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De la plagiocéphalie et des torticolis ou pourquoi je déteste notre kiné

Quand il était tout petit, on nous a conseillé d’emmener Bébé Putois chez un ostéopathe pour son crâne à la forme trop bizarre. Il s’avère qu’en plus d’avoir une tête bizarre, Bébé Putois avait tendance à regarder toujours du même côté. « Il a un torticolis. A dit l’ostéo. Ça passera peut-être tout seul. Ou alors il aura quelques séances de kiné. Ou alors faudra le faire opérer. » … On a choisit l’option ‘ça passera tout seul’. La pédiatre a dit qu’il n’avait pas de torticolis mais qu’il fallait le stimuler intensivement de l’autre côté. Faut dire qu’à force d’être toujours en appui sur le même côté, il était tout plat de la tête. Du coup côté symétrie crânienne ça s’arrangeait pas des masse. Elle n’était pas inquiète mais nous a quand même envoyé faire une radio et une écho.

« Vous le mettez bien sur le ventre?

– Un petit peu mais il n’aime pas tout.

– C’est pas grave il faut le faire quand même. »

Calin&RisettePlagio

Bébé Putois n’aime pas les radios

La fois suivante la pédiatre évoque un petit torticolis …ah ben non, il tourne bien. « Vous le stimulez bien à gauche?« . Je lui explique que même si on met tous ses jouets à gauche, il va quand même préférer regarder  dans le vide à droite (laisserait-ce p^présager de ses opinions politiques?). C’est vrai qu’on a un peu laisser filer avec Papa Breizh. « Et vous le mettez sur le ventre?« . Sur le ventre, soit il hurle de panique, soit il fait sa grosse loque et la tête tournée dans le mauvais sens en plus. Et la moitié du temps en plus il vomit. « C’est pas grave, il faut le faire. » Du coup, dix séances de kiné pour Petit Putois. (Mais comment font les gens qui travaillent à temps plein pour gérer tous ces rendez-vous?) Elle m’indique une adresse à cinq minutes de son cabinet. Mais cinq minutes encore plus loin de chez nous, presque une demi heure de trajet en tout. Je téléphone le vendredi, une remplaçante me dit de rappeler lundi. Le lundi je tombe sur un drôle de répondeur avec quelqu’un qui pianote en même temps. Je réessaye plus tard, c’est un autre répondeur. Encore après, c’est le premier répondeur qui me donne un numéro de portable où je tombe sur un autre répondeur. Je rappelle l’après-midi, le répondeur du cabinet puis le répondeur du portable où je laisse un message. Je rappelle le mercredi et tombe sur une vraie personne qui me fixe un rendez-vous pour vendredi. Jeudi on me rappelle et me laisse un message suite à mon message du lundi pour savoir si j’avais bien eu rendez-vous. Je rappelle dans la foulée et je laisse un message disant que j’avais bien eu rendez-vous. On me rappelle de suite sans laisser de message. On m’appelle à nouveau jeudi après-midi pour décaler l’heure du rendez-vous de vendredi. Je sais pas si vous suivez toujours mais en résumé ça commence mal.

Je pars très en retard vendredi car je dois m’y reprendre à trois fois pour installer Bébé Putois dans l’écharpe. J’ai perdu la main depuis qu’on l’emmène chez Nounou en poussette et en plus je voulais tester un nouveau portage. Comme je le nourris avant de partir et qu’il a été bien remué par ces mises en écharpe, il en profite pour me vomir dessus trois fois. Je me demande s’il ne va pas devenir un bébé secoué tellement je marche vite. J’arrive chez la kiné pile à l’heure et là c’est pas la kiné qui a son nom sur la plaque qui nous reçoit mais une autre kiné. J’aime pas trop. Elle fait tourner la tête de Petit Putois sur sa gauche en agitant un petit hochet. Elle lui appuie sur la tête pour qu’il tourne plus. Il hurle. Elle le met sur le ventre et constate qu’il y aurait peut-être du travail à faire de ce côté là (parce que niveau torticolis ça va), il hurle et dégouline de crottes de nez. On programme quatre autres séances, deux fois par semaines c’est un minimum (je travaille moi). Ça aura duré quinze minutes.

Je déteste, Bébé Putois surement encore plus. Je me dis que c’est peut-être parce que j’ai peur qu’elle n’aime pas mon fils. C’est con mais j’ai toujours peur qu’on ne l’aime pas. Là en plus il a râlé et expulsé des crottes de nez, rien de très séduisant. Et pourtant mon fils est vraiment facile à aimer. Vous pouvez le demander à sa Nounou. Il est très à l’aise avec les étrangers et fait volontiers des sourires ravageurs. Je sais que mon bébé n’est pas un accessoires de mode même s’il est évidement le plus beau bébé du monde (et que ça me fait plaisir qu’on soit d’accord avec moi). Est-ce que j’ai peur qu’on le range dans la catégorie bébé difficile? Qu’on remette en question mes capacités éducatives peut-être? Mes capacités à être une bonne mère ?

Le weekend on le stimule plus sérieusement à gauche et surtout on le met sur le ventre. Mais juste quelques secondes par ci, par là, quand il est prêt. Après le change pour fermer le pyjama. Un peu pour faire l’avion sur le torse de Papa Breizh. Un peu en faisant des roulés boulés sur le lit pour essayer de lui faire comprendre comment se sortir de cette position si anxiogène. Notre journée de dimanche est vraiment super et on s’amuse beaucoup tous les trois.

On retourne chez la kiné lundi. Durant tout le trajet je peste contre les voitures garées sur les passages piétons, contre les travaux, contre les gens qui squattent tout le trottoir …bref je suis de mauvaise humeur. Bébé Putois s’endort comme un bienheureux dans la poussette (oui, l’option écharpe m’a échaudé), s’il savait … On le réveille et on lui fait tourner la tête, il ne comprend pas pourquoi mais n’aime vraiment pas ça. Puis c’est le tour du ventre, sur un tapis, sur un ballon … Bébé hurle et moi je suis à deux doigts de pleurer avec lui. Rien que d’y repenser ma gorge se noue. C’est vraiment difficile pour moi à un point que je n’aurais pas cru possible. Je lui demande pourquoi il faut absolument mettre les bébés sur le ventre puisqu’après tout ils auront bien le temps de le faire tout seuls quand ils se retourneront. Elle m’explique que c’est pour renforcer leur muscles car ils sont trop souvent couchés sur le dos. Ça ne me convint pas. Après tout est-ce qu’on leur muscle déjà les jambes pour les préparer à la marche? Elle tente de me rassurer en disant que ça ira mieux.

Sur le trajet du retour je rumine ma boule dans l’estomac. Pourquoi ai-je tellement de mal avec cette position ventrale? Je fais partie de la génération des bébés qui dormaient sur le ventre et je le fais encore aujourd’hui (quoiqu’entre le ventre de femme enceinte avant et les seins allaitants aujourd’hui c’est moins le cas). Papa Breizh lui déteste, il me dit qu’il aurait l’impression d’étouffer. Est-ce cette détresse que ressent Bébé Putois?  Peut-être est-il comme son papa.

Peut-être que ça m’énerve de le forcer à faire des trucs qu’il n’aime pas (non, ce n’est pas encore un enfant roi, quoique) mais surtout dont je ne comprends pas le sens. Pour les vaccins, j’ai plus de courage parce que je saisis l’utilité.

Peut-être aussi que ça lui fait mal au ventre, surtout que souvent ça le fait régurgiter. La pédiatre ayant évoquer un petit RGO la dernière fois je me demande si c’est bien compatible. Après tout, aurions-nous l’idée de faire une sieste sur le ventre après un diner de réveillon?

Mais d’un autre côté je me demande si nous ne l’avons pas traumatisé. Quand il était tout petit, Bébé Putois était très difficile le soir. Il hurlait jusqu’à 1 ou 2h du matin. Quand on avait de la chance il commençait à 23h mais parfois ça débutait à 20h. Bien sûr ça n’était ni la faim ni la couche pleine. Tout son corps était tendu, il serrait ses petits poings de bébé si fort que ses jointures devenaient blanches. Parfois il était si énervé qu’il n’arrivait même pas à crier. On le mettait au seins, on le câlinais, on lui mettait la lumière ou on l’éteignait, on le cajolait, on le menaçait. Et parfois, on le mettais sur le ventre. Ça le calmait d’une certaine manière puisque ça l’énervait encore plus et donc le fatiguait plus. Ça calmait la machine mais peut être pas de la meilleure façon qui soit. On ne le laissait jamais longtemps et on était à côté. Mais je crois que j’aurais préféré qu’il se calme d’apaisement avec des caresses plutôt que d’épuisement. Alors peut-être que c’est à cause de cette culpabilité là que je ne veux pas le mettre sur le ventre.

Quoiqu’il en soit quand on est rentré du kiné, Bébé Putois a fait la sieste et moi je me suis fait une grosse assiette de coquillettes au beurre.

On y retourne vendredi.

Calin&RisettePlagio2

Faire l’avion avec papa

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