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Le cas de la propreté

L’éducation à la propreté n’a jamais été une phase qui m’emballait dans la vie de parents. Non pas que j’adore nettoyer des fesses ou me lever la nuit mais si j’avais à choisir … d’accord, on ne choisit pas, on prend le package complet. Quoiqu’il en soit, j’ai toujours tenu ça à distance en me disant « on verra« . Dans ma tête, on était propre vers trois ans. Dans ma tête, c’était le fruit d’un long travail de conditionnement skinnerien à base d’encouragements parentaux hystériques pour quelques gouttes d’urine dans un pot en plastique. On lavait beaucoup de petits shorts en éponge mouillés, on passait la serpillère quelques fois. Et surtout on restait assis longuement à côté du pot, en essayant de distraire le bambin pour qu’il oublie son désir gambader partout en espérant qu’un fluide finisse par sortir de son corps pour qu’on puisse applaudir (histoire qu’il comprenne le principe). Il fallait aussi trouver un endroit où se soulager urgemment au milieu de la rue alors que dix minutes avant on avait bien insisté dans tous les sens pour emmener le môme aux toilettes. Bref, l’idée ne me séduisait pas des masses. Lire la suite

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De l’éducation canine de mon enfant

Pendant les fêtes de fin d’année, je me suis retrouvée à boire le thé chez une vieille dame. Je lui fais part de mon dépit de constater que la chair de ma chair fanfaronne ‘papa‘ à tout va et point de ‘maman‘ dans le clairon. Elle me rétorque que tout est une question d’éducation , il faut agir comme avec un chien. Il suffit d’agiter un gâteau et de le récompenser en cas de bon comportement. C’est ainsi qu’elle a appris à son toutou à s’asseoir sur demande. L’autre dame présente semble un peu choquée du discours. Mais que peut-elle en savoir? Après tout elle n’a pas d’enfant et surtout elle n’aime pas les chiens. Alors que notre hôtesse les adore. Pour preuve, elle a confectionné pour le Noël du chien de sa sœur, un plaid avec une tapisserie au motif de scène de chasse assorti d’un coussin brodé au nom de l’animal. La vieille dame trouve d’ailleurs que le prénom de mon fils ferait un parfait patronyme canin. Faut dire qu’elle appelle tous les animaux par un nom humain. Cependant  celui de mon fils elle me l’aurait quand même pas utilisé car c’est le même que celui de son grand père, sa mère n’aurait pas apprécié.

A cette même période,il y a eu un soir où Petit Putois s’est montré particulièrement content que je vienne le récupérer chez Nounou. Sitôt arrivée, l’animal a couru vers moi à quatre pattes, s’est accroché comme il a pu et a mordu à pleine dents une de mes joues avant de repartir en jappant. Puis de revenir, plus de repartir, puis…. Nounou, fort étonnée de son comportement, s’est exclamé:  » C’est drôle on dirait un petit chien. «  Il me faisait la fête. Je me suis demandé un furtif instant si je n’avais pas provoqué ça. En effet j’avais remarqué que depuis qu’il maîtrisait l’art du déplacement autonome, j’avais tendance à l’appeler à travers l’appartement.  » Viens! Viens! «  je scande comme lorsque je hèle le chat en l’appâtant avec quelques croquettes. Il nous arrivent même (car Papa Breizh est de mèche) d’agiter le biberon plein devant le bébé pour qu’il vienne manger.

Force est de constater que le marmot tiens du cabot. Si on compare parfois les nourrissons à des tubes digestifs (je rajouterais avec haut-parleur), je crois que pendant cette période entre le quatre pattes et la marche, la métaphore canine est pertinente : compréhension des ordres simples, tempérament joueur et attachement entier pour ses maitres parents. La comparaison n’est pas maternellement correcte et pourtant tout y est : La quadripèdie et le fait de s’accrocher aux jambes pour se mettre sur deux pattes pieds, la tendance à ramasser tout ce qui traine et à le coller entre les gencives, la bave au menton, les morsures, la balle qui nous lance pour signifier qu’il veut jouer et même les grognements de mécontentement.

Mais le susucre sur la pâtée vient de Papa Breizh qui, l’autre soir, m’annonce tout joyeusement l’invention d’un nouveau jeu. Il saisit furtivement la peluche préféré de Putois et la planque à son insu. Il s’écrit alors : » Il est où doudou?! Il est où doudou?!  » ( Ce ton là je le reconnais c’est celui qu’il utilise avec son chien).  Le petit lève la tête aux aguets et regarde dans tous les coins. Sitôt la proie repérée, ils fonce dessus, la saisit, un un coup de dents au passage, et la ramène fièrement à son père dans un aboiement de joie.

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De ce que je veux transmettre à mon fils

L’autre soir, on causait marmaille avec les copines. Heureusement, on buvait des bières pour ne pas tomber dans les stéréotypes. L’une d’entre elles évoquait son souhait d’avoir une fille. Issue d’une lignée féminine, il lui semblait important de transmettre cette tradition là.

De mon côté, je m’étais dit que je serai plus dure avec un garçon. Par opposition avec certaines mère qui font de leurs filles des aides ménagères et de leur fils rois de gros beaufs assistés. Avec l’âge, je deviens plus féministe et déplore souvent la conditions de mes congénères, la minorité la plus majoritaire. Pour moi, il est important d’inculquer à mon fils le respect des femmes (et des Hommes en général) et le partage des tâches (Non, quand ton mec fait la vaisselle il ne t' »aide » pas, pourquoi ce serait ton boulot? il participe). Je crois que ça me vient de ma mère qui, par conviction,  m’a toujours fichue une paix royale quand j’étais petite. Elle a souhaité m’éviter de suivre son chemin, prisonnière un peu jeune d’un mariage peu désiré. Mon père est issu d’un second mariage, son père était un bourgeois et sa mère, la bonne, au sens propre, qu’il a épousé car elle était enceinte. Ma mère m’a raconté que lorsqu’ils se sont mis en ménage, mon père ne mangeait qu’avec des couverts en argent! Ils ont fini par divorcer, mais ça c’est une autre histoire. Personnellement, je n’ai pas trop pâti de la vision machiste de mon père, j’étais une princesse (fille unique de ce côté). Mais aujourd’hui, sa nouvelle femme s’occupe de la gestion domestique alors qu’elle travaille et que lui non … Bref, mon fils fera la vaisselle. Cela dit, si j’ai une fille, elle s’y collera aussi!
A la maison, il y a aussi des tâches plus agréables que le ménage, comme la cuisine. J’ai envie de faire des gâteau avec mon fils pour quand son papa rentrera du travail, j’ai envie de faire des bredeles à Noël et des crêpes à la Chandeleur. J’ai envie de partager mes traditions familiales  (comme le repas sucré du soir de la Saint Nicolas) et d’en inventer des nouvelles (les épinards – foie de veau du samedi soir?). Aujourd’hui, je bataille déjà pour qu’on mange tous ensemble à table le soir. Ça implique beaucoup d’organisation et je n’ai pas toujours le courage. Parfois les parents mangent des pâtes devant la télévision pendant que le bébé dort. Mais j’ai envie de ce repas, moment de partage,où on se raconterait nos journées. J’ai envie de construire une famille heureuse et unie. Un peu cliché, mais un cliché qui me plait.

L’idée du bonheur familial m’emballe. Ma mère m’a souvent répété que la vie était dure. Quant à mon père, je le vois passer ses journées devant la télévision à attendre l’heure du repas pour qu’il se passe enfin quelque chose. Je porte ces lourdeurs en moi. Certains moments, je n’aspire qu’à fusionner avec mon canapé, à ne me nourrir que de pizzas et ma seule joie réside dans le caractère inédit du téléfilm de M6 (je me rends compte que je n’ai accès à cette chaine que depuis une quinzaine d’années et qu’il y a pourtant déjà des films que j’ai vu trois fois! Il y a une partie de ma vie où j’ai sacrement dû avoir le temps les après-midi!). Je ne voudrais pas apprendre au Petit Putois que tout est facile, tout lui donner sans qu’il n’ait à faire d’effort. Je ne voudrais pas non pus qu’il croit que pour exister, il faut courir partout pour avoir des choses à raconter sur facebook. Mais je voudrais lui transmettre que la vie est belle. J’aimerais qu’il puisse apprécier l’odeur des fleurs, la sensation du sable tiède sur les pieds et le bruit des vagues. Je voudrais en faire un optimiste, un homme heureux.

En plus de transmettre ces valeurs, j’aimerais partager avec lui des passions qui me tiennent à coeur. J’aime les loisir créatifs et j’ai envie pour lui de peinture, de paillettes et de pâte à sel. J’ai sorti une boite de feutres il y a quelques jours. Un a un, il a déballé chaque feutre, a colorié un peu avant de le jeter par terrre. Au final, j’ai un joli dessin sur le frigo (et sur ses doigts, et sur la table basse). Peut-être qu’un jour aussi je lui apprendrai le tricot, d’ici là, ça ne sera plus vu comme une activité féminine.
Il y a les livres aussi. J’aime lire mais j’aime surtout les histoires. Depuis tout petit, la lecture fait partie du rituels du soir. Petit Putois adore. Et nous aussi. Il apprécie l’objet livre qu’il manipule avec plaisir. Il est toujours content quand on va à la médiathèque.
Ce que j’aimerai lui transmettre au delà de la peinture et de la lecture, c’est l’imagination. C’est à mon sens une richesse extraordinaire et un immense outil d’adaptabilité que cette cette capacité à construire psychiquement des autres possibles.

Mais surtout, surtout, je veux lui transmettre que je l’aime de façon inconditionnelle et que ça durera toujours (sauf peut-être si son père lui lègue son amour du ballon rond…).

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Si toi aussi tu veux faire du coloriage, je t’offre ce dessin (clique pour l’agrandir)