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Brève matinale

Je regarde la pendule, on s’approche dangereusement de neuf heures et on est toujours dans la salle de classe du Putois. Dans une demi heure, Malo a rendez-vous à l’autre bout de la ville. Je ne sais plus trop où, je compte vaguement sur le fait qu’on y était une fois, il y a six mois, pour que mes pieds se souviennent du chemin. Je prends à peine le temps de me demander ce que je fais encore à l’école à cette heure, la limite pour déposer les enfants étant largement dépassée. Mon réveil interrompt mes questionnements. Sept heures. Faisant fi de l’éventuel caractère prémonitoire de ce rêve, je reprogramme mon réveil dix minutes plus tard. Lire la suite

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De mon mardi comme un lundi

Les petits oiseaux chantaient et j’ai entendu comme le tintement d’un carillon en bois. J’ai ouvert tout doucement les yeux mais n’ai perçu aucune lueur de feu de bois. Dans mon brouillard, je me suis demandé si j’avais dansé toute la nuit, pieds nus dans l’herbe, avec mes amis hippies. Et puis j’ai réalisé que c’était mon nouveau téléphone et sa sonnerie ‘oiseaux dans les bois‘. Alors je me suis retournée dans l’autre sens et ai attendu que la réveil se répète. J’ai fini par émerger. J’étais forcément déjà très en retard ayant programmer mon lever ric-rac. Je n’avais pas envie d’aller travailler. Ce mardi sonnait comme un lundi après mon weekend de quatre jours. Je ne demandais pas grand chose, juste trois heures de sommeil en plus. Tiens et peut-être un compte en banque bien fourni pour pouvoir traîner en pyjama toute la journée. Tiens et peut-être une nounou à domicile des fois que le Putois serait du genre matinal.

Mais le Putois non plus n’était pas réceptif au réveil en douceur. J’ai ouvert légèrement la porte de sa chambre pour laisser pénétrer la lumière du couloir. Je suis allée préparer son biberon en le laissant émerger. Quand j’y suis retourné, il dormait toujours comme un gros caillou. Ca piquait nos yeux ce matin. Un peu plus tard alors que je me brossais les dents, je l’ai retrouvé dans un coin de son parc, tout recroquevillé autour de son doudou et tentant en douce de se rendormir.

Et puis on y est arrivé quand même. Il ne restait qu’à descendre la poussette et faire un cours de musculation en prime. Un dernier coup d’œil dans le miroir, je me dis que quand même cette nouvelle robe qui a une drôle de couleur, des manches pas très jolies et une saloperie de tissu hyper froissable (qui m’a fait sortir mon fer hier soir alors que je ne repasse jamais) est quand même un peu transparente. Allez, ça passera bien, après tout j’avais un gilet par dessus et une culotte en dessous. Pour peu que je reste dans les endroits sombre et que je garde ma veste … Merde, il fait beau et chaud! Je réfléchis plus vite que la lumière et me rappelle que j’ai une doublure de robe transparente que je pourrais glisser en dessous. Je slalome entre les tut tut bolides pour arriver à mon armoire. Je prends bien soin de remettre le reste de la robe tout comme il faut sur le ceintre car depuis que j’ai lu des astuces de femmes d’intérieur hier sur pinterest, je suis pleine de bonne volonté. Je me déshabille et me rhabille. Elle n’est pas un peu longue cette doublure? C’est pas grave, elle remontera peut-être en marchant. Ou alors je vais passer ma journée à remonter ma sous robe, déscendre ma robe et me regarder les fesses pour voir si rien ne dépasse. Je réfléchis encore. Je crame toutes mes cartouches de la journée. J’ai une autre robe transparente avec une autre doublure. Oui, j’ai plein de robes transparentes, quelle coquine. Elle est tout au fond du panier de linge à repasser (qui est très plein vu que je ne repasse jamais). Je fiche tout par terre, tant pis pour l’appartement témoin. Putois pleure un peu, ça fait un moment qu’il attend, coincé dans sa doudoune. Je fais aussi vite que je peux. Sur le chemin je croise les doigts pour que le chat n’ait pas profité de la descente de la poussette pour se faufiler dehors. Je croise aussi les doigts pour que les automobilistes soient bien attentifs aux passages piétons parce que nous, on n’a pas le temps de s’arrêter. Je gare la poussette et enfile enfin ses chaussures au Petit Putois, ce sont des nouvelles, il faut que Nounou les voit.

Nounou me dit qu’elle espère qu’il y aura des trains avec ces histoires de grève. Je dis à Putois que peu importe ce qu’il se passe je viendrais toujours le chercher. J’espère secrètement qu’il n ‘y aura pas de train et que je sois obligée de rester à la maison. On fera la sieste avec le petit.

Et j’inspire un bon coup et j’y vais puisqu’aujourd’hui je suis aussi cool qu’un chaton déguisé en licorne, c’est mon jus d’orange qui me l’a dit!

Calin&RisetteMardiLundi