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Mon tire-allaitement

J’allaite comme j’accouche, en trichant. J’ai l’impression de choisir la facilité, l’artificiel. Ce n’est pas naturel, je me sens un peu moins mère car j’ai l’impression d’être assistée. Et pourtant c’est loin d’être facile, ni la césarienne, ni le tire-allaitement. Sous d’autres latitudes ou à un autre siècle, nous n’aurions peut-être pas survécu à mon premier accouchement et il est presque certain que nous serions morts lors de la deuxième grossesse. Voilà, je dis ça juste pour balayer un peu ma culpabilité, ménage de printemps.

Pour mon deuxième bébé, né trop jeune et trop petit, c’est avec des bouts de plastique que j’ai initié ma lactation. Il était loin de moi et surtout incapable de manger seul, on n’avait pas tellement le choix. Drôle de début pour un allaitement, le tête à tête avec une machine (enfin plutôt le téton à téterelle). Lire la suite

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Sein : 1 – Biberon : 1

« Il faut tirer votre lait six à huit fois par jour au minimum. Toutes les trois heures. La nuit aussi. Et ne jamais laisser plus de cinq heures entre deux expressions. Il faut produire 700 à 750ml au bout de 10jours! » La consultante en lactation me fixait l’air sévère tandis que j’opinais du chef. C’était l’heure du tirage, elle commence à me masser les seins et les aréoles. Je lui avais pourtant dit que j’étais du genre pudique. Elle me branche et me montre la méthode de la compression. Elle a mangé un rat mort à midi, je suis de plus en plus mal à l’aise. Le lait ne coule pas beaucoup. « Vous n’avez peut-être pas eu votre montée de lait finalement« . Beurk, le rat mort avait dû manger des crottes de poney. J’arrête tout et la mets fermement dehors. Je jette les quelques gouttes recueillies puis je lave mon petit matériel et mes seins tout gonflés, parce que « si pétasse, j’ai eu ma montée de lait mais j’aime pas qu’on me tripote sans m’avoir courtisée un peu« . Lire la suite