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Nounou est partie

J’ai beau détesté Nounou, je dois bien avouer que c’est une perle. Et puis un jour, à la fin de l’été ou au début de l’automne, elle a dit à Papa Breizh qu’elle s’en allait. Son appartement était vendu et elle cherchait une maison. Forcément ça serait plus loin, rapport aux prix de l’immobilier, tout ça, tout ça. Moi ça m’a fait tout drôle, mais pas dans le bon sens du drôle. Papa Breizh aussi. Le Putois, lui ne savait pas. Lire la suite

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Du confetti dans son petit lit

Le matin tout est organisé au cordeau, millimétré, chronométré. Quand le mouvement ralentit, je gueule un peu pour remettre un coup d’accélérateur. Il faudrait que je trouve un autre moyen, promis, dès que j’ai le temps, j’y réfléchis. Ce matin là, je soulève Petit Putois fraîchement habillé et les fesses toute propres et là, j’aperçois un petit confetti sur sa table à langer. Bon tu vois, je t’ai un peu menti dans le titre. C’est pour la rime tu comprends. Parfois je brode un peu pour enjoliver l’histoire. D’ailleurs y en avait un sur le canapé aussi de confetti mais bon, de celui là je n’ai rien trouvé à dire. Donc je vois ce minuscule rond de papier bleu sur la serviette blanche et une drôle d’idée me traverse la tête. Je m’imagine que Petit Putois est sorti faire la fête en douce et que le lendemain, je retrouve cette preuve de sa virée nocturne. Je me dis que ça arrivera peut-être plus vite que prévu. Un clignement de paupières et me voilà face à un adolescent. D’ailleurs il a un bouton sur le menton, preuve en est. Je nostalgise et me dis que quand même, il grandit si vite. C’est pas comme si c’était la première fois que je me lamentais sur le temps qui passe. A ma décharge, on fait toutes ça. Et puis quand on ne le fait pas, c’est pour flipper qu’ils ne grandissent peut-être pas assez vite.

Ce petit confetti est un témoin de sa vie sans moi. Sa vie des jours ouvrables entre sept et dix-sept heure. Sa vie chez la Nounou. Tout avait débuté la veille. En allant le chercher, je croise un super héros d’un mètre douze avec une comaman (néologisme tout frais que je viens de pondre pour désigner une mère avec laquelle je partage la nounou, mais vu que je dois expliciter le sens du terme dans une longue parenthèse, je pense que ce mot est voué à disparaitre dès la fin de cet article, tué dans l’œuf). Je me rappelle vaguement que mardi gras approche, rapport aux beignets à la boulangerie. Elle m’explique qu’ils ont fêté carnaval à l’école. Je dis que quand même  c’est drôle d’organiser ça un jeudi. Elle ne relève pas. En fait je suis trop vieille, ou mes enfants trop jeunes, pour réaliser que la semaine suivante correspond aux vacances. Ce petit garçon était le plus grand des enfants que Nounou gardait quand Putois est arrivé. Maintenant il est trop grand et c’est sa petite sœur qui a prit sa place. Sa petite sœur que je me rappelle pendue au sein de sa mère, et qui galope derrière Putois aujourd’hui. La plus grande chez Nounou avait presque deux ans quand on est arrivée, elle doit approcher des trois aujourd’hui. Elle aussi se retrouve avec une petite sœur. Je me souviens encore avoir dit à Papa Breizh que la maman avait l’air enceinte, on n’était pas vraiment d’accord. Tu ne suis rien? C’est normal, moi même j’y arrive à peine, tout va si vite …ah ben voilà que je recommence.

Nounou m’explique qu’ils ont célébré Carnaval à la crèche. L’éducatrice a mis des feuilles pleines de colle par terre et ils ont tous eu droit de jeter des confettis. Mieux vaut ne pas faire ça chez soi. Là tu te dis que c’est quand même chouette d’aller en crèche. D’ailleurs Papa Breizh me l’a bien dit l’autre matin, alors que je me préparais à lui entamer la complainte de la mère indigne qui travaille : cet enfant est beaucoup mieux chez la nounou qu’il ne le serait avec moi. Ben oui, chez nous c’est courses le samedi et coma télévisuel le dimanche . Ouh la mauvaise mère! Alors que le Putois, il était à la médiathèque écouter des contes mercredi, il a fait des œuvres d’art de cotillons jeudi et de l’éveil musical vendredi. Mon fils a un agenda de ministre.

C’est tellement chouette les confettis. Ce sont de petits bouts de souvenirs de moments festifs. C’est un peu comme le sable dans les valises quand on rentre de vacances. Mais cette fête là, je n’y étais pas. C’est un bout de lui qui ne m’appartient pas. Et je souris en me disant qu’il s’amuse bien, même sans moi, et qu’il a quand même l’air sacrément heureux!

Calin&RisetteConfetti

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De l’autre femme

Quand je le retrouve le soir et que je l’embrasse, je sens sur sa peau l’odeur de l’autre femme. Mon cœur se serre un peu en attendant que le bain la fasse disparaître. Je sais bien que tout est de ma faute. C’est moi qui l’ai poussé dans ses bras. Parce que je n’étais pas présente. Parce que j’ai fait des choix pour moi. Pour lui aussi, mais pour plus tard. Parfois je pense qu’elle le câline, qu’elle le console et qu’elle le fait rire pendant que je passe mon si précieux temps à sourire à des gens tellement moins important que lui.

Malgré tout, j’ai pris la bonne décision … je crois. Il est tellement plus raisonnable d’aller travailler, tellement plus adulte. J’ai choisi avec soin cette autre femme qui le nourrit, le fait dormir et le fait grandir. Elle a tout ce qu’il faut tout en ayant moins que moi. Elle sait rester la deuxième tout en étant la première dans son emploi du temps. Bien sûr que je souhaite que mon Petit Putois soit le plus heureux possible. Je veux qu’il l’aime et qu’elle l’aime. J’en crèverai qu’elle n’aime pas cet être si précieux mais j’en crève de jalousie qu’ils s’aiment.

Parfois je demande à Papa Breizh s’il ne la trouve pas bizarre. S’il n’a pas l’impression qu’il y a comme une gène entre nous. Il me répond que c’est sûrement parce que je suis la mère. Avec lui point de malaise. Des histoires de bonnes femmes en somme.

Parfois je lui en veux à cette autre. Parce qu’elle lui a fait goûter des courgettes pendant la diversification. Toutes les premières fois de mon bébé m’appartiennent! D’ailleurs nous avons bien expliqué au Putois qu’il devait réserver ses premiers pas pour le foyer familial. J’ai autorisé la Nounou à le pousser par terre si elle sentait qu’il était sur le point de le faire. Parfois nous différons sur certains points d’éducation, mais toujours des détails. Ce que j’ai plus de mal à digérer est la réflexion qu’elle a pu avoir quand la question du travail à  temps plein se posait pour moi. Elle m’a dit qu’elle pouvait garder Putois tous les jours, que j’étais libre de mes choix et que je pouvais y aller si c’était important pour ma carrière. Mais elle m’a aussi confié qu’elle n’aurait jamais pu travailler quand ses enfants étaient petits et qu’elle avait décidé de rester à la maison. Ça n’était pas un jugement de sa part. C’est un jugement de moi sur moi. C’est la culpabilité de la mère qui travaille pendant qu’une autre élève son enfant.

Mais je m’en fiche parce que demain c’est le weekend et j’aurai mon bébé pour moi toute seule (et un peu pour son papa aussi).

Calin&RisetteAutreFemme

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De la super nounou

Il y a un mois, j’ai profité d’une formation près de chez ma mère pour emmener Petit Putois voir sa mamie. Celle-ci a pris congé pour pouvoir s’occuper du bébé pendant que je me cultiverais les neurones. J’appréhendais un peu vu que c’était seulement la quatrième fois que le Chaton verrait sa mamie (car elle habite à l’autre bout de la France). lI n’y aurait pas de temps d’acclimatation.

La soir du premier jour de garde, ma mère me rapporte que tout s’est bien passé. Elle décrit le caractère facile de mon fils et son côté sociable. Et puisque tout cela ne peut avoir qu’une seule explication , elle conclue : « il doit vraiment avoir une nounou formidable! »

….

Calin&RisetteSuper Nounou

 

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte final, premier choix raté, deuxième choix qui porte bien son nom et rebondissement final

Mes articles deviennent tellement longs que je les coupe en plusieurs morceaux pour que ça soit plus digeste. Voilà que je songe à faire de même pour mes titres!
Du coup je suis même obligée de te faire un résumé des épisodes précédents à la mode des séries américaines. Ça me permet de m’autociter, c’est toujours agréable de se regarder le nombril. Nous avions donc opté pour le recours à une assistante maternelle pour faire garder Petit Putois. Nous en avions rencontrées cinq juste avant les fêtes de fin d’année. Le vent soufflait dans les branchages des sapins lourds de neige et l’heure du choix avait sonné. Quoique, je crois qu’il n’y a pas eu de neige.

Le problème a commencé lorsque Papa Breizh et moi sortions de notre entretien avec Nounou Potentielle  #4. Il se tourne vers moi et me dit : « Je crois qu’on va avoir un problème. ». Quel visionnaire! « Je crois qu’on ne va pas être d’accord« . Bon ça arrive souvent entre Papa Breizh et moi (il s’avère qu’il a souvent tort, c’est pas de bol). Mais quand on est d’accord, on est d’accord. Pour le choix de nos appartements, de notre décoration intérieure, du prénom de Putois et des prénoms des suivants, aucun de nous deux n’a fait de concession (quoique si, j’ai accroché mes petits oiseaux accroche clés dans le couloir).
Voilà c’était acté, je préférais Nounou #4 et lui préférait Nounou #1 (qui était remontée dans les suffrages après les rencontres des assistantes suivantes). Il reprochait à Nounou #4 son appartement un peu trop chargé. Le souvenir d’un brisage de vase chez sa propre gardienne le hantait. Il pensait également qu’il arriverait plus facilement à imposer des choses à nounou #1. Je pensais que Nounou #1 s’occuperait bien de mon fils mais qu’elle allait nous le déprimer tant je la trouvais effacée. Je voulais une nounou fun. Nous avons donc réglé notre différend au combat à mains nues. Nous en avons parlé à nos familles pendant les fêtes. Puis Papa Breizh a décidé qu’il me laissait la primeur du choix. Il avait peur des reproches en cas de déraillement s’il conduisait le train (oui, je porte la culotte, mais la culotte chez un homme ça n’est pas viril!).

J’appelais donc Nounou Potentielle #4 et lui laissait un message sur son répondeur. Le soir on recevait un SMS disant qu’elle avait essayé de nous joindre sans succès mais que la place venait d’être prise par une autre famille … quelle autre famille? Il n’avait jamais été question d’une autre famille? La joueuse de flûte n’était-elle pas en train de nous pipeauter?
Il est 21 heure et on sent la panique nous guetter! On appelle alors Nounou #1, elle est sous la douche. Certes ça n’est pas une heure correcte pour appeler les gens. On lui fera bien pire quelques jours plus tard … Elle nous rappelle et on lui demande si elle est toujours disponible pour garder notre fils. Elle est ok, on est ok. « On se rappelle pour les papiers. » Bon ben voilà, le destin a décidé pour nous mais je suis un peu frustrée.

Les jours qui suivent je rappelle la crèche familiale qui devait nous donner une réponse en janvier. Pour rappel une crèche familiale est une association qui gère plusieurs assistantes maternelles. Celles-ci gardent les enfants à domicile mais se regroupent une fois par semaine. Elles ont aussi des groupes de paroles. C’est la crèche qui gère tout le côté administratif et le paiement est indexé sur les revenus. De plus les couches et les repas sont fournis. Les assistantes maternelles sont pas mal encadrées par les puéricultrices de l’association (bien plus que les assistantes maternelles privées par les PMI). La crèche m’informe qu’on est les prochains sur la liste! Ils attendent la réponse de parents qui viennent de rencontrer une de leur assistante maternelle qui a une place. On attend. Je rappelle, ils ne savent toujours pas. Je me dis que ce n’est pas bien de faire attendre Nounou Potentielle #1 mais malheureusement c’est souvent le jeu avec les crèches. Au final après plusieurs coup de fils croisés, ils nous informent que la famille n’est pas intéressée par la nounou et que du coup elle a une place. Avec Papa Breizh on est emballé par le concept de la crèche familial mais on reste prudent. On préfère se dire que si ça ne colle pas avec l’assistante maternelle de la crèche on prendra la nounou privé. On prend rendez vous au plus vite.
Quand on arrive chez cette nouvelle nounou, je trouve l’appartement grand et bien rangé. L’entretien se passe bien. Elle parle d’un des enfants qu’elle accueille qui a un prénom plutôt rare et me dit que sa maman fait le même métier que moi, je réalise que c’est une de mes collègues (même établissement mais autre service). J’y vois un signe. Quand Papa Breizh voit un poster de Game of Thrones au dessus de son lit (une carte, pas des femmes nues), il y voit son signe. Bref on est emballé tout les deux. Ouf, on a enfin trouvé notre nounou!

Et tout roule depuis. L’adaptation s’est super bien passée. Putois est heureux comme tout et la nounou nous dit souvent combien il est facile à vivre.
Bien sur tout n’est pas rose. Déjà parce qu’on a dû appeler l’autre nounou pour lui dire que finalement on avait eu une place en crèche. Et puis parce que notre nounou a fait goûter à putois de nouveaux légumes….si tu ne comprends pas cet argument, c’est que tu n’es pas une obsessionnelle du nourrissage de ton enfant comme moi. En même temps je crois qu’avec moi il n’aurait jamais mangé d’artichaut de toutes façons.
Il y a quelques temps elle a du s’absenter une demi journée et la crèche familiale nous as proposé une autre nounou pour le remplacement. Et ben j’ai beaucoup moins aimé et avec Papa Breizh on s’est encore une fois dit qu’on avait trouvé la bonne!

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J’espère que l’histoire s’arrêtera là parce qu’entre temps on m’a proposé d’augmenter mon temps de travail et Nounou n’avait pas l’air emballée par le projet …

Et sinon on a reçu une lettre nous disant qu’on n’aurait pas de place en crèche collective pour septembre 2015 mais qu’on était sur la liste d’attente pour septembre 2016 ….

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte II, rencontres et déceptions

Après avoir choisi notre mode de garde, nous avons pris rendez-vous avec cinq assistantes maternelles que nous allions rencontrer chez elles.

* C’était l’hiver. Bébé Putois, Papa Breizh et moi partions à la rencontre de Nounou Potentielle #1. Nous arrivions à sa porte bien que le GPS chercha à nous emmener à la station de tramway la plus proche (était-ce un signe?). Nous étions sans doute aussi stressés qu’elle. Je trouvais son appartement sombre (car les volets n’étaient que partiellement ouverts) mais plutôt ordonné (quoique le tapis d’entrée ressemblait davantage à une couverture, mais qui suis-je pour juger? moi qui me sert d’une couverture comme nappe sur un bureau qui sert d’arbre à chat!). Nous lui expliquons qu’elle est la première personne que nous rencontrons et qu’on ne sait pas forcément comment les entretiens doivent se passer. Elle ne semble pas plus à l’aise que nous. (Je suis revenue au présent/passé composé subtilement n’est-ce pas?). Après tout, c’est un entretien d’embauche pour elle. Mais après tout nous sommes sur son terrain. Elle semble calme (un peu trop) et dit « oui » à tout. Elle a des enfants. Elle accueille aussi deux enfants qui vont déménager dans les jours qui suivent et elle se retrouvera seule. Elle vient tout juste d’avoir l’agrément pour les touts petits ce qui ne nous rassure pas vraiment. De plus elle nous dit que ses enfants n’ont jamais pleuré, du coup on s’interroge sur sa capacité à gérer les cris de Putois. Je garde le petit en écharpe tout l’entretien, il est sage. Elle le regarde mais ne demande pas à le prendre. Mais elle nous explique aussi qu’elle ne laissait pas d’autres gens porter ses enfants quand ils étaient petits. Elle n’auraient d’ailleurs jamais pu les confier à une assistante maternelle …. oups, remarque maladroite à faire à des parents qui viennent te confier leur enfant!
On repart, je suis déçue. Bien qu’on n’ait rien de spécial à lui reprocher, je me sens un peu morose. Je crois que mon fantasme de la nounou parfaite vient de se prendre brutalement la réalité dans le pif. Alors c’est comme ça les assistantes maternelles? Ça m’a déprimée, elle m’a déprimée.

* Autre jour, autre nounou (mais c’est toujours l’hiver). La deuxième nounou potentielle est une dame maghrébine d’un certain âge. Elle nous accueille en présence de son mari retraité qui s’investit aussi auprès des enfants. Elle demande d’emblée à porter Petit Putois. Il est un peu grincheux alors elle le secoue le berce et lui fait changer sans cesse de positions (je me dis qu’il va lui vomir dessus si elle continue). On sonne à la porte. Elle va ouvrir en emportant Bébé Putois. C’est un peu violent pour moi! La petite fille qu’elle garde est arrivée. Elle demande d’emblée un bonbon que le mari lui donne … mouais. Pendant la visite de l’appartement, elle nous montre des lits parapluie qui débordent de vêtements. « Bien sûr si on accueille Putois ça sera rangé. » précise son mari. Bien sûr … Question tarif, elle prend 3 euros de l’heure, mais comme nous demandons une garde à temps partiel ça fera 3,50 euros « si vous êtes d’accord« . Quand elle me rend Petit Putois, il sent très fort la friture.
Finalement Nounou #1 n’était peut-être pas si mal.

* Notre rencontre avec Nounou Potentielle #3 est ma préférée à raconter tant tout est édifiant. A ce stade, il faut que je précise que je suis allée à tous les entretiens avec Bébé Putois en écharpe. Cela semblait, pour un nourrisson d’un mois en sortie dans un lieu inconnu en décembre, la meilleure solution. Lorsqu’elle ouvre la porte, Nounou #3 tique d’entrée en s’inquiétant qu’on le porte trop souvent. En effet, les assistantes maternelles ne pouvant passer leurs journées à porter nos rejetons, il semble tout à fait inopportun qu’on l’habitue à être dans les bras! Nous la rassurons (je ne sais même pas pourquoi) sur le fait que l’écharpe est surtout un moyen de locomotion. Mais peut-être avons nous trop pourri gâté le petit en le portant dès la naissance ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas capable de se déplacer seul à un mois (d’ailleurs le fainéant se fait toujours accompagner chez la nounou à cinq mois révolus!). Nous sommes reçus en présence de son mari (qui nous propose un café) et de ses deux enfants. Elle nous parle d’emblée de son tarif et nous fait les calculs en long en large et en travers.Elle garde actuellement une petite fille depuis qu’elle est bébé mais ses parents ont décidé de la mettre au jardin d’enfants. Elle ne comprend pas ce changement qu’elle a appris au dernier moment. Elle nous parle longuement de ça, en passant par les revenus des parents de la petite fille et par un discours anti-crèche. Le couple pense d’ailleurs que la responsable du RAM fait exprès d’envoyer les gens vers la crèche … Elle se demande si du coup c’est vraiment intéressant pour elle de garder Petit Putois ou si elle toucherait plus au chômage. Elle s’inquiète de l’allaitement car certains bébé refusent de prendre le biberon après. Bordel sombres cons de parents, l’allaitement et le portage sont la hantise des assistantes maternelles! Dressez donc vos enfants correctement! Elle s’inquiète de savoir si Putois ne pleure pas trop, car un jour elle a eu un enfant qui pleurait toute la journée (c’était la faute de sa mère …) et du coup elle l’a rendue. Elle nous parle aussi de l’importance du carnet de santé, nous disant qu’il faut l’amener chaque jour pour suivre l’enfant … euh non, c’est plus un cahier de liaison entre la nounou et les parents qui est important.Elle déclare que c’est bien de prendre les enfants tôt car ils doivent s’habituer très vite à son rythme. Elle nous évoque sa difficulté à trouver des enfants à garder qui serait dû en partie à la présence de son mari d’origine maghrébine (et au fait que la RAM envoie les gens vers les crèches ou vers d’autres nounous). Elle accepte pourtant tout le monde, sauf les noirs. C’est comme ça, par expérience elle a toujours eu des problèmes avec les noirs. Enfin un bon point, je porte bébé et l’allaite mais au moins on est tous blancs comme des culs! L’entretien dure très longtemps, près de deux heures où elle parle surtout de la petite qu’elle garde si injustement retirée par ses parents. Peut-être que c’est parce qu’un jour elle l’a appelé ‘maman‘ en présence de sa mère mais bon ça arrive. Et le mari de demander à la petite qui s’est réveillé entre temps « c’est qui ton papa? ».
Bien sur elle n’a pas demandé à porter Putois, elle ne l’a pas regardé et je ne suis même pas sure qu’elle ait demandé son prénom …

* La quatrième nounou semble consciencieuse, elle prend des notes et nous pose des questions. Bon point en sa faveur. Elle a de grands enfants dont un ado à la maison. Elle a une formation de puéricultrice, d’infirmière, de sage femme et a exercé dans plusieurs milieux dont la crèche collective. Elle a un jardin! Et même un petit potager, du coup c’est purée de légumes du jardin.Elle correspond à tous mes critères et je suis emballée en rentrant. Papa Breizh est un peu plus réservé. son intérieur était très chargé (trop) et il a peur de la casse.

*La dernière Nounou nous reçoit avec sa fille qui prépare un diplôme dans le domaine de la petite enfance. Elle nous parle de sa pratique et nous montre des cahiers avec les photos des tous les enfants qu’elle a gardés. Elle demande à porter Putois à la fin de l’entretien mais me le rend assez vite car il fait chaud dans son appartement et elle ne voudrait pas qu’il sente la transpiration. L’heure tournant, sa fille part chercher les enfants qu’elle garde déjà : quatre petits garçons. Ils ont vraiment l’air de s’amuser chez elle. Mais ça fait beaucoup de chahut et je devrais modifier mes jours de travail pour m’adapter à ses gardes (elle ne peut avoir que quatre enfants au maximum). Pas de possibilité donc de travailler plus. De plus il faudrait qu’on fournisse la poussette et c’est celle qui habite le plus loin. Cette nounou m’est vraiment sympathique mais l’aspect pratique est compliqué.

Et maintenant le plus difficile à faire, c’est le temps du choix! Autant pour certaines c’est évident (NON!) mais pour d’autres…

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De la recherche de la nounou parfaite : Acte 1 « Oui mais on voudrait mieux une crèche »

Vous trouverez que la première partie du titre reflète surement des exigences un peu présomptueuses (et carrément des fantasmes délirants quant à la seconde partie…). Mais sachez que Bébé Putois est un enfant parfait. Cela fait automatiquement de nous des parents parfaits. Il est donc légitime qu’en toute suite logique nous souhaitions le confier à une parfaite assistante maternelle. Ce postulat étant établi, nous pouvons continuer.

J’avais déjà évoqué brièvement dans Des choix que l’on fait notre périple pour trouver un mode de garde. Mais il faut bien que je m’entraine à me répéter pour plus tard. « On ne tire pas sur la queue du chat! …. On ne tire pas sur la queue du chat!….On ne tire pas…trop tard! » J’avais aussi dit que notre marathon de rencontres de nounous mériterait un billet à lui seul (y en aura même plusieurs vu ma bavarditude). De plus, les lectures récentes des articles chez Choupi-chat, Papa-chat, la vie et moi  et chez Un énième blog de maman m’ont motivée à me mettre derrière mon ordinateur.

Donc on voulait envoyer Putois en crèche. Pour des questions financières, parce qu’une crèche n’est jamais malade, parce qu’il y a plein de personnels différents et donc pas de risque que Bébé aime une autre plus que sa maman, pas de risque non plus d’avoir quelqu’un qui délaisse ou maltraite votre enfant une fois la porte fermée et enfin parce que dans une crèche, il y a plein d’enfants et que c’est chouette pour jouer. J’avais dans l’idée qu’obtenir une place en crèche était comme la quête du Saint Graal. Je comptais un peu sur la tendance qu’a la vie parfois de faire que tout s’arrange. Du coup je trainais. D’accord, c’était surtout de la flemme et du découragement par anticipation. Je n’avais aucune idée des démarches à faire mais dans ma tête il fallait :
1. Recenser toutes les crèches de la ville
2. Les appeler une à une pour quémander une petite place
3. S’entendre dire :  » 2015? Vous êtes complétement fous et complétement indignes d’être parents (on va de ce pas alerter les services sociaux). On a une place pour janvier 2050 (sur la liste d’attente complémentaire). »
Bref, je n’étais pas pressée de me lancer. Faut dire aussi qu’on avait prévu de déménager mais on ne savait pas encore dans quel quartier, ce qui ne facilite pas la recherche de crèche.

Vers le cinq ou sixième mois de grossesse, nous recevons une invitation de la ville pour assister à une réunion d’information concernant les futurs parents. Y étaient présents des représentants de la commune, de la CPAM, de la CAF et de la PMI. Et chacun de nous faire un petit topo sur le déchiffrage d’acronymes : RAM, PAJE, CLCA… En plus d’y avoir moult brochures, on y apprend que pour s’inscrire en crèche il suffit de faire un dossier dans un relais petite enfance (et hop voilà la brochure).
«  Quoi vous ne l’avez pas encore fait? S’offusque la dame du relais en question.
– En même temps la réunion qui nous explique comment faire était il y a cinq minutes ….
– Et c’est pour une garde à partir de quand?
– Février.
– Février de toutes façons, il n’y a pas de place à moins d’un déménagement. Les places sont plutôt en septembre, quand les plus grands vont à l’école.
( – Merde, on aurait mieux dû calculer notre date de conception…)
– Venez demain matin pour l’inscription (avec les photocopies de vos quinze derniers bulletins de salaires, les avis d’impositions de vos grands parents et douze lettres de recommandation manuscrites)
– Euh, mais demain on travaille! »
Avoir une place en crèche n’est visiblement pas fait pour les parents qui travaillent, ni pour ceux qui ont des relations sexuelles n’importe quand dans l’année! La bonne nouvelle c’est qu’elle ne nous a pas dénoncés aux services sociaux.
J’effectue notre inscription trois jours plus tard et on me conseille de chercher une assistante maternelle  » au cas où …. « . Du coup direction le Relais D’Assistantes Maternelles (RAM) où on se gausse :  » Pour février? Revenez donc en décembre. Des assistantes maternelles agréées on en a plein dans votre secteur.  » Ouf, nous n’étions pas si nuls comme parents.

Les semaines passent et le bébé arrive. On rentre à la maison : « Pourquoi il pleure? Tu crois qu’il mange bien? Tu le trouve pas chelou son bout de cordon? Tu crois qu’il grandit assez? Pourquoi il pleure encore? Tu penses qu’il dort assez? Tu penses qu’il dort trop? Tu crois qu’il a faim? Pourquoi il fait ces drôles de bruits en dormant? Pourquoi il ne dort pas? Pourquoi il hurle? Pourquoi il ne dit rien? Comment ça se lave les oreilles? Tu penses qu’il grossit assez? …. Mon Dieu! Mais pourquoi nous ont-ils laissé sortir de la maternité avec lui? Quelle bande d’inconscients! ». Bref on l’emmène à la permanence de la PMI pour le faire peser et rencontrer un adulte qui pourra nous traduire le bébé. La puéricultrice en profite pour nous refiler la liste des assistantes maternelles agréées du quartier. Elle nous parle aussi de la crèche familiale.
« C’est ce truc où on doit garder les enfants des autres une fois par semaine? (Non parce que moi je m’en sors déjà pas avec le miens alors je ne voudrais pas abimer ceux des autres).
– Non ça c’est la crèche parentale. Une crèche familiale est une association qui regroupe plusieurs assistantes maternelles. Votre enfant est gardé au domicile de l’une d’elle. Une fois par semaine elles vont à la crèche avec les autres nounous et les enfants. »
Le concept est sympa mais s’inscrire dans une autre crèche pour qu’on nous dise qu’il est trop tard ne nous dit trop rien(surtout que là notre enfant est carrément déjà de ce monde) . Le lendemain on va au RAM pour qu’on nous explique les modalités de l’engagement d’une assistante maternelle et comment on sait que c’est la bonne (si tu sens ton cœur se serrer en sa présence, qu’elle te manque même quand elle va aux toilettes et que tu serais prêt à t’arracher toi-même ton rein pour lui donner en cas de besoin, alors c’est elle).
Deux semaines après, on retourne peser le bébé car comme toute mère primipare allaitant je suis une obsédée du poids (c’est à la maternité qu’ils m’ont refilé le virus). Autre puéricultrice, un peu alarmiste, qui nous réimprime la liste des nounous et nous fait une sélection géographique et une mise à jour. Il ne nous reste qu’à appeler. Petit Putois a trois semaines et demi et nous on a tellement la tête dans le guidon que l’idée de reprendre le travail nous semble aussi inconsciente que celle d’escalader le Mont Blanc en tongs. Quelque part entre tout ça on s’inscrit à la crèche familiale. On n’y croit pas trop mais quand même un peu.

Ça y est, maintenant il va falloir y aller à la rencontre des nounous. Le terme adéquat est donc assistante maternelle. Je sais que certaine n’apprécient pas la dénomination ‘nounou‘ qui dérive du terme ‘nourrice‘ désignant les femmes qui s’occupaient des enfants des bourgeoises et les allaitaient. Le ne veux pas que ma nounou allaite Petit Putois mais je tiens quand même à ce qu’elle le nourrisse. Je suis désolée si je heurte certaines assistantes maternelles qui passeraient par là en utilisant le terme ‘nounou‘ mais je le trouve beaucoup plus doux (doudou).
Grande question : qu’est-ce qu’on attend d’une assistante maternelle? Hors questions pratiques comme que les horaires soient compatibles avec nos horaires et ses exigences pécuniaires avec nos salaires. Papa Breizh a été chez une nounou mais n’a pas l’air de s’en souvenir des masses.Quant à moi, j’étais chez ma petite mamie. Je me souviens d’être allée chez une gardienne quelques rares fois. Je me rappelle juste d’être entrée dans la chambre de son fils et de l’avoir trouvé tout nu (il était avec sa correspondante anglaise). Je ne vois pas trop comment évoquer ça avec les hypothétiques nounous? (« Et sinon, vos enfants sont souvent tout nus à la maison? »). Au RAM on nous a fourni quelques documentations sur le recrutement de l’assistante maternelle : visiter les lieux, voir son comportement avec l’enfant, parler des choses importantes pour nous (alimentation , éducation, sommeil….),rencontrer plusieurs personnes. J’écume aussi internet. C’est tout de même une pression énorme de confier son précieux à une seule et unique personne. Si on fait le mauvais choix, qu’est-ce qui va se passer une fois la porte refermée? A moins bien sûr d’insister pour qu’il est toujours avec lui GrosNours son doudou adoré (muni d’une caméra reliée à votre smartphone).
Le principe est donc d’aller chez la nounou potentielle, d’emmener le bébé (et le papa si possible, cette décision étant si lourde à prendre) et de voir comment ça se passe. Nous prenons cinq rendez-vous.

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