8

Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #2

Voici la suite de nos habitudes à la maison (voir le premier article) :

* Côté moyen de locomotion, j’ai tout de suite eu envie d’essayer l’écharpe de portage. Avec un bébé d’hiver, j’étais davantage rassurée par l’idée de l’avoir bien au chaud contre moi que tout seul au fond d’une poussette. Mes lectures conseillaient l’écharpe plutôt que le porte-bébé pour le tout petit car il y serait plus à l’aise et en meilleure position. Quant à moi, je trouvais rigolo tous ces nœuds (enfin il n’y en a que deux). Une amie m’a prêté deux écharpes afin de tester. La première, rigide et bariolée n’a même pas été dépliée. La deuxième de la marque Je porte mon bébé était en jersey et m’a tout de suite plu. J’ai donc été une maman kangourou le premier mois. J’ai ensuite rendu ses échapres à mon amie et m’en suis faite offrir une par mes collègues. J’ai demandé un modèle qui puisse aussi être utilisé par Papa Breizh (donc pas de rose). Comme il y avait un papa sur la boite, elle m’ont acheté une écharpe Babylonia. Je l’aime moins. Le tissu est plus fin et moins élastique. Je me sens moins à l’aise et donc moins en sécurité avec. De l’autre côté, j’ai commencé à utiliser de plus en plus la poussette. Choisir une poussette est surement la chose la plus difficile dans la vie de futurs parents. On a fait au moins cinq magasins de puériculture avant de nous décider. Quand vous débarquez dans ces magasins vous vous retrouvez face à une horde de carrosses tous plus impressionnants les uns que les autres. La vendeuse, censée vous aider, vous embrouille encore plus avec un discours digne des cryptage de la seconde guerre mondiale : « Trois ou quatre roues? Simple, duo ou trio? Pliage canne? Citadine ou tout terrain? Cosy, nacelle? » Puis il y a la démonstration d’utilisation et de pliage. Là on se sent un peu comme si un contorsionniste mettait son pied derrière la tête et vous disait:: « c’est facile, à vous maintenant ». Quant à la gamme de prix, elle ferait taire d’emblée tous ceux qui pensent qu’on fait des enfants pour les allocations familiales. Du coup on a fini par choisir le modèle Muum de chez Jané essentiellement pour sa couleur (noir et vert chez nous). C’est un duo, quatre roues avec un combiné cosy-nacelle appelé Matrix. Je ne suis pas encore sure d’avoir fait le bon choix. Au départ je ne l’utilisais pas seule car elle est assez lourde. Mais elle est devenue assez vite plus pratique que l’écharpe dans certaines circonstances. En effet, Bébé Putois étant un petit curieux, ça ne l’intéresse plus d’avoir le nez collé dans le cou de maman. Mais il n’arrivait pas toujours à tenir sa tête tout seul. J’avais donc besoin d’une main pour lui tenir la tête pour qu’il puisse regarder à droite à gauche. Aujourd’hui on utilise de plus en plus la poussette notamment pour aller chez Nounou (car c’est Papa Breizh qui s’occupe du retour et que c’est son véhicule préféré). Je continue à utiliser l’écharpe quand je ne connais pas les lieux (et leur accessibilité aux quatre roues) ou quand on prend les transports en commun. Mais je suis de moins en moins à l’aise avec ce mode de portage et j’ai l’impression que Bébé putois aussi.

Calin&RisetteChoix3

* Je suis une maman qui travaille. J’ai repris au début du mois. Je ne travaille qu’à mi-temps. Ce n’était pas un choix avant ma grossesse mais ça l’est devenu aujourd’hui puisque j’ai refusé un entretien il y a quelques jours. Il fallait donc un mode de garde pour le petit. J’avais opté pour la crèche pensant que c’était la moins chères des options et ayant envie que Petit Putois se fasse plein de copains. Le temps qu’on saisisse comment s’inscrire, on nous a fait comprendre qu’on était très en retard. De toutes façons, il valait mieux parier sur septembre alors les congés maternités qui se terminent en février … Pensez à tout bien calculer avant la conception messieurs dames. On a donc cherché une assistante maternelle mais là on était trop en avance. A force d’attendre on a presque fini en retard ce qui finalement était une bonne chose car tout s’est goupillé au mieux à la dernière minute. A la PMI on nous avait parlé d’une ‘crèche familiale‘ où on s’est inscrit sans trop y croire. On a rencontré cinq assistantes maternelles privées. Ce fut une épopée folklorique qui mériterait un billet à elle seule (surtout que celui-là est déjà terriblement long, bien que scindé). Alors que nous peinions à nous décider, la crèche familiale nous a proposé une assistante maternelle que nous avons rencontrée. Papa Breizh, Petit Putois et moi étions d’accord : c’est elle qui nous fallait. Du coup Petit Putois est chez Nounou deux jours par semaine avec une petite de deux ans et un plus grand de quatre ans. Une demi journée par semaine, elle les emmène à la crèche familiale où ils font des activités avec les autres enfants. Le compromis idéal! Ça se passe vraiment bien et Petit Putois a l’air très heureux. Le soir j’adore découvrir son carnet lapin où Nounou raconte sa journée et met parfois des photos. Je suis très contente de la façon dont ça se passe et ne suis pas inquiète quand je suis au travail. J’apprécie que Bébé Putois puisse voir d’autres enfants. J’ai l’impression de plus profiter de lui le reste du temps car il m’a manqué deux jours et demi. Je suis moins contente de devoir me lever tôt pour aller travailler mais on ne peut pas tout avoir!

* Bébé Putois prend son pouce, mais ça, c’est son choix à lui. On lui a proposé la tétine, il n’en a pas voulu. On avait pourtant choisi une belle couleur assortie à la poussette. Petit il préférait les seins de Maman Nouille qui elle n’aimait pas servir de tétine, ça c’était mon choix (il en allait de la survie de mes tétons). Bébé Putois s’est alors tourné vers son pouce et après plusieurs semaines de recherche et de bavouillage, il l’a trouvé! Qu’est ce que ça facilite l’endormissement! D’ailleurs dès qu’il a une petite contrariété il attrape le dit doigt. Du coup on ne l’entend presque plus pleurer. Et qu’on ne vienne pas me polluer les oreilles avec des histoires de déformation du palais. Un copain l’autre jour m’a dit « ah mais il suce son pouce, il faut lui enlever sinon il va avoir les dents en avant ». Déjà il n’a pas de dent. Comme je trouve ça cruel de priver un enfant de ce geste de réconfort! (Bien sûr on en reparlera quand il râlera avec sa voix prépubère parce qu’il ne veut pas d’appareil dentaire).

Calin&RisetteChoix4

Et sinon on utilise des couches jetables, on nettoie les fesses au liniment, on vaccine bébé, on lit déjà des histoires, on regarde beaucoup trop la télé, on ne met pas d’adoucissant dans la lessive ….

Voilà comment ça marche chez nous … pour l’instant.

Publicités
8

Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #1

A partir du moment où on choisit d’avoir un enfant, on se retrouve devant une multitude de décisions à prendre, de mauvais ou de bons choix possibles. Décider de devenir mère est déjà un bon exemple. Si vous ne voulez pas d’enfants vous n’êtes qu’une égoïste qui ne pensez qu’à vous amuser. Où en serait l’humanité s’il n’y avait que des gens comme vous? Mais si vous voulez des enfants alors vous n’êtes qu’une égoïste car quelle cruauté de faire naître un petit humain dans le monde actuel! Bref, quoique vous fassiez vous faites erreur, alors autant faire ce que vous voulez!

Donc vous êtes enceinte. Est-ce que vous voulez connaître le sexe? Comment on va l’appeler (faut décider pour le -ou les- prénoms et le nom de famille)? Où voulez vous accoucher? La péridurale? Sein ou biberon? Rééducation périnéale par une sage femme ou un kiné? … Peu importe vos choix, vous aurez forcément tort pour la moitié des gens (je dis ‘moitié’ mais c’est pas mathématique). La bonne nouvelle, c’est que vous aurez raison pour l’autre moitié. C’est toujours cette histoire de verre plein ou vide. Et puis perfois on fait des choix et la vie (ou le bébé) en décide autrement. C’est plus ou moins facile à avaler, surtout si on avait opté pour un accouchement à l’hôpital avec péri et qu’on se retrouve les quatre fers en l’air dans la voiture parce que votre progéniture est pressé (rassurez vous, ça n’a pas été mon cas). Il reste que toutes ces décisions sont anxiogènes pour des futurs parents tant on a l’impression qu’elles sont immuables (un prénom c’est pour la vie). Ajoutez une pincée d’hormones de grossesse et vous aurez des parents complétement paniqués avant même que bébé n’ait pointé le bout de son orteil.

Je ne dis pas que c’est forcément facile quand on est célibataire. Je sais bien qu’on a aussi des choix cornéliens à faire. Cet été, est-ce que je vais danser toutes les nuits à Ibiza ou faire du cul nu au Cap D’Agde? Est-ce qu’on fait resto-ciné ou ciné-resto? Quand je me lève à midi le dimanche, est-ce que je prends un petit déjeuner ou un déjeuner? …. D’accord je caricature mais sachez que ce n’est que de la jalousie!

En tant que jeunes (futurs) parents on est souvent désemparés face à la multitude d’options. Mais au fond, comme il n’y a pas de bon et de mauvais choix (il y en a quand même des peu recommandables comme accoucher à domicile de quadruplés) autant faire ce qui nous correspond!

Tout ce blabla pour me plaindre un peu de la dure vie de parents. Et aussi pour vous dire que j’avais très envie de vous raconter la façon dont nous fonctionnons à la maison. Que c’est juste pour partager mais en aucun cas pour convaincre.

Calin&RisetteChoix1

* J’allaite. La question sein ou biberon est surement la plus polémique. Avant d’être mère je ne voulais pas donner le seins et m’imaginait biberonnante. Pour moi les seins étaient trop sexualisés et j’avais peur de la confusion. En vérité l’allaitement a été tellement physiquement douloureux au départ que cette peur était absurde. D’autre part je voulais que le papa puisse créer un lien avec l’enfant  surtout que pendant  neuf mois  c’est la maman qui le porte (et qu’il puisse bien sûr profiter des collations de nuit). Il s’avère que Papa Breizh s’en tape un peu de donner les biberons. Face aux regard énamouré de Bébé Putois qui suçotait le silicone, je l’ai vu parfois préférer la télé. Son lien avec son fils, il l’a tissé en faisant tout le reste. J’ai changé d’avis pendant la grossesse. Le discours moralisateur sur ‘le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur pour votre enfant‘ avait fini par m’atteindre. Mais surtout, et ça c’est une meilleure raison, je crois qu’après neuf mois dans mon ventre, j’avais encore besoin d’un lien corporel avec mon tout petit. Si j’avais su … Clairement les débuts ont été horribles. D’ailleurs entre les douleurs de l’allaitement et les pleurs du soir  qui tous les deux sont ‘normaux‘ selon les spécialistes, je me demande comment l’espèce humaine a survécu. Au bout de trois semaines et demi on est passé au mixte. Je peux dire que le biberon a sauvé mon allaitement (et peut-être même moi et mon bébé car l’un de nous deux aurait fini par passer par la fenêtre). Depuis nous sommes repassés en allaitement quasiment exclusif. (Pas de lait artificiel la semaine dernière, 30 ml celle d’avant, 120ml la précédente, 20 ml encore avant…. vous vous en fichez surement mais moi ça m’encourage de le noter.) Si l’allaitement est un choix au départ il faut une sacré volonté pour tenir. Aujourd’hui encore je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je pensais qu’avec la reprise du travail il y aurait sevrage et que j’aurais enfin un peu plus de liberté. Mais on a tellement galéré pour revenir à l’allaitement quasi exclusif que j’ai pas envie de m’arrêter. Papa Breizh n’a peut-être pas tort quand il dit que j’ai besoin de l’allaitement. Mais même si je n’arrive pas à lâcher ça reste une grosse source inquiétudes et de doutes. Est-ce que ma lactation va se maintenir avec la reprise du travail? Quatre semaines de reprise et je vois déjà les quantités tirées baisser. Petit Putois s’agite au sein les derniers jours du coup je me demande si j’ai suffisamment de lait ou s’il préfère le débit du biberon chez Nounou. Il y a quelques jours encore j’ai regardé sur le net si quatre tétées par jour  à quatre mois était une fréquence suffisante… bref, je suis une maman flippée (mais pas ça ce n’est pas un choix).

* Côté sommeil Bébé Putois dort tout seul dans sa chambre dans son lit à barreaux. Il a un matelas ergonomique Bibed conseillé par l’ostéo (normal c’est lui qui l’a conçu). A la maternité les sage femmes m’ont encouragée à dormir avec lui dans le lit. On a donc cododoté les premiers nuits, enfin plus ‘co’ que ‘dodoté’. De retour à la maison, Petit Putois dormait dans un joli couffin en osier posé entre nous deux dans le lit. Au bout de deux semaines et demi, il est allé dans sa chambre. Papa Breizh reste encore traumatisé par cette expérience de cododo. Les nuits étaient très difficiles et il mettait des heures à s’endormir. Une fois dans sa chambre, je continuais à le ramener dans notre lit pour les casse-croûtes nocturnes mais on dormait plus sereinement entre temps. Et puis tout de même, nous avions déménagé moins d’une semaine avant son arrivée afin qu’il est une chambre pour lui, il fallait bien qu’il en profite!

Calin&RisetteChoix2

 

Comme il s’avère que cet article est bien long, je m’arrête là pour la première partie et reviens très vite pour la suite ^^