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Mes deuils à faire

Lors d’une naissance, ça explose de sentiments. La première rencontre, qu’elle soit coup de foudre ou sensation d’étrangeté, est aussi un instant de déception : cet enfant là n’est pas celui qu’on avait imaginé. Bien sûr ça passe, parfois si vite qu’on n’a pas senti l’émotion fugace. Le bébé réel se révèle bien plus satisfaisant que l’enfant idéalisé. Pourtant il y a un deuil à faire, ou plutôt des deuils : la grossesse fantasmée, l’accouchement idyllique, le nourrisson rêvé.

Après mon premier enfant, l’envie du deuxième est venu rapidement. J’avais un fantasme de réparation. Rien n’avait été catastrophique mais ça n’était pas parfait. J’avais eu beaucoup d’inquiétudes par rapport à toutes ces nouveautés et je m’étais empêchée d’en profiter pleinement. Même si je n’en gardais aucune culpabilité, j’avais un petit pincement au cœur. Et puis le deuxième est arrivé et j’ai vécu mon cataclysme. Ça n’a rien réparé mais ça a eu le mérite de réhabiliter ma première grossesse : finalement, ça n’était pas si mal. Reste qu’aujourd’hui j’ai parfois un goût amer et encore des choses à digérer. Lire la suite

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Des dernières fois

J’ai regardé au fond du bac à linge sale pour voir si je pouvais lancer une machine. Papa Breizh avait lavé le noir hier, ça m’avait agacé. J’avais prévu de le faire aujourd’hui. Oui je sais, c’est dégueulasse. On leur reproche de ne rien faire à la maison et dès qu’il font quelque chose, on les critique. Mais vous verriez la façon dont il remplit le lave vaisselle! Pourtant, ça n’est pas compliqué. Tout ce que je lui demande, c’est de faire exactement comme moi. J’ai déniché de quoi remplir la machine et j’ai lancé la machine. C’était important, c’était la dernière machine. Lire la suite