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Fais dodo …. ou pas

Le matin quand je croise un miroir, j’aperçois un panda. Je m’en veux un peu, j’accuse un manque de zèle dans le démaquillage du soir. Et puis je me souviens que je ne me suis pas maquillée la veille, tout juste ai-je quitté mon pyjama. Non, ces poches noires sous les yeux ne sont pas des restes de mascara qui a dégouliné toute la nuit pendant que je dansais sous les spots. En fait ce sont des cernes. Lire la suite

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D’être toujours fatiguée et de ne jamais avoir le temps

L’autre jour au travail, un collègue se plaignait d’insomnies récurrentes. cela avait commencé, témoignait-il, il y a plusieurs années quand il avait dû parfois travailler de nuit. Un autre, plus jeune, lui rétorquait que pour sa part, les problèmes de sommeil avaient débuté quand il était devenu père. Plus moyen de faire de grasse matinée! Et sans même parler des nuits hachées. Je ne pouvais que compatir.
Des gens qui se plaignent de fatigue, j’en croise beaucoup. Parce qu’ils sont malades, parce qu’ils ont guinché toute la nuit ou encore qu’ils travaillent beaucoup. J’ai plus ou moins de compassion pour eux. Je me souviens avoir été invitée à déjeuner chez des amis lorsque Bébé Putois était tout petit. Une de nos première sortie (hors pédiatre, ostéopathe, PMI, radiologue…). Nos hôtes : un couple avec deux enfants, quatre et un an. Invités également : un autre couple. L’homme de cet autre couple se plaignait ardemment de fatigue. La veille, ils s’étaient couchés à deux – trois heures du matin. Il était si épuisé qu’il a fait une sieste après le repas! Et nous alors? Couchés vers minuit après avoir tenté de calmer Putois pendant deux heures au mieux, quatre au pire (chez lui les pleurs du soir étaient des pleurs du milieu de la nuit). Levés une ou deux fois pour le nourrir, devoir se rendormir. Réveillés plus tôt pour être opérationnels à midi (alors que d’habitude nous profitions du matin pour dormir). Et nos hôtes alors? Deux bambins, un repas à élaborer et surement un petit coup de ménage de dernière minute.

Quand on a des enfants, on ne se pose plus toutes ces questions. Plus le temps de se regarder le nombril. On fait, c’est tout! L’autre jour, météo caniculaire, je rentre du boulot et saute du train bondé au tram bondé. Avec l’été, les transports trainent. Je file chez la nounou en marchant aussi vite que mes chaussures me le permettent. J’embarque Putois, le cale contre ma hanche et essaye d’installer la poussette de l’autre. Sur le chemin, je lutte avec le soleil pour qu’il ne l’ait pas dans les yeux. Je fonce afin qu’il ait le moins chaud possible. On rentre. Je monte Putois et sa nacelle, il fait plus frais dans l’appartement. Je redescend chercher le socle de la poussette. « Maman arrive! » Je le libère et le pose dans le transat avec quelques jouets. J’enlève mes chaussures et me lave les mains (après les transports en communs, ça vaut mieux). « Maman arrive! » Je lui prépare un verre d’eau. Ça le fait marrer. Il se gargarise et recrache tout. Il n’aime pas boire de l’eau mais il aime bien jouer avec. Ça me rassure quand même un peu, je me dis qu’il en avale surement quelques gouttes au passage. Vu à quel point j’ai soif, il doit ressentir la même chose. Je le pose sur le tapis d’éveil . Je vais voir les animaux (chat et lapin) pour leur remettre de l’eau. « Maman arrive! » Je bois une gorgée au robinet en vitesse. Après on joue, on se baigne, il y a le biberon et enfin le coucher et son rituel. Puis il faut que je me lave parce qu’après tout il faut bien l’avouer, cette course m’a faite transpirer. Ensuite je fais à manger et je me pose. Pff, soulagement. Mais repos de courte durée car il faut vite aller dormir car demain on recommence. Je n’ai même pas le temps de me poser des questions existentielles, je suis crevée, je m’endors. Avant, ah avant … je serai rentré en trainant des pieds et maudissant la météo. Saloperie de réchauffement climatique va! Peut-être aurais-je eu la force d’aller jusqu’au frigo chercher une boisson fraiche avant de m’affaler sur le canapé en attendant des températures plus clémentes.

Car avoir un enfant c’est crevant. Avoir un enfant c’est chronophage. (Et je n’imagine même pas en avoir deux!) Et encore, Putois est facile à vivre. Il fait ses nuits et fait de bonnes siestes. Quand il se réveille le matin, il attend sagement qu’on vienne le chercher. Je ne sais d’ailleurs pas combien de temps il patiente. Si on le cherche à 9h30, il est réveillé. A 8h30 aussi. 7h 30 pareil. A 6h30, il dort encore. A culpabiliser quand on se retourne dans son lit en espérant se rendormir, alors qu’il est 8h. Si ça se trouve, il attend surement seul dans son petit lit. En même temps s’il n’appelle pas … Mais même un bébé parfait est crevant parce que vous êtes responsable d’un autre être humain tout le temps, tout le temps, tout le temps . (Un peu moins quand il est chez nounou, mais c’est qu’alors je travaille et travailler c’est crevant!)
Alors je suis crevée et je n’ai le temps de rien. Mais en même temps, je n’ai jamais fait autant de choses de ma vie. Je suis fatiguée mais je n’y pense que quand je vais au lit. Finalement je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Et quand j’ai un peu de temps libre, je ne sais même pas quoi en faire alors je vais le regarder dormir.

Calin&RisetteFatigue

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Des choix que l’on fait ou comment se brouiller avec la moitié du monde #1

A partir du moment où on choisit d’avoir un enfant, on se retrouve devant une multitude de décisions à prendre, de mauvais ou de bons choix possibles. Décider de devenir mère est déjà un bon exemple. Si vous ne voulez pas d’enfants vous n’êtes qu’une égoïste qui ne pensez qu’à vous amuser. Où en serait l’humanité s’il n’y avait que des gens comme vous? Mais si vous voulez des enfants alors vous n’êtes qu’une égoïste car quelle cruauté de faire naître un petit humain dans le monde actuel! Bref, quoique vous fassiez vous faites erreur, alors autant faire ce que vous voulez!

Donc vous êtes enceinte. Est-ce que vous voulez connaître le sexe? Comment on va l’appeler (faut décider pour le -ou les- prénoms et le nom de famille)? Où voulez vous accoucher? La péridurale? Sein ou biberon? Rééducation périnéale par une sage femme ou un kiné? … Peu importe vos choix, vous aurez forcément tort pour la moitié des gens (je dis ‘moitié’ mais c’est pas mathématique). La bonne nouvelle, c’est que vous aurez raison pour l’autre moitié. C’est toujours cette histoire de verre plein ou vide. Et puis perfois on fait des choix et la vie (ou le bébé) en décide autrement. C’est plus ou moins facile à avaler, surtout si on avait opté pour un accouchement à l’hôpital avec péri et qu’on se retrouve les quatre fers en l’air dans la voiture parce que votre progéniture est pressé (rassurez vous, ça n’a pas été mon cas). Il reste que toutes ces décisions sont anxiogènes pour des futurs parents tant on a l’impression qu’elles sont immuables (un prénom c’est pour la vie). Ajoutez une pincée d’hormones de grossesse et vous aurez des parents complétement paniqués avant même que bébé n’ait pointé le bout de son orteil.

Je ne dis pas que c’est forcément facile quand on est célibataire. Je sais bien qu’on a aussi des choix cornéliens à faire. Cet été, est-ce que je vais danser toutes les nuits à Ibiza ou faire du cul nu au Cap D’Agde? Est-ce qu’on fait resto-ciné ou ciné-resto? Quand je me lève à midi le dimanche, est-ce que je prends un petit déjeuner ou un déjeuner? …. D’accord je caricature mais sachez que ce n’est que de la jalousie!

En tant que jeunes (futurs) parents on est souvent désemparés face à la multitude d’options. Mais au fond, comme il n’y a pas de bon et de mauvais choix (il y en a quand même des peu recommandables comme accoucher à domicile de quadruplés) autant faire ce qui nous correspond!

Tout ce blabla pour me plaindre un peu de la dure vie de parents. Et aussi pour vous dire que j’avais très envie de vous raconter la façon dont nous fonctionnons à la maison. Que c’est juste pour partager mais en aucun cas pour convaincre.

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* J’allaite. La question sein ou biberon est surement la plus polémique. Avant d’être mère je ne voulais pas donner le seins et m’imaginait biberonnante. Pour moi les seins étaient trop sexualisés et j’avais peur de la confusion. En vérité l’allaitement a été tellement physiquement douloureux au départ que cette peur était absurde. D’autre part je voulais que le papa puisse créer un lien avec l’enfant  surtout que pendant  neuf mois  c’est la maman qui le porte (et qu’il puisse bien sûr profiter des collations de nuit). Il s’avère que Papa Breizh s’en tape un peu de donner les biberons. Face aux regard énamouré de Bébé Putois qui suçotait le silicone, je l’ai vu parfois préférer la télé. Son lien avec son fils, il l’a tissé en faisant tout le reste. J’ai changé d’avis pendant la grossesse. Le discours moralisateur sur ‘le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur pour votre enfant‘ avait fini par m’atteindre. Mais surtout, et ça c’est une meilleure raison, je crois qu’après neuf mois dans mon ventre, j’avais encore besoin d’un lien corporel avec mon tout petit. Si j’avais su … Clairement les débuts ont été horribles. D’ailleurs entre les douleurs de l’allaitement et les pleurs du soir  qui tous les deux sont ‘normaux‘ selon les spécialistes, je me demande comment l’espèce humaine a survécu. Au bout de trois semaines et demi on est passé au mixte. Je peux dire que le biberon a sauvé mon allaitement (et peut-être même moi et mon bébé car l’un de nous deux aurait fini par passer par la fenêtre). Depuis nous sommes repassés en allaitement quasiment exclusif. (Pas de lait artificiel la semaine dernière, 30 ml celle d’avant, 120ml la précédente, 20 ml encore avant…. vous vous en fichez surement mais moi ça m’encourage de le noter.) Si l’allaitement est un choix au départ il faut une sacré volonté pour tenir. Aujourd’hui encore je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je pensais qu’avec la reprise du travail il y aurait sevrage et que j’aurais enfin un peu plus de liberté. Mais on a tellement galéré pour revenir à l’allaitement quasi exclusif que j’ai pas envie de m’arrêter. Papa Breizh n’a peut-être pas tort quand il dit que j’ai besoin de l’allaitement. Mais même si je n’arrive pas à lâcher ça reste une grosse source inquiétudes et de doutes. Est-ce que ma lactation va se maintenir avec la reprise du travail? Quatre semaines de reprise et je vois déjà les quantités tirées baisser. Petit Putois s’agite au sein les derniers jours du coup je me demande si j’ai suffisamment de lait ou s’il préfère le débit du biberon chez Nounou. Il y a quelques jours encore j’ai regardé sur le net si quatre tétées par jour  à quatre mois était une fréquence suffisante… bref, je suis une maman flippée (mais pas ça ce n’est pas un choix).

* Côté sommeil Bébé Putois dort tout seul dans sa chambre dans son lit à barreaux. Il a un matelas ergonomique Bibed conseillé par l’ostéo (normal c’est lui qui l’a conçu). A la maternité les sage femmes m’ont encouragée à dormir avec lui dans le lit. On a donc cododoté les premiers nuits, enfin plus ‘co’ que ‘dodoté’. De retour à la maison, Petit Putois dormait dans un joli couffin en osier posé entre nous deux dans le lit. Au bout de deux semaines et demi, il est allé dans sa chambre. Papa Breizh reste encore traumatisé par cette expérience de cododo. Les nuits étaient très difficiles et il mettait des heures à s’endormir. Une fois dans sa chambre, je continuais à le ramener dans notre lit pour les casse-croûtes nocturnes mais on dormait plus sereinement entre temps. Et puis tout de même, nous avions déménagé moins d’une semaine avant son arrivée afin qu’il est une chambre pour lui, il fallait bien qu’il en profite!

Calin&RisetteChoix2

 

Comme il s’avère que cet article est bien long, je m’arrête là pour la première partie et reviens très vite pour la suite ^^