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Il ne parle toujours pas mais ….

Six mois plus tard, à deux ans et demi, Petit Putois ne parle toujours pas. Bon il baragouine toute la journée, nous casse les oreilles de bruits divers et a quand même enrichi son vocabulaire de quelques mots (d’autant plus nombreux, si on inclut ceux que je suis la seule à comprendre). J’ai le droit aux insinuations douteuses sur mes capacités maternelles de la part des spécialistes :  on se demande d’abord si l’environnement est suffisamment stimulant, insinuant que je suis surement une mauvaise mère qui ne parle pas à son enfant, puis on se dit que peut-être je réponds trop à ses sollicitations sans qu’il n’ait besoin de les formuler, une trop bonne mère en somme. Alors, je vous rassure, mon fils  nage dans un bain de langage, on lui adresse la parole, on ne lui cause pas uniquement en langage bébé même si on adapte le vocabulaire, on lit beaucoup et quand il pointe quelque chose je reformule sa demande oralement (mais je ne le laisse pas non plus mourir de soif tant qu’il ne me dit pas « je voudrais de l’eau , s’il vous plait mère« ). Lire la suite

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Celui qui ne parlait pas

Cela débute par la visite médicale des deux ans. Notre pédiatre est une fusée. Dans son cabinet, il y a plus de salles de consultation que de docteurs. On rentre, on déshabille le poupon, elle arrive en trombe, regarde une oreille et un doigt de pieds, pose quinze questions à la seconde, griffonne une ordonnance et s’en va voir le morveux d’à côté. Cette fois elle entre, aperçoit le Putois qui joue dans un coin et interroge « Il est toujours assis comme ça? » (Comprends, les jambes en W) Moi je panique, un relent de ces cauchemars où on arrive nue au baccalauréat sans avoir rien réviser, je bégaye « Oui, non, je sais pas, je fais pas attention… » (Mauvais mère va! souffle ma conscience) « Et bien il ne faut pas! *Ensemble de termes médicaux complexes qui signifient déformation des hanches*. Quand vous le voyez comme ça, ramenez lui toujours au moins une jambe en avant. »

La visite se poursuit. « Est-ce qu’il dit au moins dix mots?

-Les cris d’animaux ça compte? Lire la suite

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Nos 18 mois

Je crois que ça a commencé avec l’article de Mam’Weena qui présentait les 18 mois comme une période charnière. Elle y évoquait le développement du langage, l’autonomisation de l’habillage et la sacrosainte propreté. Nous, on respirait à peine que le Putois tienne enfin sur ses guibolles. Bien sûr que non, on ne fait pas la course. Quand la première bougie est soufflée et que le petit use encore ses genouillères, on se dit qu’il faut le laisser grandir à son rythme, la motricité libre, tout ça, tout ça… Et puis les semaines et les mois passent et on se demande si ce crane tout tordu de nourrisson n’a pas empêché une aire cérébrale de pousser comme il faut. Alors quand le bébé marche enfin, on respire. Enfin un peu. Parce qu’au début, il tombe. Beaucoup. On se dit que pour le prix Nobel c’est raté mais on espère que l’aire du pipi au pot survivra. Et puis on rerespire, les dérapages sont mieux contrôlés. On reprend son rythme de croisière …. oui mais non, tout le reste arrive : l’enfant doit tirer un jouet roulant en marchant, dire quelques mots, résoudre une équation du second degré, décortiquer une crevette avec des couverts … Bon on se calme, chaque enfant grandit à son rythme, tout ça, tout ça …

Et puis je tombe sur les descriptions des 18 mois de Pierre et de Feu Folet. Bien sur que je sais qu’il ne faut pas comparer, chaque enfant est différent, tout ça, tout ça. N’empêche, je compare. Oh allez, on le fait tous! On regarde les enfants qui passent dans les poussettes, on dit qu’ils sont mignons et intérieurement on pense que le notre est plus beau. C’est pas toujours pour gagner qu’on le fait, c’est aussi pour se rassurer, savoir qu’on est dans les clous. Donc dans les descriptions des ces deux petits garçons qui ont le même âge que le mien, je ne reconnais pas mon Putois.

Ce que Mam’Weena rapporte des exploits moteurs de son fils, m’a toujours bluffé. Moi j’ai longtemps cru que Petit Putois allait devoir être renommé Petit Baleineau échoué sur la plage, tant ses capacités physiques frôlaient celles du gastéropodes. Aujourd’hui la marche, bien qu’acquise tardivement, semble bien intégrée. D’ailleurs en ce moment, il ne marche plus mais il court partout en poussant des cris de joie. Et puis il aime bien avancer sur la pointe des pieds. Papa Breizh qui trouve ce comportement féminin, pense que c’est parce que je lui mets trop de leggings. Moi ça me fait craquer (mais je me dis que c’est peut être parce qu’on lui a laissé longtemps des chaussures trop petites…).

Quant au fils de Die Franzoesin, vous avez lu comme il est malin et qu’il parle bien? Putois parle toute la journée. Il raconte, interroge, chante ou t’engueule. Et il s’assure d’avoir ton attention pour tout ça en te tapant résolument sur l’épaule dès que tu regardes ailleurs. Sauf que nous ne comprenons rien. On répond quand même, on n’est pas comme ça. Le vocabulaire est restreint. On voit bien cela dit qu’il comprend de plus en plus de choses. Il ramène toujours la deuxième chaussure, quelque soit la paire que nous enfilons. Il sait quand crier Aaaaghh et quand faire semblant de tousser dans l’histoire de l’Hipopotame qui avait le hoquet. Il me rend bien gentiment les joujoux qu’il a en main avant de sortir de la maison. D’ailleurs c’est drôle, il faut toujours qu’il en ait trois (complexe d’Oedipe précoce?). Côté motricité fine, c’est un travail d’équipe : maman construit des pyramides et il les détruit. Sa passion est de mettre des trucs dans des bidules et de les renverser, et de recommencer. Bon quand même, maintenant il sait insérer les cylindres dans les trous ronds, les cubes dans les trous carrés et les étoiles dans les trous étoilées.

Alors qu’est ce qu’il lui reste à mon Putois? Il lui reste le bonheur. L’autre jour Nounou me demandait :  » Il faudra quand même que vous me donniez votre secret, car le Putois est toujours heureux. Il est toujours souriant et partant pour faire une activité. » C’est vrai qu’il est solaire mon bébé. Il a la pèche tout le temps, même malade. Il rigole beaucoup, court partout, chante et danse à longueur de journée. Il fait la causette à tout le monde. Bon quand il est pas d’accord, il sait très bien se faire comprendre aussi. Et puis quand il est fatigué, il grimpe sur le canapé, se blottit dans nos bras et nous fait un énorme câlin.

Calin&Risette18mois