences un peu présomptueuses (et carrément des fantasmes délirants quant à la seconde partie…). Mais sachez que Bébé Putois est un enfant parfait. Cela fait automatiquement de nous des parents parfaits. Il est donc légitime qu’en toute suite logique nous souhaitions le confier à une parfaite assistante maternelle. Ce postulat étant établi, nous pouvons continuer.

J’avais déjà évoqué brièvement dans Des choix que l’on fait notre périple pour trouver un mode de garde. Mais il faut bien que je m’entraine à me répéter pour plus tard. « On ne tire pas sur la queue du chat! …. On ne tire pas sur la queue du chat!….On ne tire pas…trop tard! » J’avais aussi dit que notre marathon de rencontres de nounous mériterait un billet à lui seul (y en aura même plusieurs vu ma bavarditude). De plus, les lectures récentes des articles chez Choupi-chat, Papa-chat, la vie et moi  et chez Un énième blog de maman m’ont motivée à me mettre derrière mon ordinateur.

Donc on voulait envoyer Putois en crèche. Pour des questions financières, parce qu’une crèche n’est jamais malade, parce qu’il y a plein de personnels différents et donc pas de risque que Bébé aime une autre plus que sa maman, pas de risque non plus d’avoir quelqu’un qui délaisse ou maltraite votre enfant une fois la porte fermée et enfin parce que dans une crèche, il y a plein d’enfants et que c’est chouette pour jouer. J’avais dans l’idée qu’obtenir une place en crèche était comme la quête du Saint Graal. Je comptais un peu sur la tendance qu’a la vie parfois de faire que tout s’arrange. Du coup je trainais. D’accord, c’était surtout de la flemme et du découragement par anticipation. Je n’avais aucune idée des démarches à faire mais dans ma tête il fallait :
1. Recenser toutes les crèches de la ville
2. Les appeler une à une pour quémander une petite place
3. S’entendre dire :  » 2015? Vous êtes complétement fous et complétement indignes d’être parents (on va de ce pas alerter les services sociaux). On a une place pour janvier 2050 (sur la liste d’attente complémentaire). »
Bref, je n’étais pas pressée de me lancer. Faut dire aussi qu’on avait prévu de déménager mais on ne savait pas encore dans quel quartier, ce qui ne facilite pas la recherche de crèche.

Vers le cinq ou sixième mois de grossesse, nous recevons une invitation de la ville pour assister à une réunion d’information concernant les futurs parents. Y étaient présents des représentants de la commune, de la CPAM, de la CAF et de la PMI. Et chacun de nous faire un petit topo sur le déchiffrage d’acronymes : RAM, PAJE, CLCA… En plus d’y avoir moult brochures, on y apprend que pour s’inscrire en crèche il suffit de faire un dossier dans un relais petite enfance (et hop voilà la brochure).
«  Quoi vous ne l’avez pas encore fait? S’offusque la dame du relais en question.
– En même temps la réunion qui nous explique comment faire était il y a cinq minutes ….
– Et c’est pour une garde à partir de quand?
– Février.
– Février de toutes façons, il n’y a pas de place à moins d’un déménagement. Les places sont plutôt en septembre, quand les plus grands vont à l’école.
( – Merde, on aurait mieux dû calculer notre date de conception…)
– Venez demain matin pour l’inscription (avec les photocopies de vos quinze derniers bulletins de salaires, les avis d’impositions de vos grands parents et douze lettres de recommandation manuscrites)
– Euh, mais demain on travaille! »
Avoir une place en crèche n’est visiblement pas fait pour les parents qui travaillent, ni pour ceux qui ont des relations sexuelles n’importe quand dans l’année! La bonne nouvelle c’est qu’elle ne nous a pas dénoncés aux services sociaux.
J’effectue notre inscription trois jours plus tard et on me conseille de chercher une assistante maternelle  » au cas où …. « . Du coup direction le Relais D’Assistantes Maternelles (RAM) où on se gausse :  » Pour février? Revenez donc en décembre. Des assistantes maternelles agréées on en a plein dans votre secteur.  » Ouf, nous n’étions pas si nuls comme parents.

Les semaines passent et le bébé arrive. On rentre à la maison : « Pourquoi il pleure? Tu crois qu’il mange bien? Tu le trouve pas chelou son bout de cordon? Tu crois qu’il grandit assez? Pourquoi il pleure encore? Tu penses qu’il dort assez? Tu penses qu’il dort trop? Tu crois qu’il a faim? Pourquoi il fait ces drôles de bruits en dormant? Pourquoi il ne dort pas? Pourquoi il hurle? Pourquoi il ne dit rien? Comment ça se lave les oreilles? Tu penses qu’il grossit assez? …. Mon Dieu! Mais pourquoi nous ont-ils laissé sortir de la maternité avec lui? Quelle bande d’inconscients! ». Bref on l’emmène à la permanence de la PMI pour le faire peser et rencontrer un adulte qui pourra nous traduire le bébé. La puéricultrice en profite pour nous refiler la liste des assistantes maternelles agréées du quartier. Elle nous parle aussi de la crèche familiale.
« C’est ce truc où on doit garder les enfants des autres une fois par semaine? (Non parce que moi je m’en sors déjà pas avec le miens alors je ne voudrais pas abimer ceux des autres).
– Non ça c’est la crèche parentale. Une crèche familiale est une association qui regroupe plusieurs assistantes maternelles. Votre enfant est gardé au domicile de l’une d’elle. Une fois par semaine elles vont à la crèche avec les autres nounous et les enfants. »
Le concept est sympa mais s’inscrire dans une autre crèche pour qu’on nous dise qu’il est trop tard ne nous dit trop rien(surtout que là notre enfant est carrément déjà de ce monde) . Le lendemain on va au RAM pour qu’on nous explique les modalités de l’engagement d’une assistante maternelle et comment on sait que c’est la bonne (si tu sens ton cœur se serrer en sa présence, qu’elle te manque même quand elle va aux toilettes et que tu serais prêt à t’arracher toi-même ton rein pour lui donner en cas de besoin, alors c’est elle).
Deux semaines après, on retourne peser le bébé car comme toute mère primipare allaitant je suis une obsédée du poids (c’est à la maternité qu’ils m’ont refilé le virus). Autre puéricultrice, un peu alarmiste, qui nous réimprime la liste des nounous et nous fait une sélection géographique et une mise à jour. Il ne nous reste qu’à appeler. Petit Putois a trois semaines et demi et nous on a tellement la tête dans le guidon que l’idée de reprendre le travail nous semble aussi inconsciente que celle d’escalader le Mont Blanc en tongs. Quelque part entre tout ça on s’inscrit à la crèche familiale. On n’y croit pas trop mais quand même un peu.

Ça y est, maintenant il va falloir y aller à la rencontre des nounous. Le terme adéquat est donc assistante maternelle. Je sais que certaine n’apprécient pas la dénomination ‘nounou‘ qui dérive du terme ‘nourrice‘ désignant les femmes qui s’occupaient des enfants des bourgeoises et les allaitaient. Le ne veux pas que ma nounou allaite Petit Putois mais je tiens quand même à ce qu’elle le nourrisse. Je suis désolée si je heurte certaines assistantes maternelles qui passeraient par là en utilisant le terme ‘nounou‘ mais je le trouve beaucoup plus doux (doudou).
Grande question : qu’est-ce qu’on attend d’une assistante maternelle? Hors questions pratiques comme que les horaires soient compatibles avec nos horaires et ses exigences pécuniaires avec nos salaires. Papa Breizh a été chez une nounou mais n’a pas l’air de s’en souvenir des masses.Quant à moi, j’étais chez ma petite mamie. Je me souviens d’être allée chez une gardienne quelques rares fois. Je me rappelle juste d’être entrée dans la chambre de son fils et de l’avoir trouvé tout nu (il était avec sa correspondante anglaise). Je ne vois pas trop comment évoquer ça avec les hypothétiques nounous? (« Et sinon, vos enfants sont souvent tout nus à la maison? »). Au RAM on nous a fourni quelques documentations sur le recrutement de l’assistante maternelle : visiter les lieux, voir son comportement avec l’enfant, parler des choses importantes pour nous (alimentation , éducation, sommeil….),rencontrer plusieurs personnes. J’écume aussi internet. C’est tout de même une pression énorme de confier son précieux à une seule et unique personne. Si on fait le mauvais choix, qu’est-ce qui va se passer une fois la porte refermée? A moins bien sûr d’insister pour qu’il est toujours avec lui GrosNours son doudou adoré (muni d’une caméra reliée à votre smartphone).
Le principe est donc d’aller chez la nounou potentielle, d’emmener le bébé (et le papa si possible, cette décision étant si lourde à prendre) et de voir comment ça se passe. Nous prenons cinq rendez-vous.

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Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #2

Voici la suite de nos habitudes à la maison (voir le premier article) :

* Côté moyen de locomotion, j’ai tout de suite eu envie d’essayer l’écharpe de portage. Avec un bébé d’hiver, j’étais davantage rassurée par l’idée de l’avoir bien au chaud contre moi que tout seul au fond d’une poussette. Mes lectures conseillaient l’écharpe plutôt que le porte-bébé pour le tout petit car il y serait plus à l’aise et en meilleure position. Quant à moi, je trouvais rigolo tous ces nœuds (enfin il n’y en a que deux). Une amie m’a prêté deux écharpes afin de tester. La première, rigide et bariolée n’a même pas été dépliée. La deuxième de la marque Je porte mon bébé était en jersey et m’a tout de suite plu. J’ai donc été une maman kangourou le premier mois. J’ai ensuite rendu ses échapres à mon amie et m’en suis faite offrir une par mes collègues. J’ai demandé un modèle qui puisse aussi être utilisé par Papa Breizh (donc pas de rose). Comme il y avait un papa sur la boite, elle m’ont acheté une écharpe Babylonia. Je l’aime moins. Le tissu est plus fin et moins élastique. Je me sens moins à l’aise et donc moins en sécurité avec. De l’autre côté, j’ai commencé à utiliser de plus en plus la poussette. Choisir une poussette est surement la chose la plus difficile dans la vie de futurs parents. On a fait au moins cinq magasins de puériculture avant de nous décider. Quand vous débarquez dans ces magasins vous vous retrouvez face à une horde de carrosses tous plus impressionnants les uns que les autres. La vendeuse, censée vous aider, vous embrouille encore plus avec un discours digne des cryptage de la seconde guerre mondiale : « Trois ou quatre roues? Simple, duo ou trio? Pliage canne? Citadine ou tout terrain? Cosy, nacelle? » Puis il y a la démonstration d’utilisation et de pliage. Là on se sent un peu comme si un contorsionniste mettait son pied derrière la tête et vous disait:: « c’est facile, à vous maintenant ». Quant à la gamme de prix, elle ferait taire d’emblée tous ceux qui pensent qu’on fait des enfants pour les allocations familiales. Du coup on a fini par choisir le modèle Muum de chez Jané essentiellement pour sa couleur (noir et vert chez nous). C’est un duo, quatre roues avec un combiné cosy-nacelle appelé Matrix. Je ne suis pas encore sure d’avoir fait le bon choix. Au départ je ne l’utilisais pas seule car elle est assez lourde. Mais elle est devenue assez vite plus pratique que l’écharpe dans certaines circonstances. En effet, Bébé Putois étant un petit curieux, ça ne l’intéresse plus d’avoir le nez collé dans le cou de maman. Mais il n’arrivait pas toujours à tenir sa tête tout seul. J’avais donc besoin d’une main pour lui tenir la tête pour qu’il puisse regarder à droite à gauche. Aujourd’hui on utilise de plus en plus la poussette notamment pour aller chez Nounou (car c’est Papa Breizh qui s’occupe du retour et que c’est son véhicule préféré). Je continue à utiliser l’écharpe quand je ne connais pas les lieux (et leur accessibilité aux quatre roues) ou quand on prend les transports en commun. Mais je suis de moins en moins à l’aise avec ce mode de portage et j’ai l’impression que Bébé putois aussi.

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* Je suis une maman qui travaille. J’ai repris au début du mois. Je ne travaille qu’à mi-temps. Ce n’était pas un choix avant ma grossesse mais ça l’est devenu aujourd’hui puisque j’ai refusé un entretien il y a quelques jours. Il fallait donc un mode de garde pour le petit. J’avais opté pour la crèche pensant que c’était la moins chères des options et ayant envie que Petit Putois se fasse plein de copains. Le temps qu’on saisisse comment s’inscrire, on nous a fait comprendre qu’on était très en retard. De toutes façons, il valait mieux parier sur septembre alors les congés maternités qui se terminent en février … Pensez à tout bien calculer avant la conception messieurs dames. On a donc cherché une assistante maternelle mais là on était trop en avance. A force d’attendre on a presque fini en retard ce qui finalement était une bonne chose car tout s’est goupillé au mieux à la dernière minute. A la PMI on nous avait parlé d’une ‘crèche familiale‘ où on s’est inscrit sans trop y croire. On a rencontré cinq assistantes maternelles privées. Ce fut une épopée folklorique qui mériterait un billet à elle seule (surtout que celui-là est déjà terriblement long, bien que scindé). Alors que nous peinions à nous décider, la crèche familiale nous a proposé une assistante maternelle que nous avons rencontrée. Papa Breizh, Petit Putois et moi étions d’accord : c’est elle qui nous fallait. Du coup Petit Putois est chez Nounou deux jours par semaine avec une petite de deux ans et un plus grand de quatre ans. Une demi journée par semaine, elle les emmène à la crèche familiale où ils font des activités avec les autres enfants. Le compromis idéal! Ça se passe vraiment bien et Petit Putois a l’air très heureux. Le soir j’adore découvrir son carnet lapin où Nounou raconte sa journée et met parfois des photos. Je suis très contente de la façon dont ça se passe et ne suis pas inquiète quand je suis au travail. J’apprécie que Bébé Putois puisse voir d’autres enfants. J’ai l’impression de plus profiter de lui le reste du temps car il m’a manqué deux jours et demi. Je suis moins contente de devoir me lever tôt pour aller travailler mais on ne peut pas tout avoir!

* Bébé Putois prend son pouce, mais ça, c’est son choix à lui. On lui a proposé la tétine, il n’en a pas voulu. On avait pourtant choisi une belle couleur assortie à la poussette. Petit il préférait les seins de Maman Nouille qui elle n’aimait pas servir de tétine, ça c’était mon choix (il en allait de la survie de mes tétons). Bébé Putois s’est alors tourné vers son pouce et après plusieurs semaines de recherche et de bavouillage, il l’a trouvé! Qu’est ce que ça facilite l’endormissement! D’ailleurs dès qu’il a une petite contrariété il attrape le dit doigt. Du coup on ne l’entend presque plus pleurer. Et qu’on ne vienne pas me polluer les oreilles avec des histoires de déformation du palais. Un copain l’autre jour m’a dit « ah mais il suce son pouce, il faut lui enlever sinon il va avoir les dents en avant ». Déjà il n’a pas de dent. Comme je trouve ça cruel de priver un enfant de ce geste de réconfort! (Bien sûr on en reparlera quand il râlera avec sa voix prépubère parce qu’il ne veut pas d’appareil dentaire).

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Et sinon on utilise des couches jetables, on nettoie les fesses au liniment, on vaccine bébé, on lit déjà des histoires, on regarde beaucoup trop la télé, on ne met pas d’adoucissant dans la lessive ….

Voilà comment ça marche chez nous … pour l’instant.