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Du papa de mon fils

L’autre soir, je sortais du travail en proie à un terrible dilemme, faire les magasins ou rentrer directement chez moi. Il pleuvait mais il me fallait un nouveau soutien gorge. Ce détail n’a aucune importance, mais parler de sous vêtements dès l’entrée permet d’appâter le chaland. Je confiais à ma collègue qu’il m’arrivait parfois de traîner les pieds en fin d’après midi, profitant du fait que la moitié de la semaine ce soit Papa Breizh qui récupère le Petit Putois chez Nounou.  » Tu as de la chance, me répliquait ma collègue, tous les pères ne le feraient pas. » « Hein quoi ?! m’insurgeais-je en mon for intérieur, c’est pourtant la moindre des choses, après tout un bébé, on le fait à deux! ». Donc chez nous on s’en occupe à deux, ça me parait normal et ça parait normal au père. Parfois même VentreMou le chat vient surveiller. Et pourtant ….

Quand c’est mon tour de chercher le petit, j’ai toujours l’impression que ça relève d’un marathon. Rien que descendre les escaliers en tenant le Putois d’un bras et mon sac à main pantagruélique dans l’autre me semble relever du sport extrême. Papa Breizh se débrouille bien mieux. Souvent quand je rentre, je les trouve propres tous les deux, fraîchement sortis du bain. Moi j’aime bien prendre des bains avec mon fils. Parfois. Quand on me le ramène alors que j’ai déjà passé une heure à mariner et à me détendre et qu’on le sort et l’habille à ma place parce que sinon j’ai froid. Moi j’aime prendre des bains très chaud, mais si le bébé vire à l’écrevisse, ce n’est pas chouette. J’aime m’étendre de tout mon long dans la baignoire sauf que le Baleineau et sa brouette de jouets prennent toute la place. J’aime lire tranquillement mais le Petit Singe ne tolère que les livres en plastiques dans l’eau (enfin là c’est moi qui limite, car je suis sure que ça ne lui déplairait pas un petit plouf avec sa bibliothèque). Et puis surtout j’aime prendre mon temps et me tartiner de crème en sortant mais à ce rythme là mon bébé aura le temps de se transformer en sardine. Bref, prendre un bain avec Petit Putois est compliqué. Mais Papa Breizh, je ne sais pas comment il fait, mais il gère. Quand je rentre tard certains soir, il arrive même à préparer le repas en plus de tout ça. Moi quand je dois faire à manger, je colle l’Asticot dans les pattes de son père et m’isole à la cuisine (parfois je fais même des plats compliqués pour apprécier la solitude, mais chut, c’est un secret).

Ce que j’adore chez Papa Breizh est son imagination débordante. Vous le verriez inventer des histoires avec les peluches de Bébé Putois, je me souviens encore de celle de la vache qui, prenant le dinosaure pour un arbre, lui a fait pipi dessus. Papa Breizh et Petit Putois papotent beaucoup ensemble, je ne comprends pas tout, des discussions de gars surement. Ils inventent sans cesse de nouveaux jeux et passent beaucoup de temps à s’amuser. D’ailleurs je ne sais pas lequel des deux s’éclate le plus. Parfois, Papa Breizh vient faire de drôle d’imitations pendant que je lis l’histoire du soir. Ça fait rire Petit Putois jusqu’au hoquet.

Outre ses compétences de gestionnaire domestique et sa personnalité de grand enfant, la qualité  la plus fondamentale que j’admire chez le papa de mon fils, est qu’il aime mon fils autant que moi. On se bat le matin pour savoir lequel de nous deux aura le droit de le porter pour grimper les trois étages menant vers Nounou. Nos derniers petits mètres avec notre bébé. Il m’en a déjà voulu (un peu) de lui voler le premier sourire du matin profitant du fait qu’il soit allé préparer le biberon. Il est revenu tout blessé l’autre jour car Petit Putois avait fait demi tour en pleurant quand il est allé le chercher chez Nounou. Et puis hier il a tenté de mettre Petit Putois en lui demandant très sérieusement  » c’est qui que tu préfères? « . Petit Putois, tout aussi solennel, a alors désigné sans hésitation sa peluche renard en clamant  » Doudou! « .

Calin&RisettePapa

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