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Et puis retourner travailler : mes premiers jours loin d’eux

Alors que je visitais un des lieux où j’allais exercer, je m’extasiais face à la salle d’attente où foisonnaient jouets en plastique et livres d’images. Je ne travaille pas avec des enfants mais à certains endroits où je me rends, on y reçoit des têtes blondes. Je remarquais : « oh, il y a même un pot dans les toilettes! ». « Il y a une envie d’enfant qui vous toque là » hasardait la secrétaire face à mes nombreuses réflexions. « Oh non, j’ai ce qu’il faut à la maison! » m’empressais-je de répondre. C’est vrai qu’elle ne peut pas savoir, elle me connait depuis vingt minutes et faut bien dire que j’ai l’air d’avoir dix huit ans et une ligne de top modèle (et parfois je mens un peu). Après mon passage aux WC, lieu où me viennent souvent de brillantes illuminations, la raison pour laquelle je m’émouvais devant des joujoux vieillots et poisseux devenait claire : c’est la culpabilité de la mère qui reprend le travail. Lire la suite

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Brève matinale

Je regarde la pendule, on s’approche dangereusement de neuf heures et on est toujours dans la salle de classe du Putois. Dans une demi heure, Malo a rendez-vous à l’autre bout de la ville. Je ne sais plus trop où, je compte vaguement sur le fait qu’on y était une fois, il y a six mois, pour que mes pieds se souviennent du chemin. Je prends à peine le temps de me demander ce que je fais encore à l’école à cette heure, la limite pour déposer les enfants étant largement dépassée. Mon réveil interrompt mes questionnements. Sept heures. Faisant fi de l’éventuel caractère prémonitoire de ce rêve, je reprogramme mon réveil dix minutes plus tard. Lire la suite

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Des étiquettes pour l’école

Y a comme un parfum de rentrée scolaire. Je sens bien que les étals de mon supermarché, qui débordent de melons et de tomates, ne vont pas tarder à se remplir de petits cahiers à spirales avec grands carreaux. D’habitude je passe et constate « ah déjà » avec un une vague nostalgie des listes à rallonge (de toutes façons, il manquait toujours une couleur de protège cahier qu’on filait acheter à prix d’or à la papeterie mi-septembre).

Mais cette rentrée-là, a un goût de première fois, d’enfants qui grandissent trop vite et de temps qui file à toute allure. Cette rentrée-là, c’est la première de Petit Putois. A force de pousser comme ça et de se faire appeler le ‘grand‘ depuis qu’il a un petit frère, il fallait bien que ça arrive. Il parait que même dans les pays où les enfants sont scolarisés à cinq ou six ans, on les trouve encore trop petits pour y aller. Mais vous comprenez, mon bébé à moi n’aura même pas trois ans…

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