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Mon tire-allaitement

J’allaite comme j’accouche, en trichant. J’ai l’impression de choisir la facilité, l’artificiel. Ce n’est pas naturel, je me sens un peu moins mère car j’ai l’impression d’être assistée. Et pourtant c’est loin d’être facile, ni la césarienne, ni le tire-allaitement. Sous d’autres latitudes ou à un autre siècle, nous n’aurions peut-être pas survécu à mon premier accouchement et il est presque certain que nous serions morts lors de la deuxième grossesse. Voilà, je dis ça juste pour balayer un peu ma culpabilité, ménage de printemps.

Pour mon deuxième bébé, né trop jeune et trop petit, c’est avec des bouts de plastique que j’ai initié ma lactation. Il était loin de moi et surtout incapable de manger seul, on n’avait pas tellement le choix. Drôle de début pour un allaitement, le tête à tête avec une machine (enfin plutôt le téton à téterelle). Lire la suite

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Sein : 1 – Biberon : 1

« Il faut tirer votre lait six à huit fois par jour au minimum. Toutes les trois heures. La nuit aussi. Et ne jamais laisser plus de cinq heures entre deux expressions. Il faut produire 700 à 750ml au bout de 10jours! » La consultante en lactation me fixait l’air sévère tandis que j’opinais du chef. C’était l’heure du tirage, elle commence à me masser les seins et les aréoles. Je lui avais pourtant dit que j’étais du genre pudique. Elle me branche et me montre la méthode de la compression. Elle a mangé un rat mort à midi, je suis de plus en plus mal à l’aise. Le lait ne coule pas beaucoup. « Vous n’avez peut-être pas eu votre montée de lait finalement« . Beurk, le rat mort avait dû manger des crottes de poney. J’arrête tout et la mets fermement dehors. Je jette les quelques gouttes recueillies puis je lave mon petit matériel et mes seins tout gonflés, parce que « si pétasse, j’ai eu ma montée de lait mais j’aime pas qu’on me tripote sans m’avoir courtisée un peu« . Lire la suite

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De la fin de l’allaitement et du début des haricots

Ssssss … Sevrage! Ça y est! On y est!
Ça faisait déjà plusieurs semaines que je m’inquiéte du comportement de Petit Putois au sein. Il s’énerve, tire sur le sein, le lâche et le reprend sans cesse, pleure … Manque de lait? Préférence pour le biberon de Nounou qui coule plus vite? Mamelons trop poilus? Le verdict est tombé à la dernière visite pédiatrique : le bébé n’a pris que cent malheureux petits grammes. Du coup en route pour l’introduction de solides.

En parallèle, le tirage de lait au boulot devient de plus en plus pénible. Je vois les quantités réduire et j’angoisse de ne pas avoir de quoi nourrir mon bébé. C’est un peu absurde parce qu’à la base je voulais faire ces tirages pour entretenir la lactation et je me disais que le petit pourrait très bien boire du lait artificiel. Et puis en voyant que j’arrivais à fournir assez, je me suis mis en tête de le laisser au lait maternel exclusivement. Et si j’étais fière de moi au départ, c’est devenu une source d’angoisse les derniers temps.
Si tu suis toutes mes histoires, tu sais que le début de la diversification rime aussi avec une proposition de travail à temps plein que j’ai …. acceptée (après avoir tenter de négocier un 80%). Il veulent que je commence vite. Dans deux semaines. Je n’ai pas envisagé de continuer à tirer mon lait et de commencer un nouveau job en même temps. J’ai bien pensé que la diversification pourrait rendre les choses un peu plus cool, peut-être réduire à un tirage par jour. N’empêche qu’il faut quand même se trimballer le tire lait, trouver un peu d’intimité, stocker le lait, rentrer en vitesse et faire bouillir le lait (et oui, mon lait se prédigère et prend un goût de savon si je ne le fais pas chauffer avant de le stocker) puis donner le sein au petit.
La semaine dernière a été particulièrement acrobatique. J’angoissais déjà depuis la semaine précédente à la vue de mon planning chargé. Bien sûr il s’est rajouté des choses et des pleins de gens en retard. Du coup mardi soir je rentrais déjà avec trop peu de lait. Je m’étais dit que j’allais encore essayer de tirer avant de me coucher. Quand je suis rentrée, Putois était affamé et s’est jeté sur le sein. Mais le dernier tirage avait sans doute eu lieu trop tard et il restait affamé alors que mes seins était vidés. J’ai donc complété avec le lait tiré dans la journée. Du coup, je n’ai pas tiré le soir et je me suis sentie soulagé. Le lendemain j’ai dit à Nounou de lui donner du lait artificiel à quatre heure.

Je suis partie sur cette idée de supprimer la tétée goûter et de garder celles du matin, du midi et du soir. Du coup mercredi et jeudi je n’ai tiré mon lait au travail qu’une seule fois.Et c’était un soulagement. J’envisageais mes vacances (cette semaine) avec le bonheur de profiter encore un peu de mon tout petit avant de travailler beaucoup. Je me sentais légère de ne pas devoir me lancer dans un marathon de nichonage pour booster ma lactation fatiguée. Alors sans culpabilité, vendredi à l’heure du goûter je lui ai donné le biberon.

Calin&RisetteFinAllaitement

Voilà ce que j’avais envie de vous raconter vendredi soir. J’avais envie de vous dire que même si j’avais un petit pincement au cœur, ce sevrage se faisait sans culpabilité.
Et puis il y a eu samedi. Je me suis dit que le sevrage tombait bien et en partant au supermarché j’ai mis dans la poussette un biberon d’eau et du lait en poudre. Quand Putois a commencé à montrer de sérieux signes de faim on s’est précipité vers la voiture (non sans heurts à cause d’histoires de sachet qui s’envole et de liquide vaisselle oublié). A la vue du biberon le petit s’est réjouit. Une fois en bouche, il a grimacé sévère. Pas moyen de lui faire avaler alors qu’il avait grave la dalle. Le retour s’est fait dans une ambiance électrique. Putois était partagé entre pleurs et éclats de rire. Je tentais en effet de le divertir de sa faim, lui tentait d’attraper son pouce ce qui est impossible dans son siège bébé (petits bras + grosse ceinture = pas de pouce). En arrivant j’ai mis le bib’ au micro onde (oh oui, ne grogne pas, on fait ce qu’on peut, je sais bien que le micro onde c’est mal et que ça tue des bébés phoques) et là, il l’a enfin avalé. Alors c’était ça, mon bébé était devenu un petit gourmet qui n’acceptait son biberon qu’à la bonne température? C’est vrai que la veille je lui avais présenté chaud sans trop y réfléchir. Mais Bébé Putois était en mixte de ses trois semaines et demi à ses deux mois, et il en a bu des biberons à température ambiante sans se plaindre. C’est vrai aussi que depuis il a rarement eu des biberons de lait artificiels.Les seuls biberons qu’il a sont du lait maternel chez la Nounou qui doit certainement lui offrir chauds (enfin j’espère car le lait sort du frigo et est parfois même congelé).
Dimanche après-midi je lui présente donc le biberon chaud. Grimace et refus. Au bout d’un moment, Papa Breizh prend le relais et arrive péniblement à lui faire avaler quelques 90ml. Lundi pas moyen de descendre une seule goutte. Je m’interroge sur la marque de lait (que pourtant il avait déjà bue petit). J’essaye un autre lait (une boite que la Nounou m’a rendue car ouverte il y a plus d’un mois). Rien à faire (en même temps elle est ouverte depuis un mois et demi…). Par contre il se jette sur la compote que je lui propose après. Et nous c’est le lait qu’on jette. Le soir il tète mal, quelques minutes seulement. Ce midi c’est pareil, il n’a que du lait de début de tétée tout clair. Mais il ne veut pas téter plus. Pourtant il a faim car il dévore la purée ensuite. En plus je sens que ma production de lait diminue.
Je redoute déjà l’heure du goûter!

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Du retour au travail ou comment j’ai fini les seins à l’air au bureau

Je n’avais pas du tout envie. C’est bizarre parce que mes pieds ont retrouvé le chemin tout seuls.Peut-être parce que j’étais encore à moitié dans mon sommeil. Fichtre ce qu’il faut se lever tôt quand on travaille! Et bien sûr, pas question de dormir quand le bébé dort!

Rien n’avait changé ou presque. Il y avait bien cette rue en travaux avant dont le goudron était rutilant maintenant. Mais si peu de choses. Au bureau pareil. Au bureau surtout. Assise sur une chaise, j’aurais presque pu oublier que j’avais un bébé qui m’attendait. Presque. Et pourtant ça faisait six mois que j’étais partie. Six mois, presque deux fois ton âge mon tout petit.

A onze heure mon statut familial s’est rappelé à moi et mes seins ont dangereusement menacé de déborder de maternité. Je me suis alors enfermée dans mon bureau. A double tour. En mettant une chaise devant la porte et en demandant à ce qu’on ne me dérange point.
« Tu allaites encore? Avec un peu de chance ça s’arrêtera tout seul avec la reprise du travail.
– Mais j’ai pas envie que ça s’arrête.
– Mais c’est comme ça avec le stress et tout. Ça ne dépend pas de notre volonté. »

Je place mes téterelles grâce à une méthode que j’ai pu éprouver lors de l’adaptation. Ça me permet d’avoir les mains libres pendant l’expression (c’est toujours à ce moment là que le nez nous gratte). Je lance la bête rugissante, comprenez le tire-lait. Je me rends bien compte que le démarrage est un peu lent. Je ferme les yeux, respire calmement et passe ne revue les photos de Bébé Putois sur mon téléphone. Au bout d’un quart d’heure, seuls quarante pauvres petits millilitres stagnent au fond des récipients. Mes seins restent gonflés comme un ventre allemand à une fête de la bière. Y a un truc qui cloche. Heureusement j’ai emporté mon tire-lait manuel pour le laisser au boulot en cas d’oubli d’une partie du tire-lait électrique. Règle numéro un : toujours prévoir un plan de secours! D’ailleurs je me suis aussi exercé à l’expression manuelle, mais ça c’est une autre histoire. J’avais remarqué il y a quelques jours que je n’arrivais plus à tirer mon lait avec le tire-lait électrique mais que ça fonctionnait au tire-lait manuel et qu’après je pouvais ré-enchainé sur la fée électricité. Je ne sais pas si c’est ce bidouillage ou le SMS de la Nounou qui m’informait que tout roulait, mais le lait s’est mis à couler. J’ai mis quand même plus de temps que prévu et me suis arrêtée alors que mes seins n’étaient pas vides. Cela dit le pot de stockage n’aurait pas pu être plus plein.
Puis il y a eu le tirage de l’après-midi. Il s’est « mieux » passé, plus rapide mais moins abondant.

Et voilà comment moi qui ne voulait pas tirer mon lait au boulot, j’ai tiré mon lait au boulot!
(En même temps je ne voulais pas non plus allaiter.)

Tirer son lait au bureau