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Mon bébé, ce tube digestif hurlant

Il faut que je l’écrive noir sur blanc, comme les cernes sur le visage pâle des jeunes parents. Je me connais, si je ne le fais pas, je vais encore oublier. Ça m’a fait le coup pour la grossesse. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir dit et redit que je n’aimais pas être en cloque, et pourtant, dès le marmot pondu je choppe la nostalgie du bidon rond. Là il faut que je révèle toute la vérité pour frapper fort sinon dans quelques mois, je vais me retrouver à errer dans les rayons layette en songeant au troisième. Je dois profiter de mon état d’épuisement avancé. La fatigue rend clairvoyant, plus de filtre, de barrière sociale, juste l’animalité et le réalité. Sitôt la nuit complète arrive que l’oubli efface tout. La fatigue est à nos trente ans ce que l’alcool est à nos vingt ans. Lire la suite