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Sein : 1 – Biberon : 1

« Il faut tirer votre lait six à huit fois par jour au minimum. Toutes les trois heures. La nuit aussi. Et ne jamais laisser plus de cinq heures entre deux expressions. Il faut produire 700 à 750ml au bout de 10jours! » La consultante en lactation me fixait l’air sévère tandis que j’opinais du chef. C’était l’heure du tirage, elle commence à me masser les seins et les aréoles. Je lui avais pourtant dit que j’étais du genre pudique. Elle me branche et me montre la méthode de la compression. Elle a mangé un rat mort à midi, je suis de plus en plus mal à l’aise. Le lait ne coule pas beaucoup. « Vous n’avez peut-être pas eu votre montée de lait finalement« . Beurk, le rat mort avait dû manger des crottes de poney. J’arrête tout et la mets fermement dehors. Je jette les quelques gouttes recueillies puis je lave mon petit matériel et mes seins tout gonflés, parce que « si pétasse, j’ai eu ma montée de lait mais j’aime pas qu’on me tripote sans m’avoir courtisée un peu« . Lire la suite

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Du retour au travail ou comment j’ai fini les seins à l’air au bureau

Je n’avais pas du tout envie. C’est bizarre parce que mes pieds ont retrouvé le chemin tout seuls.Peut-être parce que j’étais encore à moitié dans mon sommeil. Fichtre ce qu’il faut se lever tôt quand on travaille! Et bien sûr, pas question de dormir quand le bébé dort!

Rien n’avait changé ou presque. Il y avait bien cette rue en travaux avant dont le goudron était rutilant maintenant. Mais si peu de choses. Au bureau pareil. Au bureau surtout. Assise sur une chaise, j’aurais presque pu oublier que j’avais un bébé qui m’attendait. Presque. Et pourtant ça faisait six mois que j’étais partie. Six mois, presque deux fois ton âge mon tout petit.

A onze heure mon statut familial s’est rappelé à moi et mes seins ont dangereusement menacé de déborder de maternité. Je me suis alors enfermée dans mon bureau. A double tour. En mettant une chaise devant la porte et en demandant à ce qu’on ne me dérange point.
« Tu allaites encore? Avec un peu de chance ça s’arrêtera tout seul avec la reprise du travail.
– Mais j’ai pas envie que ça s’arrête.
– Mais c’est comme ça avec le stress et tout. Ça ne dépend pas de notre volonté. »

Je place mes téterelles grâce à une méthode que j’ai pu éprouver lors de l’adaptation. Ça me permet d’avoir les mains libres pendant l’expression (c’est toujours à ce moment là que le nez nous gratte). Je lance la bête rugissante, comprenez le tire-lait. Je me rends bien compte que le démarrage est un peu lent. Je ferme les yeux, respire calmement et passe ne revue les photos de Bébé Putois sur mon téléphone. Au bout d’un quart d’heure, seuls quarante pauvres petits millilitres stagnent au fond des récipients. Mes seins restent gonflés comme un ventre allemand à une fête de la bière. Y a un truc qui cloche. Heureusement j’ai emporté mon tire-lait manuel pour le laisser au boulot en cas d’oubli d’une partie du tire-lait électrique. Règle numéro un : toujours prévoir un plan de secours! D’ailleurs je me suis aussi exercé à l’expression manuelle, mais ça c’est une autre histoire. J’avais remarqué il y a quelques jours que je n’arrivais plus à tirer mon lait avec le tire-lait électrique mais que ça fonctionnait au tire-lait manuel et qu’après je pouvais ré-enchainé sur la fée électricité. Je ne sais pas si c’est ce bidouillage ou le SMS de la Nounou qui m’informait que tout roulait, mais le lait s’est mis à couler. J’ai mis quand même plus de temps que prévu et me suis arrêtée alors que mes seins n’étaient pas vides. Cela dit le pot de stockage n’aurait pas pu être plus plein.
Puis il y a eu le tirage de l’après-midi. Il s’est « mieux » passé, plus rapide mais moins abondant.

Et voilà comment moi qui ne voulait pas tirer mon lait au boulot, j’ai tiré mon lait au boulot!
(En même temps je ne voulais pas non plus allaiter.)

Tirer son lait au bureau