7

Bons baisers d’août

Août, je n’écris pas, je flemmarde. Je vous lis sans commenter et traine à répondre à vos mots. Je ne réfléchis pas, je rêvasse. Je procrastine des articles qui n’ont qu’une esquisse de titre.

Je regarde les jours qui défilent. Je profite de l’omniprésence de Papa Breizh à la maison pour un mois. Je rentre du travail et fourre mon nez dans le cou de mes bébés. On visite tous les parcs de la ville à quatre. Je gueule sur Papa Breizh à qui j’en veux de partir et lui laisse changer toutes les couches qui puent pour le punir.

On se bat avec le Putois qui fait pipi partout sauf au bon endroit et réclame sa Pampers avec des yeux de chat potté. On lui apprend l’alphabet quand même, histoire de ne pas être à la traine en maternelle. Et on se marre en faisant Hue Coco! « Non Putois, pas hue coco sur ton petit frère! » Les pages du calendrier se tournent et je me dis qu’il est temps de lui trouver un sac pour la rentrée. Peut-être aussi de retrouver les horaires de l’école. Et aussi les étiquettes que j’ai fini par acheter et paumer. J’ai pris celles avec un loup. Ahouuu!

Malo revendique bruyamment le droit de se retourner sur le bidon puis de pleurnicher puisqu’il est sur le ventre. La nuit, il rampe jusqu’au sommet de son lit et gratte doucement le bois. Je crois qu’il creuse un tunnel. Au petit matin, si je le prends avec moi, c’est mon dos qu’il grattouille. Ou mon œil.

Août est drôle, en pointillé, en journées qui ne se ressemblent pas. Avec un goût de rentrée des classes quand il est pluvieux. Avec un goût d’été qui s’étire à dîner d’apéros. Mais déjà les tramways se remplissent à nouveau et les magasins ôtent leurs écriteaux où il est noté en gros « fermeture annuelle« . Et moi je fais encore un peu comme si après août, il n’y avait pas septembre.

 

8

Des habitudes de vacances : celles qu’on rapporte dans nos valises et celles qu’on laisse tomber

L’été et les congés de Nounou ont sonné le glas de nos premières vacances à trois. Nous avons opté pour la solution de facilité: le séjour chez les grands parents (ceux de Putois, pas les nôtres). Nous avons donc traversé la France, direction l’Ouest, ses températures douces (ils pensent que la canicule est une légende urbaine) et son air iodé.
A l’heure où j’écris, ces premières vacances ne sont qu’un tendre souvenir. J’ai adoré profiter de mon fils (et de son père) au quotidien. Ce fut aussi l’occasion de briser la routine et peut-être de s’inspirer de ces nouvelles habitudes pour la rentrée.

Le cododo. Bébé Putois a passé ses premières nuits, son petit corps de nouveau né lové dans mes bras de primipare. La question de l’étouffement par écrabouillement maternel ne se posait même pas pour une jeune mère fraichement césarisée (parce qu’on m’a découpé le ventre, pas parce qu’on m’a récompensé de ma belle carrière cinématographique) à qui chaque mouvement arrachait une grimace de douleur. De retour à la maison, le nourrisson a ‘passé ses nuits‘ dans un couffin en osier posé entre nous dans le lit. Deux semaines et demi après, il a rejoint sa chambre pour le bien de tous. Pendant ces vacances, chez Papi et Mamie Breizh, le lit de Putois (ancien lit de Papa Breizh repeint et affublé d’un matelas neuf) était dans notre chambre.  Je n’avais qu’à tendre la main pour caresser le poupon. Quelques barreaux et un tour de lit matelassé pour nous séparer. Constat : Putois gigote beaucoup dans son sommeil. Je comprend maintenant pourquoi je le retrouve tout en bas de son lit au petit matin. Constat n°2 : Putois ronfle (je ne sais vraiment pas de qui il tient ça…). En conclusion, notre première nuit a été catastrophique, rythmée par tout ces petits bruits de bébé. La deuxième nuit fût ‘moins pire’ puis on s’est habitué. Le point positif résidait dans les câlins du matin. Je le prenais et le déposais entre nous afin qu’il (et surtout nous) se réveille paisiblement. Suçage de pouce et gros sourires de son côté, rab de marmottage du notre. Je reste quand même plus tranquille à aller vérifier une ou deux fois dans sa chambre plutôt qu’à rester suspendue à sa respiration toute la nuit (« purée, quand est-ce qu’il va s’arrêter de ronfler ? » … « Mince je ne l’entends plus, est-ce qu’il va bien ? »).
Verdict : Le cododo pour les vacances (s’il n’y a pas le choix).

Les petits pots. Quand ma mère m’a demandé quelle marque de petits pots acheter , j’étais horrifiée à l’idée de lui donner de la nourriture industrielle. Moi qui l’avait toujours nourri aux purées maison, avec légumes bio de préférence. Or mes petits frères ont été élevés aux petits pots, contrairement à moi, et force est de constater qu’ils mesurent 20 cm de plus que moi. Après tout, cela pourrait se révéler pratique pour les vacances. Chez Mamie et Beau-Papi Nouille, on a résisté à l’ouverture des petits pots salés les premiers jours. Ma mère adore faire la cuisine et a un potager bien garni. On a ouvert le premier petit pot carotte-semoule-dinde Blédina chez Papi et Mamie Breizh. Ça ne sentait pas dégueu. Dans le même temps j’ai réalisé que quand Nounou m’indiquait que Putois avait mangé carotte-semoule-dinde, il s’agissait plus vraisemblablement d’un petit pot que d’une recette sortie de son imagination. Le lendemain, l’ouverture de pomme de terre-carotte-jambon m’a laissé une impression de pâtée pour chien, même si le bébé n’a pas moufté. Le jour d’après Mamie Breizh ressortait le vieux livre de cuisine pour les bébés de Papa Breizh et se mettait aux fourneaux avec les petits pois de Grand Mamie Breizh. Putois s’est révélé content quoiqu’on lui donne à manger. Enfin presque … car quelques jours plus tard, il a boudé le butternut-carotte-pomme de terre-jambon au profit d’un petit pot ! Pour le sucré, les compotes étaient industrielles. Incroyablement pratique à trimballer pour prendre son goûter sur une plage venteuse / chez une amie de la famille / à l’arrière de la voiture.
Verdict : Même si j’ai deux petits pots salés en réserve ‘au cas où’, je continue les purées maison avec un stock au congélateur. Par contre pour les compotes, je culpabilise moins à donner des pots.

Ne pas avoir d’horaire. Je suis un peu psychorigide sur les horaires … OK, je suis complètement psychorigide! Bébé Putois mange à telle heure, on a tant de temps devant nous avant qu’il ait sommeil puis faim à nouveau … bref, règlé comme du papier à musique. Pour que tout roule, on n’a pas le choix, surtout en semaine . On se lève à 6.00, on le lève à 6.30, l’habillage est à 7.00, le départ de la maison 7.20, le train à 8.21 … la journée est programmée au rythme des aiguilles de l’horloge. Les vacances sont plus tranquilles (les weekends aussi je vous rassure). Malgré tout, pour prévoir des choses, il faut tenir compte des heures de repas et de sieste du petit. Sauf que chez nos parents, je ne suis pas décisionnaire des horaires. Mais commencer à éplucher les carottes à 12.45 alors que le petit dort depuis deux heures c’est risqué. Et puis faut bien le dire, mon estomac à moi supporte mal d’attendre. La faim me rend grognon et pourrit les vacances de tout le monde. De même que la fatigue. Alors on va quand même aller au lit le soir, car Putois est matinal (enfin pas tant que ça mais plus que nous).
Verdict : On n’est pas à trente minutes près mais il faut quand même jeter un œil à sa montre de temps en temps parce qu’un bébé a besoin de dormir/manger/être changé régulièrement et que tout ça nécessite un minimum d’organisation.

 

Emmener bébé partout. Je me souviens encore, sans la moindre goutte de nostalgie, des angoisses des premières sorties. Aller chez la pédiatre à quinze minutes à pieds relevait de l’expédition. Et quelle angoisse quand il a fallu quitter l’appartement toute une après-midi pour traiter contre les puces (locataires clandestines découvertes à mon retour de la maternité). Au fur et à mesure, nous avons pris de l’assurance. Nous sommes sortis pour autre chose que les rendez-vous médicaux, nous avons fait des promenades, vus des amis, fait les courses … Du coup nous n’étions pas trop inquiets pour les vacances. Faut dire que Putois nous facilite la tâche. Après tout, s’il est capable de poireauter trois heures à jeun dans un aéroport parce que l’avion a deux heures de retard, ça devrait aller. Alors on a vu la mer et pris le goûter au milieu des rafales marines. On a fait quelques magasins et vu beaucoup de monde. On est même allé au restaurant (grande crainte de Papa Breizh). Il a apprécié souvent mais parfois c’était de trop. Parfois il aurait préféré faire la sieste que de voir un château. Le pire était la journée où on a enchainé la route (dans un siège auto où on ne peut dormir qu’avec la tête qui ballotte), le repas de famille, le tour en ville, le moment à la mer, la visite aux amis de la famille et re la route : là c’était trop! Surtout de s’endormir dix minutes pour se faire réveiller pour changer d’endroit.
Verdict : Bouger avec un Petit Putois, oui mais sans oublier qu’il reste un bébé. Malgré sa docilité, il a besoin qu’on respecte son rythme.

Avoir des grands parents pour garder les enfants. Et pouvoir sortir tous les deux avec chéri. ♥ Nous avions déjà expérimenté lors de la visite de mes parents en février. Nous en avions profité pour faire un saut chez Ikéa et acheter des couches en Allemagne (on a les bonheurs qu’on peut). Là on est allé à la pharmacie et chercher du pain. Oui mais tous les deux. L’avantage est aussi que les grands parents s’en sont occupés tout au long de la journée. Le bonheur de siroter un café sans avoir à s’interrompre pour donner à manger, ramasser un jouet ou jouer un peu. Ce qui est encore meilleur c’est qu’on ne culpabilise pas du temps gagné. C’est vrai qu’à la maison il faut profiter de la sieste pour prendre une douche ou faire la vaisselle. Mais comme on n’était pas chez nous, pas de ménage et pas de cuisine! (On a quand même donné un petit coup de main, on n’est pas des enfants ingrats).
Verdict : oui, oui, oui! Sauf que …  s’il faut faire 1000 km pour faire garder le petit ça va être compliqué. On envisage parfois un rapprochement géographique mais la conjoncture professionnelle est assez merdique. Mais du coup je pense que ma jeune cousine qui fait du baby sitting pourrait être mise à contribution pour une soirée en amoureux.

L’océan. Putois étant à moitié breton, il était primordial de l’emmener à la mer. Je me rappelle encore le bonheur d’être allé nager enceinte (l’eau supportant tout mon poids). La météo bretonne ne nous a pas faciliter les choses. Sa première rencontre avec la plage s’est faite sous un ciel gris avec vents marins. Bonnet sur la tête, veste rembourrée de moumoute et pieds nus trempés dans l’eau salée. Putois a aimé. Il a souri à l’océan dès la sortie de la voiture. Quelques jours plus tard un autre essai par temps plus clément. Bien que fatigué ce jour là par un programme chargé, Putois n’a pas moufté contre la fraicheur de l’eau et a exploré le sable avec beaucoup de curiosité. (Et je vous raconte même pas le beau gosse dans son maillot de bain rouge qui ferait pâlir d’envie David Hasselhoff). Je me réjouis d’avance de l’âge des châteaux. Putois a également apprécié la piscine gonflable bien sympathique par temps chaud.
Verdict : Difficile de rapatrier l’océan (faut attendre la fontes des calottes glacières) mais on envisage de l’inscrire aux bébés nageurs à la rentrée.

Le bain avec son bébé. J’adore les sabins. Putois aussi adore. Les vacances ont été l’occasion d’expérimenter le bain avec lui dans la grande baignoire de mes parents. C’est un moment super sympa. Il faut quand même une tierce personne pour sortir le bébé de l’eau pendant que vous marinez encore un peu. (Il faut aussi que votre petit ne soit pas du genre à ‘polluer‘ l’eau). Dans la même mouvance, on a testé la douche à deux (avec Putois pas avec Papa Breizh). Plus rapide que le bain mais surtout plus acrobatique (la crevette savonneuse est glissante).
Verdict : A refaire! Le bain pour des moments complices et la douche pour les soirs pressés où on n’a pas envie de déballer tout l’attirail (la baignoire, son socle et les canards qui crachent de l’eau quand on appuie dessus).

Manger tous ensemble à table. A la maison, nous mangeons sur le canapé devant la télévision. Oui je sais, c’est mal. La pédiatre nous fait tellement la morale à propos des écrans qu’on finit par lui mentir. En semaine de toutes façons, le petit est au lit à l’heure du dîner. Et le weekend nos horaires de repas sont totalement aléatoires. Pendant  ces vacances,dès qu’on a pu, Putois est venu avec nous à table, fier comme Artaban dans sa chaise haute. Gourmand comme il est, il a voulu gouter à tout ce qu’il y avait dans mon assiette. Les morceaux sont passés avec joie. Et je ne vous parle même pas de l’extase du quignon de pain. Du coup à la visite médicale de retour de congés, Putois avait bien grimpé dans sa courbe de poids.
Verdict : On essaye de continuer même si c’est compliqué au niveau organisationnel. Quel bonheur de le voir prendre tant de plaisir à gouter à tout.

Calin&RisetteHabitudes de vacances